AMÉRIQUE
Xj s nouveau monde nous fera mieux comprendre le Secret de l'ancien. Ses pen^s, plus avancés dans l'art social , le sont aussi dans l'écriture syn>bolique qui en porte l'empreinte , ainsi que d'une imagination brillante de jeunesse qui l'enrichit de toutes les figures qû'ellt emprunta' des institurtions de plusieurs états régulièrement constitua. Mais là encore on voit presque avérée la tradition des deux continens, que l'homme, après le déluge , étoit devenu muet et suige , apprenant des
DES HIÉROGLYPHES* Sg
oiseaux an langage , et partant de cet état poor aller aux découvertes des arts, et de celui qui est le dépôt de tous. On peut en suivre les .développe-» mens graduels en reconnoissant, dans l'un et l'autre hémisphère , des conformités entre aeê si* gnes , qu'on retrouve également dans les usages , et même dans les noms communs. Aux Antilles»
qu'on a découvertes les premières , et dont les ha* bitans prirent les vaisseaux européens pour des animaux, on^retrouvs^ l'usage de juger les roîs Recédés avant de leur accorder les honneurs de la ^'palture et du chant de mémoire ^'> } l'opinion ^ l'âme des guerriers morts pour la patrie s'en alloit au soleil; le culte des cA^/iui , idoles^reptiles ou de forme humaine monstrueuse , telles que les chamis des Chinois C^) , et probablement les khemosch et chamanim des Moabites et des Hé** breux; deux monstres et d'autres figures symbo* Uques sculptées k Tentrée et dans l'intérieur de la grotte sacrée, lieu natal du soleil et de la lune; et sur des amulettes d'or des marques gravées que Colomb prit d'abord pour des lettres; dans des souterrains, enfin , caveaux. des ancêtres , des mo» ^çs enveloppées de bandelettes semblables à celles d'Ëgjpte ou de Ténériffe : car, an pied du pic de cette île , ruine de l'Atlantique , et point
CO Areïti.
CO KJrkcr, Œdip.
eà DE L'ÉTUDE
àe réunion entre leé deux moiideâ 0)^ de^grottel sépulcrales présentent des modèles natiurels des catacombes des Égyptiens , qui les ont perfectionnées avec Fart d'embaumer, réservé jadis aux prêtres des iles Fortunées. Mais en perfectionnant les arts des Atlantes , ils en reconnôissoient l'antiquité supérieure à la leur, et constatée par les noms de leurs héros qu'ils ont laissés à l'Océan , ejt sur ses deux bords au mont Atlas et aux Andes. Lies descendàns des j4ntis , soumis par les Incas ^ au milieu de pareilles catacombes remplies do momies , en différentes espèces de sarcophages oii sont peints des crocodiles, portent encore le nom piioiches , des anciens habîtans de Ténériffe , que par leur crâne on a jugés de même race libyque one les anciens Egyptiens CO. On a cru trouver, ^ans leur pays et dans le désert de Casiquiare , de véritables hiéroglyphes (^). Chez eux, comme chez les guerriers jfylan^ fondateurs de Mexique,
C') Il faat attribner aux Phenicieny on CaicthaginoU la statue ëquestre tronvëe anx Açores, et qui , tourn<^e Vers rOccident qu'elle montroit de la main ëteDdoe, sembloit conseiller de diriger Ters ce c6te la naTÎgation , dont le cheval est un symbole. L'inscription en caractères inconnus alors qui Faccompagnoit, de'yeloppoit peut-être cette instruction > que les Arabes ont toutefois entendue dans on sens opposé.
CO M. Blumenbach.
0) Humboldt. Magasin Encycl., Yàa lï, thermidor.
DES HIÉROGilPHES. 6i
et à Ma^Cuja , cëlëbre par les traditions des ancêtres, d'une extrémité de rAxnéri({iie juscju'à l'autre, on voit se développer tous les essais de l'écriture , depuis les Ugnes iracéfis sur les sables par l'habitant du détroit de Magellan , et qui , en Arabie et à la Chine lui ont donné un nom CO et des caractères (*) , jusqu'à ce tableau magique qui annonça l'arrivée de Cortbs, et qui étonna ce conquérant plus encore que les étoffes parlantes des Européens ne surprirent les sauvages. Lq besoin de la vie ^ l'ordre de la société y firent r^ cueillir les signes isolément inventés dans les di£^ férens systèmes d'écriture que continrent les livres nombreux des Mexicains et les quipus du Pérou. Ils ont ajouté des caractères imitatifs et commémoratiÊ rangés de suite et combinés , à des emblèmes semblables à ceux des nègres , ios* pires par les mêmes sentimens et par la mémie imagination. Sans revenir sur nos pas , et sur les origines premières partout répétées de ces syni* loles , nous rappellerons que les Américains , dont la carrière s'ouvre pour nous oii se termine celle des nègres , respectent également l'inconnu et l'invisible , les qualités dans les objets visibles représentans de l'idée qu'ils donnent des pre<^ mières. Ils vénèrent le Meffiîtou , l'esprit de cha*
(0 Khcih.
(0 Creux et terre', on , peiffiuret creux, terre^
que ehose, son on^re ammée, son prototype dans le inonde des âmes, qui protëge tpus les individus de son espèce, et qu'on honore en les honorant. Les êtres yivans de l'air, de la terre et des eaux CO, reçoivent les honneurs dus à ces Manitous rësidans au haut monde , sous terre «t dans les étoiles, qui prennent les noms de leur^ protégés. Ils le sont pour leurs qualités, dont ib deviennent les caractères sacrés : pour la force et la cruauté, la ruse, la fidélité, la vitesse, le vol élevé , l'adresse à prendre du gibier , le talent de voir dans les ténèbres: où bien pour la beauté des yeux et de la tête , pour la grandeur du corps* Ce sont là tout autant de raisons pour adorer le lion , le tigre, le singe et le renard , le chien , le loup-cervier, les aigles et les faucons, la chouette , le chat-^huânt, le condor. Les squelettes et les par** lies de ces animaux conservant toujours , ^u Pé« roii, le nom générique des idoles, des choses saintes , guaca; les arbres , les plantes et les pier^ r es souvent coniques, couvertes d'un grand nombre de peaux; les montagnes et la mer; des couteaux , des bâtons et des croix qui accompagnent partout 'les vivans et les morts; des poupées de coton , des images de bois et de terre, àe& marmousets monstrueux sont vénérés et obtiennent l'encens de la fumée du tabac. Le soleil qui
CO Exoa. XX. 4.
amène le jour ^ rétoilc de Venus qui Pannonce^ la lune qui amené la nuit CO, partagent un culte plus universel avec les astres en général, dont quelques groupes sont distingués par les dénominations de ToiTfrra Rqyuba^ le plus grand quadrupède du pays CO, de danseurs et danseuses, de l'ours et des chasseurs, ou grande et petite ourse : noms qu'on donne à la tête du taureau, aux pléiades , à la grande ourse , etc. , à ces mêmes' constellations que connoissoîent Job et Moîse, Homère et Hésiode.
Ces sauvages , déjà sur la voie de l'astroncynie figurée et de la philosophie néo*platonicienne , ou l'hermétique d'Egypte , si faussement considérée comme le fruit des derniers siècles de sa culture sous les B.omains , et qui avec elles appellent la voie lactée le chemin des âmes C3) ^ entrent dès leur naissance dans la carrière des symboles isolés désignant les choses comme les hommes , les temps comme les lieux; rappelant les événemens et les préceptes ; remplissant le discours et l'action. Tout autour d'eux en est un , ou le devient. Dans l'ins-^ tant qu'ils voyent le jour , tous les feux de la ca<«
CO Ce sont les noms qa'on lenr donne. Mosars des San* tages , t/T. p. v3^. t. II. p. 335.
(0 Condamioi^-Chiurlevoix, Hist.de U noarelle France,
t. m. p. 4oo*
(') Vojage de la Louisiane, P«iris, i8oa.
«i DE L'ÉTUDE
bane sont éteints , et un feu nouveau est ail» Des cérémonies auÀsî significatives accompag" un baptême <, et l'imposition d'un nom d'âpres V. mal qui le premier s'est approché du nouvea exposé dans les forêts , et dontie manitou de\ . le génie protecteur'; ou bien d'après un parent jcédé dont ce signe Favertit de venger la moi d'imiter les actions. Les siennes propres lui er ront décerner des qu'il saura manier l'arc , n ter la protection de son esprit , et subir un j de huit jours » pendant lequel il doit avoir li sag^ noirci et la pensée toujours arrêtée si génie, ou sur le symbole sous lequel il se o:ianiîcacc. C'est la tête d'un oiseau , le pied d'un animal , uh morceau de bois , tout autre emblème qu'on finit par imprimer sur le corps de l'adepte , conuue le dernier sceau et la marque înefiEaçable de son engïigement. Il recevra des surnoms du symbole ou manitou du peuple dont il fidt partie , de ses ex*ploits , de seB titres de gloire et de propriété , de son caractère moral, enfin, qui partout fait appfr« 1er un homme , lion , tigre, singe , renard, serpent, chien. Un guerrier qui se nomme le serpent bleu , et se signe de même en dessinant la figure de ce reptile pour lîxprimer son nom , obtient de sa nation le surnom de grand-pere du serpent. • Ces marques imprimées sur le corps et cette signature y sont des ëlémens d'une écriture qu'elles
cdmincncent (0 , et ^ ^ dans ses essaû gra juelle* ment ëtelidiis , feront employëes pour designer ces. esprits f ce peuple et ce guerrier 5 signes corn-» muns , dès leur origine , de Dieu , de l'homme et ide l'univers } de l'univers que c6nnott Fëcrivain , de son ciel et de sa terre; elles entreront dans le tableau de leurs rapports avec le sujet qu'on ex* pose par de pareils symboles recueillis de toute chose, de tous les actes civils et religieux de la vie. Le jeune homme contrBcte>-t-il un mariage: une large bande de cuir qui sert à porter les far* deaux , la chaudière et une b&che sont des présent par lesquels il avertit son épouse que ce sera à elle & porter les fardeaux , à faire la cuisine et à fournir la provision de bois. Doit-il aller à la chasse 4>u à la guerre : il emporte, dans un sac de jonc .coloré , 9es talismans et ses oracles , les symboles des esprits de toute esphse; un paquet de b&chettes , ou un cordon à nœuds que distribue le chef de l'expédition , émule des anciens Thraces et de Darius (*) , l'avertit du jour du départ , après que
(0 Levit. XIX. a8. Pomponins Mda, I. n. c. 11. Pfiii> 1. Y. Lucien de Dea Syria. Sans ces marques , un guerrier est considéré commç nu , de la manière qu'un certain Enropéen se disoit nu parce qn^i n'avoit point d*ordre de chevalerie.
0) Herodot. , nr. 91. Le cordon de soixante nœuds qu'il iremit de la sorte aux chefs des Ioniens , étoit peut-être la faisceau des corddeites pas encore aboli.
chaque jour il eu auFa 6xé ou dépoué un , et quli ne reste pl^s de ces nouveaux aîgnes idéaux des jours et des nomlnres. Il adopte y sur ses armes, les marques de ce dief qui reçoit les siennes avant d'aller à la guerre, qu'il déclare en le\rant la hache^ et qu'il termine en enterrant cet instrument et signa de combat au pied d'un arhre, pou» dësk^ gner une paix étemelle. Cette paix et l'amitié sont offertes à l'étranger par l'invitation à s'asseoir avec son nouvel ami sur la m^me natte , à Fombre d'un même chêne. Dana les festins, le symbole de l'esprit protecteur occupe la natte colorée entre la pipe et des trophées. Dans les danses, soit guer*> rières et historiques , soit exécutées en l'honneur du soleil , en signe de gratitude; dans les jeux ^ dans le conseil > tout parie ^[dément à Fimaginac* .tion fixant partout ses marqoea commémorativea^, et dèft le commencement , sur l'arc et le bâton tailladés du sauvage errant et chasseur. Mais cVst surtout autour des tcmibeaux que les souvenirs dn passé s'établissent par dès signes muJtipKés : la veuve y sème ses cheveux dans les caidres de son époux : les guerriers ,' composant en l'honneur de leur cacique une épitaphe semblable à celle de Darius Hystaspe , posent sur sa tombe ses fléchés et sa coupe , en témoignage de ce qu'il a dignement rempli ses fonctions , c'est-a-dire , combattu et donné k boive y ou pour modèle de statuea
DES HIÉROGLYPHES. êj
équestres à ^enir, ils y élèvent son cheval sur quatre poteaux : sur on tronc d'arbre ou sur une poutre, tel que le premier monument phënicien , ib dessinent son visage par Fovale on lecerde qui , en caractère dnnois (0 , figure le visage , la tête , *«t qui est accompagne de la plume , de la flèche , de Poiseau ou de Fammal qui lui avoieot prêté un nom 9 ainsi qu'à sa famille et à sa horde. Des nattes marquent le nombre de ses campagnes; un collier et le dessin d'un comble (">, sa dignité suprême; des fignes perpendiculaires , ses compagnons d'armes, et le corps des troupes quand elles sont réunies dans un carré oblong. De pareils traits accom« pagnent aussi la figure entière d'un honune chargé des attributs de ses exploits qui , de même qu^en hiéroglyphe , correspondent à autant de mots. Ce sont l'arc et h fièdie désignant !a guerre dans
Tune et l'autre écriture. C'est pour signe de la paix conclue y une longue pipe ornée de plumes ou de queues d'oiseaux ,et sur laquelle on taille quelquefois la figure d'un serpent. Un autre caducée est placé à côté du symbole de la nation avec laquelle la paix a été convenue. Le nombre des morts et des prisonniers est figuré par des hommes sans tête , ou qui sont diargés de bâtons ornés de phunes ^
(OBaycr,vn. 83. 84.
0) lihmyYU 159^ Foormonli Grammaire, p. 2^$.
et, comme la Vénus de PhidîasCO, comme le troî« siëme Decan de la Vierge ^*), accompagnés de .tortues pour indiquer leur état de reclus , d'esck^ ves , de mourans dans la débilité.
On voit naître l'écriture symbolique dans les ijpains de ceux qui en ignorent la nature , et une inscription se former par la réunion , dans un même tableau , de plusieurs emblèmes dont la valeur dans la vie réelle est connue de tous ; ou elle est transmise avec celle de quelques caractères plus idéaux par la tradition. C'est ainsi que les .AbiponeSi dans leurs pèlerinages vers le nord pour .réunir les ossemens de leurs proches à ceux des : ancêtres I s'expliquent , conformément à la tradi* tion de leurs pères, les lignes et les caractères tracés sur les arbres dans les routes qui les y conduisent , le vase renversé , la lance , les habits déposés sur ces tombeaux. Une espèce de cartes géogra- ^ques est tracée d'après de pareils mémoires, et pour différentes expéditions , sur du bois et sur de Técorce , avec des lignes remplies de couleur. L'histoire conunence par des tableaux de faits d'armes que tracent les vainqueurs sur le tronc d'arbres pelés , et 011 les symboles des dieux sont entre* mêlés de ceux des che& qui , de même que les an- .ciens fondateurs d'empires, donnent leur nom au
(0 PlaUrc. de It. et Ot. , c. 78.
0) KirLiR-;; CEdip. t. n. p. a. p. 184 •
D^S HIÉROGLYPHES. €d
district qu'ils commandent. Les £unilles, les villages , les tribus y les nations int^ressëes dans Të- Yënement y retrouvent les leurs : ces derniers sont exprimes par Pours rompant un arl>i*e , par Faigle perche sur un rocher et dévorant un hibou ^ par rëcureuil mordant une citrouille ^ par le chien dormant sur une natte , par le castor accroupi sur une cabane , par une feuille de hêtre avec un papillon , par mille emblèmes divers dont parlent les voyageurs.
La Hontan, qui en présente des exemples bl** sonnés , a aussi conservé une inscription contenant que « cent quatre-vingts Français étant partis du Mont-Héal au premier quartier de la lune du cerf (juillet) y naviguèrent pendant vingt-un jours | firent sept journées de marche , et surprirent j à trois journées à l'orient de leur village , cent vingt Tsonontouans , dont il y eut onze de tués et ciuFqiiante faits prisonniers , avec perte de la part des ]f rançais de neuf morts et de douze blessés , le combat ayant été fort opiniâtre. »^ Ce morceau d'histoire est rendu par des symboles figuratif aussi semblables à ceux que les Égyptiens conservoient par un respect religieux pour la tradition de leurs premiers ancêtres, que le sont les figures, •les paraboles et les énigmes du langage américain à ceux de l'éthiopien et de l'hébreu 5 rapports par lesquels on a voulu prouver une origine com-
mune : ils sont disposés de même de haut en baa par sections horizontales 5 et tout, jusqu'au cadre de face pyramidale d'après la forme de l'arbre , montre peut-être l'origine de cette forme affectée aux termes chargés d'inscriptions égyptiennes , puisqu'ils ont avec ce tronc d'arbre , avec l'écriture et une loi écrite, des nomsconumms hébreux et arabes ^^X Le» armes de France surmontées de la hache levée , et environnées de dix-huit notes de dizaines , désignent la nation et Je noml^re des agresseurs qui ont levé la haché ; en décelant dans la> première ligne de l'inscription ^ avec les armoiries ramenées k leur origine et emploi premier , les principes et la source de deux genres de carao- , tère» très^tiacts , dont la réduction en système est déjà indiquée dans la seconde ligne | car après le syinbolç égyptien et étfaiojnen ^O du départ , et du départ avec l'armée, un oiseau à ailes déployées , qui s'élance du sommet d'une montagne pour figurer le départ du Mont-Réalf le premier quartier du mois du cerf figuré , d'après une com«hînaison des plus fréquentes en hiéroglyphe , par cet aninial qui est sormonté dn croissant, dé- .couvre le compte primitif qu'enseigna le ciel, et la première mesure du temps que divise la lune en mois et leurs parties. Il fait voir sa' division com-
(0 Schindler, Lczicon, p. 44^* ^^*
C*3i ha nom des pcapln ^thiopienft, Gecz, dcjà dW."
mune avec l'espace en parties distingua par des êtres qui se distinguent en attirant une attention particulière dans ces époques diverses , et dont les images réunies » formant un ensemble cohëren^ comme leur antitype ^ donnent origine à un asodia» que , à un tableau symbolique du temps dans ua calendrier et à Celui du niionde , au recueil systématique de leurs symboles , au dictionnaire de la langue écrite composée de lettres, d'animaux et d'instrumens , ainsi que de signes idéaux de i^pports et de nombres. Dans les quatre lignes ou sections suivante», vingt-un jours de navigation , sept de marche et trois d'approche du cÂté de l'orient y vers le village des cent vingt Tsonontouany surpris pendant le sommeil , sont figurés par vingt-un, sept et trois maisons j par un canot que Ton conduit à la rame ; par nn pied qui marche ^ par une main qui prends et dont un doigt est étendu sur la cabane surprise, laquelle , ayec lei^ rameaux qui la distinguent, forme les armoiries des Tsonontouans« Leur représentant dort entre les désignations de leurs nombres , et devant la cabane répétée : les maisons désignent les journée^ de voyage par les stations de nuit dans ces maison^ appelées hôtellerie» en Egypte^ et dont le nom hébreu dérive d'un mot qui signifie passer la nuitu La position du soleil levant , par rapport à la cabane , marque l'orient : la diza^ie est figuréç par
7* DE UÉTUDË
une espèce de zito combine avec la note de Tunîtë d'une manière différente de la notre. On voit ensuite cinq autres marques, mais aussi ^déales, de dizaines , semblables à un T qui est une variante de X dans les anciens alphabets. Cinq honunes en course sont poses dessus pour marquer cinquante prisonniers enlevés ; onze et neuf tués sont désignés , comme dansFusage des Turcs , par autant de tétés abattues sous lés divers instruinens de mort, l'arc et la massue CO. Douze blessés sont figurés par des manteaux au même nombre 5 le combat, par des flèches décochées dans Tair en sens opposés; la victoire, la fuite des vaincus, par des flèches lancées toutes d'un même côté, qui reste xnaitre du duunp de bataille.
Cesflèches , cçsarmes, la main , le pied , la tête, les instrumens artificiels et naturels de l'homme, et lui-même ; sa demeure et la barque , la montagne et le soleil , l'oiseau et le quadrupède, les notes idéales enfin , ou linéaires* , sont bien les objets qui composent les hiéroglyphes d'Egypte; et la construction de ces caractères simples, mais figuratifs, est la même dans les deux pays : ils ne différent que par l'artifice plus grammatical et la richesse des hiéroglyphes composés qui se rapprochent des caractères chinois. IMaisla grammaire de la* langue
CO Ployez les caractères chinois d'arc, armes et morts. Bayer Rad. u. 317. 3i8.
parlée qu'il faut rendre est trës-pauvre , et n'est pas plus avancée : on en a la preuve dans la construction toute chinoise d'une invocation ou hymne américain traduit littéralement : n Moi vas voir soleil monte colline là -haut ^0* écarte l'eau, grand esprit } moi hon. Soleil surpris , ho ! lune-, donne-moi soleil pour porter daim moi maison, n Des «jmholes rendront mieux qu'un pareil texte cette demande de lumière venant <Venr4iaut , que les Esséens répétoient tous les matins ^*) , et qui aussi en Egypte a été une de ces prières les plus
anciennes , les premières rendues en écriture également simple , puisque le singe , qui aux éclipses de la lune a un besoin si pressant du retour de la clarté , représente en même temps la prière , le sacrificateur et les lettres sacrées , qu'il comprenoit suivant les anciens ^^ qui n'ont pas voulu détourner la postérité de leur étude. D'ailleurs, la langue symbolique s'enrichit graduellement au milieu de ^ mille peuples divers, tous distingués par leurs ar- ^ mes parlantes , distinguant de même leurs guer- [5^ riers , variant souvent leurs symboles , leurs signes dt > idéaux , leurs noms, jusqu'à leurs langues fac-
es
CO Ce qai se constniit en cliînois : Moi moat^ignc aa* dessus vas. Fonnnoat , Grammat. p. aaS.
^ • 0) Poqihyr. dans Easeb. , Pr. Ev. ix. i.
Il, O Horapol. I. 14. AElicn, de Animal, yi. 10.
74 t>JE t.' ÉTUDE
tices ^0^ et ce cjuî est aus^i remarquable , variant
les genres des caractères pour des sujets de nature
différente.
D^s pièces h^toriques et liturglcpies, pareilles à celles que nous venonsd'exposer, sont recueillies dans les familles , tracées sur les murailles de la cabane du chef, comme sur les palais des rois d'Egypte qui ont eu des, modèles semblables | et comme dans ses temples , elles sont déposées avec les transactions des bordes dans les lieux sacrés oii rimage de l'objet demapdé aux dieux leur est pré* tentée ^^X Lés ministres de ces sanctuaires, obligés d'étudier les symboles divers , sont parvenus à en amasser un grand nombre : ils se sont efforcés à les combiner dans les annales etcode^s des nations, qu'ils ont rédigés. Ils sont bientôt devenus les seuls qui les entendissent tous , et dans ces nouvelles combinaisons , plu^s étendues et perfectioniiées , les seuls qui pussent en transmettre la connoissance k leurs enfant et aux initiés; car lès mystères forment un des traits caractéristiques de ces peuples. Ils transmettoient cette connoissance dans un de ces t2J>leaux communs du ciel et de la terre , qui ont été en même temps la hase des mythologie» et des écritures symboliques ; dans dés tableaux de la vie humaine appliquée aux dieux , au monde ^
CO Moaboddo.
(') Zarate,
DES HIÉROGLYPHES. yS
k la demeure éternelle dam Toccident ; dans les récits où sont consacrées ces figures communes du langage et de l'écriture , les dieux mènent la vie /les calques , soleils ici bas Ci) . les défunts , celle des voyageurs qui ont une rivière à passer g un chien k combattre , des souffrances expiatoires à subir. Le monde qui est né , a péri une fois noyé avec les dieux , les étoiles , les feux du ciel qui s'éteignirent avant que le nouveau soleil s'alluma* à la naii^sance du nouveau monde , comme cela se pratique à la naissance du pe.tit sauvage. Il doit son origine d'ailleurs au grand Heure , le premier esprit porté sur les eaux avec toute sa cour de quadrupèdes. H commença par six hommes, dont un alla an ciel pour épouser la Urne , laquelle a une affectio^i particulière pour les chiens , à cause ^fe quelque service si^naU qu'elle en a reçu autres fois ; comme le dit aussi , dans les mêmes termes ,
• la doctrine égyptienne (*). Ce n'est pas la seule conformité entre la fable ancienne et l'américaine, qui répète entre autres l'aventure d'Orphée et d'Eurydice dans l'enfer, et celle de Vulcain chaise du ciel , mais qui est appliquée à une déesse.
Les phénomènes de la nature sont exposés de
• même , et le pot cassé au ciel produit l'éclair, le
CO Chez les Natchez. Charleroix, (•) Diod. Sic. , 1. 87^
tonnerre et la foudre CO. Dépositaires de tant dVlémens divers du savoir des peuples, ces prêtres législateifrs et poètes deviennent des fondateurs des sciences, de l'histoire de l'homme et de la nature , de la chronologie, des mathématiques et de l'astronomie, auxquelles ils lient la médecine à la manière des Egyptiens, en réunissant comme eux , et par une même inspiration de la nécessité, toutes ces connoîssances dans un système unique comme leur moyen de le former. Car ils y furent conduits, sans doute, par ces instrumens de compte et d'un art de niémoire qu'ils possédoient dans les cordelettes à nœuds , et dans des combi-* naison^ de coquilles-porcelaines , dont les parties , ou élémens auxquels ils rapportoient tout , représentoient des nombres fixes déterminés par des prototypes immuables qu'ils représentoient les premiers , et sur lesquels ils régloient toutes les autres représentations diverses qui s^j attachoient. A^ l'imitation de ces dépôts commémoratifis des événemens, des affaires publiques et particulières, des préceptes, des coniptes et des poëmes, ou d'après l'idéç qu'ils avoient suggérée , on auroit imaginé ces roues de Virginie à soixante rayons tracés en couleurs sur des peaux que conseryoient les chefs du clergé. Les événemens des peuples liés à ceux de la nature, au progrès du temps par
(0 Dans un lignine pcruvicQ.
les astres seuls propres à en fixer les époques, étoient assignés aux années du cycle de soixante ans que chaque i^oue embrassoit, et marqués dans leurs rayons par des caractères iïguraj^ifs , tels que le cygne vomissant* du feu qui désignoit le navigateur européen , blanc et ayant des armes à feu. Comme dans l'inscription déjà analisée, les années de ces cycles étoient désignées par des symboles pareils à ceux des mois que distinguoient la naissance et la chute des feuillet (0* l'apparition , les amours ) la naissance , le passage et autres apcidens des animaux et oiseaux C*), signes vivans et mouvans des parties du temps qu'ils représentoient ; ou bien que distinguent les occupations de l'homme, les semailles et la récolte, la chasse et • la pèche. La répétition de ces douze signes de l'année d'après le premier instrument de compte que donna la nature dans les cinq doigts de la .main , formoit le cycle des soixante ans de la vie du crocodile , coincidant avec la base commune de ce système , et des pythagoriciens indiens et chinois. C'est le nombre sœ des premières clefs éthiopiennes dans Diodore, et qui, multiplié par
(0 Horapollon, t. 3. 4- 49- 1^* ^^'
CO En Egypte, lliippopocame, entre autres, desîgnoit le printemps , parce qu'il montoit alors du Nil dans les champs. Pi^riusyp. i44<Plin' "t^ni. 43. xx. 3^. Suidas, ▼. «U(«f79«. Mlien de Anim. tu. 6. u. 35. 36. ix. 38. x. i3. 18.
'fi ; ' DE L'ÉTUDE
lui-même et |mr le$ dix doigta, produit, avec lé premier et principal nombre duquel se jsen^em plus ceux qm traitent des choses du cie/CO(oft soixante), tant d'autres nombres conisacrés COdanft ces systèmes de ta nature mesurée sur l'homme ddHit nous apercevons rorigiïie dans l'^t sauva<^ ge C^) , et dont le souvenir nous reste dans les mesure^ mêmes et leurs noms emj^runtés da bras et des bras étendus, du pied, dé la xttaîn, dtt doigt et du pouce de Ilnmime.
-« Dans i'état social, toutes ces idées et images anoblies s'agrandissent avec les empires. Ceux de Mexique et du Pérou , émules de l'Egypte par les ouvrages immenses de l'art, et tous emUëmatiques , qui en couvroient la surface aussi symboliquement divisée, étoient néanmoins à leur découverte assez voisins des origiues pour qu'on pÀt les discerner. Car nous ne n^Us arrêterons point à ces peuples savans , détruits depuis long-temps , îqu'oti fait remôniber au déluge , en 4eur attribuant ^ .\n . les forteresses des gêàns , les àlonumjens ie» plus . '.i^ ancietïS du Pérou; des monts artificiels , des mau-
«otées taillés dans le roc , ài^^ catacombes , des laby^ rinthês souterrains que recouvrent de vas tes édifices
(0 De Is, ei Os. c. 76.
<*) 36. ai6. 36o. 60b. etc.
(0 Omnia proindè per base dao dîspensantur, per mtmdum ethominem , omnU aatem ab uno. Fnig;. Hcrmct. x. a5.
DES HIÉROGLYPHES. 9g
pyramîdaax, des portes et temples monolithes > des statues colossales , des colonnes , des obélisques , ainsi que des pyramides de Mexique consacrées au soleil et 4 la lune, mais qu'on ne distingue plus guère des montagnes qui en ont été les modèles. D'autres, sur lesquelles on sacrifioit encore lors de la découverte , s'élev<Henl de tous côtés dans ce dernier empire d«i seigneur des armées, au milieu dé tes murailles de plusieurs lieues d'étendue , dont les nombres consacrés des mois et de Tannée avoient fixé la hauteur et l'épaisseur à vingt et à dix-huit pieds 5 parmi 9es quarante mille temples principaux de forme pyramidale desservis par quatre miMkms de prêtres 5 entre des colosses énormes de sphinx, de priapes, de serpens, de lions, les quaîres lettres du soleil et des dieux 5 parmi tant d'antres symboles aussi ^yptiens , tant de milliards d'idoles à têtes d'oiseaux et de toute sorte de bétes qui figuroient tout ce que le peuple respectoît comme utile ou nuisible aux hommes , macs que les Ht^gnols eivlerrment pour.poser sur cesfon- . démens le temple de leur cuke tricmiphant. Ce-
lui qui dut faii céder sa place étoit dédié à Féot , au grand Dieu par lequel nous \fivons et qui est tout en liii^^y , au soleil , à la kine , aux astres et
CO Voyez Sanchoniaton et Ahenephi, sur le sens da globe ailé entoaré de serpeiis 5 dans Kirker; Obclisc. Pam^ phil. p. 4o3. 4^0.
«o DE L'ÉTUDE
aux élémens , à tous les dieux, k toutes les parties de la nature que ce Panthéon figuroit par le nombre comme par la forme et par tous les détails de $cs édifices divers , correspondant aux divisions des roues représentatives des parties du temps. Une enceinte de murailles ouvertes aux quatre vents et décorées de serpens renfermoit vingt et dix-huit temples ou autels pyramidaux^ un temple rond de l'air qui tout environne ^0, dont l'entrée étoit en forme de gueule de serpens; des collèges de prêtres desservans , plusieurs autres constructions , un bois sacré , un puits saint , et le maitreautel , enfin la grande pyramide au centre , surmontée de deux sanctuaires des dieux protecteurs , lesquels étoient en même temps tombeaux des rois, mais oiile grand-prétre seul pouvoit entrer. Deux feux étemels , types d'obélisques , brAloient devant eux y et six cents devant le reste des temples : des encensoirs étoient posés vers -les quatre points cardii^ux.
. Le tableau de la terre est réuni à celui du ciel par des jardins, des ménageries, des bassins, des collines, des précipices ; par toutes ces variétés du globe dont on avoit également tracé l'image avec celle des provinces et leurs cartes autour des palais du souverain , environné de toutes les productions de ses états, des plantes, des animaux, des
(0 Omnia ambiens , dans Platarque.
DES HIÉROGLYPHES. 8i
oiseaux, des poissons, ou de leurs représentations en pierre , en or et en argent. Cet usage de Babylone et d'Egypte CO étoit aussi observe au Pérou , oii les animaux sacrés et tous ces autres objets recueillis autour du . prince, et sculptés parmi des sujets historiques sur les murailles de ses palais et des temples, étoient de même copiés en or. Même des greniers d'or appelés pirua^ étoient remplis de grains de ce métal. L'empire du soleil tout entier, partagé conune l'Egypte en trois lots entre la divinité, du les prêtres , le roi et le peuple , divisé comme le monde et d'après ses points cardinaux , étoit exactement représenté par sa capitale au centre , où résidoit le fils du soleil sur un cube dor C^) soutenu par des porteurs de l'âge lévitiqne de vingt-cinq ans. Administrant l'état à l'imitation de son père, et avec le dévouement bienveillant qu'annonça son sceptre orné de têtes de pélican C^, il parcouroit la terre connue potir répandre la lumière parmi les peuples sauvages; pour les instruire dans l'agriculture, les arts , les lois et le culte de l'âme du monde, de
CO Diod. Sic. I. 49*
CO Tel que les tr6nes égyptiens des dienz , on d'Alexandre et des Ptolcmées dans le ciej : Itlfnm npftM T«Tvyfiif« \{ <&/«• /««ms. Thcocrit. Idyll. xtii. v. ai. Adamas est pris pour une espèce d'or tel que rélectrum.
O Horap. I. 54* 55.
Sft DE L'ÉTUDE
l'être ineffiSiMe qu'il faut adorer par le silence^ pour ramener leurs idoles captives au pied du éanctuaire des Batious élevé au soleil et à tous les dieux ^^'^^ C/est le grand signe, l'image du ciel. Son eiiceinte à douze portes étoit environnée d*une krge bande d'or , comme l'arche du dieu d'Israël C») rt comme le tombeau d'Osymandias. Un pareil ornement distinguoit la première chapelle intérieure vers rOriènt, couverte d'un toit de chaume et consacrée au soleil , mais servant de sépulture aux roisj car leurs corps embaumés j étoient assis autour de l'image du soleil levant resplendissante d'or et de pierreries, mais vers laquelle un seul parmi eux avoit été jugé digne de tenir le& jeux levés, pour voir son dieu comme ce roi d'Egypte que cite la tradition. La mëre seule de ce grand homme les levoil de même parmi les reines décé^ dées , assises autour de l'image de la lune , de la mère urui^erselle , dans son appartement à tojt d'argent parsemé d'étoiles d'or : ces métaux Hyant eu au Pérou la même consécration que chee les anciens Sabéens (^). Le sanctuaire de l'étoile de Vénus la chevelue , des pléiades et de
CO Les Gettet d'Osiris, Brana» Baccbin» Ptolémëe Evcrgète et Dan. zi. 8. Jcrem. zun. 19. zi.vifl. 7* xuz. 3* Isaïe, XLYt. I. a. AmoSy I. i5.
(0 Exod. XXV. II. , '
(0 Erexerunt Sabaei (Chaldaeî) stellîs imagines, solî ^klem aareasi lauae terO argeuteas. More Revochim. part. 3. c. 29.
toute rarm^ céleste, ëtoit distingué par Tazur du firinament j celui de Téclair , du tonnerre et des foncées, par le cuivre roiige des armes de la justice. Le dernier d^ cinq signes dii grand Tout étoit consacré au reflet du soleil, à Tarc-en-ciel, dopt Timage d*or avec deux seïpéns étendus des deux côtés, est la devise dé Pempire dans lequel réflébhit la majesté du dieu du jour.
La colonne dUor élevée sur la grande place devant le temple, et entourée d'un cercle qui étoit partagé par une ligne tirée de l'orient à l'occident 3 seize autres colonnes ou tours élevées à des distances inégales , huit à Tôuest et autant à Test, llervoient aux prêtres savans pour observer Vom» hre : premier et dernier pas dans îa carrière des connoissances humaines. En mesurant le temps de la sorte, an lever et au coucher du soleil, dans différens points de l'horizon , et à midi surtout , quand l'ombre tombe sur la méridienne , ils saisissoient les pointa des solstices et l'équinoxe. Â cette dernière époque on célébroit la fétè de la divinité invitée, comme jadis à Babylone, à reposer sur le trAne qui occupoit le sommet de sa colonne . ornée alors de guirlandes de fleurs, et environnée de sacrifices qu'allumoit le feti du ciel par /e mi-* roir des Incas. Des colonnes semblables placées plus près de l'équateur, celle de Quito qui à l'équinoxe ne jetoit point d'ombre ^ douze piliers du
soleil élevés hor^ de la ville sainte, et qui avoient servi aux ancêtres pour les mêmes observations CO, étoient honorés par desrits pareils , qu'on retrouve chez les Grecs et les Romains., et vénérés comme régulateurs premiers des saisons et des fêtes , les l>ons conseillers, génies protecteurs des affaires des honmies , signes de la divinité dont ils annonçoient les voies et les bienfaits. Ces pierres angulaires de la société que posa l'homme errant lorsqu'il s'arrêta dans sa course , dessinent partout le temple primitif, image du ciel dont elles fîguroient les divisions et les dieux, en recevant graduellement leurs attributs généraux dans les formes d'animaux, ou les attributs particuliers; .de la raison dans la tête humaine, d'opérations diverses dans les bras et les jambes, d'actions définies dans tous les instrumens connus. Ainsi furent composées les idoles, caractères de l'écriture sacrée , dont elles recueillirent plus ou moins d'élémens également susceptibles d'être développés . dans un texte suivi.
Telle est la nature de ces images d'Egypte et de Mexique. L'idole bleue du protecteur de ce dernier empire, assisç aussi sur un globe bleu , couronnée de plumes comme l'image bleue de
- (0 Les Arabes attribuent rorigiae du zodiaque à douze colonnes ou touTS , que les anciens eleyoient dans un grand cercle; comme des demeures des dieux^ Algazael dans Kirker.
Cneph COy tenant d'une main un bâton changé en serpent , et de l'autre un bouclier blasdnnë de cinq plumes croisées; l'image noire du dieu de la pénitence , de la stérilité et du deuil , chargée de chaînes aux bras , d'anneaux ^ d'un tuyau et d'une plumeaux lèvres, de nombre d'autres symboles; le dieu du commerce , le serpent à plumes riches , assis sur des tas d'or, d'argent et de marchandi-^ ses y et ayant une tête d'oiseau couronnée d'une
mitre; l'idole mystérieuse du sanctuaire , composée , dans l'esprit de l'image de Sérapis et de celle d'Osii'is commandée par Sésostris C*) , des semences de tout ce qui sert à la nourriture des hom-mes , fit dont les parties divisées étoient distribuées comme reliques; celle dont les fragmens étoient consommés dans une espèce de communion C^); celle du maître de l'année , ayant un corps humain couvert d'yeux , de têtes d'animaux et de tous les signes des parties du temps et de l'espace réunis dans ce géant -univers; tant d'autres images divines et monstrueuses dont sont remplis les manuscrits mexicains , renferment un traité de la nature des choses appelées dieux , de leur origine
(0Eu8èbe,Pr.Éy.
C') Atbenodor. dans Clem. Alex. Cohort. ad Gent. p. 43. De Is. et Os. c. 34 •
(0 Herrera,Tarate, Acosta, qui ont cru rclfoiivèr, parmi les Ame'ricaius , la plopart de nos rits et de nos mystères.
^t de lefura vicissitudes : une philosophie simulta* nément exposée, comme le dit Plotin de celle d'Egypte et des hiéroglyphes..
Dans ces ouvrages écrits sur une espèce de pa*^ pier ou carton , et plies comme des paravents, de telles images , tous les symboles recueillis de la nature et de Fart , rassemblés autour de Tautel et du trône , sont rangés de suite , et constituent de fait une écriture. Les abrégés des sciences , composés de la sorte , féunissent , d'après l'usage des nations , dans des tableaux uniques , dans le livre par excellence , le ciel et la terre , les préceptes et les usages religieux et civils , le calendrier et le fituel, l'histoire des dieux, des démons et des hommes , avec les parties du temps auxquelles les un^ président , et .dan$ lesquelles les autres agissent en honorant ces esprits. L'exposé des destinées générales du genre humain est suivi de celui de la migration des ancêtres de la nation, de leurs courses , leur établissement , leurs exploits et leurs institutions C'^. Ces fastes oii la terre est figurée par une charrue , l'air par une baleine soufflante , et ainsi du reste, représentent le déluge par un homme couché dans un canot au milieu de têtes d'hommes et d'aniinaux qui flottent sur l'eau près d'une montagne et d'un rocher couronné d'un
(0 EiUf-Utî , Pr. Év. , xn. lo: , prétend que Platon A imité Moïse d<tiisia composition pareilk de ses liyres des lois.
DES HIÉROGLYPHES. %j
arbre. Un oiseau qui partout apporte des loi$ et des oracles, part de là ^ tenant en bec une branche de onze langues qu'il remet aux pères des peuples au nombre de quinze , comme les fils et petits-fiU de Japhet dans la version grecque , comme ceç premiers couples d'oii descendent autant d'espèces de peuples , suivant la doctrine persane du Bonn* de Hesclit, comme les quinze familles de Nui- K>ua y suivant les Chinois , comme les quinze cou-* pies d'OEones des Yalentiniens. De ces deux nom* bres résulte celui de vingt-^ix'y si souvent répété dans les fables des oqgines. Apres avoir reçu de$ langues , les chefs des peuples sont distingués par des noms marqués au->dessou^ de leurs têtes , par des têtes d'hommes, d'oiseaux et de quadrupèdes , par un infecte , des plantes, des flèches ou autres armes et instrumens dont ils les avoient emprunr tés. Les lieux par oii ils passent à leurs établissemens, figurés par des personnes assises , ont éga-* lement des noms exprimés de la même manière : celui àss trésors , par un palmier et un édifice py-^ ramidal à degrés s celui de l'humiliation , par un bomme étendu siur sa fiice ; celui du serpent ardent j par cinq flammes tracées à coté d'un ser-^ pentj et ainsi de suite. Les années de demeure dans chaque contrée sont désignées par autant de points, et une période de cent quatre, ou quatre {bis vingt-six ans ^ par mu faisceau de roseaux et
d'herbes* Des personnes agenouillées figurent des actes religieux; d'autres apportent des plats devant^ un roi, tributs payés à ce prince : le tout suivant la méthode adoptée dans une espèce de code mexicain qui mérite un examen plus détaillé. Ce recueil, conservé par Purchass et Thévenot , présente , en trois parties , la fondation de la cité, et son accroissement par les conquêtes de ses princes; son entretien par les tributs que payent les villes conquises; et enfin ses institutions , le détail de la vie des citoyens. Tout cela s'offre à la lecture comme à l'œil , et d'abord les dix chef» de la colonie fondatrice de l'empire. Ayant les symboles de leur nom à leur tête , ils arrivent auprès de ceux qui forment l^s armoiries et un nom de la ville de Mexique , une pierre surmontée d'un figuier des Indes, sur lequel est perché un aigle , objets qui , à leur arrivée , en occupoient l'emplacement, et qui ne ressemblent pas mal à cet aigle jperché sur un arbre , et à la coupe que le dieu Astrochiton donna pour signes de reconnoissance du lieu de fondation de Tyr ^'). Une maison, une habitation désigne la ville nouvelle W : un bouclier avec des flèches , l'occupation à main armée C-^). Les symboles auprès de
(0 Nonnus , XL. V. 477»
CO M unnm. de Rosette ^ et Dcnon , pi. 1 33.' 2.
(0 Horapol. y II. 5. la. •
àeux autres maisons jentourées de combattans, nous apprennent les noms des deux premières villes conquises. Le reste de l'histoire est compose ^ d^hs le même esprit, et de parties semblables : des armes , ou l'instrument de la conquête , entre les figures du prince conquérant et des villes conquises, avec les notes de leurs noms et des années. Ces dernières sont rangées auprès de la représentation de chaque événement dans une manière de* cadre qui entoure les tableaux , et qui contient leis symboles d'un cycle chronologique , de la centurie de cinquante-<leux ans. Suivant le sort des let-* très marginales , elles pourront entrer un jour dans le texte avec l'histoire du del qu'elles rappellent. Cela explique en partie la confusion des mythologîes. La manière de les lire dans tous les sens tout autour du tableau , du haut eu bas et du bas en haut , de la droite à la gauche et de la gau* che à la droite, fait comprendre l'arbitraire du placement des lettres sacrées et autres dans l'écri-^ ture , et leur renversement dans des systèmes di-^ . vers de même origine. De pareilles observations générales nous seront plus utiles dans la suite que les exemjples particuliers des représentations des choses. Une des plus conformes aux hiéroglyphes, dans cette partie du livre, est celle de la rébellion d'une ville marquée, sous le troisième règne , par la défaite ou la tête coupée de quel-* I- 4-
4pi€8 Mexicains, et par quatre bateaux que s&i^ prend un homme sorti d« la ville rebelle , d^at SI représente les habitais, liés noms les plus re^ taiarquaUés des rois sont exprimés par use main tenant im roseau/ Tbiéroglypàe dé propriétai*^ re (-'yy^psùr une tête de colibri tenant au bec une j(lame:y ce qui , par le trope d'une partie pour fe tout> reûd le nom y pimne de cotitvi; par une ûh» * chê tirée contre -le ciel, dont le caractère ressaie* t>ie ^88e%^ k l^Uéroglyphe de ses sept rois , qui en -gonVërtient la partie supérieure et rinfêrieure^ im carre oMong qn'entîronnent sept lignes pen- ' pendÎGulàires en haut, et ^sept en bas. Car ce ciel -est figuré par un carré obk>ng divisé en ^atre iMindes inégales, dont deux claires et deux plus ou moins obscures. Dans les deux extrêmes , k plus «obscure et k «lalre k pins krge , on voit sept peSîts eereles dans chacune : le tout désignant ^it les deux hémisphères, soit les planètes et les pléiades , les étoiles ^es ettes errantes. D'autres iM»ins sont fendus par le signe de l'eau attadié li une tête , ce qui teut dire mouche d'-ea», ou vue de l'^au; fs» une jambe peroée de trous, ce qui est percé^ par cm édifice surmonté dp baderne royal 00 , ^ééignant l'inlbrluné Montesuma , dmit le successeur, (pu tomba avec Tempire, étoit sur-
(0 Iiucr. de Rosette.
DES HIÉROGLYPHES» ^t
nommié aigle tomliaiit. Les noms des villes sont exprimés de même par des symboles gëomëtri»
ques et îdëaax , ou par des symboles figuratifs , tels qu'une tête d'aigle dans une maison pour la mai« son de l'aigle; un rocber surmonté d*ane épét pour la montagne coupée ^'X Une branche avee le caractère de Teau exprime les bords de l'eau; h branche d'un arbre sur un nez, le sommet de cet arbre } un homme qui se baigne , la belle ri* viëre y l'eau du divertissement. Des villes assises Bar des terrains couverts de jenes et de fleurs , sont représentées par la partie inférieure de lliomme attachée à des joncs, àxune fleur.
Les notes des contributions forment k seconde partie du livre, composée des noms des villes contribuables , et des ol^ets que chacune d'elles i^it ténue de délivrer en nature au trésor et aux temples désignés par rédîfice à la tête de cette liste. Ces objets consistent dans toutes les produo» f i<ms utiles de la nature et de Part connues dans f empire : or, argent et pierres précieuses , armes f nattes , manteaux et couvertures , animaux , oi« seaux et plumes ouvragées , on délivrées par main; cacao, maïs et légumes, papier, couleur, borax , sel, etc. Ils étoient représentés soit en manière du
(0 Des estampes espagnoles représentent de même la montagne seiche , MontSerraty par one montagne surmontce d'une scie.
trope du contenant pour le contenu y par les va-r jes, corbeilles, charges, sacs, caisses et ballots de formes déterminées dans lesquels 6n les mettoit) soit par des indications de leurs propres formes. Leur quantité est exprimée moyennant des aptes de nombres qui désignent les unités par clés points et des boules ^ les vingtaines par un carac- . tère qu'on retrouve parmi les hiéroglyphes ) quatre cents , ou vingt fois viugt , par uq épi , un ananas ou une plume, dans laquelle on renfermoit le sable d'or 3 vingt fois quatre cents ou huit mille par une bourse ^ valeur déterminée, à ce qu'il paroit , par l'usage de renfermer tant de milliers de noix de cacao dans un sac , et de la manière dont une sonune d'argent a été désignée dans le Bas-£mpire : et c'est encore dans les états Otto- . mans par le nom d'une bourse. Les Abipones appelknt le nombre quatre, doigts d'autruche , parce . que cet oiseau en a quatre} cinq , main } dix , les . mains; vingt , les miains et les pieds. Les habitans des bords de rarénoque désignent , par la même jaison^ ce dernier nombre parle nom de l'hom- , me 5 quarante, soixante et quatre-vingts, par deux, trois, quatre hommes. Des monceaux de . fèves et de grains qui eu contiennent , chacun vingt , marquent des nombres plus grands.
Cette méthode et ces dénominations indiquent l'origine des symboles des nombres dans le livre
mexicain. On. voit combien ce taMeau d'un ëtat de société primitive se rapporte aux inscriptions historiques dans les ruines de Thëbes, dont parle Tacite , et dans lesquelles une longue liste de con«-^ . quêtes est suivie de même de celle des tributs payés en nature , par les peuples soumis (0. Les lois dont on parle auroient été exposées comme les préceptes religieux des mystères, déjà décbif-* frés sur des temples et sur une caisse de momie } comme ces tableaux des mystères d'Eleusis , CO" pies de ceux d'Egypte , qui retraçoient la vie de<puis le berceau jusqu'aux portes de la mort ^O; comme les lois mexicaines formant la troisième partie du manuscrit que nous examinons , et qui embrassent de même la vie entière des citoyens, en mettant sous leurs yeux le tableau de toutes les actions que la loi prescrit ^ dont elle montre d'avance le modèle à suivre. De même que des hiéroglyphes d'amulettes supposant l'optatif, on . n'a qu'à lire tout ce morceau dans l'impératif, et dès le commencement » ^ue la mère instruise r enfant au berceau, lui adressant la parole figurée par une langue; que F enfant soit mis au ber»
(0 Legcbantur et indicta gentibus tributa, pondus argcnti et anri) numéros armorum equorumque , et dona tcmplis, ebur aique odores, quasque copias frnmenii et* omnium utensilium quzque naiio pcndeat.
. CO Themisiius dans Stobt'e , Serm. 1 19> p. 104.
cecai dès le premier jour de sa naissante ^ xaèt^
4faé par ufte pr«miër« fleur qui tient «u berceau y
et qjai est suivie de trois autres; qu* après Pa^nr
roué aux dieux ('^, la sage^femme le la»e en eau
sur des joncs le cinquième jour, dans la cour au
milieu dés armes et instrumens des trai^aux de
son sexe y devant trois enfans (pour des enfans en
générai) qui ie nomment et célèbrent sa nais-^
sance en mangetnu du maïs» Dans rinscription de
fiosette, un décret ordonne la inéme chose, et
par une pareille représentation de l'acte , oii cet
Irois célébrans sont réunis aux trois fleurs pour
fermer le caractère de la célébration du jour de
laiaissance , représenté par une fleur, comnae le k-
ver du soleil , qui lui-niéme est le symbole de ce
four C^X Tous ces détails du tableau , ou table de
loi mexicaine, raj^Ilent le baptême des ^oséljr-
tes du judaïsme, en la yrisence de trois témoins,
et les à/4^/^po/Btr« des Grecs , oîi Tenlant , le cin*
^iëme jour apres^ sa naissance, fut voué aux
dieux et obtint un nom, après des cérémonies
expiatoires. La loi ordonne encore, dans cette
première division , que lesparens préservent Ven^
font au berceau devant le grand-prêtre et le mai"
tre d'armes , <ju'ils son|;entà sa destination future.
(0 Avec cinq prières aux dieux maîtres du ciel et de Veau, à tons les dieux , h la lune et au soleil.
(0 Analise de rinscr; de Rosette, p. i45*
J)ES RIÉJUÔâLtl^HES. $S
' Soa édaCâtidn est ffe$cnte par la peinture des tables «sfiivantes, qm euposenlll'ittstructionyerbale et }a demi-blette , foccupatîon et la galette en^*
tière à . k marcpe hermétique de sept 'y^' CO
que les parens ont à donner aux enfans de trois- et quatre ans. Les nombres d'années sont marqués par des cercles comme en hiéroglyphe et dans la langue des Romains CO. A cinq ans , le garçon porte des fardeaux , et la fille regarde filer; a six , elle file elle-même , et obtient conmie le garçon plus occupé une galette et demie. A huit ans , les instrumens de punition sont montrés aux enfans désobéissans et paresseux qu'on menace.; à dix ^ ils sont punis; à treize et quatorze , les enfans des defux sexes partagent les gros ouvrages des parens: ils rament, ils pèchent, ou ils font la cuisine et travaillent dés étoffes. A quinze ans, le père présente deux fils à deux différens maitres du temple et du cediége militaire; c'est l'âge de dkoîsir un état, que la fille obtient en se raMÎant. Dës-lors les anàées ne sont plus comptées : on voit le jeune h^nme suivre et servir les prêtres et le guerrier , en recev^mt des instructions , des châtimens et des ré^ Gon^panses, qui ci^Ktiavent dans cetie double car«* riëre jissqu'au^ honaein*6 des emplois ;, aux bou'-
CO Hcrder, sar l'Hiatoin? priuBtÎTe dà genre hamaio. (JO annulas, amms, figuré en songe par ou anaeau« Cardan. Sjfies. Somn. p. 137.
cliers Masonnés des marques de belles actions ano* blissantes) au ruban rouge dont e;st ceinte la tête du chevalier initié ^ aux autres distinctions que le ^uverain accorde à la valeur , selon le nombre des prisonniers faits , et dont les différens grades sont désignés jusqu'aux premiers chefs et généraux d'armée , jusqu'au cacique rebelle et puni. Cela amène sur la scène des messagers d'état en fonctions , des espions, des sergens et des juges, jusqu'aux grands tribunaux de l'empire et au souverain sur son trône.
Ces tableaux sont suivis de représentations de plusieurs métiers qui obtiennent des règlemens , et de plusieurs délits avec leur punition. Le tout est terminé par l'honmie et la femme à l'âge de soixante et dix ans , jouissant sur le bord du tombeau , au milieu de leiur postérité , du privilège royal persan de s'enivrer, d'outre-passer la loi pour oubHer leurs peines. Le cercle qui désigne l'année est répété dans cet endroit , mais divisé par une douUe croix grecque , et surmonté de la note numérique de vingt pour marquer chaque vingtaine. Parmi d'autres caractères dans cette partie, on doit citer celui du ciel nocturne qu'observe un prêtre astronome. Figuré par une section du cercle , ou arc couvert de petits ronds avec des yeux, il rappelle l'hiéroglyphe égyptien du ciel et
ses images couverles d'yeux qui rendent Sfm nom Osirîs^ beaucoup d'yeux.
Peu de symboles idéaux se présentent , au reste, dans ce tableau parlant de la société et des occupations de la vie, indiquant le sujet de pareils tableaux égyptiens; à moins que ces derniers ne soient tracés dans des tombeaux et lieux consacrés aux mystères qui en fixent l'acception religieuse. Le Mexicain réunit à leurs caractères imitatifs ces signes numériques, ces parties pour le tout, en dessins abrégés qui y ont donné lieu, et doivent leur propre origine à l'enfance de l'art. C'est un pas de plus vers une écriture sjmboHque telle que l'égyptienne. Un progrès plus essentiel est celui qui conduiroit vers ses clefs générales, nécessaires pour désigner les êtres de la nature qu'on ne peut dénombrer qu'en les classifiant , pour exprimer tous les développemens de la pensée. L'Américain , comme l'homme ^e tous les pays , ne réfléchissant d'abord sur l'univers que par ses rap^ ports forcés avec lui , sur le cours des astres et syr les saisons que par le besoin de régler ses travaux stu* leur retour , ne trouva , comme Anaxagore , une mesure de tout qu'en lui-même. Il détermina les quatre cotés du monde d'après les siens , ses parties d'après ses propres membres ; arrêta les nombres sur ses doigts. Tout s'adapta aux premiers aperçus des rapports de nombre et de meh 5
sure ; tout porta à des vues générales par le défaut même des bornes, dans les idées spéciales. Les signes des sciences furent fixés. La pcemiëre parmi elles devina Fespace , mesura le temps ; et tout s'arrangea autour de cette mesure universelle. Nous avons vu les sjmboles des parties du temps et de retendue tracés sur la figure humaine du maître de Fannee } ceux de là société et de la religion plus Qu moins développés , recueillis sur les murailles orientées des cabanes da cacicpe , des palais et des temples , qui y réunissent tous les êtres connus de la nature , ou leurs copet t nous avons vu ces édifices représentatif du monde environnés de piliers qui ser voient aux observations du cours 4les astres , et de la colonne autour de laquelle fot tracé le cercle scientifique.
Dams de pareik cercles ou roues du temps , les Mexicains disposoient leurs symboles des cin-quante-deux année» de leur centurie ou grande année de l'étendue dé l'âge d'Hercule y composée * de semaines , ^l'années , ainsi que ceux des dix«huit mois de leur année solaire et des vingt jours du' mois. De même que l'ûiscription d'une pierre gravée égyptij^anë ^'^ i la premîëre est entourée d'un serpent noué aux quatre vents, et formant par ses nœuds quatre petits cercles qui séparent et distinguent les quatre cycles de treize ans. Le
(0 Pigaorius, Tabula Isiaca.
centre est occupé par Tîmage du soleil. Autour de S66 rayous^ont placés et treize fois répétés la tête d'un lafHa , xm roseau , la pointe d'une pique désignant le caillou dont eUe est faite , et une -maison. Des points, depuis un jusqu'à treize , répétés pour cbaque figure dans les quatre divisions , varient les caractères des cinquante-deux années par ces * nombres toiobant toujours sur un signe différent j ce qui iodiipie par ou on est parvenu k multiplier les valeurs des symboles moyennant des signes numériques , des points , des cercles ^ des lignes. La roue de l'année coçimençant au 26 févri^»
de même qu'en Egypte , 747 ans avant notre ère CO , porte au centre le soleil et la luçe environnés des symboles des dix-^hpit mois de Tannée, divisée y comme à Bénin , en soixante -douze semaines de cinq jpurs. Ces images , en correspond dant aux noms des mois , se rapportent tant aux usages civils et religieux , qu'aux événemens périodiques de la nature : ce sont , l'eau tombante du haut d'un édifice poi;ir la cessation des pluies; une manière de^ tente pour une peau » deux motsx^ui en hébreju se prennent l'^m pour- l'^utrej Un, oiseau perché sur une lancette pour des saignées reli-
(0 HeiTas, lettre k QaTÎgero, oiï il cite Carttns, 1. rr. c 9T| et r Astronomie de Lalandc, n^. 1577. Ccst l'epoqaâ de rexpédition du roi Tarraca dans Toccident de TAfri^ae et en Espagne.
loo DELÉTUDE
gieuses; une maison marquée d'étoiles et couronnée de feuilles de jonc ) une tête d'homme audessus d'une guirlande , pour les ornemens des maisons et d'une idole dans les fêtes } une cruche pour une certaine hoissonj des éventails déplumes surmontés de lancettes pour les grandes et petites danses des fêtes précédées de pénitences (O * des honnetspour la grande et la petite fêtes des morts ; ua halai pour la purification des temples , des plantes parasites de la saison; une tente répétée ; un drapeau pour les processions en honneur du seigneur des armées ^^); Feau courante sur un es-» calier pour la saison des pluies } un fagot de bois h brûler pour celle du froid ; la tête d'un quadrupède sur un autel , qui est si fréquente en hiéroglyphes , pour des sacrifices au dieu du feu. On marquoit quelquefois par cinq points les jours complémentaires appelés inutiles.
La roue d'un mois avoitson symbole au centre, et tout autour ceux des vingt jours correspondans à leurs noms ; le premier équivoque comme la triple valeur , épée , serpent et poison , du nom de ce jour, rappelant cçlui du serpent en éthiopien;
0) Le caractère chinois des plumes qui ep dessine deaz, entre dans celui deis danses, tripudlat Bayer, Rac. m. ia9* VI. 157. iÇo,
CO Dans de certaines processions, le^ nobles reprcsçav V>)PiU les dic^x.
DES HIÉROGLYPHES. tôt
une tête d'homme soufflant, pour vent; une maison; un lézard ; un serpent ; une tête de mort pour la mort; des têtes de cerf et de lapin pour ces animaux ; un caractère de Teau; un petit animal semblable à un chien ; le liège ; la plante dont on fait des balais; un roseau) le tigre; deux éperviers ; un monument ou temple du soleil ; la pointe d'une pique pour le caillou; un nuage d'oii tombe la pluie ; une fleur. Ces deux derniers caractères sont ceux-là même par lesquels les monumens d'Egypte et les prophètes hébreux représentent la doctrine qui fait ressusciter , et la vie nouvelle ; tandis que les premiers désignent le désordre qui précéda la création , l'esprit créateur , le monde créé et ses vicissitudes , sa destruction et son renouvellement pour périr encore; le lièvre qui parut alors sur l'eau au milieu de sa cour de quadrupèdes , et ainsi de suite; mythologie propre à recevoir un plus vaste développement dans les roues générales , contenant les trois roues de la centurie de l'année et du mois Tune dans l'autre , réunissant, conmie le temple décrit déjà, tous les grands signes.
Ceux des jours semblent toutefois avoir obtenu un sens plus générique par leur répétition, ayant été appliqués à cette figure ïatromathématicpie d'un hpnmie nu à bras et jambes étendus , qu'ils environnent dans un manuscrit mexicain , en
^loa DE LÊÏUDE
communiquant avec autant de ses men^brès patr des ]ignes tirées de chacun de ces caractères. Su^ vant l'explication qui les accompagne , et qui Us qualifie des pingt lettres qa^>n employoit pour tous les membres , elles àvoieht de l'influence sur l'homme, de là manière représentée ^ de sorte qu'on gué'rissoit ses makidies par kor moyen , et qii'on jugeoit , d'après l'heure et le jour oii cornmençoient ses maux , de leur conformité avec le signe qui régnéit. Ce conmœntaire , qu'oiï diroit emprunté des Égyptiens CO, démontre les progrès que les Mexicains avoient faits vers un système symbolique pareil à celui des premiers ) car il en indique en même temps la perfection dans une réunion des sciences , et les abus , dans cette con« fusion du signé et du signifié qui a donné origine à tant de sciences occultes et bizarres. Chaque cinquième de ces vingt symboles , ou lettres qui / montrent aussi la voie de la découverte des alphabets C^), est un de ces quatre uniques répétés chacuïï avec trejze valeurs différentes dans la roue de la centurie. Occupant les quatre points cardinaux de ces roues y ils correspondent aux quatre symboles génériques du système égyptien, appelés
(0 Foyez plusieurs passages cités par Zocga, de Usa et Origine obeHsc. p. 5^3. 53 1.
O) Tels qac Thébrea empruùtaiit les iioms de ses lettres éfun animal y d'noe maison , etc.
DES HIÉROGLYPHES. io3
les quatre lettres^ et représentant les grandes divisions du monde. Mais pins faciles à saisir cpe ces derniers , et particulièrement propres au dénon»- Brenaent des êtres aoi^qtiels ils servent de clefs générales, ils représentent par trdis parmi eux , les trois règnes de la nature, l'animal , le végétal et le minéral dont ils sont empruntés , ou même ce que Fart en tiroit f tandis que le corper de la nature elle-même et de la société est figuré par la maison, et que l'espace et le temps le sont par le serpent qui environne le ' cercle , par le soleil et la lune qui en occupent le centre. Ce sont ces symboles mêmes qui sont placés avec ces. valeurs à la tête des clefs égyptiennes connuçs sous le nom d'Hora-pollon , dont le recueil dérive probablement d'une réunion de symboles telle que la réunion des roues et du code mexicain , et dont tant de parties se .trouvent avec d'autres hiéroglyphes isolés parmi . les caractères de ces monumens.
On peut faire un rapprochexn^t semblable, des clefs mexicaines du règne végétal et animal , de la ' plante ou roseau , et du lièvre , qui , ayàAt tant de valeurs diverses daoïs l'inscription de Rosette , y sont aussi les cie& des caractères du blé et des animaux sacrés , de^toute manifestation et des idoles. On peut , en approfondissant les cycles de l'astronomie mexicaine, également ingénieux et intimement liés aux symboles, découvrir à quoi tient
cette année sacrée de treize mois sous la protection d'autant de grands dieux , et de deux cent soixante jours sous la protection d'autant de saints : nombres dont on retrouve le premier dans la moitié aussi consacrée de celui des membres d'Osiris , et le dernier à Babylone , comme dans la cabale des Juifs et des Arabes qui , en l'assignant à la planète de Mercure, croient suivre l'exemple des Egjrptiens CO. Mais devant nous borner, dans cette analise , à de simples aperçus , nous ne nous arrête-* rons qu'aux quatre lettres des cercles de la centurie et du mois; la tête de lapin, .le roseau, la pointe d'une pique et une maison tracés sur des fonds bleus , rou^e , jaune et vert, et désignant de même que ces couleurs , empruntées probablement des cordelettes, le midi, l'orient, le nord et l'occident. Ici les symboles se lient à la fable. Le midi est la demeure des dieux , la source de la lumière j et le lapin ou lièvre qui le représente , le premier être qui parut sur l'eau lors de la création nouvelle. L'arme de la destruction , qui désigne le nord , oii est Fenfer et l'origine du mal , est tracée sur la couleur jaune de Typbon, non moins sinistre en Asie , où l'on explique le nom de Zoroastre , Zerdebixbt, par destructeur du jaune, du mal. L'occident , la dernière demeure et l'espoir des mortels , est figuré par la maison et la couleur
(0 ibn. Vaschija dans Œdip. i. ii. p. a. p. 43* 49*
DES [HIÉROGLYPHES. io9
verte, emblème naturel et partout reçu iè Tesperance. L'orient est , comme ailleurs, considéré comme le lieu de la renaissance que représente le roseau, ou plus particulièrement le lotus , mais dont le nom a été appliqué à tous les roseaux du Nil (0. A ces quatre symboles répondent encore les quatre élémens aux dieux desquels ils étoient consacrés , les quatre saisons de la centurie , les quatre âges de l'homme, du soleil , de l'année, du mois et du jour.
Tant de valeurs communes avec les quatre lettres du système égyptien, encouragent à chercher , dans de pareils cercles , l'origine de ces caractères géométriques, de ceux entre autres qui ont la forme de triangles , ou d'obélisques tracés suivant les différentes positions qu'ils peuvent avoir dans le cercle divisé par des rayons nom-^ breux. Il est évident qu'ils étoient aussi susceptibles de ces valeurs que les couleurs qui les recevoient des symboles auxquels elles servoient de fond 5 que la forme de tous étant différente dans un cercle donné, elle sui&soit seule pour fixer ces valeurs sans le secours de caractères auxiliaires , tels que les treize points des roues des centuries ^ que ces lieux vides , oii l'on ne voyoit rien , étoient particulièrement propres à figurer le monde invi"
(0 Tj?ft )mn i\ AiTcvr/ ri t<A<rtwh% NciM** Tzetzes. Chili. VI. 74.
i«6 DE UÉTUDÈ
sible intéÛectoéïy le haut i&tmie ies âmes send-' blàble&Â ce hits âidnde^ cm ces âmes eHes-mémes et les âém^ns itn|iercepf ibies ^s choses, qa'îls re^ pr&entoîènt, en efFet, dans la pbilosopfaîe ée Platdn et iè Pythagore CO^ anrsi qi;'en hréroglyfiiêê parmi tes^els , et clans le même esprit , le éa<Ire yîdê d^ine inscription désigne le silence. Il y a des indices que les Mexicains étoient parvenos , sur cette voie , aux différcns caractères géométriques qu'ils ^mployoient , et parmi lesquels on voit^ dans la roue de l'année, l'équérre, hiéroglyphe du feu, près àa fagot à brâler. Ils étoient plus que des simples lieux d'un art de mémoire, qiti d'ailleurs perfectionna le sjrmboïique, et qui, cuhivé par les Américains avec un succès étonnant, étoit appuyé seit de cailloux placés , d*oii dérivent lés points de Fécriture orientale, soit de coquilles combinées , ou de ces cordelettes nouées communes aux* nations, et usitées dans le nord comme dans le n^di de l'Amérique, mais surtout au Pérou.
Ces quîpus, dont le nom a rendu synonymes
(0 Tîmée de Plaioii , p. x6<S9i. t<f66. Tktsée de Lœres , p. 1092 , oii est expoiee la doctrine sar le$ sf* 4^* ^^^* ^ triangles scalènes constituant le feu , Tair, Tean et l'uniTers, sur le cube de la terre, etc. Denon , pi. iSa. i. portant les neuf fois onM triangles du faisceau des éirês descendant du cieL "
DES SIÉROÛLirPHES. xè;
flans la langue du pays , eomme dans lltébreu CO et i^rmi les pythagoriciens (*>, les nsots nouer et conapteY , Ken et nombre , et qui servent eii- . core Ml berger des Andes .pour fixer la mémoire des événemens du troupeau , rappeKnent jadis pahr leurs signes sacrés les.éréneniens^de Fétat et ses affaires comme ce^s des pai^eufiers, ses !ois et celles de k religion, les sciences , les ypoëmesy tous les arts. Composés de fils tors, enfilés en guise de frange dans une ficelle , ils rappeloient , par leurs <piatre ou cinq couleurs , les mêmes objets que les couleurs de ]a roue mexicaine ,. et que les parties du grand temple péruvien ^ ou les métaux qui di^tinguoient ces dernières, et qui ont été les représentans de bien des choses avant de rétre sous la forme de monnoie. L'ancienne sut bordination symbolique des métaux et d'autres êtres des règnes de la nature aux météores et aux , corps célestes j les chaînes d'Osiris, d'Orus et Apollon , ou d'Horus-Apolkm , se renouvellent par Feffet d'une n^éme classification nécessaire et dépendante d'un instrument primitif de compte.
Celui des Péruviens variôit cependant suivant les sujets , n'ayant quelquefois qu'une ou deux coupleurs, ou bien trois, comme les nœuds d'Amaryl- «
(0 Dans le lien : Î9«fiê/Mi. Les septante. Scbtadler, Lexic. p. io6.
(0 Pbilolaiu dans Jaxnblic. in Nîcomachî arîthmet. p. 1 1.
loô DE L'ÉTUDE
lis ^0. La couleur rouge qui représentoit les geft^ de guerre , le jaune et le blanc qui figuroient Tor et l'argent, suffisoient aux rôles, ou faisceaux des guerriers C*) et des contributions en ces métaux : les quantités étant indiquées par le nombre et le placement des nœuds , dont les plus hauts désignoient dix mille , et les suivans des milliers, des centaines, des dizaines et des unités, qui probablement étoient aussi désignés par les cinq marques de chaque fil des cordelettes égyptiennes dessinées dans l'inscription de Rosette C^). Des objets qui ne sont pas remarquables par leur couleur étoient également distingués par leurs places, les plus considérables en occupant \çs premières suivant un ordre adopté : le froment, le seigle , les pois, les fèves, le millet parmi les blés et les légumes; et parmi les armes, les lances, les flèches , les arcs , les javelots, les massues, les haches, les frondes. C'étoit de même d'autres objets aussi soigneusement classifiés , et des actions des hommes accusés et défendus devant les tribunaux par le moyen des cordelettes. Dans le recensement du nombre des sujets, des naissances et des morts
(0 Necte trifans nodîs teraos , Amarylli , colores.
0) Exprettion hébraïque, empruntée avec plusieun antres pareilles , d'un même usage des corfklettes. Bnxtorf. Lcxîc. p. 6. On a même traduit par armées le nom des noeuds et du faisceau. Amos , iz. 5.
C») Lig. o. n». 8.
comptées dans les cordeaux et les nœuds coulans
de la mort et du sépulcre ^0, le premier fil re-
gardoît les hommes et les femmes de soixante ans
et au-dessus; le second, les personnes de cinquante
ans, et ainsi des autres, en descendant de dix en
dix ans jusqu'aux enfans. Des veufs et des veuves ,
quoique compris dans le faisceau des vivons C') ,
qui leur a donné un nom en hébreu C^^, étoient
désignés par de petits fils placés hors de l'ordre.
Le nombre et la place des nœuds sur chacun de
ces fils montroient le nombre des personnes de
chacune de ces classes; et ces registres étant par-
ticuhers à chaque ville, et bornés chacun à une
année , ne dépassoient point la sonoime de cent
nulle qu'ils représentoient par leurs neui^fils. Tous.
ensemble étoient sous la garde àes maîtres des
comptes ou des nomA^*es, qui, sous ce titre du
dieu du savoir des Indes, étoient chargés de les
étudier soigneusement, pour garder et trans*
mettre à la postérité la mémoire ,des événemèns
et des exploits mémorables , des batailles et des
ambassades ; pour rendre compte de tout ce qui
CO Ps. xviii. 5. 6.
0) I. Sam. XXY. 29. Ursinus, 1. i. x. 3i4* ii< 3i> CO Buxtorf , I. I. p. 3i. 3a. Le terme signifie aussi muet, par rapport peut-être aux fila hors de l'ordre des signes r&f présentatifs de ce cpic la langue exprime , ou jiu langago pmet des cordelettes en gen(fral>
tio DE L'ÉTUDE
regar^AÎt l'histoire des pays, des généalogies des noble$, des cérémonies et des coutumes, de^ édits et des lois , de ce qu'elles défendoient et des peines stipulées pour chaque délit , des sacrifices et des fêtes ; de toute chose , en un mot , que chaque nœud , chaque fil , letirs combinai^ sons et leurs couleurs leur renoiettoient en mémoire , suivant les traditions et les poëmes historiques et autres pleins de fables et d'allégorie^ qu'ils dévoient apprendre par cœur, et dont les expressions figurées formoient apparemment ce qu'on appelle la; langue sacrée des prêtres péruviens. Ces secours nécessaires pour des caractères aussi universels etcommuns au ciel et à la terre , servoient à conserver les parples mêmes des. di^ cours que les nœuds ne poûrroient exprimer dans l'opinion de quelques auteurs : quoique d'autres les ccMmparant aux alphabets , assurent qu'on tiroit de ces nœuds et de la diversité des couleurs , des motf innombrables.
On siqipléoit du moins à ce défaut par de cer-^ taines marques que ces écrivains ne définissent point^ mais on peut en juger par ces petites pierres qu'on empîoyoit pour faire les calculs les plus compliqués avec une facilité surprenante , et qu'on rangeoit en des roues sur les cimetières pour rappeler les préceptes du christianisme , et les prières dont chacun de ces cailloux représen--
DES HIÉROGLYPHES. m
toit uiie expr«s8ioa; et on diroit, les sons «t le» syllabes y puisque c'est ainsi qu'on apprit ponc^ tuellement les mois qu'on vouloir savoir par cceur. L'alphabet ayant dans son origine appartenu k un de ces s ystënies de signes universels , comme on le yoit par les noms des lettres dans les plus anciens, par les voyelles représentatives des planètes, par les points qui déterminent la manière, de lire dénommée d'après le» cailloux CO, par. plusieurs autres circonstancea, il se peut que les Américains aient été 3ur la voie d'en inventer un. Mais dans le fond, tous ces secours de la mémoire n'étoient encore que des signes de rapports et de nombres employés en caractères réels universels dans la science symbolique qu'ils achevoient jadis | eu excitant l'enthousianne de l'antiquité pour ces nombres dontlanaturCySelon elle , surpasse tout , et dont laconnoissance descendue du ciel étoit la vraie, sagesse divine. On savoit qu'ils avoient servi à ré-i gler l'ordre de la société , en jetant la base de nos connoissances dans se$ registres^ «t les Égyptiens , qui n'ont distribué le temps en douze mois que dès l'époque oii ils commênçoientàpayer un tribut à leurs souverains CO, at4xibuoient à un secrétaire
(0 DU , calculus j deilé , lectio en arabe.
(') Pal«phattts, Ghronîc. Alexaodrioum. D'après Gen. , XLTii. 216. il paroit que cela n'auroit commence que pav les iusUtutioos de JoscpL.
lia DE L'ÉTUPE
du prince Finvention simultanée des nombres, des mesures et des lettres , de la dénomination même des choses , de Tastronomie et de toutes les sciences.