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DEUXIÈME PARTIE

» et cinq enfants. Dans Booth Street, Buildings 132, il » y avait dans une chambre trois hommes, deux fem- » mes et deux enfants, avec un lit dans la chambre. » Les hommes travaillaient au finissage des chaussu- » res » (').

M. Zachariah Solomons, directeur d'une fabrique de chaussures, qui est né à Stepney et y a toujours vécu, cite des cas analogues.

« En passant dans Stepney, on peut voir à l'inté- » rieur des maisons par les fenêtres qui sont presque » au niveau de la rue. On aperçoit dans la chambre à » coucher la femme qui fait la cuisine, l'homme à son » travailetles enfants qui grouillent autour d'eux. Tout » le monde vit, travaille et dort dans la même pièce.

» J'ai connu un de ces étrangers qui avait loué » deux chambres; il y vivait lui, sa femme et ses cinq » enfants, et y employait dans la journée deux » ouvriers. Il logeait en outre son frère et sa sœur. » Le loyer payé était de 9 shillings par semaine.

» Les choses en sont arrivées à un tel point que je » ne serais pas étonné que Ton pût citer à la commis- >) sion des exemples pires encore ! » (*).

La même chambre est parfois occupée par deux familles étrangères Tune à l'autre, et les lits sont loués à d'autres personnes pendant la journée. M. W. Belcher, gérant des immeubles du comte de Winterton (*), se rendit un jour dans une maison de Win-

(*) Minutes of Evidence, § 2516.

(2) Minutes of Evidence, § 3045.

(3) Le comte de Winlerton est propriétaire dans le quartier de Saint-George in the East de plus de 900 maisons. Voir la déposition de son agent M. Belcher, Minutes of Evidence, §§ 4117-4479.

LE MAL

terton Street, à Saint-George in the East, pour vérifier une réclamation faite par un locataire. « En entrant, dit-il, je m'adressai à une femme qui se trouvait là. Elle me répondit, en me montrant du doigt l'autre extrémité de la pièce qu'elle habitait, séparée par un petit rideau : « Cela regarde mes voisins! » Il y avait cinq familles dans cette maison qui ne comprenait que quatre pièces ».

Le Révérend Dalton, pasteur de Stepney, a cité à la commission des cas nombreux d'individus, hommes femmes et enfanls, couchant dans des caves, ou de u dockers » passant leurs nuits sur les tas de charbon du port, parce qu'ils ne trouvaient pas à se loger dans le voisinage de leur travail (Minutes of Evidence, §10215).

Cet encombrement dans certains quartiers devait forcément entraîner la hausse des loyers; l'overcrowding a permis aux « spéculateurs » de l'East-End de se livrer à des opérations fructueuses, en tenant la dragée haute aux malheureux étrangers arrivant en quête d'un logis.

M. Sayous a très justement fait remarquer, dans son étude sur l'East-End, que cette hausse des loyers^ en partie due à des manœuvres, n'est qu'une forme particulière du sweating, une manifestation nouvelle de cette entre-exploitation féroce des immigrants à Whitechapel. Le sweater, l'homme-araignée, propriétaire ou locataire principal (tenant) n'est en effet, le plus souvent, qu'un juif polonais ou russe, profitant sans pitié des circonstances difficiles où se trouvent ses compatriotes qui viennent de débarquer à Londres.

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