TROISIÈME PARTIE
» 1° Le caractère et l'étendue des maux attribués à » l'immigration illimitée (unrestricted) des étrangers, » notamment dans la métropole ;
» 2° Les mesures qui ont été déjà adoptées par les » pays étrangers et les colonies anglaises pour res- » treindre et contrôler l'immigration.
» Et de nous communiquer son avis, en consé- » quence, en nous proposant les remèdes et précau- » tions qu'il serait désirable de prendre dans ce pays, » étant donné l'absence de tout pouvoir légal permet- » tant d'exclure ou d'expulser tel individu étranger ou » telle classe d'étrangers ».
Le même warrant accordait à la commission agissant en corps, ou à trois au moins de ses membres, pleins pouvoirs pour convoquer des témoins, pour se déplacer et procéder aux interrogatoires sur place, pour se faire « donner accès partout où ses recherches » seraient nécessaires, se faire soumettre tous livres, » documents, registres et rapports à toutes fins utiles » et ce par tous les moyens de droit ».
« Notre désir et notre plaisir (our further will and pleasure is that you do, ivith as Unie delay as possible, report to us), continuait le brevet royal, sont que votre rapport soit terminé le plus rapidement possible ».
C'était déclarer officiellement l'urgence des réformes.
La commission se trouvait cependant en présence d'une tâche considérable et délicate.
Considérable parce que, consciente de sa mission, elle devait non seulement étudier et faire connaître d'une manière scientifique la nature et les caractères divers de cet immense mouvement d'immigration vers
LE REMÈDE
l'Angleterre, ses conséquences multiples sur la vie économique et intellectuelle, morale et physique du pays, mais encore en rechercher les causes, aller à la source même du mal et obtenir des bases sûres pour ses appréciations.
Délicate parce que, au risque de rétrécir son rôle et d'affaiblir le poids de ses avis, la commission devait se renfermer dans l'impartialité la plus absolue, éviter scrupuleusement de se laisser influencer par des questions de race ou de religion.
Or, l'élément russo-polonais se composant presqu'exclusivement — nous l'avons dit — de gens de confession israélite, la question juive se posait malgré tout, avec son cortège de préjugés, de froissements inévitables, de sympathies ou d'hostilités préconçues. Les critiques adressées, même très justement, à l'immigration juive pouvaient être si facilement dénaturées et se présenter aux yeux de plusieurs comme empreintes d'anti-sémitisme ! C'est un écueil qu'il fallait éviter..., dans la mesure du possible.
La commission devait donc s'inspirer, dans son rapport, de sentiments d'une entière indépendance et d'une grande largeur d'idées, avoir en vue uniquement V intérêt du pays, en faisant abstraction des préférences personnelles de chacun de ses membres.
Il serait injuste de ne pas reconnaître que la plus grande impartialité avait guidé le gouvernement dans le choix des membres de la commission : toutes les opinions y étaient représentées par des hommes de haute valeur.
D'une part le drapeau nationaliste était porté par sir W. Evans Gordon, partisan enflammé de la théorie