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DEUXIÈME PARTIE

» que toutes sont étrangères, Françaises ou Belges, » Allemandes ou juives de Russie et de Pologne; je ne » puis m'empêcher de protester, au nom de la morale » publique, contre cette importation d'un nouveau » genre ! C'est une contamination qui gagne rapide- » ment les alentours de l'East End, foyer central de » cette débauche cosmopolite.

» La plupart des femmes amenées devant moi » savent à peine quelques mots d'anglais; souvent » elles me déclarent qu'elles sont arrivées en Angle » terre depuis peu, ce qui prouve bien qu'elles vien- » nent chez nous comme prostituées et pour y continuer » leur industrie exercée déjà à l'étranger » (').

Ces personnes se font accompagner par leurs souteneurs (bullies) dont la présence ne contribue guère à la sécurité de ces parages (*).

A Poplar (extrémité est de Stepney), la plupart des filles publiques sont juives ou Allemandes (3). Soho et le voisinage de Regent Street sont, au contraire, fréquentés par des Françaises (4).

Cette prostitution, traversant Soho, a gagné progressivement les quartiers plus riches : Regent Street, Piccadilly et Leicester Square. Il faut avoir visité ces quartiers pour pouvoir se faire une idée de ce qui existe : de véritables bataillons de professionnelles du trottoir envahissent les rues à certaines heures, sous l'œil paternel des « policemen ». C'est une honte pour

(') P. Mead, Minutes of Evidence, § 10690. — V. aussi Dickinson, eod. toc. cit., § 14937.

(2) Mead, eod. loc. cit.

(3) Révérend Dation, Minutes of Evidence, §§ 10166 et suiv. (*) Arnold While, loc. cit., § 997.

LE MAL

la capitale anglaise ! Londres, est bien plus encore que Paris, cette grande Babylone moderne si souvent foudroyée par l'anathème des moralistes d'Outre-Manche.

L'invasion des prostituées étrangères s'est également fait sentir à l'autre bout de Londres dans le West-End (') jusqu'à Euston Road, région restée intacte jusqu'à ces dernières années.

Sister Faith, sœur diaconesse, qui consacre trois nuits par semaine à visiter le West-End et le West- Center et cherche à moraliser ces femmes, dit avoir rencontré en majorité des Françaises, Allemandes et Belges et, en plus petit nombre, des Mitrichiennes et des Suissesses. La plupart de ces malheureuses ont quitté leur pays « parce qu'à Londres, disent-elles, le métier rapporte bien » (prostitution pays well).

Inutile d'ajouter que ces femmes arrivent (2) presque toujours escortées par leurs protecteurs, ce qui est une singulière aggravation de leur présence! Soho et Shaftesbury avenue sont le repaire de ces individus.

Les maisons de débauche (disorderly houses), à la suite de cette immigration de l'élément féminin, ont surgi un peu partout, leurs exploitants trouvant dans l'indifférence des autorités d'inappréciables facilités pour mener à bien leur commerce.

Dans une seule rue de Stepney, Oxford Street, on comptait, il y a quelques années, vingt maisons de

(') Ensor Walters, Minutes of Evidence, § 13094 : « There is in » the West-End a large increase of the foreign élément among the » women who wakl along the street ».

(2) William Goote, eod. loc. cit., § 12653.

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