‹ Les Indiens de la Baie d'Hudson [microforme]Chapitre 5 sur 43 · FREE PROPRES · texte numérisé non relu

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Ces huttes sont plus habitables qu'on ne le suppo-

sa is ‘ serait d’abord ; je ne parle qu’au point de vue de la chauishene î leur : car les ordures, la puanteur ct Ja vermine renuatrième 1 dent les loges presque intolérahles aux blancs. Mais * laquelle 4 les Indiens sont invariablement sales , et il faut des On; par circonstances inouïies pour les décider à employer une le site demi-heure au nettoyage de leurs tentes. Ils construis. Ils dé- sent également leurs canots avec du bouleau qu ils décimés étendentsur de très-légères lattes en bois de cèdre, et ils taire tiennent excessivement à la symétrie et à Ja forme. Ils d ; voyagent beaucoup et sont souvent exposés à de gros g Any temps dans ces bateaux qu'ils portent facilement par- . rs A dessus les rapides, en raison de leur légèreté. Ils font ee encore avec ce même bois les marmites dans les- Ad quelles ils cuisent le poisson el le gibier. Pour cela,

ils mettent dans l’eau des pierres rougies au feu, et ve por c’est merveille de voir avec quelle rapidité une femme hr indienne cuit un poisson de cette manière. Les Indiens mous des environs du lac Huron récoltent du blé, le sèchent an et le pilent dans un tronc d'arbre creusé en forme de

: mortier.

mt Les habitants de ces contrées, élant en communica-

Ê tion directe avec les blancs, se servent des mèmes : . armes qu'eux, on leur voit rarement les arcs et les

lag Hu- flèches, qu’on ne trouve guère qu'entre les mains des

l'arbre . enfants. Là, comme dans toutes les autres tribus inde ra- diennes du nord de l'Amérique, les femmes font ils font . tout le gros ouvrage, portent le bois, dressent les on les tentes et vaquent à la cuisine. Je remarquai une couou dix » tume qui présente beaucoup de ressemblance avec les omme anciennes mœurs des Juifs : à de certaines époques He fixes, les femmes sont tenues de se construire des . EL les à

huttes à une petite distance du camp, et de s’y en-

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fermer hermétiquement jusqu'à leur retour à la santé.

Avant d’entrer dans la baie de Manetouawning, nous débarquâmes sur une des Îles Spider, pour nous mettre à l’abri d’une pluie diluvienne; nous n’y trouvâmes qu’une seule habitation. Une femme et ses deux enfants l’'occupaient ; les hommes étaient à la pèche, principale occupation des Indiens en été; car il y a peu de gibier; on rencontre parfois un ours ou un daim, et, à de certains moments, des canards.

Manetouawning est situé à l'extrémité d’une baie de six milles de longueur, dans la grande île de Manctoulin, et à deux cent milles de Panetanguishene par la route que nous prîmes.

Le mot Manetouawning signifie « l'Esprit saint. » Ce village se compose de quarante ou cinquante maisons construites par le gouverneur de la province, pour les Indiens. Il y a là une mission, un agent indien, un médecin et un forgeron, tous payés par le gouvernement. Je trouvai près de deux mille Indiens, attendant l’arrivée du vaisseau chargé de leurs présents annuels, qui consistent en fusils, munitions, haches, marmites et autres objets à leur usage.

Le principal chef est Sigennok; c’est un Indien vifet intelligent; il est chargé de distribuer à la tribu la part qui lui revient des présents annuels. Il reçoit du gouvernement un salaire comme interprète. Ce salaire lui est donné par politique, car bien qu’inutile comme interprète, puisqu'il ignore l’anglais, son éloquence naturelle est telle qu’il exerce une grande influence sur la tribu; c’est sans doute à la volubilité intarissable de sa langue qu'il doit son nom de (Merle). Le capitaine Anderson, maintenant surintendant des

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affaires indiennes, me raconta sur lui comme trait de mœurs l’anecdote suivante : « Sigennok avait dans sa jeunesse l’habitude de boire à l’excès, et dans l'ivresse devenait tellement furieux qu’on devait le réduire par la violence : mais comme cette besogne n'était pas sans danger, eu égard à la force herculéenne de Sigennok, ses amis avaient pris le parti de l’encourager à boire au point de le rendre insensible, plutôt que de s’exposer à toutes ses colères. Un jour qu'il se trouvait dans cet état d’abrutissement, le capitaine Anderson le vit couché devant sa loge et lui attacha les pieds et les poings avec de grosses cordes; puis il mit un enfant très-faible pour le garder. M. Anderson donna ordre à ce dernier de venir l’avertir au moment du réveil de l’ivrogne, et de ne nommer sous aucun prétexte à Sigennok la personne qui l'avait lié. Quelques heures après, Sigennok revint à lui, et demanda avec colère à l’enfant qui avait osé le traiter d’une aussi indigne façon. Le petit bonhomme, sans répondre à la question, courut au capitaine Anderson. Celui-ci se rendit tout de suite vers le prisonnier, qui lui adressu les mèmes questions qu’à l'enfant, et demanda avec rage sa mise en liberté. Le capitaine lui répondit qu’il avait été lié par ses propres ordres, et exposé ainsi pendant plusieurs heures aux moqueries de tout le camp. Il profila de l’occasion pour insister sur l’humiliation à laquelle un guerrier comme lui s’exposait, uniquement pour satisfaire au goût ignoble qui le metiait au-dessous de la brute,

« Sigennok, humilié dans son amour-propre en se voyant ainsi confié au plus humble de sa tribu, résolut immédiatement de renoncer pour jamais à sa funeste passion, et promit au capitaine Anderson de ne plus

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toucher aux liqueurs alcooliques, si on consentait à le délivrer de ses liens. Le capitaine y consentit, et depuis vingt-trois ans Sigennok est resté fidèle à sa parole. »

Un soir que je me promenais dars le voisinage du camp, j'entendis le son d’un instrument de musique, eten m'approchant du virtuose qui était placé sous un arbre, je le trouvai soufflant dans un instrument assez semblable à un flageolet, mais beaucoup plus doux comme son. C’est l'instrument employé par les amoureux dans le voisinage de la case habitée par leur maitresse. J’ai souvent entendu avec plaisir résonner ces notes simples et plaintives dans le silence des forêts. L’amoureux ne dissimulait pas son secret, il causait au contraire avec moi de ses amours.

LesIndiens se réunissent annuellement àManetouawning de tous les bords des lacs Huron, Nipissing et Supérieur, et aussi des îles avoisinantes. À l’arrivée des présents, tous, hommes et femmes, avec les enfants, s’assoient par rargs sur le gazon; chaque chef, en tête de sa bande, indique le nombre et les noms de ses hommes à Sigennok, qui distribue les présents avec une grande imparlialité. Sa parole domine tout ce tumulte de voix discordantes, son éloquence est incessante, et semble avoir pour effet de calmer toutes les mauvaises humeurs, et de maintenir l’entrain et la gaieté.

Parmi les nombreux Indiens assemblés en ces lieux, j'en remarquai particulièrement un à sa physionomie noble et respectable. J’appris qu’il se nommait Shawwanossoway où « Celui à la figure tournée vers l’ouest, » et qu’il était un grand devin, co:naissant le passé, le présent et l'avenir. J'avais perdu quelques jours auparavant des objets de campement, et je résolus, pour la

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curiosité du fait, de m'adresser au magicien. Il me répondit que sa science était impuissante pour ce qui concernait les faces pâles, et malgré l'offre d'une honnête rétribution, je ne pus obtenir qu’il exerçât son art en ma faveur. Il avait été un guerrier illustre dans sa jeunesse, mais, par suite d’un événement romanesque, il avait quitté le tomahawk et le couteau à scalper pour la pacifiaue profession de devin, qui lui valait une grande réputation parmi ses compagnons. Voici l'anecdote: « Il y avait, voilà de longues années de cela, sur les bords de l’un des grands lacs, une bande de Ojibbeways. Parmi eux se trouvait unc famille composée du père et de la mère avec un fils et une fille du nom de Awhmid-way où « son passage est une harmonie » : elle surpassait en beauté le reste de la tribu, et tous les jeunes guerriers de la nation recherchaient sa main. Au bout de peu de temps, le guerrier Muck-e-tickenow ou « l’Aigle-Noir, » célèbre par son courage à Ja guerre et à la chasse, avait gagné ses bonnes grâces : loin de dissimuler sa préférence pour lui, la jeune fille, suivant les coutumes de sa nation, éteignit sans hésiter l’écorce enflammée que l’Aigle-Noir avait fait glisser sur le ruisseau qui passait devant la case de sa bienaimée; elle le reconnaissait ainsi pour son fiancé attitré. Sûr de son succès, le guerrier fit tous ses efforts pour se rendre les parents favorables et compenser pour eux la perte d’une fille aussi chère. Il partit en constquence pour une chasse lointaine, el tandis qu'il recueillait une moisson’ de trophées et de présents, le sort jaloux amena dans le camp Shawwanossoway, grand chef de guerre dans toute sa gloire, il revenait vainqueur d’une expédition.

«Ayantentendu parler de la beauté de Awh-mid-way,

il se présenta à elle entouré des scalps de ses adversaires et chargé de dépouilles. Dès qu’il la vit, il s’éprit d’elle et chercha, par les preuves de l’amour le plus passionné, à attirer ses regards. Il lui raconta ses nombreuses victoires, lui nomma les ennemis qu'il avait tués ; il montra les scalps encore sanglants arrachés aux guerriers, la terreur de la nation; il énuméra les chefs qui s'étaient traînés à ses pieds en demandant la paix, enfin il employa tous les moyens pour gagner les bonnes grâces des parents qui, fiers de cette conquête, -essayèrent de persuader à leur fille d'accepter une alliance aussi glorieuse. Mais elle, sourde à ces paroles et fidèle à son fiancé, ne conçut que du dégoût pour ces trophées hideux.

« Sans se décourager, et déterminé à la posséder par quelque moyen que ce fût, Shawwanossoway persévéra dans ses poursuites. La pauvre fille, poussée à bout par les menaces de ses parents décidés à triompher de ce qu'ils nommaient son obstination, se détermina à en appeler à l'honneur de son persécuteur, et, dans un moment de désespoir, confessa son amour pour Muck-e-tick-enow. À cette nouvelle, Shawwanossoway sentit son cœur se remplir d’une jalousie terrible, et résolut de tuer son rival. Il se fit indiquer la route suivie par lui, se mit à sa poursuite, atteignit son campement, et, rampant près de son feu, le tua, tandis qu'il préparait son repas du soir. Cachant le corps dans les broussailles, il s'empara de ses trophées de chasse, afin de pouvoir constater son absence, et rentra au village, où il reprit ses poursuites. La malheureuse Awh-mid-way rejeta encore ses propositions, jusqu’à ce qu’enfin, obsédée par les ordreset les menaces de ses parents, et espérant échapper par la ruse

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au sort qui la menaçait, elle consentit à fixer une époque pour devenir la femme de Shawwanossoway, comptant sur le retour de son fiancé pour sa délivrance et dissimulant de son mieux sa douleur.

« Le jour terrible vint enfin, et le fiancé ne parut pas : Awh:mid-way fixait avec anxiété les yeux sur le sentier qui l'avait conduit loin d’elle, et le cœur déchiré elle vit arriver le soir de son mariage avec l’homme qu'elle abhorraïit. :

« Lecanot qui, suivant l’usageindien, devait emmener les époux pour un voyage d’un mois, ce qui constitue la seule cérémonie du mariage ‘hez ces peuples, était amarré au rivage. La nuit était venue, le festin de noce préparé, quand... on s’aperçut que la mariée avait disparu. On la chercha avec inquiétude dans les bois d’alentour, mais aucune voix ne répondit dans Jes solitudes ; on découvrit alors que le canot des fiançailles était parti, et, supposant que sa fiancée s’en était servi pour faciliter sa fuite, Shawwanossoway, avec le frère de Awh-mid-way, partit à sa recherche en suivant le rivage.

« Après plusieurs heures de marche, ils aperçurent le canot avec la belle fugitive : hâtant le pas, ils atteignirent un endroit où devait forcément passer l’embarcation. Le fiancé sauta à l’eau espérant lui barrer le passage : tous ses efforts furent inutiles et il dut retourner à terre. À peine avait-il débarqué, qu’un violent orage, accompagné de tonnerre, l’obligea à camper pour la nuit. Pendant ce temps, la jeune fille, redoublant d'efforts, disparut aux yeux de ses persécuteurs. Au jour levant, ils reprirent leur course et enfin trouvèrent le canot échoué sur le rivage; une bande de loups s'enfuit à leur approche, et ils virent

avec épouvante le corps de la pauvre femme presque entièrement dévoré et méconnaissable. Avec désespoir , ils recueillirent ses restes chéris et rentrèrent au camp, où elle fut pleurée pendant bien des semaines par ses amis et ses parents, et ent vée suivant les rites de la tribu.

« Shawwanossoway, désolé du résultat de sa funeste passion, résolut de renoncer à lu guerre; offrant donc au Grand-Esprit son tomahawk pour le transformer en instrument de justice, il prit les insignes des dcvins et depuis lors il n’a pas démenti son nouveau caractère. »

À six milles de Manetouawning est un autre village à nommé Wequimecong, fort de cinquante ou soixante maisons, avec une mission catholique et une église. Asabonish le gouverne. Il appartient aux Indiens Ahtawwah; cette tribu a infiniment de rapports avec les Ojibbeways et parle le même langage. Les Indiens | c de ce village vivent presque exclusivement de saumon D |! et de poisson blanc, qu’ils pêchent en quantités énor- D mes. Ils font aussi en abondance du sucre d’érable, ik R qu’ils vendent au commerce; ils n’ignorent ni l’agri- ù culture ni l’industrie, et, sous la direction des missionnaires, ils ont ensemencé plusieurs champs de blé, d’avoine et de pommes de terre, et construit une jolie petite église.

Tandis que j'étais à Manetouawning, le successeur de M. Anderson, M. Ironsides y arriva, c’est un métis, et son nom indien signifie « la Marche dans l’eau; »

il descend de Tecumseh et se sert du même to tem ou | tortue, chaque famille indienne ayant une sorte de À

devise héraldique dont elle se sert comme signature dans les circonstances graves. Ainsi, une famille tra-

- presque versant une forêt enlèvera un copeau sur l'écorce d’un C déses- arbre et marquera son to tem sur le bois fraîchement

entrèrent 7 coupé, de manière que ceux qui viennent ensuite | $ Semai- W connai.sent son passage; ou bien un chef envoieivant les î t-il à un poste pour avoir certains objets, il les des-

" sine sur un morceau de bouleau ct met au-dessous

a funeste “ son to tem, un renard, un chien, un ours, peu importe :

ant donc ils se font ainsi parfaitement comprendre.

sformer Je restai une quinzaine à l’île de Manetoulin, d'où je des dc- m'éloignai en compagnie de M. Dillon, qui retournait

Veau Ca- :4 avec le schooner porteur des présents. Je partis pour

* le Sault-Sainte-Marie sur le vapeur Expériment, ca-

village * pitaine Harper, qui me prit obligeamment à bord. Au

SOixante . Sault-Sainte-Marie, je fis la connaissance de M. Ballanéglise. … tyne, l'agent du poste de la compagnie de la baie Indiens … d'Hudson. Il me dissuada vivement de chercher à pé-

rs avec …. nétrer dans l’intérieur, excepté sous les auspices de la Indiens compagnie, me présentant cette entreprise comme

saumon “ presque impossible; il me conseilla de m'adresser à

Sénor- À sir George Simpson, gouverneur à Lachine, qui, in-

‘érable, à struit de mes projets, pourrait me faire prendre au

| l'agri- “ printemps par les canots de la compagnie. Espérant

ission- ; donc trouver là le moyen de pénétrer très-avant chez

lé, d’a- des tribus plus sauvages, je résolus de remettre mon

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