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DEUXIÈME PARTIE

Voilà qui explique pourquoi cette surpopulation est, dans tel ou tel quartier, en proportion directe du nombre des russes et polonais, c'est-à-dire des juifs (').

Cette question de Yovercrowding a fait pour la Commission de 1903 l'objet d'une enquête particulière ; plusieurs de ses membres ont voulu se rendre euxmêmes dans l'East End pour constater sur place la nature et l'étendue du mal.

Les témoins entendus ont tous signalé un état de choses d'une gravité extrême, tant aux points de vue de l'hygiène que de la morale et de l'exploitation des classes pauvres par des propriétaires sans scrupules, état de choses ayant tendance à s'aggraver encore avec les arrivées incessantes de nouveaux immigrants.

D'après M. Mac Leod, Registrar gênerai du Census Département (2), il y avait dans l'East End, en 1901, 4.273 cas où 2 personnes occupaient un logement (tenement) d'une chambre; 2.879 cas de 3 personnes pour une chambre; 1.734 de 4; 824 de 5; 309 de 6; 131 de 7; 37 de 8; 11 de 9; 1 de 10; 1 de 11; 1 de 12 (3).

M. A. T. Williams, membre du County Council de Londres où il représente le quartier de Stepney, décrit ainsi quelques-uns des cas qu'il a pu voir au cours de ses enquêtes personnelles :

(*) The principal causes of overcrowding in the East End of London are Ihe foreign Jews (Alderman Silver. Minutes of Evidence, § 2878).

(*) Minutes of Evidence, §§ 475-697.

(3) V. Blue Book, Census of England and Wales, 1901, County of London, Pariiamentary Paper (C. D., 875).

« Dans une petite chambre je trouvai trois hommes, » deux femmes et cinq enfants. Le couloir conduisant » à la chambre était loué et servait de logement; il en » était d'ailleurs de même de tous les passages et cor- » ridors de la maison ! Tout était dans un état de » saleté indescriptible (most fîlthy). Des détritus de » toutes sortes et des excréments parsemaient le plan- » cher. L'odeur était intenable!

» Dans un autre cas, dit encore M. Williams, une » très petite chambre donnant sur la rue servait de » boutique et de chambre à coucher; de la volaille et » des harengs saurs y étaient étalés ! trois hommes et » trois femmes habitant cette chambre s'y trouvaient » au moment de ma visite; une des femmes à moitié » dévêtue était couchée sur un lit. Les provisions » vendues le matin passaient la nuit dans cette atmosi> phère ! »

M. Onion, ouvrier cordonnier, a raconté devant la commission qu'il fut un jour requis comme témoin par un agent de la ville de Londres et eut ainsi l'occasion de se rendre au 32 Fiddling Buildings, dans Samuel Street, à Whitechapel. Voilà ce qu'il vit : « Dans une première chambre, cinq adultes et six » enfants; le passage desservant cette chambre était » rempli d'ordures; dans un coin de la pièce une )> caisse contenant des restes de poisson et des détri- » tus.

» Aux numéros 19 et 21 de Samuel Street, il y a des » petites boutiques servant en même temps de cham- » bre à coucher : l'une est habitée par deux ménages

(*) Minutes of Evidence, § 1730.

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