‹ Les indésirablesChapitre 93 sur 151 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

res années de son séjour. Sanctions à établir pour toute contravention.

j) Faculté pour tout tribunal jugeant un étranger coupable de crimes ou de délit d'ordonner comme complément de la peine prononcée (as part of the sentence) son expulsion du territoire. En cas d'infraction à un ordre d'expulsion, l'étranger serait puni comme « rogue » et « vagabond », en vertu du Vagrancy Act (supràj p. 128).

Ces moyens recommandés par la commission comme conclusion de ses travaux, ne furent pas adoptés sans de sérieuses discussions.

Sir Kenelm Digby ne consentit à signer avec ses collègues que sous les plus expresses réserves et, dans un mémorandum à part annexé au rapport, il se déclare nettement hostile à la plupart des mesures préconisées.

A l'en croire, le mal aurait été grandement exagéré et, dans la proportion où il existe, serait absolument localisé, limité à certains quartiers de Londres. Les pouvoirs que l'administration possède déjà devaient, selon lui, suffire amplement, si elle en faisait l'application intégrale ; la guerre déclarée aux immigrants pauvres, le critérium d'admissibilité basé sur les moyens d'existence lui apparaissant comme inhumains et dictés par un principe faux; bref, les remèdes proposés seraient, à son sens, impraticables et n'atteindraient nullement le but visé : l'éloignement des indésirables!

Sir Kenelm faisait grâce cependant à un seul vœu de la commission, celui relatif à la généralisation et à l'extension des procédés d'expulsion, considérée

LE REMÈDE

comme l'annexe nécessaire de toute condamnation pénale prononcée contre un étranger.

Un autre membre de la commission, et non des moindres, le baron de Rothschild, déclarait également, dans une note où il formule ses réserves, se rallier entièrement à la manière de voir de sir Kenelm Digby.

« Je suis opposé, en principe, à l'adoption des rae- » sures restrictives, parce que, bien qu'elles soient » dirigées contre ceux que Ton est convenu d'appeler » les « Indésirables » elles risqueraient de frapper » des hommes méritants et laborieux (deserving and » hard-working) dont la seule faute est de se trouver » dans une situation précaire au moment de leur » arrivée, ce qui, il faut en convenir, ne prouve nulle- » ment qu'ils ne soient capables d'améliorer leur posi- » tion et de conquérir peu à peu l'indépendance maté- » ri elle.

» Les maux signalés et dont je ne discute pas Vévi- » dence, semblent devoir être traités par des méthodes » moins rigoureuses (be remedied by less drastric » measures) » (*).

Cette différence de « points de vue » entre adversaires et partisans d'un Aliens' Bill, qui considéraient chacun le problème par un côté différent de la lorgnette, ces deux courants d'idées si opposés qu'ils étaient inconciliables, devaient s'accentuer encore lors des discussions parlementaires, et la politique se mettant de la partie, retarder, presque compromettre, l'avènement des réformes projetées.

A vrai dire, le King's speech du 2 février 1904 lais-

Ci Report of the royal commission on immigration, p. 52.

Page 1