‹ Les Indiens des États-Unis (volume 2)Chapitre 4 sur 7 · ASIE · texte numérisé non relu

ASIE

La Chine. '

Xjes Chinois 0^ attribuent toutes les découvertes d'Hermès au législateur fabuleux qui, semblable au Vulcain , premier roi d'Egypte , leur a fisût connoitre l'usage du feu et des cordelettes à neuf fils tenant lieu d'écriture , lesquelles par les couleurs , les nombres , les distances et les divers assemblages de leurs nœuds coulans, apprirent aux absens ce qui s'étoit passé dans les marchés que Sui-gin-chi institua pour les échanges des fruits et des animaux servant à la nourriture. Par leur moyen on gouverna les peuples. On enseigna, par lem-s cinq couleurs, le rouge, le vert, le blanc , le noir et le jaune , les cinq élémens ou parties constitutives des choses , lé métal , le bois , l'eau, la terre et le feu; leurs qualités qu'ils représentent eh toute chose, et qui par analogie s'appliquent également au moral ; l'humide , le pesant qui descend , et le salé , le sec , le léger qui

(0 yoyez l'Histoire ciasâique de la Chine , traduite par IVIailla.

DES HIÉROGOPHES. ii3

monte , et Tamer, le droit, le courbe ^^et l'acide; le ductile, le poli, le mordant et l'aigu; la fertilité enfin et la douceur; le tout subordonné aux cinq planètes qui président à ces élémens , et qui sont représentées par les mêmes couleurs. On soumit à la même représentation la division du monde d'après les quatre vents et le milieu; la division toute semblable de la Chine ,1e ciel ici bas , de ses palais et ses temples, images de l'univers; celle du temps et du jour en cinq saisons et parties ; les cinq classes des génies protecteurs du monde , et des citoyens de tous les ordres de l'état; les cinq degrés de subordination; les cinq chars du prince et les cinq griffes du dragon dans ses armoiries. On fixa par les lois cinq Portes de devoirs , cinq sortes de supplices CO. On reconnut cinq sortes de terre , de grains , de pierres précieuses , d'odeurs , de goûts , de sons , de désirs , de passions, de félicités, de malheurs. On fixa enfin la connoissance de toute chose représentée par les cinq couleurs du premier instrument de compte dont le nombre de nœuds de

CO Cest poniqnoi let caractèret du bois et de l'homoM représentent le bien et le mal en ëcritare chinoise et en hiéroglyphes , où ces deux caractères ont la forme exacte des deux anciens Chinou. Inscr. de Rosette, lig. 7. n**. la.

lig. 10. n®. 8.

0) Voyez Topinion mahometane dans Herbelot, arfc Adhab al Cabr. p. 53.

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chaque corcle formoît un caractère) et PaiseBatbk^ ge des cordes, une espèce de livre. 4

Il a eu une vaste et durable influence snr les institutions et le système scientifique des Chinois, ainsi que sur celui èe l'^riture que Fohi sufasti- .fua aux cordelettes nouées, pour suppléer ii leur imperfection, pour servir aux mandarins^ii ren»plir tous leurs devoirs , et anx peuples à examiner leur conduite. Telles sont les expressions des auteurs chinois CO, qui ajoutent que la vertu de Fohi unit le haut et le bas ; qn'il vit an ciel des ves-i tiges d'animaux, des images j et sur la terre, des modèles , la table du dragcaiy ces images des êtres intellectuels et modèles des êtres sensibles qiie Proclus CO trouve dans la géométrie | que son corps lui faumitplusieurs rdqfforts; qu'il en trouva dans toutes les créalures .* qu'alors il traça pour la première fois les huit kàaa^pour pénétrer h9 vertus de l'esprit inêelUgent et pour ranger pat ^rdre tous les êtres suis^ant le caractère de dia^^ xun. Un koua est composé de trois lignes, etc. (^

C'est le secret dévoilé de l'art symbolique, de s^$ lettres d'animaux, numériques et linéaires, de

(0 Voyez Can-koang4û , Chou-Liog^Hi-isée et Ouaog-ki.

(0 In Euclid. 1. a. ch. 3.

(0 Omnia perindè |)er bec doo dispensantnr, per mun« dom et hominem , omnia antem ab nno. Fragmens bcrbictiques, x. aS, que nous citons d'après réditton dt Candalla.

DES HIÉROGLYPHES. i;5

toutes ses images. Nces avec la pensée àe 1^'omme . par la comparaison qu^il fit des objets qui Tenvi-^ ronnent, par sa réflexion sur leurs rapports avec lui-même , elles ont été perfectionilées et réduites en science, lorsque cette peiisée s'élevant vers rÊtre-Supféme, en chercha des signes dans le caractère de sagesse empreint en ses couvres : dans le nombre et la mesure qui ont éSett le seul rBiojen de désigner des êtres ai nombtedx oïl inconnus, en les classifîant. Cette marche de l'esprit humain que nous avons Vile suivie' par les habitans d'Afrique et d'Aihériqtie, fut aussi èbservée par Taaut lorsqu'il considéra la nature du di'agon et du serpent 5 lorsqu'il inventa les symboles èes dieux et les caractères- sacrés des éléoiens en imitant le ciel. Il donna ainsi aux idée^ adoptées par Tignorance vulgaire la dignité d'une science ^0 ^ontle résunoé et tonte la pr6foiideur ont été exposées , sur la table d'émeraudé et dans le sanc* tuaire de M emphis , par ces paroles : Le haut e^t comme le bas , le bas est comme le haut. On diroit que ces monumens , que Sanchoniaton en parlant de Taaut, et les Chinois , se sont copiés.

Suivons encore l'origine et les progrès de l'art symbolique constatés par les annales d'uh peuple qu'il a illustré. Conformément à ces fastes , on ne «e servoit d'abord que de lettres naturelles d*or

('> Sanchoniaton dans Euseb. , Pr. Êv. 1. 1. c. 7.

n8 DE UÉTUDE

écrivains qui oiit parié de cette dernière. Cest, comme dit Platon , ^e h ciel enseigna aux hoin^ mes à<:pmpter, pour principe et source première de tout^rleurs c<mik>îssances,dé toutes leurs grandes découvertes dérivées de la distinction de l'un dans l'infini ) c'est que de là ils furent conduits , de la manière que nous avons vue , à dénombrer etàclassîÊer les êtres, et en même temp leurs signes , qui étaient eux-nnémes leurs images , leurs noms qu'ils empruntoient les uns des autres , servant à se définir réciproquement par des com* paraisons qui formèrent les symboles. Les preliiiers nombres et divisions reconnues étant cent du ciel et du temps fixés par le cours invariable des astres , et les marques que le besoin social en fit faire par des noeuds commémoratifs , comme on en fait, encore sur le coin du mouchoir , ayant formé le premier dépôt de compte et de signes factices dans des cordelettes nouées de la sorte , et dont le nombre de marques étoit d'après les divisions du ciel et du temps qu'elles désignoient d'abord, et d'après celle du monde par les quatre côtés et le milieu; on rapporta ensuite aux mêmes nombres toutes les divisions , tous les dénombre^ mens que l'état de société exigeoit; on soumit à cinq classes toute cbbse dans la nature et dans là société , en rapportant , comme disent les annales cbiiioises , le gouvernement de l'empire aux corde^

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httes et au ciel , et tous les caractères cle récriture aux évéhemens àe l'empire. Le lëgisilateur à cor{»s de serpent ne paroissant être que le symbole d'une invention attribuée à plusieurs personnes qui auroient vécu dans des époques ttës^biguées Tune de l'autre, et hors de l'idstoire authentique de la Chine, là tradition ne hii attribue pas en conséquence de l'avoir mise en pratique, mais dit qu'il se borna à communiquer au peuple une règle poiir compter le temps par le moyen des nombres dix et douze , appelés dix trânes et douze branches.

Ce sont les dix nombres et lés dOiiaie heures , dont les ying^-dêux lettres servent au cycle de soixante ans , et à trouver le cours de l'aimée et des jours avec leurs influences sur les choses natii* relies. Car elles sont ordoniiées de telle manrere , éUt-K>n , que par un cercle jàinais en défaut , et où deux signes nuâiériques répondent toujours à un élément, les quahtés de ces élénlens et le cours des étoiles dépendent de cet ordre. On feéonnoit, dans ce cercle et dans dés expressions , la roue des Mexicaiiss^ie cercle d'or du tombeau d'Osyman^as) les dix nombres du silence et les vingt^ deux lettres de la base des cabalistéS^ le sens des dix et doute traits que nous verrons sur la base d'une image d'Orus-Bju^pocrate , soleil levant de justice; d'Orus- Apollon , le principe des dix fois douze chapitres^ moins un, du second livre d'Ho»-

m DE LȃTtJl)E

rapollon; les principes, enfin, du système repr^ sentatif du monde fondé sur sa grande division par douze signes, et sur le moyen de dénombrement de tout ce qu'il renferme : les dix nombres fixés sur les doigts de l'homme, du petit monde mis en rapport avec le grand.

Les Chinois ont observé ces principes , et suivi la méthode numérique à laquelle conduisoient les cordelettes, lorsqu'ils ont tâché de réunir les objets innombrables de la pensée et leurs signes , en soumettant ces derniers à une règle ^ lorsqu'à cette fin ils ont tracé sur des tablettes de bambou la représentation des cordelettes, et leur ont sub^ titué cette imitation linéaire appelée koua : non» qui, en hébreu, signifie ligne, règle, ficelle qui sert de règle, assemblage de fils, tissu, etc. cornais en chinois, par une valeur déduite de Pusage, et revenant à la désignation du nom duquel on fait dériver toute la langue hébraïque , chose suspendue et eaposéç à la vue du public. Considérant leurs élémens, la ligne entière et la ligne brisée ^*^, comme les substituts des nœuds serrés et ouverts des cordelettes, on vit, dans ces deux li^ gnes^ les représentations des deux quaUtés du matériel que le spirituel suprême procréa du chaos ,

(0 Coelnm orientu , p. 300 él suit.

CO Ceue dernière ligne — — - , jointe à une hache cooehee, signifie, dans rinKription de Roscue, briser*

DES HIÉROGLYPHES. tir

leur base et leur commencement ^ lès raj^rts de rentier et du divise, du parfait et de l'imparfait, du manifeste et du caché : ou du jour et des ténèbres, du bien et du mal| des deux premiers pria" cipes , en un mot. C'est aussi là le nom qu'on leur donne avec la valeur du manifeste parfait et de Focculte imparfait : ce qui a un singulier rapport avec le grand Uhvre , le premier qui parut à l'origine des cboses, selon les Américains, et qui, en hiéroglyphe et en hébreu, désigne le manifeste et le caché , en répondant à Ainoun , ou Phanës , le premier être .mystique qui parut à l'origine des choses, suivant la mythologie égyptienne et orphique.

Cette représentation par des lignes est combinée avec celle par des nombres, la ligne entière étant en même temps la note de l'unité et de trois : car elle est ccoisidérée comme étant composée de trois points pour figurer le commencement , le miheu et la fin de tout ce qui est parfait; tandis que la Ugne brisée répond à deux points, au duel , au mal. Du premier pas, dans cette méthode, on saute dans les spéculations les plus abstraites , mais • dont l'origine n'est pas autrement mystique. Les Chinois , en suivant cette voie , ont doublé ces premières hgnes pour en former les caractères des composés , du manifeste imparfait et de l'occulte parfait : mélange dont ils ont tiré les quatre ima- L 6

ges correspondant à la grande division par quatre, et aux quatre animaux des prophètes hébreux et égyptiens^ ou aux quatre lettres des tableaux symboliques ou ces derniers ont représente l'univers sensible et l'intellectuel. Ensuite ils ont triplé les Hgnes pour figurer les huit formes par huit trigrammes rangés sur deux colonnes , et composés de lignes entremêlées entières et brisées.

Ce sont les représentans'des formes imiverselles du haut et du bas, le ciel et la terre figurés par trois lignes entières, et par trois lignes brisées, les montagnes et les plaines, le feu et l'eau, le tonnerre et les vents. Dans une acception morale qu'on peut comparer, dans nos langues , aux images d'un homme qui est entier, d'un cœur déchiré , à l'expression anglaise d'un homme plain , etc* , ces trigrammes représentent l'homme de bien et l'impie , là hauteur et la soumission , la modestie et l'activité , les mouvemens du cœur et les terribles effets qu'ils produisent quelquefois. Wenwang , qui développa la morale par leur moyen , les multiplia par eux-mêmes, afin d'avoir, dans leurs dljférens changemens , plus d'images </evant les jeux : par oii l'on voit qu'il s'agit ici d'un

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art de mémoire. Il en résulte ce qu'on appelle les soixante - quatre symboles, qui, avec les deux principes et les quatre images , répondent, par le nombre , aux soixante-dix chapitres du premier livre d'HorapoUon , et qui, dans le livre Y-King, sont appliqués au gouvernement de l'état , de même que les cordelettes africaines, péruviennes et chinoises. Composés chacun de six linéoles , au lieu des trigrammes des koua , ils remplacent les vingtquatre linéoles des derniers par 384 ^® ces traits. Dans le système égyptien de deux principes, de quatre élémens et de huit formes, que nous venons de voir répété, et qu'Aristote ^0 avoit emprunté, avec ses dix catégories, des pythagoriciens , c'est de ce nombre même de 384 4^^ partoient Crantor et Eudoxe pour calculer les degrés harmoniques de l'âme du monde : car on le considéroit comme étant propre à représenter la première unité, la première portion de substance divine. Plutarque C*) ajoute qu'il étoit le produit de solxatite^uatre multipliés par six : pair le nombre symbole du mariage et du monde sensible ^^), qui est celui des règles Lo-xu , d'après lesquelles , et moyennant le double artifice qui fixa la langue

CO 8 formas à materiâ separatat excogîcavit — iutelligentiae.

(') De Procreatione animae.

O Euscbe, Pr. Et. xi. x2.

symbolique , les images et les symboles empruntéa de la nature visible furent réduits à un nombre borné , mais en obtenant des sens multiplies dans six classes d'applications diverses; — par le même nombre des clefs premières et élëmens communs de tous les caractères chinois qui sont placés à la tête de leurs clefs latérales substituées aux anciens caractères qui , sous Fohi , ofFroient aux yeux une peinture grossière des êtres , et réduites sur la même voie que les premiers à un nombre déterminé; — par le nombre enfin d'oii semble dériver celui même de ces 214 clefs. Car on retrouve aussi ce dernier dans le système des pythagoriciens , et dans leur exposé du nombre harmonique des deux côtés inégaux, cinq et sept, comprenant toutes les raisons des analogies. Augmentés par la triple progression, par cinq fois six sept fois, ou par sept fois six cinq fois , ils expriment les 210 jours au bout desquels le fœtus humain est parvenu à sa maturité. Pour obtenir la somme 216, on y ajoutoit la racine six , servant également de base aux systèmes représentatifs américains. C'est ainsi que s'achève tout Vœus^re de r humaine fia-' t'ircj suivant ce qvie rapporte Philolaiis CO. En multipliant les vingt-quatre linéoles des koua par

CO Jam vii^iftw namerum in quo ralîones conceoiliium eisseni omnes, ezposnernnt latcrum inftqualtum duum 5f c(Z, m incrciuento iciiio aucUdierum numerum cxpri**

DES HIÉROGLYPHES. !!i5

les neuf lo - xu , par la combinaison desquels on tlit que lés caractères chinois ont été formés , on retrouve le même nombre 216. Dans les clefs, on a ajouté à 210 le tétractys de Tâme , des quatre lettres, des quatre images, plus sacré encore que le nombre six : soit par cette raison , soit par la substitution si fréquente du nombre 70 à 72, ou par quelque autre motif que Pexamen du système égyptien fera mieux reconnoître.

Il nous suffit , dans cet endroit , de saisir les rapports propres à écliaircir l'artifice d'une langue écrite symbolique , composée des caractères les moins nombreux , et qui paroît reposer , en grande partie , sur la combinaison des symboles avec des signes régulateurs et modifîcatifs qui indiquent d'un côté l'ordre des choses auquel ils se rapportant f " s, *^. et de l'autre le mode d'après lequel ils représentent. L'inventeur de l'écriture chinoise avoit établi six de ces modes par la table des mutaiions, les six règles de lo - xu , avec lesquelles il espéroit réussir dans la compiôsitton des cara!ctères qu'il cherchoit, en mettant en usage les Ugnes , 011 lés huit koua : comme Taaut ordonnoit aux huit Cabires de tout écrire.

nant aïo. Sive e&im sninas qatmpiîes 6 sépties, sive septies 6 qninquies , etc. — Ad quem additis 6 existuni 316. qux est summa. — Totum opns hnmanae naturae ita aVsolvi , refertur , ex Philolao , Jambltc. in Nicomach.

Ces ho-tu et lo-xu rappellent , par leur nom , celui dlîorus et le surnom d'Apollon , Aoiietf ou Ao|W , qiie les Chinois ne peuvent guère prononcer autrement dans leur langue monosyllabique, privée de la lettre i. Ils en ont peut-être conservé la vraie prononciation , puisque des deux Horus, l'un étoit Thoor CO, aussi dénommé Thot , ou Hermès , que les Arabes appellent Outi, qui étoit Hod , suivant les mêmes Arabes : cet Heber , contemporain d'Athotis ou Tosorthrus , protecteur de l'art nouveau d'écrire (*), duquel dcscendpient avec Abraham les anciens Hébreux , qu'Artapan C^) n'a appelés Hermuits que dans la pensée que Hermès et ïïeber,qui leur a donné son nom , étoit une seule et même personne. Les formes angulaires et obliques des mêmes ho-tu et lo-xu , quoique fondées sur les nœuds imités

(0 C^ez les Egyptiens , suivant Sancboniaton', ou Philon «le Byblos, dans Fusèbe. — le ta copie sei^ant ici de préfixe, signifie, je suis, de manière que ce nom Thot peut exprimer l'insciiplion d'un Terme, ou image de Thot : Je suis Hermcrs , )e suis Hod. C'est ainsi que l'inscription célèbre d'une image dlsis commcncoit: Je suislsis : dont les peuplée septentrionaux ont fait Dis, la reine Disa, de même que les Indiens ont fait le dieu d'Herma de la première. En Arabe, Hodoud yetit dire les définitions des choses que renferme le ho - lu 3 et Herbelot cite un ouTrage de ce titre.

0) Marsham , Can. chron., p. r^. 18.

(') Dans Euscb. , Pr. Év. ix. 4*

des cordelettes , ne rappellent pas moins la ^ande clef des caractères géométriques , l'équerre symbole d'Orus , et le cerclé oblique \»iot , qui a fourni le surnom du dieu ^0 du discours et des oracles confondant les nœuds et les angles : cercle auquel Clément d'Alexandrie assigne les valeurs de pensée , nombre et mesure qui lui sont communes avec l'ibis , et qui lui appartiennent dans sa qualité de caractère universel régiUateur. Par leur ensemble ils rappellent une table pythagoricienne composée dans la même vue.

Les lo-xu sont ainsi tracés dans différentes combinaisons : ( Voyez la planche, N*». 1. )

Ces formes s'attachant à celles du ciel et de la terre réunies par l'inventeur des lettres , et l'une d'elles figurant le lien qui unit les étdiles de V ourse ^*) , on peut y ajouter l'ancien caractère de l'étoile formé de trois nœuds ^o dont le simple trait signifie , en hiéroglyphe , étoile , et en caractères chinois légèrement modifiés , hauteur et chien; animal qui, à son tour, représentoit , en Egypte , l'étoile «Sirius , et par elle toute l'armée céleste , toute étoile en général.

(0 Aft(<a< cognominatnr qnod obliqnam drculam ab occasu ad orientem pergit. Œnopides dans Macrob. sat. i. 17. p. 377. m Ao|<«r «{ttffxvifvv. Helladius dans Photius, Cod. ^79.

CO Job. xxzviti. 3i. Macrob. Somn. i. 18. 79.

123 DE L'ÉTtDE

Le ho^tu et la table pythagoricienne ont Je»

figures suivantes : ( Voyez la planche , N°. 2. ) , La dernière représente la nature et les quatre élémens par un carré qui/mmiit les nombres sirn^ pies, carrés^ cubes, pairs ^ impairs^ et des Ugnesconcourant aux angles : ou des côtés communs aux angles qui figurent les qualités communes aux élémens; tandis que le sommet de chaque angle désigne l'essence mixte de ces mêmes élémens; que les diagonales, plus longues que les côtés , expriment les plus grandes opposi-* tiens des élémens placés à l'extrémité de ces lignes; que les quatre côtés rendus par les nombres i. 2. 3. 4- dont la somme est dix, indiquent Funivers; que le tout enfin sert à éclaircir l'antique philosophie pythagoricienne exposée par Ocellus-Lucanus avec se» idées sur les transmu^ tations et les générations des élémens les uns des autres: changemens que favorise l'obliquité du zodiaque , figuré par le cercle oblique Ao^àf ^0 , et que causent les angles divers , le nombre plus ou moins grand des côtés des figures géométriques C^X La table des mufations , qui servit à la composition des caractères chinois, est celle même des transmutations des élémens des êtres et des choses V qu'ils dévoient représenter, et dont Taaut, imi-i

CO Ocellus Lucanas, c. a. § 11. ^vcc les notes de Battenz. (0 Time'e dans Proclas, snr Euclid. 1. 1. c. 8.

DES HIÉROGLIIP^HES. 19^

tant le ciel, commençoit à tracer les sacre's caractères lors de rinveiîtion des hiéroglyphes égyp-» tiens. Retraçant les cordelette» , leurs noeuds ouverts et serrés , ou des houles noires et blancheé qui , chez les anciens Chinois , les JSëgres de Jnida ,• les Péruviens et les prêtres d'Egypte , ont servi au même emploi , à l'expression de la pensée , des oracles CO et d'une doctrine secrète ; ces figures , dont les neuf parties répondent aux nenf fils des cordelettes et aux neuf nombres qu'elles expriment , représentent par les nombre^ impairs i • 3. 5. 7. 9. et par les nombres pairs 2. 4* 6. 8. [ auxquels le ho-tu ajoute lé 10] tout ce qui est au ciel et sur la terre, figuré par les sommes de ce» nombres , 25 ^•) et 3o : tout ce que ces nombre» signifient dans la doctrine pythagoricienne exposée par la sublime rhgle , ou le chapitre Hong- Fan de Chou-King. Sans entrer dans le détail de» valeurs de ces nombres, sur lesquelles nous pouvons revenir, et que le savant Deguignes a déjà rapprochées de celles qne les pythagoriciens leur* assignoient , nous observerons que ceux qui sont placés sur les cotés et dans leâ angles de la figure

(0 Quemadmodiiin Pimandras octonario yaticinatus estt Fragm. Herm. zni. i5.

(0 Un Ojavrage ehinois porte le titre, Traite sur le Vingt- Cinq , qaî veut dire, Traite sar le Ciel. Maltiplie' suivant l'usage , ce nombre a produit les aSoo premières familles fiibulcnsef.

i3t> DE UÉTUDE

chinoise^ ont exactement les mêmes valeurs atta^ xhées à ces nombres et à ces parties du carré pythagoricien 'f que ces valeurs principales sont assignées , en premier lieu , à la ligne entière et brisée , aux deux élémens et principes premiers , d'oii elles se distribuent sur les huit formes et sur les lo-xu 'f que le nombre central des derniers , le cinq hors des koua , représente tous les nombres , dont dix est le complément ^ que tous , en désignant les tons, concourent à un système de musique exécutée sur des instrumens à vingt -cinq et trente-six cordes , et représentative d'un univers intellectuel, modèle du sensible; que les huit nombres qui , tout autour du nombre central , for- Hient le carré de la première figure chinoise , et qui répondent au nombre comprenant toutes les harmonies , ainsi que la double division d'Osiris en quarante parties, correspondent aussi aux huit koua qui figurent les mêmes nombres et les mêmes choses qu'eux : par oii l'on saisit la liaison entre les koua et les lo-xu , entre les lignes élémentaires de chaque caractère et les doubles signes r^ulateurs de toiis.

L'exposé d'un auteur chinois , Li- Jang- Jung , la fera encore mieux saisir , aussi - bien que les

expressions en partie figurées que nous avons ci-

tées jusqu'ici. Selon lui, « les premiers caractères étoient les contours des objets visibles sur la

DES HIÉROGLYPHES. ï3i

terre et au ciel. Mais les objets intellectuel ne pouvant être ainsi représentés , les savans ont conçu

l'idée d'indiquer les opérations de Pâme par des images et des métaphores. Elles servoient à rendre visibles à Tœil les idées de rudesse , rondeur , mouvement et repos , par des signes qui représentoient une montagne , le ciel , une rivière et la terre. Les signes du soleil , de la lune et des étoiles dénotoient , d'après leurs combinaisons , douceur et splendeur , chaque ouvrage de .Fart ou étoffe fine. Les idées d'étendue , croissance ,. augmentation et d'autres qualités , étoient rendues par des caractères qui représentoient les nuages , le firmament et le règne végétal. Les différentes espèces de mouvement et inaction , l'adresse , la lenteur , la paresse et l'industrie étoient figurées par les signes de différens insectes , oiseaux , poissons et quadrupèdes. Les passions et les sentimens , les idées du non-sensible, étoient aussi rendues sensibles ou visibles , jusqu'à ce que , par degrés , on parvint à de nouvelles combinaisons, toujours nouvelles, et à de nouvelles espèces d'expressions. Mais tandis que la langue devenoit riche et belle , les caractères s'éloignoient de plus en plus de leur origine. Us n'ont toutefois été réunis pendant longtemps qu'au nombre de vingt à vingt-cinq , tail- Ips sur des tablettes de bambou de douze pieds de hauteur; et jamais ils n'ont cessé d'être classés d'à-

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près les ëix règles des lo-xu, les six modes dé leur formation conformes au* six modes d'écri— tare égyptienne dont parle Clément d'Alexandrie, en employant les termes mêmes et les eiemples des Chinois.

D'après le premier de ces modes , les caractères se forment en kuriologiqnes ott figuratifs par image , pat la figure de la chose liiéme : du soleil et de la lune , des montagnes , des champs , des eaux et de la pluie; des hommes , des animaux et des oiseaux; la face , la bouche , la main , les ongles; des arbres , des herbes, des branches et des feuilles; des vases et armes, arc, flèche, épée , elou, char, enclume, fil ou lien, toit, porte, fenêtre, enclos , tombeau , etc. , que dessftient les anciens caractères kou-ouen renouvelés , en quelque sorte , par ces dessins des choses qui en accompagnent les symboles dans le rudiment élémentaire oii chaque en font apprend l'écriture conmie la nation entière l'aVoit apprise en l'inventant. ^

Les caractères figuratifs et métaphysiques qui , d'après le second mode , se forment par emprunt ou transport d'idée d'une chose à l'autre , embrassent tous les tropes et la nâeilleure partie d'une langue essentiellement figurée. Les formes de la pensée s'y retracent dans toutes les images du discoursr, depuis les plus simples des animaux représentant ceux qui leur ressemblent par caractère ,

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jusqu'aux figures , Tironie , l'antithèse , et cellea qui ont été recueillies pendant cette étude réfléchie des êtres de la nature qu'avoient suivie les prêtres d'Egypte, et que recommandoit Yao.

C'est ainsi que les Chinois ont devancé le grand Linnée par le symbole savant de la plante du calendrier dont les quiaze feuilles se développent successivement les quinze premiers jours du moi^^ et se referment de même les quinze derniers t emblème analogue à l'emUème égyptien de l'année figurée par le palmier qui, chaque mois ^ pousse une branche figurant le mois. Par des rap-r ports sentis de tous , le sanglier désigne l'aucla-» cieux , le vaillant; homme [des ] forêts , qui ailleurs désigne un singe , ignorant; homme-montagne, homme grand, comme à Lilliput ; parlermontagne , fanfaronnade ; le métal commandant, cloche; feu à la maison, calamité; comme I9 cœur, sincère CO, cœur-porte, coeur serré, affligé; homme - parler , oiàrèf ï(pa , croire, croyezmoi. Aux figures du discours se joignent celles qui sont plus particulièrement propres à l'écriture considérée soit comme un tableau de la vie et de la société, comme une copie de sa langue de gestes et d'action; soit encore plus comme un dépôt du dénombrement des êtres , des choses et des idées classifiees d'après un premier instrument CO f^cfw Hoiapolion, 11. 4.

i36 DK L'ÉTUDE

énîgmatîques pour ceux qui n'en connoissent pas le principe , soit historique et naturel , soit dérivé des énigmes et proverbes de l'antique sagesse , que •la jeunesse apprend pour se préparer à l'intelli* gence des caractères. On cite dans cette classe ceux qui représentent un certain mois, ou la nouvelle lune, par les caractères du roi à la porte; l'écriture par un couteau , le signe de réunion et le bambou; le renouvellement par un vase; parce que l'empereur se tenoit à la porte du palais xles «ncétres à la nouvelle lune de ce mois, parce qu'on tailloft sur le bambou les caractères qu'on y réunissoit, et parce qu'on renouveloit de certains vases aux changemens des dynasties. La coquille, monnoie primitive, entre dans les caractères de l'argent et des richesses, acheter, veiidre, etc. : la caverne signifie habitation, qui , désignée anciennement, et connue dans la Bible , par un nid d'oiseau , semble avoir donné heu au malentendu historique sur de pareilles demeures des premiers Chinois, qu'on retrouve à la vérité dans l'Amérique. Les caractères montrer et arbre expriment l'exhortation à faire le bien et à s'abstenir du mal; arbre se cacher, ou mourir et fenome, signifient désirer; huit, bouche et eau , navigation heureuse. Agneau-co^ur veut dire, chagrin; agneau-paroles ', expliquer; agneau-chef, roi; agneau-moi, justice, sainteté; agneau-maison, école; agneau-embrasser,

lioQorer, adorer. Sans agneau, ou agneau sans.... est une salutation antique.

Les Clnnois avouent avec douleur avoir perdu le véritable setis d'une partie de ces anciens caractères de la tradition, oii les missionnaires ont reconnu celle des patriarches , et les promesses avec les expressions des écrits prophétiques des Hébreux; oii ils ont cherché un appui solide de la religion dans la pureté constatée de la première doctrine du genre humain que retracent les monuxnens d'Egypte par les mêmes symboles fondés sur la ménie tradition. Le lecteur ne peut mieux se préparer aux découvertes qu'il y fera , que par la lecture des livres canoniques chinois qu'on a traduits , et de tout ce que les jésuites étrangers et natifs ont écrit sxar des conformités avec les nôtres, si entières qu'ils ont craint dé s'exposer aux soupçons d'infidélité et aux sarcasmes des incrédules en les citant; si convaincantes qu'elles ont eu l'effet de la croix du temple de Sérapis, de gagner des prosélytes au christianisme. Ce que les Chinois disent sur le caractère Tao, et qui a si agréablement surpris ces Pères , est l'explication circons* tanciée du Tau égyptien , la clef du Nil, constatée par la valeur de ses parties dans l'ancienne doc- (rine géométrique des mystères ^0. Signifiant; com-

(0 Mémoires des jésuites chinois, t. i. p. 107. 249- 397. 433. 4^- 4^7- 504.— -531. 723. 8o3. 6o5. trad. aUein^ h 6.

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me cette clef générale de récriture, vérité, loi, parole, etc. , il désigne aussi la divinité. Il est un abîme de perfections qui comprend tous les êtres : ce qui est une définition du cercle et de la croix parfaite. Le tao qu'on peut décrire, n'est pas le tao éternel, le tao qui contient le ciel , qui soutient la terre; trop élevé pour qu'on puisse l'atteindre, trop profond pour qu'on puisse le sonder; si immense qu'il embrasse tout, et néanmoins tout entier dans les moindres choses. — Il est le comment cernent de la sagesse : en un mot , tout ce que désigne dans les mains des images, et partout cette clef du Nil , dont la forme toute entière se retrouve dans un ancien caractère chinois du stade de 36o pas, d'après les degrés de la mesure universelle du cercle des choses , de la bourgade , copie du ciel , et du bœuf, symbole égyptien d'Osiris , du ciel , de l'univers : lequel animal est encore figuré , parmi les mêmes caractères kou-ouen , par un oiseau ayant des valeurs également étendues. Les Chinois figurent actuellement leur tao par les trois linéoles du premier koua que traverse un quatrième. On a déjà observé que les premiers traits, de même valeur que le cercle de la clef du Nil , représentent le ciel, ou plutôt le triple ciel bienpdésigné par une variante ancienne de ce caractère ,

Hautesvajes sur les cVfs chinoises, dans rEncjclopedie cléxnentaire, t. xi. p. ii. p. 63o. 63 1.

DES HlÉffOGLÏPHES. iSq

^-, : le ciel suprême y est figuré par le premier principe un et parfait j le second , par une ligne brisée en forme de comble , qui est un nom et carrière distinct du ciel , et particulièrement du second ciel éthéré, dont les géans brisèrent le corps d'Osiris. Le troisième est la belle maison et Crus , le monde, que retrace un temple pyramidal tout à l'égyptien , et désignant le ciel visible que représentent les temples de la Cbine : de ce ciel i/ifé" rieur divisé comme le supérieur , comme la terre entière, comme les temples et le palais du souverain, et comme le temps. On voit par-là qu\in même système figurajtif peut les représenter tous à la fois, soit par des moyens aussi simples que les cordelettes, ou aussi profonds que les livres hermétiques des hiéroglyphes : soit par ces 214 clefs, images d'animaux, de plantes, de membres et d'instrumens remplacés par des signes de rapports, où Fourmont n'a pas eu tort , sans doute , de voir un tableau de la nature qu'ils représentent.

Supprimant ici les détails déjà saisis ailleurs, et que nous retrouverons encore, nous ne pouvons que renvoyer le lecteur aux descriptions que font les Chinois eux-mêmes, les missionnaires et les voyageurs, de ces divisions de l'empire et du temps, dont quelques-unes sont représentées par des vases, palladium de l'état; de celles du ciel , figurées dans im zodiaque de vingt-huit constellations protec

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trices des {>roymces, dans tin calendrier^ premier tableau collectif des symboles-chefs , sous l'inspection du gouvernement j des divisions du peuple pac 8 > 24^ ^^ 9 ^^0 9 36oo , 36,ooo , familles^ de celles des temples pyramidaux des bornes couverts de milliers d'images^ et dont lès édifices divers août suspendus quelquefois sur 365 piliers haut» de \^i^t-sept pieds, et dénommés d'après les jpurs de l'année : tandis que l'appartement intérieur des douze maisons de là demeure céleste du souve« rain porte le nom du neuvième cieL Ce prince , ^semblable au soleil, et qui, à son exemple, faisoit jadis le tour de l'em^pire dans un an , pour sacrifiep vers les quatre vents sur les quatre montagne» principales , fut revêtu anciennement d'un habiù de cérémonie, 011 le soleil, la lune, les étoiles^ le dragon et le faisan, étoient peints sur la pièce de dessus, et sur celle de dessous cinq sortes de cou<^ leurs, le vase sacré du culte des ancêtres, l'herbe aquatique, le feu, le riz bknc, k hache d'anne» et la lettre Fo, qui, de m^e que le sphinx, désigne le discernement qu'on doit avoir du bien et du mal. D'après la nature des symboles, l'empereur Chu, qui décrit ce costume, applique à la morale et au gouvernement, aux lumières, à la fermeté et à la prudence, au bon exemple, à la piété , au zèle et à l'abondance , les autres emblèmes qu'il portoit des parties grandes et petites de

la nature, parmi lescpieiles le soleil, la lune et les: étoiles étoient représentés par un coq, par une espèce de kpin-pilant dans un mortier, et par une figure triangulaire. Ce prince vouloit que la mo^ 7ale du costume royal profitât à ses ministres , également revêtus des symboles , qui étoient ses pieds , ses m^ins, ses yeux, ses oreilles, qui étoient ce que dévoient être fes membres principaux d'un état rejShésenté par le corps humain : de même que l'univers-géant, célèbre dans la mythologie chinoise, et père de l'écriture, dont il est le vrai abécédaire.

Ayant ramené les symboles chinois auprès de Pautel et du trône, qui partout en ont formé un ensemble en les concentrant autour d'eux , il nous reste à citer le sixième mode de formation des caractères , qui n'en regarde que les sons et les accens, et que Clément d'Alexandrie a mis à la tête des modes égyptiens, comme le plus facile et le premier enseigné. Servant à attacher, par le ton , un symbole ou une image à une certaine signification*, et à fiaire passer dans le langage les. signes désormais idéaux des choses qu'ils accompagnent, ils embrassent presque la moitié de tous les caractères chinois, et sont par conséquent fi^rt nombreux^ quoique dérivés, comme les premiers , d'un nombre détm*miné de signes correspondans aux 826 vocables de lalai^e parl&« Car ils pa-

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roissent avoir été renfermes avec les 2114 de A symboliques dans l'ancien dictionnaire chou-ouen de 540 radicales , dont le nombre répond aux 2 1 4 cle£s de la langue écrite, et aux 826 de la langue parlée , 011 l'on remarque les nombres quatorze et vingt-six de la double division d'Osiris. On a considéré, la dernière langue comme ayant été composée par des philosophes; et elle peint en effet les choses et les idées par des sons élémentaires , vé*hicules ordonnateurs de la pensée , et qui servent à la revêtir d'une manière fort analogue à celle dont les lignes élémentaires de la langue écrite servent aux mêmes objets ^0. D'après quelques données, le nombre de ces vocables seroit,méme égal à celui des jours de l'année et des degrés du cercle. Leur multiplication par cinq tons est certaine et aussi remarquable. On ne sauroit affirmer, avec un écrivain européen, leur réduction antique aux signes élémentaires d'un alphabet, auquel dévoient conduire les vingt-quatre Unéoles des koua , que l'inventeur mit également en usage pour trouver ce mode de formation des caractères. Les expressions de certaines préfaces de dictionnaires semblent l'indiquer par la mention qu'elles font de la plus haute antiquité qui avoit des sons et point de lettres , et de la moyenne qui rendit les sons par des caractères dont le son a été

(') Son et ligne ont nn nom cominnn helirea. .

DES HIÉROGLYPHES. î43

perclu depuis : ce qui peut toutefois se rapporter aux signes des 826 vocables dans l'ancien dictionnaire de 540 caractères.

Quoi qu'il en soit, les peuples voisins des Chinois,^ et les Japonais qui ont adopte leur écriture, en ont tiré des caractères élémentaires de sons pour en former des manières d'alphabets , dont les analogues les plus anciens , syllabaires ou autres , ont également été tirés d'hiéroglyphes. Dans la Corée , on réunit même à la première deux alpha* bets distincts 9 dont l'un servant aux grands, et pour les affaires, et l'autre au peuple , rappellent l'alphabet du peuple d'Egypte et l'écriture hiératique du clergé comparée à la royale éthiopienne. Les voyageurs parlent aussi d'une méthode pasigraphique (T exprimer avec un pinceau fort rrdnce les noms et les choses dont on n^a jamais entendu parler. Les habitans de ce pays qui le divisent en huit provinces ayant trois cent soixante yilles , tandis qu'ils assignent à la terre entière douze royaumes et quatre-vingt-quatre mille CO contrées, ont , en tout genre , des institutions également symboliques et dignes de remarque. Les cérémonies de l'enterrement dans une montagne choisie

(0 Cest-à dire les nombres des planètes et des douze signes multiplies l'un par Tautre et par le décimal : ou mille fois le nombre mystique des hymnes d'Orphe'e , 84 > dc'signant Dieu et toute perfection.

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par les devins le sont par tous les détails de la corcle de deuil, la canne et le long bâton désignant le père et la mère défunts ; le double cercueil dont Texterieur est orné de peintures emblématiques. Les caveaux de pierre des personnes de condition portent leurs statues avec une inscription qui contient leur nom , leurs qualités et leurs emploi.

L'analogie des symbeles traditionnaires de ces contrées avec ceux de TÉgypté les rend intéressans pour nos recherches; mais nous devons en réserver les exemples pour les occasions d'un rapprochement direct, en nousbomantici à rappeler en masseleurs signes consacrés. Tous décèlent cette analogie , depuis les animaux , qui , à commencer par le chien , sont honorés au Japon , et les innombrables marmousets, diminutifi les plus simples, jusqu'à l'idole k trois têtes et quarante mains 5 au colosse qui , semblable à celui de Sérapis, élève sa tête à la voàte du sanctuaire ; au temple du grand dieu et sa ca^ verne de la région des cieux , oii l'emblème du soleil est un génie monté sur une vache. EDe est également constante dans les symboles partiels qiii, à Tunkin , représentent tont*à la fms les sept planètes célestes et les cinq élémens terrestres , les sept parties extérieures et les cinq intérieures du corps humain , les sept passions de l'âme et les cinq période&de la vie ; ou dans le symbole Collectif

DES HIÉROGLYPHES. ï45

figtirant , comme Sérapis CO^ le ciel et les astres , la terre et la mer , les plantes et les pierres-, etc. ; par sa tête et s€is yeux , sa chair et le ventre , les cheveux et les os; par toutes les mêmes parties de son corps humain , qui en cle& chinoises et égyptiennes désignent les parties du corps de la nature. Ce symbole est répété au Japon comme à la Chine , et à Pégu distingué par son grand temple pyramidal qai est environné d'obélisques et gardé par deux lions. Dans ce dernier pays , on explique un discours sacré fondamental , en rapportant que le monde sera mis en pièces par Kîakiou , et que Dagun ramassera les membres dispersés |K>ur en former un nouveau monde. A la Cochinchine, on ajoute au symbole et à cette fable d'Osiris la divi« sion commém^orative de la cour et de Farmée en des corps de i^ùigt^cinq homnies; et l'enterrement mystérieux des rois comparé avec raison à celui des membres d'Osiris , puisqu'ils sont déposés en secret, et successivement, dans douze tombeaux divers , afin de cacher le vrai Heu de leur sépulture , et de faire adorer leurs* cendres auprès de tous ces tombeaux également ^^X

L'Inde.

La source antique de tous ces souvenirs , la philosophie des symboles , ou ses débris du moins ,

(0 Macrob. Sat., i. 30.

CO Kirker, Œdip. i. 4iîl.

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