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TROISIÈME PARTIE

trop ardentes, les passions trop enflammées pour qu'on pût s'expliquer sainement : c'était encore la période de fièvre succédant à la campagne protectionniste où se jouait le sort du programme Chamberlain !

Certains sujets — tel en Angleterre le protectionnisme, tel en d'autres pays le péril clérical — ont le don de ranimer les haines et d'énerver les esprits ! Ce sont des spectres, revenant à propos comme dans les drames de Shakespeare, savamment maniés, pour troubler et fausser les discussions parlementaires où cependant la violence et l'incohérence n'auraient guère besoin de stimulants!

Partisans et adversaires d'un Aliens' Bill, affligés d'hémyopie, ne voyaient qu'une face de la question et semblaient fascinés par les seuls côtés économiques du problème.

Les libéraux cherchaient toute occasion de critiquer la politique générale du ministère et le bloc gouvernemental semblait tout heureux de trouver une opportunité de défendre les idées de prohibition et de battre le rappel de ses troupes aux débuts de la session.

Les unionistes, dès cette première séance, n'hésitèrent donc pas à poser à fond la question protectionniste.

Sir Howard Vincent, député de Sheffield, l'un des aides de camp de M. Chamberlain, déclarait :

« Le discours royal parle de la promesse faite par » le premier ministre de Nouvelle-Zélande d'inaugurer » avec la métropole des traités de préférence pour » l'entrée des marchandises anglaises. C'est ce qui » existe déjà, depuis bientôt cinq années, avec le Ca- » nada et ce qui existera bientôt avec l'Afrique du

LE REMÈDE

» Sud : le voyage que vient de faire au Cap et au » Transvaal l'honorable député de West Birmingham » (M. Chamberlain) nous le laisse prévoir. C'est un » progrès qui sera chaudement accueilli par tous ceux » qui souffrent ici de la grande dépression des affaires.

» La crise à laquelle je fais allusion est clairement » démontrée par la Labour Gazette du mois de janvier » dernier.

» 37.500 ouvriers des « Trade-Unions » se trouvaient » sans emploi à la fin de décembre 1903 ! S'il en est » ainsi pour les skiljed-arlisans, on peut aisément » s'imaginer dans quel marasme se trouve le travail » unskilled.

» Pendant les années 1901, 1902 et 1903, 3.000.000 » d'ouvriers ont souffert d'un abaissement des salai- » res; 370.169 personnes vivaient, en décembre der- »nier, à la charge des Poor-law Reliefs ; 261.363 autres » ont émigré du Royaume-Uni, en 1903, allant, pour » la plupart, dans des pays où elles obtiendront pro- » tection pour leur industrie et leur travail, désespé- » rant de jamais trouver dans leur patrie des moyens » de vivre I

» La place de ces émigrants a été aussitôt prise par » le rebut (the scum) de l'Europe Orientale : 82.000 » immigrants î

» Il est temps que cela cesse !

» L'honorable leader de l'opposition (M. Campbell- » Bannerman) a parlé en plaisantant de ces gens » venant de pays férocement protégés et qui devraient » être pour eux un paradis, les abandonnant pour » venir dans un pays de liberté commerciale. Il a » oublié de nous parler des 260.000 émigrants qui

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