TROISIÈME PARTIE
Discuté, amendé et finalement voté par les lordsvle bill Hardwicke vint s'échouer devant les Communes qui ne lui accordèrent pas même l'honneur d'une séance! Le principe du droit d'asile absolu apparaissait aux Communes, encore dominées par l'esprit libéral, comme un dogme intangible, irréductible, contre lequel toute restriction eût été taxée de sacrilège.
... Le flot russe et polonais montait toujours! Mais, jusqu'en 1901, le problème de l'immigration, malgré son importance, devait passer au second plan; le grand drame sud-africain absorbait trop complètement toutes les pensées et toutes les forces vives du pays pour laisser au Parlement et aux partisans des mesures restrictives le temps et les moyens d'examinef ou de défendre de nouveaux projets de réglementation.
En janvier 1902, au début même de la session parlementaire, le major W. Evans Gordon soumettait à la chambre des communes, sous forme d'amendement à l'adresse royale, un vœu « exposant humblement à » Sa Majesté l'urgente nécessité d'établir une législa- » tion ayant pour objet de restreindre l'immigration » des étrangers pauvres (destitute) dans Londres et » dans d'autres villes du Royaume-Uni ».
L'orientation politique d'alors n'était plus celle de 1898. La théorie de la plus grande Angleterre, basée sur l'idée protectionniste et nationaliste, l'impérialisme britannique en un mot, régnait indiscutée. Seuls ceux que l'on qualifiait avec mépris de petits Anglais (little Englanders) osaient regimber sous la férule du mentor de Birmingham, et la chambre, docile, obéissait.
LE REMÈDE
Les temps étaient mûrs, comme disent les Anglais (times were ripe), la motion Gordon fat votée.
A ce vote de principe, le gouvernement répondit aussitôt en nommant, avec l'approbation royale, la grande Commission d'enquête dont les travaux nous ont déjà servi précédemment et qui marque le point de départ de la législation nouvelle.
Le « Warrant » royal du 21 mars 1902 nommait membres de la Commission :
Le baron James de Hereford, membre de la Chambre des lords ;
Le baron Nathaniel de Rothschild, également membre de la Chambre des lords ;
Le très honorable Alfred Littelton, conseiller du roi;
Sir Kenelm Edward Digby, commandeur de l'Ordre du Bain et sous-secrétaire du secrétariat d'Etat du Home Department;
M. William Eden Evans-Gordon, major en retraite et député de Stepney à la Chambre des communes;
M. Henry Norman, député de Wolverhampton ;
M. William Vallance, secrétaire du Comité des gardiens de Whitechapel.
Lord James de Hereford obtint la présidence de la Commission et M. Eddis lui fut adjoint en qualité de secrétaire.
Le brevet royal prenait soin de fixer le but même de l'enquête et de déterminer le terrain qu'elle devait explorer.
« Nous avons considéré qu'il était expédient de cons- » tituer une commission chargée d'étudier et de nous » adresser ses observations sur :