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Indices monétaires.
Ces indices se proposent d’étudier les variations du pouvoir d'achat de la monnaie, d’après les prix de gros d’un grand nombre de marchandises. Ce nombre est pratiquement limité par la complication du calcul qu’il entraînerait s’il était exagéré, complication inutile, d’ailleurs, puisqu'il suffit de prendre, dans chaque catégorie (matières alimentaires, matières premières, objets manufacturés), quelques objets représentant convenablement le groupe.
Pondération. — Un problème très délicat est celui de la pondération de l'indice. Devons-nous donner une importance égale à chacune des marchandises incorporées, ou est-il plus logique de tenir compte de leur importance inégale dans l’économie générale en assortissant chacune d'elles d’un coefficient proportionné, dans le calcul de la moyenne ?
Il est évident que l’indice monétaire se proposant de mesurer une dévalorisation de la monnaie, c’est-à-dire une diminution de l'unité de mesure, les quantités des divers articles incorporés doivent être égales : de même, en supposant que l'unité de longueur, le mètre, ait varié, de- vrions-nous Corriger cette diminution ou augmentation d’après un indice relatif calculé en mesurant x poids de ruban, de fil, de ficelle, sans nous inquiéter de savoir s’il y a plus de fil que de ficelle, ou inversement, dans les entrepôts du commerce. :
Cette proposition fondamentale n’a cependant pas été reconnue par la majorité des auteurs. Irving Fisher, notamment, s’est attaché à pondérer son indice, et a exposé 4 méthodes de pondération, puis des méthodes croisées, c’est-à-dire des moyennes entre les résultats des méthodes premières. Chacune de ces pondérations étant possible pour
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chaque formule de moyenne, Fisher a été ainsi amené à calculer plus de 350 formules de nombres-indices, dont certaines étaient excessivement compliquées, comme on peut penser.
Pour choisir entre ces formules, il les disposa, avec beaucoup de méthode, dans des tableaux comparatifs, et leur fit subir les épreuves éliminatoires suivantes :
L'épreuve d'inversion des temps (The time reversal test): L'indice de l'époque A est calculé suivant la base de l’époque B, puis l'indice B suivant la base A; l'épreuve d'inversion des facteurs (The factor reversal test), analogue à l'épreuve précédente, mais portant sur les quantités et les prix à la base de la pondération, enfin l’épreuve circulaire (Circular test) qui consistait, par exemple, à prendre pour base les prix de New-York, calculer sur cette base les prix de Philadelphie, sur la base de ceux de Philadelphie, ceux de Chicago, sur la base de ceux de Chicago, ceux de New-York. Dans toutes ces épreuves d'inversion, le résultat de l’indice devait être le même, qu'il soit calculé dans n’importe quel sens.
Ces calculs permirent à Irving Fisher d'éliminer les indices dont l'erreur se retrouvait toujours dans lé même sens (biased), et surtout ceux dont l'erreur était capricieuse et insusceptible de correction (freakish).
Une dernière épreuve fut celle du temps matériel nécessaire au calcul des 13 formules reconnués les meilleures.
Enfin la formule « idéale » (dont le calcul, pour 36 articles et les douze mois de 1914 demanda, avec l’aide des règles à calcul, quatorze heures !) fut définitivement arrêtée. La voici :
2 F1 Go È pi qu È Po 4o 2 Po Q1