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PREMIÈRE PARUE

merçants, des artisans qui arrivent à la fortune par l'application de procédés nouveaux ou l'amélioration des moyens de production rudimentaires employés jusque là.

Plus d'une fois, notamment sous le règne de Jacques Ier et de Charles Ier, la corporation des marchands étrangers eut l'occasion de prêter de l'argent à la Couronne.

La conséquence de cette grande vague d'immigration est de surpeupler la ville de Londres. Aussi le Conseil privé dut-il, à plusieurs reprises, s'occuper de la question etdes mesures furent prises pour disperser ces étrangers dans le pays et les obliger d'aller vivre en province dans certaines villes déterminées. En vertu des ordres du Conseil privé, des colonies furent créées à Sandwich, Canterbury, Norwich, Colchester, Yarmouth, Lynn, Glastonbury, Thetford, Stamford, etc.

En 1569, la colonie hollandaise et suisse de Norwich comprenait à elle seule 3.993 individus.

Chacune de ces colonies est soumise à des règlements spéciaux établis par les autorités locales; mais une condition générale s'impose à toutes: elles ont l'obligation de construire à leurs frais et d'entretenir une église protestante. A cette époque de lutte acharnée pour la suprématie entre deux religions rivales, le protestantisme put ainsi s'assurer, dans différentes villes, des centres d'activité florissants.

Les protestants avaient l'indépendance que donne la richesse et se sentaient plus audacieux, ayant subi, dans leur pays d'origine, l'épreuve fortifiante de la persécution qui suscite les énergies.

Dès cette époque — et pour les raisons que nous

HISTORIQUE DE L'IMMIGRATION EN ANGLETERRE

venons d'indiquer — les protestants étrangers ont la protection officielle de l'Etat.

- Mais, la prospérité de ces nouveaux venus devait fatalement créer des jalousies, faire naître contre eux une opposition. Leur habileté commerciale, leur expérience professionnelle, aidées dans la pratique par leurs ressources et leur entente mutuelle, devaient rapidement leur assurer une place prépondérante dans l'industrie qu'ils monopolisaient à leur profit. C'étaient, aux yeux de beaucoup, des concurrents dangereux !

En 1618, 121 industries se trouvaient dans les mains des étrangers, à Londres, et, en présence d'un tel accaparement, les patrons et les ouvriers indigènes, les corporations et les guildes firent entendre leurs doléances.

Les rapports soumis au roi par son Conseil privé, pendant le règne de Jacques 1er, abondent en récriminations contre les étrangers.

Ce sont les filateurs de Londres, par exemple, qui se plaignent au Conseil « parce que les étrangers » compromettent grandement leur industrie ^n em- » ployant des hommes au-dessous de l'âge permis p^r » les statuts et parce que, vivant plus simplement, » ils sont à même de vendre meilleur marché » (*) !

Jacques Ier semblait assez disposé à intervenir en faveur des nationaux, mais, en fait, aucune mesure restrictive ne s'en suivit.

Cependant, par l'effet simultané des ordres du Con-

(l)Moens, Report of the Royal Commission on Alien Immigration, §§ 23062 et sq.

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