LES APPLICATIONS THERAPEUTIQUES LOCALES
Les algies
Vouloir obtenir une action analgésique en plaçant n'importe quelle partie d’un nerf entre les électrodes d’un générateur à ondes courtes, c’est échouer le plus souvent, et parfois même, augmenter la douleur, dit SAIDMAN. D'une façon générale, il faut se rappeler que les bons résultats ne semblent pas dus à un effet thermique des ondes, mais à leurs effets spécifiques qui ne sont obtenus favorablement qu’à condition d'utiliser des champs appropriés. Tout, ici, est donc dans la technique d’application. Il faut se rappeler que les faibles doses agissent comme des calmants, et les fortes doses comme des excitants.
Nous pensons avec SAIDMAN que, par faible dose, il convient d’entendre un champ ne produisant qu’une faible sensation thermique (une légère tiédeur au niveau de la peau) et de courte durée (pas plus de 6 minutes par champ). Une faible intensité prolongée à l’excès, finit par réveiller la douleur. Il n’existe
guère de bons procédés de mesure. Le mieux est donc de s’en tenir aux impressions ressenties par le malade. De plus, pour un même sujet, avec une même intensité, on peut observer, avec un très léger déplacement, d’une électrode, soit une action calmante, soit une action excitante. La forme du champ exerce donc une influence presque égale à celle de lintensité. En conséquence, il convient, d’une part, de surveiller le malade d’une façon permanente, et sil signale une recrudescence de la douleur, de déplacer les électrodes ; d'autre part, d'observer quelques notions topographiques indispensables ; et enfin, de ne jamais rejeter la méthode sous prétexte d’échec. Ün échec est le fait d’une mauvaise technique sept fois sur dix.
La longueur d’onde la plus efficace paraît être de l’ordre de 15 mètres.
Migraines
Disparition souvent immédiate, avec une électrode sur chaque temps. Il est souvent utile de rechercher l'origine endocrinienne des migraines récidivantes que l’on peut traiter alors par irradiations causales.
Névralgies faciales
On obtient de bons résultats en plaçant une électrode devant l'oreille du côté opposé à la douleur, ct
l’autre en un point voisin du maximum de la douleur. Les effets sont très inconstants.
Les névralgies de la dent de sagesse sont parfois calmées presque instantanément.
Névralgies cervico-brachiales
Amélioration lente, mais excellente indication. Il faut envisager 6 à 10 séances quotidiennes. Une des électrodes doit être placée sur la face latérale du cou, du côté opposé à la douleur, et au voisinage de C4, C6 ; l’autre sera placée sur la face externe de l'épaule, puis après 3 ou 4 minutes, au coude, et ainsi de suite jusqu’au dos de la main.
Zona
Même technique : l’une des électrodes étant placée dans le voisinage du point d’émergence du nerf, et l’autre en des points de plus en plus éloignés de son trajet.
Sciatique
Les résultats sont extrêmement intéressants. La sédation est parfois immédiate, mais d’abord passagère. Elle devient persistante après une dizaine d’applications. Il est bien certain qu’il ne faut pas chercher de résultats appréciables dans les sciatiques consécutives à des arthrites lombaires, lombo-sacrées, ou
re
sacro-iliaques. On peut utiliser deux techniques : l'une qui consiste à opérer à l’aide d’un champ transversal, l’autre qui consiste à placer l’une des électrodes au point d’émergence, et la seconde successivement aux différents points de refroidissement du membre. Il n’est pas possible de formuler de règle concernant le choix de l’une ou l’autre de ces deux méthodes. Les résultats devant, en principe, commencer à se faire sentir assez rapidement, il est indiqué de changer de méthode si l’on n’a pas obtenu de sédation au bout de 2 ou 3 applications. Traiter la jambe en demi-flexion. Il ne faut pas oublier que plus la douleur est violente, plus faible doit être l’intensité.
Myalgies
Torticolis et lumbagos, s'ils ne sont pas symptomatiques d’une arthrite vertébrale sont admirablement calmés. Mais, ici, il convient, au contraire, d'utiliser une action calorifique assez intense, obtenue à l’aide de deux grandes électrodes latérales disposées symétriquement. Pendant la séance, le malade ressent une contracture assez pénible qui cesse immédiatement à l’interruption du courant.
Ceilulites
Les cellulites demandent un traitement persévérant (au moins 15 à 20 séances faites tous les deux
= pote
jours) et combiné : il est bon, en effet, de traiter, en même temps que la région atteinte, les déséquilibres endocriniens que l’on peut déceler dans la majorité des cas, et qui, le plus souvent, sont d’origine hypophysaire, ou ovarienne. Dans la maladie de DERcuM, l’association ondes courtes-massages, donne des résultats remarquables.
Rhumatismes
Le traitement des rhumatismes, en général, est certainement un de ceux qui ont réservé le plus de déboires aux spécialistes par suite de son infidélité. Cependant, tout récemment, l’Institut FINSEN de Copenhague à mis au point une technique qui donne d'excellents résultats, et qui consiste à opérer à l’aide d’une combinaison de deux champs, l’un géréral, l'autre régional, associés à l’atophanyl intraveineux. La proportion de succès obtenue par cette méthode est extrêmement intéressante. Si l’on élimine le rhumatisme gonococcique, qui rentre dans la catégorie des traitements de la blennorragie, dont il sera parlé plus loin, cette méthode s'applique aux rhumatismes aigus, même en période fébrile, aux rhumatismes infectieux, aux rhumatismes déformants, et aux rhumatismes vertébraux, où il est possible d’observer radiologiquement des arrêts de l’évolution. Des tentatives sont faites, paraît-il, à Copenhague sur les rhumatismes tuberculeux, au sujet desquelles nous n’avons pu obtenir encore aucun renseignement,
Maladies des voies digestives
Certains syndromes digestifs bénéficient largement de l'emploi des ondes courtes. Gastrites, périduodénites, cholécystites, hépatites chroniques, sont, en effet, améliorées dans la grande majorité des cas, par l’action décongestionnante et analgésique des ondes courtes. Il nous paraît hors de doute également, malgré les craintes que plusieurs auteurs ont pu manifester à cet égard, que les syndronmgs d’ulcères gastro-duodénaux constituent des indications nettes, et que leur cicatrisation se voit accélérée très sensiblement sous l’effet des ondes courtes. Nous disposons sur ce chapitre des conclusions de HANCKEN, ZLOCZo- WER, GRUCHALLA, WOLFRAMM, MAHIO (qui observent l’alcalinisation du suc gastrique, mais qui ne nous disent pas si celle-ci est secondaire, ou prime la cicatrisation de l’ulcère). Il ne faut pas traiter d’uicère en période hémorragique, et il est indispensable de s’en tenir à des doses faibles, en séances répétées de 8 à 10 minutes.
L’aérophagie est presque toujours réduite. I] s’agit là vraisemblablement, d’une action sur le sympathique.
Les fissures anales constituent une des très bonnes indications des ondes courtes qui déterminent une cicatrisation excellente, la plupart du temps.
EU
Maladies de la circulation
Nous ne parlerons pas ici, à nouveau, des effets des ondes courtes sur la circulation. Nous rappellerons simplement qu’ils semblent se résumer à ceci : décongestion de la profondeur par vaso-dilatation prédominant sur les capillaires, et régulation du système vago-sympathique.
a) ARTÉRIOSCLÉROSE. — On obtient des effets comparables à ceux des bains carbo-gazeux de Royat, mais à l’aide d’un agent manié et dosé beaucoup plus commodément. DELHERM a bien étudié cette question qui ne semble pas controversée.
b) ANGINE DE POITRINE. — C’est Lian qui, en 1925, a commencé à appliquer la diathermie à l’angine de poitrine. DAUSET, GIROUX, GROTH, JÉGOROW, LAUBRY, WALsER publièrent des résultats obtenus par les ondes courtes très supérieures à la diathermie à ondes longues.
L’angine de poitrine constitue certainement une des grandes indications des ondes courtes, et la forme des plus influencée est l’angine de poitrine d’effort sans signe apparent d'insuffisance cardiaque. Les succès sont de l’ordre de 60 %, permettant la reprise du travail lorsqu'il ne s’agit pas d’un travail de force, qu’il faut proscrire définitivement. Il est bien entendu qu’il conviendra, dans tous les cas, d’instituer un régime convenable. L’amélioration s’installe après traitement suffisant, pour une période de 8 à 12 mois environ. Moyennant la reprise des irradiations dès
la réapparition des premiers symptômes, le malade peut mener une vie normale (HELLFORS, WOLFRAMM, LAMBRECHT).
c) SYNDROMES VASCULAIRES DES MEMBRES. — Les syndromes de RAyNAUD, de BUERGER, les artérites séniles, comportent dans leurs cas typiques, des résultats souvent immédiats. Il est excellent d’associer l’acétylcholine et, dans certains cas, les ultra-violets.
Maladies des femmes
SALPINGITES. — Les résultats obtenus par lapplication des ondes courtes dans les salpingites sont à ce-point concluants, que l’on peut dire aujourd’hui, que 8 interventions chirurgicales sur 10 doivent être évitées. Notre expérience personnelle nous permet d'affirmer cette proportion de 80 %, d'accord en cela avec Mme FRANCILLON-LOBRE. Il demeure bien entendu que ces guérisons sont des guérisons cliniques, et pas toujours des guérisons anatomiques. Nous voulons dire par là que la femme retrouvera une vie et un état fonctionnel normaux, mais qu’il sera bon de la surveiller en cas de phénomènes génitaux ultérieurs (grossesses, fausses couches, etc.). Le traitement des salpingites a été parfaitement mis au point par Mme FRANCGILLON-LOBRE et LEROY, dans le service du Professeur GossEeT, à la Salpêtrière. On y applique des séances d’ondes courtes de forte intensité, mais d’une durée de 2 minutes. Le service du Professeur GossEr dispose, sur ce sujet, de plusieurs
centaines d'observations qui prouvent que, après une phase de recrudescence des phénomènes douloureux, s'étendant sur les 3 ou 4 premières applications, la régression complète s'obtient en 12 à 15 séances au lieu de 25 à 30 avec le procédé de séances prolongées. Parmi ces observations, plusieurs constatent des grossesses survenues après un tel traitement appliqué à des salpyngites doubles.
Les métrites seront mentionnées dans le chapitre des applications générales dont elles relèvent.
Suppurations et inflammations
SCHLIEPHAKE, HAASE, LIEBESNY, IzA ont montré que les excellents résultats obtenus étaient dus, non à l’action calorifique des ondes courtes, mais à leur action spécifique, entraînant une modification de la réaction tissulaire.
a) FURONCLES, ANTHRAX. — SCHLIEPHAKE en obtient soit la guérison en 3 ou 4 jours, sans suppuration, soit une maturation accélérée. Il estime que le danger des furoncles de la lèvre supérieure s’annule, lorsqu'ils sont irradiés à temps; les accidents de la thrombophlébite de la veine faciale ne sont observés que lorsque cette complication est antérieure à l’application des ondes courtes. Nous pouvons confirmer en tous points cette opinion. Il n'existe pas de contreindication aux ondes courtes sur furoncles et anthrax, et les résultats obtenus sont de très loin supérieurs à ceux de toute autre thérapeutique.