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de la manifestation arthritique, les proportions de guérison observées sont de l’ordre de 7 sur 10.
Paralysie générale
La paralysie générale est une des premières maladies que l’on ait tenté de traiter par la pyrétothérapie.
NEYMANN, OSBORNE et KŒNIG ont obtenu dès 1931, d’intéressants résultats, comparatifs à la malariathérapie, qu’ils ont condensés dans le tableau suivant que nous empruntons à HENRARD :
Malariathérapie Electropyrexie
Reprise des occupations ..... 2 24 AMMIOHOPAUONE Se RE UE Do 28 Arrêt de l’évolution ......... 26 30 Continuation de l’évolution .. 1. 20 Mort à la suite du traitement. 18 0
Un certain nombre d’auteurs cependant, accordent encore une supériorité à la malariathérapie. Il n’en est rien, la malaria n’a en effet, aucune action directe sur la paralysie générale, seule intervient la réaction thermique. Nous avons pu constater que la combinaison du traitement électropyrexique, au traitement par le Novarsenobenzol, donne de remarquables résultats. L’impaludation admet, tout bien pesé, environ 1/4 de succès et à peu près 15 % de décès. L’électropyrexie associée donne 35 % de succès et au-
RTE
cun décès qui lui soit imputable. Les décès survenant en cours de traitement, pour des causes intercurrentes, nous semblent être de l’ordre de 2 %. Ce qui tend à prouver que l’on peut estimer à environ 13 % les décès du fait de la malariathérapie. Fait curieux, nous avons pu constater, personnellement, que l’électropyrexie ne donne que des résultats insuffisants dans les cas déjà traités par malariathérapie. La meilleure technique paraît être de réaliser des traitements d'une dizaine de séances à 40°5 espacées de 4 jours de 4 à 5 heures chacune, et chacune précédée d’une injection sous-cutanée de Novar.
L’électropyrexie dans la paralysie générale, ne trouve aucune contre-indication. Les cachectiques, les albuminuriques, les hépatiques, peuvent être traités sans aucun inconvénient, ce qui n’est pas le cas pour la malariathérapie.
En somme, l’électropyrexie, nous donne, ici, un traitement dont les proportions de succès sont incontestablement supérieures à celles de la malariathérapie, la maniabilité parfaite, les contre-indications inexistantes et la mortalité nulle. Le choix ne semble pas difficile à faire.
Tabès
NEYMANN, OSBORNE, CURANPOPE, BisHoP, HORTON, WARREN, EPSTEIN, JOHNS, MENNINGER, FELLOWS, SCHAMBERG, BUTTERWORTH, ont, les premiers, publié de nombreuses observations sur cette question. Nous
pouvons dire aujourd’hui que les formes relativement légères ou débutantes sont très heureusement influencées par l’électropyrexie. Une vingtaine de séances faites de 5 en 5 jours, aux environs de 39°, amènent une sédation remarquable des douleurs fulgurantes, et des crises viscérales. Les incontinences peuvent disparaître. La proportion des améliorations est de l’ordre de 30 % environ. La négativation du Bordet-Wassermann s’observe environ 1 fois sur 5. Dans certains tabès anciens, déjà traités, HENRARD rapporte un mode d’action assez curieux de l’électropyrexie : il s’agit d’un malade chez lequel 15 séances de fièvre artificielle rendirent positif un Bordet- Wassermann négatif depuis plusieurs années. Le malade fut alors soumis, avec succès, à un traitement spécifique. Le Docteur EMERY en donne l’explication: la pyrétothérapie a eu pour effet de remettre ce malade en état d’allergie, ce qui lui a permis de bénéficier alors du traitement spécifique, qui jusqu'ici avait été inefficace : ceci prouve l’avantage qu'il y a, dans tous les cas, à utiliser les techniques associées.
Syphilis nerveuse
Ce que nous venons de dire sur la paralysie générale et sur le tabès, est valable pour toutes les formes de la syphilis nerveuse. L'association de l’électropyrexie et des traitements spécifiques donne une proportion de plus de 45 % de très bons résultats, même en présence de lésions symptomatiques, tels que ké-
ratites interstitielles, choroïdites, neurorétinites, iritis.
Syphilis primaire
Des tentatives expérimentales déjà nombreuses ont cherché à résoudre le très intéressant problème de la stérilisation du tréponème, au niveau de son point d’inoculation, et pendant la période du début de l’infection. La thermothérapie, par diverses méthodes, a donné, en 1929, des résultats satisfaisants à WEICH- BRODT et JAHNEL, sur le lapin. Les premiers travaux sur les ondes courtes sont dus à CARPENTIER, avec des succès variables. En ce qui nous concerne, nous pensons que l’électropyrexie peut trouver son indication dans la syphilis primaire à titre d’accélérateur et de renforçateur d’un traitement spécifique classique, qui doit, en tout cas, être institué et conduit jusqu’au bout. Maïs nous préférons ne pas l’employer à cette période, où il paraît contre-indiqué de risquer de masquer un WASSERMAN, sans effet thérapeutique suffisant.
Sclérose en plaques
Nous pouvons signaler environ 35 % de bons résultats. Là, comme ailleurs, nous pensons que la meilleure technique est un traitement mixte : en l’espèce, 12 à 20 séances de 3 à 4 heures chacune, à 40°, espacées de 2 ou 3 jours, avec administration de doses
ide
décroissantes de sulfate d’atropine. L'amélioration obtenue ainsi est souvent très appréciable (d'autant plus, bien entendu, que l’on est plus près du début de la maladie) et permet assez souvent la reprise des occupations : on observe la disparition de l’hypersécrétion, une diminution parfois considérable du tremblement. Ces effets sont relativement peu durables. Cependant, le maintien d’un traitement de fond au sulfate d’atropine (qui nous a paru supérieur à la génoscopolamine) permet, en général, d’obtenir une période favorable de 4 à 6 mois, au bout desquels un nouveau traitement donne un résultat identique.
Syndromes parkinsoniens
Qu'ils soient ou non consécutifs à une encéphalite épidémique avérée, l’ensemble des résultats que l’on obtient sur les syndromes parkinsoniens est extrêmement encourageant et sensiblement supérieur à ceux que nous venons de rapporter concernant la sclérose en plaques. La somnolence, les tremblements et la rigidité générale régressent à tel point que les malades peuvent s'habiller seuls et souvent reprendre un peu de leur activité. Il convient d’être très circonspect dans la conduite du traitement qui doit éviter l’asthénie paroïs consécutive à des séances trop prolongées.
Ab
Voici des observations concernant quelques-unes des applications de lPélectropyrexie :
Observations
Gonococcies :
M. M. F. âgé de 46 ans, sujet anglais, de passage à Paris pour huit jours, a contracté une infection gonococcique dont les premières manifestations remontent à 48 heures. Jamais atteint auparavant. L'examen sur lame montre de nombreux diplocoques de NEIssER, intra et extracellulaires. Nous le mettons en traitement à 20 heures. Sa température monte très progressivement et atteint 40° au bout d’une heure. Cette température est maintenue jusqu’à 9 heures du matin. Le malade a parfaitement supporté le traitement. Le pouls est resté parfaitement régulier. Aucune agitation. Le malade est mis au repos de 9 heures du matin à 14 heures. À ce moment, l'examen sur lame d’un prélèvement intra-uréthral ne montre plus rien. Dans le courant de l’aprèsmidi, aucun écoulement ne s’est manifesté. De retour chez lui, le malade a fait procéder à un examen bactériologique complet qui fut entièrement négatif. Aucun incident consécutif, depuis maintenant 13 mois. (0bservation personnelle).
Mme X. V. 22 ans, contamination remontant à 10 jours, vient nous trouver à la suite d’inconvénients consécutifs à une injection de gonacrine intraveineuse. Les prélèvements sont positifs ; on la soumet
à 3 séances de 5 heures à 40°. Les prélèvements deviennent négatifs, mais après 8 jours, un nouvel examen montre quelques bacilles. On fait 2 nouvelles séances à 40°5. Revue 8 jours après, un mois après, 4 mois après. Les examens sont entièrement négatifs, la malade ne présente plus aucune manifestation objective ni subjective. (Observation personnelle).
Mme R. L., 28 ans, souffre d’une violente arthrite gonococcique du genou droit qui est complètement tuméfié, et tellement douloureux que le moindre frôlement est intolérable. On procède à une première série de 3 séances de 5 heures chacune, à 40°5. Le genou est encore gonflé mais infiniment moins douloureux : la palpation est possible. Après un arrêt de 10 jours, on fait une nouvelle série de 3 séances, dans les mêmes conditions. La malade ne souffre plus. Le gonflement a diminué des 3/4. La mobilité est presque normale. Revue un mois après : l’état fonctionnel est normal. Il persiste un léger gonflement qui n’est d’ailleurs en relation avec aucune lésion décelable à la radio. (Observation personnelle).
Mme L. B., 34 ans, métrite aiguë, fièvre légère le soir. Utérus en rétroversion. Traitement : séances de 6 heures, chacune précédée de l'injection de 1 cc. de dmelcos, température à 40°. Au bout de la troisième séance, les phénomènes douloureux ont disparu. Après 5 séances, tout est rentré dans l’ordre. La malade, revue quelques mois après, est en état normal. L'examen clinique ni les recherches bactériologiques ne montrent la moindre affection.
Paralysie générale :
M. C. D. 51 ans. Paralysie générale typique. Traitement de 8 séances de 4 heures à 40°5, combinées avec injection de Novar, et faites à 5 jours d'intervalle. L'état général est considérablement amélioré. L'état cérébral est devenu presque normal : les symptômes d’excitation, les poussées délirantes, la mégalomanie ont rétrocédé complètement. Le Bordet-Wassermann n’est cependant pas négativé. Cette négativation s’est produite dans les 5 mois qui ont suivi, au cours desquels on a pratiqué un traitement au bismuth.
M. R. V., 46 ans. Symptômes permanents relativement frustes mais poussées délirantes extrêmement violentes. Traitement identique au précédent. Chez ce malade, où le Wassermann était de H1, on a obtenu une négativation à H7.
Tabes :
M. V.. 59 ans. Tabes déclaré depuis 8 ans. Douleurs fulgurantes très violentes. Incontinences. Marche pratiquement impossible. Traitement de 20 séances à 39°5, sans aucune médication associée. Dès la douzième séance, les douleurs sont atténuées dans la proportion des 2/3, estime le malade. Le sommeil est redevenu normal. À la fin du traitement, les incontinences ont disparu et le malade peut se déplacer. Les douleurs sont devenues rares et très supportables. Cet état de choses s’est maintenu pendant 8 mois.
Parkinson :
M. G., 43 ans, tourneur sur métaux. Syndrome parkinsonien typique. 12 séances de 3 heures à 40°. La rigidité s’est considérablement atténuée. Le tremblement a presque complètement disparu, au point de devoir être recherché. Le malade a repris son travail.
Mme S., 62 ans. Syndrome parkinsonien typique avec tremblement très accentué. Après 15 séances, la malade peut s'habiller et se coiffer seule.
Sclérose en plaques :
Mme T., 27 ans. Atteinte de sclérose en plaques avec manifestations aiguës : notamment crises oculogires très violentes. Traitement de 12 séances, à 40°5 (lors de la première séance, la température de cette malade, dont la réaction individuelle était très particulière, est montée à 41°7). Après le traitement, les crises oculogires, si elles n’ont pas complètement disparu, sont devenues très rares (en moyenne une par semaine, contre 2 ou 3 par jour) et d'intensité minime. La marche est devenue facile ; la malade, qui ne pouvait le faire, monte maintenant trois étages sans aucune difficulté. Maintien pendant 6 mois. Nouvelle série, nouvelle amélioration, depuis 5 mois.