I. jf
i4« DE L'ÉTUI^E
sont mieux conservé^ aux Orandes-Indes que leur ancienne écriture conoipoeëe de figures d^aniuiaux ^ suivant Arrien, et que les voyageurs nM>deme8 ont cru y reconnoître (*X Remplacée depuis long-» temps par une langue sacrée, eHe n^ia jamais été abolie dans ses ^fémens d'images divines qui couvrent ce pctys de- la lune C») , illustré par la domination des fils de cet astre et du soleil C^). II est annoncé au* voyageur qui arrive de la Chine par ttes pyramides et des obélisques chargés souvent ide caractères inconnus y ou par des colosses qu^nn peuple oublie forma de rochers pyramidaux ^ et «qui 9 frappant ses regards à deux journées de dis* tance , s'élèvent dans Thorizon depuis la plaine de Khalay et les déserts de Sibérie jusqu'à Baikh et aux frontières indiennes ^-0. Tous les jours les symboles renaissent au milieu de monumens pareils de leur première institution , et de ces tem-»
CO MafTei et Jarrich , à\é& par Kirker, Obelisc. Pataipliil. ~ -p. i35.
(0 La Taleur, aelon qaelqaeS'ttns, du nom Hind, assigné par d'autres à on descendant de ISoé'par Chamr comme 09 . diroit 9 colonie de TËgjpte aussi empire de la lune , el Hind, Hend ou Kheat^ cjvi sont également des noms de l'Inde.
0) Les anciennes dynasties Sbrgo-bnno et CbaïulerYDeno.
C*) Rubriquis, Martini, Hyde, Strahlenbei-g. Ce sont peol-^tre des monnmens des Sères. La reine des Saces » Zarina , avoit ponr tombeiia une pyramide cclebcee par Diodore. >1. u, 34»
DES HIÉROGLYPHES. i4^
pies ëtonnans taillés dans le roc , dont l'origine et les sculptures qui les couvrent de véritables texte» • d'écriture primitive, ont jusqu'ici bravé les conjectures des voyageurs anciens et modernes. Les uns CO et les autres ont vu l'Indien sortant le matin saluer dieu , le premier objet qu'il rencontre , ou en ajouter un nouveau à ceux que ses ancêtres consacroient dans la rivière et dans la vache à la tête des animaux vénérés ; dans des pyramides tombeaux d'un dieu , ou temples , autels et trône» conununs de tous les dieux , dont les images , aa nombre des jours de l'année qui les décorent , retracent l'ensemble d'un système symbolique par la représentation de l'univers avec toutes ses parties CO.
Mandeville , parmi les modernes , a décrit naïvement ces origines conformes à celles que nous avons observées chez les nègres. Exposant le culte des êtres réels du soleil et de la lune ^ du serpent et des animaux vénérés k cause de leurs qualités ^ui ont des rapports avec des choses morales et physiques , et celui des simulacres faits à leiu* ressemblance , pour y suppléer le matin avant qu'on
(0 Quint. Cart., 1. TUT. c. 17.
(0 Esquisses sur les Indiens, 11. p. 99. Qem. Alex. Slrom. m. p. 45i. Qui autem ex Indis voc^ninr vi/im h. e. bonesti et Tenerandi—- — iiTcritatem exercent; et colunt qnamdam pyramidem , sub quà exisumant aliqajns, deî ossa esse reposîta.
ne rencontre de ces dieux , il les distingue du culte des idoles ; car Timagination seule composa ces dernières , eti répétant quelquefois les quatre lettres du système égyptien , ou les animaux des visions prophétiques , dans des idoles à quatre têtes diverses , dont trois sont empruntées de l'homme , du bœuf et du cheval, ou de Tanimal raisonnable , du pins patient , et du symbole égyptien des sens , qui sert à la représentation du monde sensible. D'autres ont montré l'adoption des symboles dans cette belle langue sacrée , liturgique et factice, dit -on, du samscrit, dérivée du dialogue du Seigneur et de la mère de la matière , lorsqu'ils créèrent le monde ensemble, ou composée pour cacher au peuple les mystères de la religion , mais qui décèle souvent la valeur de ses symboles par des expressions et des synonymies telles qu'autel pour culte et rendre honneur ) cœur pour volonté , pensée , affection interne , amour ; sans déclin pour sans défaut ^ le devant et le derrière pour for^ tune et malheur; liens dç péchés et filet d'igno^ rance oii les péchés font tomber ; lié pour fait et formé 5 lier figure pour prendre forme, et pluK sieurs autres qui semblent dériver d'un usage an-» tique de cordelettes telles que les péruviennes et les chinoises. Ils les ont montrés dans les Jiili ou amulettes, différenspour les castes diverses, et dont les seules formes géométriques désignent quelquç-
DES HlÉROGLTfPHES. i^Ç
fois le nom divin protecteur du bien-être de ceux qui les portent ^ en suppléant au nom du dieu Pollear^ ou au Lingam que les habitans chrétiens ont remplacé par la croix 5 dans les usages publics de rétat exigeant wngt-cinq qualités dans son pre^ mier ministre , et trente-six autres dans le prince honoré comme un dieu , accompagné dans ses voyages de milliers de prêtres et du tabernacle couvert de soie jaune , qui renferme l'image d'or de la déesse de la nature 5 dans les cérémonies enfin du culte symbolique des attributs de Dieu , Ame du monde , auxquelles les philosophes don^ nent un- sens mystique , et qui servent d'instruction au peuple en place de la lecture. Dans ces rits , 011 les attitudes y les mouvemens et toute chose parlent la langue primitive des gestes et des signes , le créateur, le conservateur et le destructeur des êtres , ou celui qui en change les formes , sont rappelés par leurs signes saints tracés au front , sur la poitrine et sur le bras de leurs oints , qui sont avertis d'un pacte d'union par le signe commun que porte Tidole placée sur le siège- lion. Des ablutions ou trois doigts rappellent les mêmes dieux ; des danses et de l'encens expriment la pureté , la reconnoissance et la louange. Des cantiques relèvent la dernière en célébrant l'esprit des esp'its , qui , de toute éternité , est répandu dans l'immensité de l'espace 5 l'esprit de sa-
i5e DE L'ÉTUDE
gesse profonde qui se pare dans Faro-ei^cièl dé ses charmantes couleurs } qui brille avec l'éclair } qui noiis sourit dans le bouton de rose et nous charme dans les fleurs ^ qui soupire dans le doux sepliyr ; qui fredonne dans le gosier des oiseaux lorsqu'ils saluent le retour du printemps , on lorsqu'ils chantent leurs amours; qui anime tout dans Tair, au fond des mers , dans les bois et dans la pteine : être seul existant , à la pensée duquel le inonde disparoît et le soleil s'éteint.
De pareils hymnes sont propres à faire sentir anx dévots méditant dans le vestibule du temple , le vrai sens des signes d'un Dieu présent partout et k même en toutes choses , dans le moucheron comme dans l'éléphant; qui est la forme de toiHes nos pensées et de toutes nos paroles ; dont toutes les figures sont la figure , et qui est la forme de l'univers CO , oîz tout le rapjpelle , 6u tout le désigné , depuis la grenouille volante ^^ jusqu'à la sphëré sans commencement et sans fin C^. Ce sens, Juteux souvent, ne laisse pas d'être plus directement expliqué : surtout pour les idoles qui ne
(0 Ezpreniont de TOupocLliat , le secret qu'il ne faut pQsrére'Ier.
(0 Aiutberkeiity on source de Tean de la TÎe, dans let recherches de Deguîgnes sur les Samaneens. Mcm. de TAcad. des Inscr. t. xxi.
(0 Le commencement da Schasta-Bad, traduit par HoUîsell.
DES HIÉROGLYPHES. i5t:
TSDnt pas. Dieu, qui ne représentent jamais FEtre». suprême , esprit de sagesse et principe de vérité, le Dieu éternel, incompréhensible , nommé dans les. mille noms de ses productions CO, mais qui n'a point d'images ni de temples. Pour que l'homme puisse SIS former une idée de ses attributs, qu'il ne sauroit ^us embrasser à la fois , ils lui sont présentés sé« parement , et personnifiés, dans des images qui ne sont que des symboles fixant Pattention eyin pen» «ée. Elles sont composées, comme celles d'Ame* rique et d'Egypte, d'emblèmes divers , de clefs de symboles qu'on peut prononcer d'ares la va<« leur qui leur est assignée dans leur« différens «n»* plois , et dans HorapoAon , d'après l'ordre duquel on peut les c(ter. Le serpent qui, de même qu'en Egypte et au Mexiqoie » environne les représentations des grands dieux et de l'univers , en désignant la vie et la mort, la génération e,t la destruction de tous les êtres ^^^ , rappelle encore la dernière autpur du cou de $chivn en fureur } mais la >sagesse, lorsque , monté sur une tortue de mer, il exprime la stable sagesse de Kétre infini., que rappelle FOcéan. La jeune et belle femme qui figure la nature ^^ , le croissant enseigne de la dominatrice de^ montagnes , «t signe sacré des
CO fivpiimifut.
<0 Justin. Mari. Apol. n. p. 55. HorapoUon^ i. r« a. <') Horap. I. 3.
i5a DE L'ÉTUDE
schiveoites adorateurs du feu, du soleil et de la lune y mais qui , sur la couronne de Schivn , an^ nonce le changement de la bonne ou de la mau-> y aise fortune; la feuille de palmier , emblëine de la science ,^0 , le nombre six^ dénomme d'après les saisons ^^^ ; l'épervier ^^^ que monte le dieu Yiscbou quand il ^ort de son palais, quand il se manifeste 5 l'oiseau intelligent nomme baïa ^^); le scarabée , sjmbole , par ses cornes , du soleil et de la lune ^^^; le singe consacré à Rama , qui désigne le vent, et le singe royal , représentant de Ganuma , le Pan des anciens ^^5. la grenouille volante, qui /exprime la pensée arcbitecte de l'univers C^); le taureau bJanc , figurant le dieu de vertu (^^5 le bœuf sacré , dénommé père, appen , à qui le terme de la vie est. fixé comme à l'Apis égyptien, mais à trois ans , qu'on enterre ensuite avec les mêmes honneurs , et dont l'image portant entre les cornes le soleil ou l'œuf du monde, est promenée dans la fête de là déité qu'il représente ; la vache , qui est le symbole d'Ischani Î^otre-Dame , de la terre eh
(0 Horap. i. 4* O) /«/. I. 5. i3.
(0 Id. 1. 6.
(0 Jd, I. 7. ,
(5) Id, I. 10.
(0 Id. I. i4> et tuty.
(7) Id, I. 95. II. 10%, (•)/rf,i.46.
DES HIÉROGLYPHES. i55
de la lune qui en est grosse , qu'on appelle mëre ^ et à laquelle on compare Maîa, qui tout produit et tout nourrit; la déesse. de la terre, qui , changée en vache , réclame contre les géàns la vengeance, dont l'hiéroglyphe est la corne de vache^Oj la souris , esprit malin accompagnant l'image du dieu du savoir, mais dont elle est l'ennemie, puisqu'elle ronge et détruit les bons hvres ^*); l'éléphant de force et de prudence ^^) , consacré au dieu des lettres , en l'honneur de qui on place sa trompe de même valeur à la tête de certains écrits ^O; la tortue et les corbeaux, emblèmes de la stabilité et des âmes des défunts ^ le soleil, maître de la terre et des eaux , qui monte le bœuf > ou, en forme de roue , le crocodile porteur de la divinité solaire égyptienne , et figurant son pas^ sage par l'eau; les dominateurs du feu et des Vents^ montés sur un bélier et sur un antilope; le Brimha , le puissant , sage , étemel et secourable , qualités exprimées par la couronne sur sa tête , par le sceptre , le code sacré et l'anneau dans trois
(0 Horap. ii. 18. ' ' m
(») Id, L. 5o.
0) Id. n. 85. 86.
(0 C est apparemment ce qu'on appelle anssî le nochet de Gonesfa , ou qu'on remplace par lui : de même qu en hiéroglyphe, des caractères d'instrumens, et d'autres gcomëtriques , Taricnt avec ceux cnipruntcs des animaux. Apollon TiT|«;^ , dans Hcsjrchiofl,
i54 DE L'ÉTUDE
de ses mains, et par sa quatrième main vide ; Pi^ mage de Vischnou, moitié claire et moitié obs-* cure , comme celle d' Anubis , ayant un cercle de ' lêtes et quatre mains, parce qu'il voit tout et pourvoit à tout ; Tœil saint au front de Fchicon , par lequel il voit et juge tout j les seize symboles dans autant de mains d'Iswaren, d'une vateuraussi universelle dans l'écriture symbolique , que l'étoient les seize lettres des alphabets anciens , phénicien et autres , et que Tétoit ce nombre parmi les symboles pythagoriciens ; limage de la vertu qui a dix bras , figurant forces et vertus pour combattre tous les vices , d'après la doctrine hermétique ^es dix vertus qui triomphent ies douze vices pour opérer la régénération dé rhomme (0^ le dieu assis dans la fleur de lotus , qui y est né , et qui adore dans ce symbole de l'élément humide , principe des choses que désignent aussi des coquilles de mer , avec les voies ineffables de la providence ^*) ; Finstrument de musique et le tambour qui figurent rharmonie et Féloquence^^^ le vent et le son ^ le bouclier , le couteau et la massue , qui signifient combat et tuer (^); l'arc , qui signifie bourg , cinq et sincérité ) le joug, em«
CO Fragm. Hermet. xin. 7—10.
<*) Cant. Gant. 11. i4« (0 Ht^rap. n. 116.
O) Id, n. 5.
DES HIÉROGLYPHES. l!^
blême d'un âge ou période de temps; le croc de fer et la chaîne du tourment et du châtiment ; le diamant, qui annonce la richesse, l'abondance; le collier de têtes humaines, qui représente la mort; la peau du tigre, tableau du firmament; l'œuf du monde; la tour , l'attribut de la vache fertile qu'on donne à la déesse de la terre : tous les caractères divers qu'on peut recueillir, sont expliqués dans l'esprit des Ég3rptiens et d'Hora* pollon. Les idoles elles-mêmes qu'ils forment , ou qui en réunissent plusieurs , sont toujours conservées dans leuf s formes antiques , liées à des règles et à des principes de la philosophie secrète , aux mystères de la religion CO, et ne peuvent être mises dans les mains du peuple , avant que leur confor<4 mité à cet égard ait été approuvée par le clergé , tout comme en Egypte. Les rapports qu'elles ont avec les images de ce pays , et qui les ont fait confondre souvent , peuvent aider à l'explication de ces dernières, soit isolées, soit introduites dans récriture.
Des caractères linéaires égyptiens sont également éclaircis par les Indiens du même genre j re-
(0 jircanm philosophiœ regtdU alligatœ, et nonnisi ex philosophorum placitis et recondito tacerdotum myste* rio fingi sculpique possunt, dit Fr. Paolino comme Synèse^ Plotaïqne de It. et Ot. p. 378. , et Platon , de Lcg. I. n. 1. 11. p. «66.
i66 DE L'ilTUDE
cueillis par plusieurs savans, ,par Kirker et Pao^ lino, qui reconnoit, en ces hiéroglyphes, une partie principale du culte et de la superstition des Indiens. Exposant , entre autres , ces élëmens géométriques par lesquels Phérécides définissoit Dieu , et que réunit la tête sphérique terminée en cône d'une idole de Budh dont une ligne droite forme la bouche , des carrés oblongs les oreiUes , des ellipses les yeux , un triangle le nez , des petits cer* des les cheveux ^O* ils nous expliquent le cercle et la sphère , images de l'Étemel } le triangle inscrit dans le cercle , image du grand Dieu qui n'a point d'image , qui est au-dessus de toute conception^ le carré composé , symbole de prospérité et d'abondance , qui est consacré , de mente que le point avec un grain de riz au nûlieu , à Lakochmi , la grande mère , Çybele et Cérës des Indiens; le hngam linéaire , principe des êtres y qui , dans une de ses formes , paroit réunir l'un et l'autre , et qu'on place dans le Yoni , le Meddhra , la ligne à triple couleur; 1 a désignation du Meddhra , matrice de la déesse de la nature , origine et réceptacle du germe duquel sont nées toutes les choses terrestres W , la note de l'unité , | , par laquelle les Indiens rappellent le dieu un au haut de leurs
(0 Symes , ambassade d'Ava. , p. 398. C'est une nouvelle
preuve de la vraie origine du style idéal de la sculpture grecque.
C*) Est ergo Isîs ea uatui-« pars, quae quasi foeininea
écrits; celle qui iîgure l'esprit de rétemel un , [] j les trois bâtons , 1 1 1 , figurant ces trois principes premiers qui , au battement des mains de Maîa , Volonté étemelle de Dieu , et par la force de quelques paroles , en sortoient les premiers , et des* quels sortoient ensuite Brahm , Yischnou et Mahadeva , la trinité ou trimurti visible que désigne le trident , symbole du triple gouvernement du ciel , de la terre et de Tenfer , ainsi que du dieu qui pénètre et gouverne les trois mondes symboliquement uonunés les trois montagnes. Tracé comme le caractère chinois des montagnes, ou comme la première lettre de l'alphabet arménien figurant dieu , trine et un , ce trident constitue lé nom saint , que les schivinites portent au front , et que P. Paolino compare au nom de Jehovah , tracé au front du grand-prétre des Juifs. On n'accorde pas moins de sainteté à cette ellipse , que tient en main le dieu du savoir indien , et qui est le symbole égyptien de la pensée , du nombre et de la mesure , de tout ce que signifie aussi l'ibis , représentant du dieu du savoir d'Egj-pte. On l'ac- . corde aux trois traits inégaux consacrés à Schivn ~;à celui qui avec un cercle et deux points est consacré à Vischnpu , et qui rappelle la clef du Nil, •^•; à V ornement de trois traits diiFérem-
omnes in serecepit ortns tanquara matrix qnxdam , et omniam commane reccpiaculuinàPiatoae dictum de I«. et Os*
iCo DE L'ÉTUDE
dant à la treizième clef chinoise. Trois hiéroglyphes combinés de la force éternelle qui pénètre et contient la carrière des astres et du temps, définissent Dieu. Deux obélisques , ou angles aigus traversés d'un bâton pastoral, désignent les anges comme les flammes gardiennes , ou les forces ministres du Trè»-Haut. L'air est nonuué le second élément d'en haut par un caractère de tous les quatre , dont le premier trait le plus haut à la tête des autres, est l'hiéroglyphe du feu, et dont le second trait , qui désigne l'air , est répété à l'autre bout du caractère. Un double trident figure l'eau; une désignation de trois élémens divers y rhomme. La prison et la détention sont dessinées comme dans l'inscription de Rosette. La momie d'un défunt qui retourne à Dieu désigne le retour; des. nœuds divers, le précepte, la sanction, la UbéraHté, l'amitié ^l'équerre et le bâton pastoral , Féquité qui garde la justice; une tente , l'empire, comme en hébreu et en arabe , famille et peuple; un cœur, faveur; une ligne droite attachée à un cœur , le juste , reclus corde : et ainsi du reste de ces caractères empruntés soit d'un vieux manuscrit , soit d'une montagne sculptée des Indes , sur quoi Kirker ^0 ne nous a pas donné
(0 Dans louTrage rar robclîsqae Pamphili , il ' parle «Tun livre apporte des Iniles dont toutes les lettres sont des figures d'hommes^ d'aniioawi et d'aotrea objets.
DES HIÉROGLYPHES. ^ t6»
une notion bien distincte ^0. )1 les dit fort noui<« breux 5 et peut^tre faut-il y réunir ceux des alphabets qu'on a comparés à l'éthiopien , mais ayant le double de ces lettres radicales, ou cin«* . quante-deux, qui sont développées en 8004 monogrammes probablement dérivés des anciens ca« ractères symboliques, et appliqués aux SQns comme les Chinois. On pourra lés ramener à leur première natui^e , puisque les corps prennent lé nom d'un des trois élémens qui y dominent , et que tous les mots sont subordonnés , d'après la syllabe par laquelle ils couamencent , à une des vingtsept étoiles , maisons de la lune y à chacune desquelles sont également consacrés un quadrupède , un oiseau , un arbre ou une plante.
Ce sont autant de traces de la classification qui est l'âme die l'écriture symboKque , et qui anime de même toute l'antique doctrine des Indes remontant de la cormoissance de l'homme CO, du petit mpnde tout sembable au grand , qui figure l'âme du monde par la sienne , le ciel et la terre , les planètes et les fleuves; par la tête et le corps, les yeux, les oreilles, la bouche et les veines; remontant des êtres créés à la connoissance de l'Étemel, un, dont Fesprit* anime et donne la vie aux vingt-quatre puissances de la nature ; à la coiQioissance de ceux qui les premiers sortis de son sein forment les premiers
(0 Premier chapilfe d^Amlberkent ayant ce titre. I. ' 7»
ji$^ DE L'ÉTUDE
chaînons ie la vaste chaîne de mondes et de choses émanés par des' générations successives , et d'après Tanalogie d'une proportion numérique qui coin<r prend les secrets les plus profonds de la cosmogonie et de la théogonie , expliquant la génération et la corruption des êtres. C'est la philosoj^iie religieuse , la science ^des nonAres , la science su* Mime d'après laquelle le dieu du savoir^ lul-naéme s'appelle le maître des nombres CO, et qui rend maîtres de l'unité ceux qui la savent , qui savent que le monde est la même chose que le maître du inonde ^ qui par la force de la pareté séparent le vrai du faux , ce qui existe , de l'illusion. De même que les élèves de Platon et de Pjthagore ^ établi»sant trois ordres de choses , ceux des espèces , des figures et des nombres qui définissent le divin , l'adepte indien de ces hautes spéculations aban-> donne les premiers et leurs signes empruntés des êtres visibles , ou des figures géométriques qui dessinent les linutes entre la matière et l'idée ^O. Les signes des derniers régulateurs des autres l'avertiront 9 par èes nombres sacrés constamment égyp-
(0 Son image même teiumi en main l'ellipse exprime ce titre , snivaDt la valeur des symboles en Egypte.
,<0 Via igiiur atqae ratio intelligendi boni opiima est : ut prîmum scnsibilia omnia negligantur : deinde nt in disciplinis numeri ipsi inspici^ntnr. Nnmenius dans Eoseb. Pr. Et. XI. II.
ï)Ï:S iïlÈKOGLtPHES. m
tieos^t conlbrx^sà la doctrine de Fjthagore , de rétemel un^ de ce dieu qui est deux ^ ou esprit «t corps apimrent; qui est irôîê y ou créateur, çoujserYateior et destructeur^ qui est cinq y à cause desélémens^ nombre qui rappelle également lés «cinq cdioses nécessaires , la grande âme , l'âmè yU taie, le temps , l'eqpace et Fëther. On définit «ncore les choses plus ou moùis nécessaires par la iprogressiôn "des. nombre^ t. %. 3. 6. 33, 33o6w Goutam , auteur de Naderseen , se tenant stricte* ment- 4 l'antique doctrine de cenx qin , en Grèce •comme à la Chine , ont divisé le corps circtdâire du monde pair les tiombres racines cinq et six , ajoute au premier dénombrement la distr3>utiob des choses en six classes*: i^. substance qui corn* firénd le temps , Feq»ace , là vie , l'esprit «t Tés cinq élémens ^ 2°. qualité qui en comprend pîng^ quatre , figure , goût , etc. ) 3^. mouvement qui lest droit et courbe j 4*^* espèce qui embrasse tous lès animaux et productions natm*ellesj 5^. res* «emblanceou disposition productrice de la matière ^ €^. comparaison bu formation artificielle des choses ainsi nommées , d'après la comparaison servant à la formation de leurs signes.
On compte par le mèocie nombre dix saisons, s ix sens de Phomme et six sons de la musique , dé>*> nommés d'après la voix de six animaux directeurs d'une musique toute en mythes , qui forment na
t64 DE UÉTUDÊ
même système avec ceux de Fastronomie^ayant avec elle des nymphes communes présidant aux constellations. Cette science des astres portant , connme tontes celles âes Indes et des anciens Chinois , Femprçinte de 1^ religion , et exposant les taUeaux du ciel qu'elle y a liés dans Fesprit de la secte savante qui réduit tout dans la nature k une mytho» logie , à des allégories et des images , présente , dans ses images du ciel , des recueils systématiques de symboles. Traitée en stances poétiques , de même que la morale et la jpolitique , la médecine j la botanique et le dictionnaire de la langue , elle oiFre , dans le dénond^rement des étoiles temples de la divinité , cette conformité remarquable avec un usage américain de dénommer les nombres d'après des objets qui en ont de déterminés. C'est dans le même esprit que les nombres seuls rappellent de pareils objets qui , par la correspondance symbolique constamment observée , représentent réciproquemient leurs signes. Les nombres i. 2. 3. 4* 5. 6 et 32 sont nommés, en conséquence, terre ou lune , les yeux , le feu , l'océan , arcs ou élé* mens , les saisons , les dents*
Les Indiens n'ont pas manqué de saisir, avec le nombre racine six , celui qui achève le système et toute l'oeuvre de nature humaine ,216, d'après lequel , et suivant l'usage d'embrasser Dieu , iSiomme et l'univers par des signes communs , ils
DES HIÉROGLYPHES. t65
assignent cent fois 216 ou 21 9600 moavemenj^ journaliers à la respiration de l'homme , à rame du monde marchant sur huit pieds 9 et au soleil , dont les anciens ont fixe la mesure d'après la 216'. partie de la grandeur du cercle qu'il parcourt (0. La moitié de ce nombre, ou 108,. que retracent les quatre faces de l'obélisque Barberini , et qui est le nombre des grains des chapelets de^ Japonais, correspondant à autant de vices dont il faut se garantir par tant de prières (O, est con« sacré par les 108 visages de Brahma, par autant de tours du fil roulé autour du poignet» pour former le baudrier sa^é du brahmine , et par le même nombre de toursfilits autour de l'idole et du temple pour représenter le cours périodique de l'âme. La division du monde et de l'honsme en 72 parties est rappelée par les 72,000 délices du corps humain ^ celles par 5o. 36 et 36o par les rayons de Maîa et par les 36 lettres qui , répétées mille fois , forment autant de lettres que les jours de cent années de la vie , dont la représentation par un système de lettres est d'un haut intérêt. Si tout depuis les vingt'Six deux au-dessous du séjour de la béati-
(0 ManifettÎMimis enim diftensionnm rationibas constat^ mensuram solis ducemesimum sextamdecimam partem habere noaguîtadinem circi per qaem sol ipie discurriu Macrob. Somn. Scip. i. ao
C«) Bellcforel dani Kirker, CEdip. i. 4^5*
tude , les quatorze mondes et le» cent vingt mille cinq cent trentœinq [120^ 5, 35] £eiix subaK ternes du ciel et de la terre CO, jusqu'aux 64 sortes de sciences, ciraj syllabes de la prière mystique, cinq préceptes delareligion , cinq sortes de vices C*) «t de péchés rappellent l'Egypte, la Chine et l'antique communauté d'un pareil système représen-' tatif des nombres sacrés d'Osiris^ quatorze, vingt* cinq et le vingt^ixième ne sont pas moins incul- <qués par l'Oupnek'hat parlant de quatorze sens et de leurs préfets au même nombre } de quatorze bommes et une femme qui sont les parties de Fhomme et son intellect ; de ^ngt-cinq principe» ie l'être par qui le temps est produit ; de vîagt-i cinq choses qui constituent l'famnmé , ou la vingt-* «ixiëme qui est Yatma ou l'âme.
Me pouvant entrer <lans fous ces détails , nous tâcherons ^'en réunir encore quelques-uns appartenant aux différentes classes des symboles , par Texamen d'un monuâient qui eii réumt un système , et que Symes , qui le rapporte dans les mé-' «noires de son ambassade d'Ava , exhorte son lecteur k rapprodi«r des hiéroglyphes égyptiens. C'est
(0 Nom verrons dans la mite que ces dieux m rapportent à la triple -chaîne d'Osins,^ d'Unis «f ApoHon,
(*) Les Juifs s'attribuent et aux bétes cinquante prmcîpanx a qnatre^Tii3^-diz moins frayes, mais c'est par ciœok.
DES HIÉR0G1.YPHES. 167
«ne pierre plate ^ une table de granit de six pied» sur trois 9 posée horizontalement sur un piédestal de maçonnerie 9 et portant une empreinte vénérée de ce qu'on appelle le pied de Dieu , type de la création , semblable à celles qu'on voit de même dans d'autres lieux des s^estiges des pieds de Dieu (0, sur une pierre dans un temple de Ponoodang , ainsi que sur des rochers à deux journées de Memboo et à Ceylan. La valeur symbolique du pied qui dans la Bible signifie pensée ; le nom de pieds de Dieu que les Indiens donnent à la terre ; celui de pieds aussi assigné aux trois lettres du grand nom Aum , qui comprend les trois vedas, qui figure les mondes et Brahma , Vischnou et Schivn } le nom de traces de pied , asar , que les Arabes donnent aux histoires et choses remarquables : l'expression , pieds de hérauts ^*), par laquelle les Grecs désignoient leurs proclamations j celle d'Origënes, pieds de la parole de Dieu , et plusieurs autres pareilles , éclaircissent le sens de cette trace du pied de Dieu , imprimant dans la pierre dure , dans la matière le plan de la création C^X II y est tracé dans des compartimens au juste nombre des dix fois
(0 L0CD8 TC6tig;ionuii pcdam meorum.
V) Forsit€ui uestigia Dei comprehendes, et nsqae ad ptrfectum, omnipotentem reperies. Job. xi. 5. 6. 7. quon diroit faire aUncioa an parfait et occulte.
i68 DE L'ÉTUDE
douze , ou cent vingt chapitres [moins un] clu cond livre d'HorapoUon , portant le nom du premier Orus y plan du monde. Comme ce recueil ^ et conmie le Jézîrah des Hébreux , ces cases renfer«> ment les symboles du monde mitoyen de formation dont le dernier système représentatif porte le nom : de ce monde un des huit beochn , placé entre le ciel et la terre , auquel président ici les cinq^ principes * et choses nécessairesque figurent les coq^les sculptées sur les doigts des pieds , et auquel est adhérent le monde créé de génération et corruption , sous la domination des sept planètes, que figure le double serpent qui mord le talon. Ne nous arrêtant point k ces symboles du haut et du bas , ou à leur rapport avec le premier livr.e , et le chapitre supprimé d'HorapolIon, avec la doctrine égyptienne et autres qui ont emprunté des cinq doigts les cinq principes des choses et de leur représentation 3 nous observerons que les cases du tableau du rm^ lieu sont disposées par huii et douxe, en position droite, comprenant les symboles des principes subordonnés aux classes des huit dieux et des douze; et ensuite par huit et trois déclinans, avec deux autres au milieu comprenant, sans doute , les yingt-quatre qualités, ou puissances du monde de déclin, avec leurs deux pnncipes; en tout , vingt-six. Au centre du tableau, le cercle de rÉternel est environné de là double ellipse qui en
émane , comme le nombre , ou le duel de Tun CO , qui figure la carrière des astres , le ciel et la terre 5 ainsi que la pensée , le nombre et la mesure d'aprcs lesquels ils sont faits et qu'ils annoncent. Autour de ce symbole , que nous retrouverons dans une position aussi centrale au milieu du premier livre d'Horapoïlon, se développent, à la manière des dix sephiroth de la droite et de la gauche , et des quatre lettres , les vingt - quatre maisons du soleil , ces maisons du monde qui sont les âmes suivant Origëne , les vingt-quatre puissances supérieures de la nature, les stations des heures, les parties de la grande cité intellectuelle ^*) : maisons tracées comme dans le monument d'histoire primitive américaine , et auxquelles les syrriboles paroissent s'attacher comme les naots du samscrit aux maisons de la lune , et ceux de l'hébreu , aux 23 1 maisons de la cabale. Plus loin , huit ligures de l'oie , qui est le symbole égyptien de fils , et qui , monté par Brahma , figure la simplicité des ope'rations de la nature, rappellent les huit fils du juste maître de ce second monde ^ les huit beschn , les huit principes dont est composé le monde , les huit distinctions dans lesquelles Kriochna dit que son principe est divisé , et auxquelles semblent aussi se rapporter les huit carrés inégaux de la partie
(0 PJolin, dansKus^'b. Pr.Ev. xi. 10.
O) Pbilo dans Eueèb. 1. G. xi. la.
inférieure. Apres elles sont tracées des flammes ou des fleurs au nombre des sept planètes , et des vases au nombre des deux principes premiers , sources des êtres , environnés de carrières ou lieux oblongs et de fleurs y les uns et les autres au nombre des cinq ëlcmens et choses nécessaires. De l'autre coté sont distribués des animaux et des oiseaux du nombre des sacrés ^*^, ou de ceux qp'on met à la tête de la cliaine des êtres ^^)^ le sanglier qui est la force de Dieu, et dont Vischnou prit la forme ^ d'autres quadrupèdes et deux éléphans consacrés au dieu de la science qu'ils désignent , avec la prudence et la force ; le serpent de la sagesse, de la vie et de la mort^ probablement l'épervier sacré j la vache ,^ ou le bœuf de Schivn; encore trois éléphans réunis; le bouc du nom égyptien menda qui signifie aussi tout, et qui est commun à une idole indienne à tête de cabri; le béKer et le cygne porteurs, sacrés de dieux ; et ensuite l'homme dans différentes attitudes de culte; l'étoile de Dieu, les poissons sym*bole de l'eau; des plantes et des fleurs, parmi lesquelles,la datma à laquelle on compare le zodiaque , ]a feuille du figuier de bananas qui figure les trois dieux , la fleur de lotus désignant , entre autres, les
CO Vaclic, cygne, epei-vier rouge au cou blanc, scarabi'c, perro(|uet , chevaJ , antiloj>e , clephant , sanglier, clc.
0) Vache, cbcT«l, Ane, bouc, brebis, bélier, avec left animaux à ongle fonrchtt*
yeux cle Dieu , parce qu'ils sont ouverts.: ce qui indique un des moti& pour lesquels en hiérogl vphes des fleurs remplacent souvent les étoiles aussi appelées yeux. On remarque encore des notes idéales , dont quelques-unes désignent , peut-être , des minéraux; une hache et autre instrument^ ce qu'on appelle nilomëtre; deux maisons séparées qui égalent le nombre des maisons aux vingt-cinq membres d'Osiris et parties de l'homme , et au vingt-sixiëme ; plusieurs Caractères qu'on ne peut distinguer, et trois cases vides dans le même sens peut-être que le membre perdu d'Osiris, et le chapitre manquant d'HorapoMon. Au haut et à la
tête de tous, les premières caSes sont remplies de caractères géométriques : d'un coté Tollipse, le cercle , la forme comiculaire , et cinq petits cercles arrangés comme les étoiles de l'ourse, tous les quatre paroissant indiquer les principes du ciel , du soleil , de la lune et des étoiles; de l'autre coté , le cône figurant J'àme qui descend; une figure irrégulière, le carré de la terre entre quatre points , et la ligne droite surmontée du triangle qui dessine le sceptre égyptien du roi de l'univers. ^
D'autres figures irrégulières descendent dans la seconde ligne , et plus bas. Les cases opposées les plus inférieures sont occupées par un hiéroglyphe desquatres élénkens, et par la pierre de la matière /
dressée en autel de louange.
17a DE L'ÉTUDE
Sans prél(?ndre d^mêier ici k correspondance de ces emblèfties a^iec Tènsemble de la doctrine abstraite ou fabulent de Tlnde , ni avec des tradi* tions telles que celle d'un déluge <jui auroit duré cent vingt ans sept mois et cinq jours , nous nous bornons à cet exposé de ces clefs symboliques , recueillies dans une table de mutation qui sera mieux entendue dans la suite* On entrevoit déjà quelque fondenient , soit à la tradition égyptienne et grecque que semblent Confirmer lesruinesde Ramischwàran ou deRamessés , sur la cote dé l'Inde, et la colonne de bronze , sur Tùné de' ses montëgnes , où • Ton a Cru reconnoîtrcdes hiéroglylicsdc 1^ table Isiaque , soit à là tradition brahmine qUe des prêtres de Messir, débarqués jadis 'à Tîrohut, y auroient apporté leur doctrine des grands précedens, des patriarches; soit à Topinion de Jones sur la suffieànce des' Purams j30ur nous initier dans tous les secrets de la sagesse d'Egypte , sans le déchiffre** ment des hiéroglyphes , mais auxquels leurs expressions figurées pourront servir de clefs. Les rapports que trouve te savant entre les' langues , les usages religieux et politiques de l'Inde, de r£thioJ)ie et de l'Egypte, ont été' reconnus de même par Anquetil, Fr. Paolîno et d'autres, parmi les pièces litrùrgiques indiennes, lei& hymnes de Sjmëse et- les cantiques, rituel* du ctike bphique égyptien. On trouve leô noms divitasdeces der-
DES HIÉRÔGLYPKES. i:3
ni ers qu'on a également rapprochés du Zend- A vesta , et ceux qu'on connoît des Egyptiens , dans les noais semblables qu'il est salutaire de réciter en ordre, et qui remplissent l'oupnek'hat, le dictionnaire poétique d'Amarasinha , les prières pendant les purifications et celles qu'on appelle louange : noms divins parmi lesquels on distingue ceux de l'Éternel un, qui a été, qui est et qui sera, le manifeste et le caché, qui donne la vie, le roi des rpis,]e seigneur des seigneurs, le saint saint, maître des âmes et des anges, pénétrant en toute chose , e'xistant en toute chose , et le grand seigneur qui opère les changemens, etc., etc. Jusque dans les sons on reconnoît les noms d'Osiris , aussi appelé Usiris et Siris sans article, Isis, Athribis, Neith , Mendës , Menés , Ramessés, Hermès ,.dans ceux d'Usiren , Siri bonne fortune , Ischa, Athrba, Nat, Menda, Menu>) Raniioch, D'hefma qu'on retrouve aussi dans les conseillers divins des anciens rois de Perse. On distingue le titre même de vertu des prêtres égyptiens , piroumi , xaAo* x'àyet^oç , OU plutot vrai homme , comme le • nom d'Enos , qui le premier invoquoit le nom de Dieu père et roi de tous , dont Hermès consacroit cet attribut CO. Car les Brahmans ou Birhmans , que les anciens semblent avoir confoi^dus avec les
(0 Eusèb. Pr. Ev. Tii. i3., et aa I. xii. i5. , rattribùt d'homme explique' par Platon.
Juifs ^0, sont aussi appelés Pirimija, qui à Ceyian signifie homme y et qu'on fait dériver de pin, bon. Il est singulier que ce nom reparoisse dans celui de l'oiseau représentant d'Hermès que les Arabes appellent racbama ou rachmafij miséricordieux , du nom d'un premier ordre de sacerdoce ^*), qui avec le préfixe adouci égyptien fait brachman , et qui répond à la valeur du mot piroumi } puisque l'oiseau symbole de la miséricorde représente tous les liens de chanté parmi les hommes. Nous ne devons pas omettre qu'on fait dériver aussi le titre des Brahmins de Brahma, époux de Saraswadi , la dam.e Sara, qui seroit Abraham, époux de Sara, •le grand prophète des peuples.
Quelle que soit l'origine du titre , il est très^tncien. Ceux qui l'ont conservé font application de la tradition des ancêtres , qu'ils prétendent avoir aussi-bien gardée^ aux symboles qui recouvrent les temples •d'une antiquité indubitable, et qui paraissent en réunir de tous les genres comme de tous les sujets. Leur architecture pyramidale expliquant celle d'Egypte signifie, lieu consacré au soleil et au feu^ et
(0 Nam et Brahmani apud Indosqui et Judsei vocantur.---*Qai sunt Calani ex Indiâ, Judsi aatem à loco qnem habitant appellaii suiil. Euseb. , 1. c. ix. 3. Les noms des Indiens et des Hébreux ont une même yaleur depassans, sous laquelle Eusèbe entend des passans k l'autre vie.
0) Cbassîdim du 1. Macab. yn. i3. suivant les Tbainadistes. Hist. Univ. , t. ix. p. S^.
DES HIÉROGLÏPHES. i^S
leurs dimensions recueillies par Carreri et autres sont aussi symboliquement fixéesd'après lesnombres consacres de ce qu'ils représentent. Nous n*en citerons que le temple mystérieux de Scheringam, pro- • dige d'architecture indienne , consacré à ^ ischnou , dont l'image , que le sacrificateur seul approche , occupe la chapelle obscure du sanctuaire au centre de l'édifice, qui est ceint de sept murailles de pierre de taille hautes de vingUcinq pieds , et à trois cent cinquante pieds de distance l'une de l'autre. Cliaque enceinte a quatre portes orientées vers les quatre points cardinaux , ornées de tours et de colonnes de trente-^inq pieds de hauteur , et de cinq pieds de diamètre, et qui , ainsi que les enceintes , sont couvertes de toutes sortes de figures d'hommes et d'animaux , emblème de la philosophie secrète. Jones n'a pas eu tort , sans doute, de trouver tout semblables aux hiéroglyphes égyptiens ces tableaux et sculptures symboliques, et celles qui sur les ruines de Mavalipuram , et ailleurs , retracent les faits des anciens rois, des héros du poëme de Mahabarat , ou l'histoire des dieux fi« gurés par des animaux sacrés leurs vehicles , par les emblèmes de la théogonie , de la génération et de la corruption de foute chose qui se fait par le soleil et la lune. Sut des pagodes dont Sonnerat a
donné le dessin, les archétypes des principes des forcer d«e çrando x,w* j^» ae la nature sont indiqués,
à la manière de la table Isiaque , par leurs nom-- Lres sacrés , que figurent des triangles rangés aïi nombre de douze de chaque coté de la pagode, dont les quatre coins du toit sont occupés par quatre bœufs couchés^ et ensuite au nombre de six de chaque côté de la niche de l'idole surmontée
' de sept, et plus haut de trois a a > et à laquelle on
monte par trois degrés.
Les mêmes nombres sont observés pour les rits célébrés par vingt-quatre sacrificateurs ^ pour les vingt-quatre paroles sacrées et mystérieuses prononcées aux cérémonies funéraires ; pour le sacrifice expiatoire du cheval , dont Taccomplissement comprend tous les autres devoirs religieux du pieux sacrificateur, qui doit considérer ce symbole du tout comme un type de lui-même , en se regardant aussi lui-même comme le type de toute la nature. Le représentant de l'univers , du temps et de l'homine, en figure les diflférentes parties par les siennes , par des signes en lui-même au nombre des vingt-cinq membres d'Osiris , et par quatre hors de lui , qui achèvent le nombre des vingtneuf signes par lesquels Apîs représentoit le ciel et la terre et ce qu'ils contiennent ^*\ D'après le
(0 Explicaiion dé rAschumeed-Jugg , tirée de la traduc- ' tion persane des Commentaires de Bodas par Darul-Scheik,
— daniJaJîréface dji Code des Genloux. On voit par l'expres-
lion de Grégoire de Kyssc, ert equu» «• «,•« «wVe/4<Cii-
DES HlÊllOGLYPHES. - 177
même principe , les quatorze inondes sont représentés par une figure d'homme sur laquelle leurs emblèmes sont distribués de la même manière que sur la «îtatue hermaphrodite que décrit Porphyre , et qui représentoit la partie active et pas»sive mâle et femelle de la nature par ses deux côtés de sexes divers 5 qui portoit , sur les bras étendus en croix , les symboles de ses agens principaux , du soleil , de la lune et de la foule des intelligences chargées de l'administration du monde } qui figuroit , par le corps , les parties les plus apparentes de l'univers , le ciel et la terre , la mer , les uiontagnes , les fleuves , les plantes , les animaux , etc. Ce plan archétype quje Dieu donna à son fils lorsqu'il organisa le monde , étoit placé aux pieds de l'image divine , dans l'antre sacré d'une haute montagne des Indes.
La Perse ou VIran,
Des cavernes semblables recéloient les symboles du monde , de ses élémens ou portions astrales , et de ses climats que Zoroastre y distribua à de justes distances : les caractères sacrés et les deux fois quarante épreuves des niystères de la Perse ^0,
tem possidet , que le cheval a eu ailleurs aussi la même acception.
(0 Origen. adr. Gelsum. , 1. t. p. ii.Quod autcm de AEgyptiorum sapieiuibus et vulgo, idem licerct ctiam de
sur laquelle nous jetterons autoi un coup d'oeî) , mais toujours plus rapide , devant hâter notre marche après .avoir recueilli les principaux faits de l'origine et des progrès de l'art symbolique. Elle ne nous permettra point de nous arrêter à Cachemir , d'oii quelque»-uns ont fait dériver la doctrine des Indiens , à laquelle H jshaspe fut initié dans un bois sacré sur leur frontière : ni dans le Thibet et chez les peuples mogols , oii l'on retrouve les^ix révolutions du monde premier^ la tortue portant la grande montagne à quatre degrés , dont l'étendue est mesurée d'après la raison continue que font les quatre élémens dans la doctrine de Timée, d'après la progression chinoise , par deux , quatre , huit et seize , muItipUés suivant l'usage 5 les vingt-^ix et ^i/ize générations antérieures à l'âge de l'histoire , à l'introduction de la doctrine dans le Thibet CO, la combinaison
Persis dicere aptitl quos sunt mystîca sacra , qnae ceitis rationibus mîranlur à TÎtis cradilione praecellenlibos, à vulgo autcm quoad cxterna tan tum signa tractantory nihil sollicilo de penitiore cognitione eorum quae per illa signiGcantiir. Idem senticnduin de Seris atque Indis , et quotqnoi alii simul cum fabulis scripturas habent : ce qui paroit indiquer des hiéroglyphe» prononces par des fables, et adoptes par les Perses. Voyez Mem. Acad. Inscr. t. xxyii , p. 3.
(0 Doctrine Schigemuni^ écrit luogol cite' par Pallas, Sandungcn hisiorischer nachtrichtcn îiber die MongoHoehe volkersbafien. 1. 1. p. 17*
de douze animaux sacrés et symboliques d'Egypte , la souris , le bœuf, etc. avec le nombre des cinq élëxaens pour représenter la période de soixante ans 3 les talismans et petites idoles de terre cuite , placées dans de petites pyramides ou chapelles portatives , dont la porte est décorée des caractères efficaces des dieux , de leurs- symboles linéaires surmontés des Egyptiens de l'éternel roi du ciel , le bâtoh pastoral , le soleil , la lune et la section inférieure de la sphère ^0 3 les hiéroglyphes agréables aux dieux, qui sont tracés sur quinze tablettes devant leurs images ; l'idole portesceptre Oischin - Bounij les rochers de récriture de Selinga et des déserts , où sont ^avés les six "mots sacrés, ma/u, comprenant toutes les prières et se rapportant aux qualités de Dieu 3 des cavernes vénérées et des ruines de temples décorés de basreliefs et de peintures d'images monstrueuses à nombre de têtes et de bras 5 d'autres monumens plus ou moins anciens , parmi lesquels un vase ciselé d'argent , où paroit figurée la reine de la na^ ture , tenant un oiseau sur la main , ayant la léte surmontée de douze autres , et le vêtement couvert de cercles, de triangles , de carrés , etc. ] une langue et une écriture sacrées, Enotkak, semblables à celles de Tonkin et de Cochinchine , ou au samscrit , mais empruntées avec l'idole Dso , de CO M p. 54.
i8o DÉ L'ÉTUDE
l'empire d*£nteki , florissant jadis dans le midi de l'Asie et comptant l'Arabie parmi ses provinces C*); cil les missionnaires enfin ont ëtë aussi frappés des rits conformes au christianisme , qu'ils l'ont été aux Indes d'une conformité de textes sacrés de cent usages , lois et institutions avec Moïse et' le Thalmud.
D'autres provinces y également riches en sym* boles , sont comprises dans cet empire unfversel , que les Grecs ont célébré sous dififérens nonis , et les Orientaux sous celui d'Iran. Il s'étendoit , diton , depuis l'Inde jusqu'à l'Ethiopie et l'Egypte, oii dominoient Sémiramis et ce iNinus dont tous les hauts faits et le nonoibre même de ses troupes se retrouvent dans l'histoire de Sésostris que Tzetzes appelle roi d'Assyrie , monarque de la terre CO, et qui domptoit soit la Suziane , à l'orient de l'Egypte ^^), soit la Bactriane proprement dite , oii l'on trouve encore des momies, et, suivant les Arabes , le monument de la dédicace au soleil , que fit de la capitale son fondateur Job , conquérant arabe , dans un siècle reculé ^4).
(0 Adsargasar, traduit Arabie par les Russes, et qui rappelle Pasargada.
. (') Qiil. I. 69. "iii. la..
(0 Bactre signifie orient , et Freret a pronye que Suse en portoit le nom de Bactriane.
O) Ce nom , on Tobba surnom des rois de l'Yeracn , signifie proprement suite « snccession, comme le caractère
DES HIÉROGLYPHES. tSi
Dans ces limites , on trouvée le peuple dès le commencement ^0, et cette sagesse des le corn^ mencement que recommande Lactance , en Topposant à la philosophie corrompue des Grecs : la doctrine des patriarches et d'Abraham Zerdust, qu'un nouveau Zoroastre n'auroit fait que rétablir , en réformant de nouveau le sabéisme et la corruption des doctrines qu'a voit introduites avec les temples une colonie égyptienne établie en Chaldée (*); ou des législateurs hommes et poissons , astronomes et inventeurs des lettres Oïn [ «jy»] et Oannes ^^). Ces noms prononcés à la cÉiinoise , ou avec le préfixe égyptien , présentent ceux des législateurs de la Chine (Fohi et Hoang) , également conformés. En approfondissant de pareils rapports de l'histoire et de la fable , on trouvera peut-être la clef de ceux qui subsistent entre les doctrines plus oii moins anciennes et les symboles qui les expriment.
Ce sont des symboles du premier ordre et régulateurs que ces nombres et leurs rapports conseil! nois du nom iSo de l'idole étrangère de Thibct , des So-Jiac , des Hac-so, des princes, gouverneurs en gênerai ^ et ensuite, reine des abeilles, qui est rhicrogljphc d'un roi.
CO Jcrem. v. i5.
0) Diod. Sic. I. 38. 8f . — Lucianus, de Deâ Syr. (0* Evoli'tnnes d'Iiyginc et Hermès Jouanilhou de Moor, Laac. Œdip. u. p. 11. p. i49*
i8a DE L'ÉTUDE
tituant les forces de l'univers que distribuent les astres ^'^, et qui étoient fixés sur un premier instrument de compte embrassant Dieu , l'homme et Funivers , par des signes communs subordonnés à ceux des astres qui dominent chaque pierre, plante et animal , ainsi que les membres de l'homme correspondants aux parties du monde. Ce modèle premier des chapelets asiatiques a dû aider les mages à recueillir les dénominations diverses de la vertu de Dieu, en les désignant par les qualités des êtres de la nature , en dénomnouint Dieu par une multiplicité de dieux , par des noms empruntés de l'effet de chaque chose CO. Les idoles qui , dès le temps d'Abraham , représentoient ces noms divins et ces principes , et qui , en Syrie , réunissoient le corps humain aux têtes d'âne, de chien et de toutes sortes d'animaux 5 ces bêtes elles-mêmes consacrées , le serpent , le taureau , le cheval , la mule , la chèvre, le paon , le faisan et la caille , la colombe et le poisson qu'on adoroit pour l'air et l'eau, ou l'ognon parmi les
(0 Philo de Abraham, p. 28a*
(0 Lutatiiu ad S. Thebaulos. p. i44- Cùm magi yellent Ttrtatis Dei ut piitabant comprehendcre singulas appeJlationes, quas pcr naturaram potestates aBu&ive modo dcsignarunt, et qaasi plurimornm deonim nobilitate Dcum appellare conati sunt, quasi ab cffectu cnjiuque rei durtis Tocabulis , sicat Orpheus fecit , et Moïses Dei summî aatisies, et Esaïas et bis similes.
DES HIÉROGLÏPHES. i83
végétaux, aussi symboliquement vénérés qu'en Fgypte : tous ces signes primitifs de pensées religieuses n'ont pas empêché l'oracle ^*) d'assimiler au culte pur des Hébreux , celui des adorateurs de Dieu un et bon , élevé au-dessus des deux principes de himière et de ténèbres, père et mère qui ont chacun quatre parties , le chaud , le sec le léger , le rapide , le froid , l'hunude , le pesant , le lent : le tout conformément aux idées pythagoriciennes et chinoises. Des réformes , il est vrai , combattoient les images long-temps abolies en Perse avec les temples, et remplacées, là et ailleurs, par les signes chaldaïques ; par les lettres sacrées en ^abjrlone / par une écriture sacerdotale qu'on suppose avoir été composée , comme celle du premier T'aaut de Sanchoniaton , des caractères des étoiles élémens du monde ^*\ mais qui est restée inconnue et sans monumens , si ce ne sont ceux que nous examinerons dans la suite. On en a de littéraires et certains , qui indiquent une classification des signes symboliques subordonnée à celles des principes et des êtres deia nature , que ces signes ont rendues nécessaires. Scharistani attribue à Zerdust une telle distribution semblable à la chinoise, puisqu'elle établit deux princ'pes du
(0 Euseb. Pr. Év. ix. 3. '
(") Marsilius Ficin. in Piiileb. Platon, c. ac). Abb^ Foucbcr dans les Mem. de TAcad. des laser, t. xxtu.
i84 DE L'ÉTUDE
mélange desquels sortent des compositions qui produisent les formes. Une même conformité avec les idées égyptiennes règne dans les principes adoptés par Zend-Avesta : le Dieu éternel indivisible que Zoroastre, dans Ëusëbe, dit avoir la tête d'épervier ^ le père de la lumière et les ténèbres , Ormuzd , dont ce nom a vingt-six valeurs , et Âhriman , dont le nom s'écrit en lettres renversées ^ les six êtres , les premiers sortis de Dieu^ les six amschaspands et les vitigt-^ix izeds invoqués , auxquels on consacroit les jours àes douze mois, ayant les mêmes noms qu'en Eg^^te (*); les quinze premiers couples d'hommes , d'où sont sortis quinze espèces de peuples; des animaux purs de cinq classes et les végétaux nés avec eux , et avec le genre humain , un premier bœuf père des êtres , qui tous subordonnés aux ferouers , sont dénommés d'après ces modèles et représentans célestes de chacun: d'après ces expressions parfaites de la pensée du créateur, qui existoient seules d'abord , qui donnent la force , la santé , la victoire et tous les biens C*). Aucun de ces êtres , aucun des objets de' la pensée de l'homme n'a manqué de signes et de symboles graduellement inventés et réunis dans les institutions de la société , et dans ses monumens.
(0, Reiman. Hisi. Litcrar. Babyloniorum , clc. , p. 46. (') Ce que rirpèie l'inscr. grcc(iuc àfi Rosette. 49- 35.
DES HIÉROGLYPHES. i85
On cite de ces signes et de ces monuniens depuis ceux du feu et de l'air, qu'on dit avoir été éjevés par Seth, de même que par Usous ^'), en deux colonnes modèles d'obélisques; et depuis cette tour dénommée signe parce 'qu'elle devoit servir de signe dp réunion des peuples qu'elle fit disperser. Un esprit symbolique perce. à travers tous les détails qu'on nous donne , soit sur la cour de ces rois de Perse instruits dans la connoissance des secrets divins pour apprendre à gouverner leur pays sui- ' vdnt le modèle de la constitution univer^lle du monde, et qui avoient des ministres au nombre des planètes ^^^ , d'autres officiers publies , et jusqu'à des concubines , diaprés le nombre des jours, de l'année; soit sur les palais et les temples de Babylone , images des demeures célestes des dieux, oii étoient recueillies celles des êtres de la terre ; sur le temple pyramidal de Bel à huit élévations, cbargé de figures monstrueuses semblables aux symboles égyptiens , mais dont les mages voiloient l'explication trabie par Berose dans le Syncelle, qui nous apprend que le chaos et la création étoient représentés par ces figures de plusieurs animaux réunis , de reptiles et de serpens auxquels présidoit Omoraca, la mer, que Bélus coupa en
(0 DansSanchoniaton.
CO Ester, 1.4* 10. Sext. Eirïpir. / conlr. mathcmatic,
i86 DE L'ÉTUDE
deux pour en faire le ciel et la terre; sur ses deux sanctuaires, renfermant la statue d'or du dieu à douze coudées de hauteur, et le lit de repos vide du soleil invisible; sur ce temple du soleil oii se rendoient toutes les idoles du monde pour pleurer la mort de Tharamnz ; le palais précédé de trois portes, et ayant une triple enceinte couverte de figures d'hommes et d'animaux qui représentoient Dieu et les princes. à la tête de leurs armées, ou vainqueurs à la chasse; la voûte bâtie sous l'Euphrate en 260 jours , d'après le nomBre des vingtsix membres d'Osiris multiplié par le complément des nombres , ou dans les 260 jours de l'année sacrée mexicaine , tandis que? les 36o jours de l'ancienne année égyptienne" furent employés à la construction des murailles de la ville, ayant wV/^fcirïq portes ouvertes vers chacun des quatre points cardinaux du monde; les sept murailles d'Ecbatane élevées l'une au-dessus de l'autre conune les degrés de l'échelle des mystères de Mithras, figurant le passage des âmes par les astres , et comme eux distinguées par les couleurs consacrées aux sept planètes; l'obélisque de Sémiramis ayant la même élévation de eent vingt-'Cinq pieds que celui de Semneserteus, et à la base la largeur de cinq pieds, d'après le nombre racine du premier aussi sacré; le rocher ou cette princesse fit sculpter les iBu^es de se& cent gardes autour de la sienne, sur
DES HlÉROGÉYPHES. tÇ.^
laquelle on avoii pour coutume de placer une colombe appelée le signe. Des pigeons avoient également élevé l'héroïne née d'une déesse, poisson à tête de femme. Dans la tradition grecque ou l'orientale, les données sur l'histoire et sur la religion sont également enveloppées d'énigmes qui résultent d'une traduction littérale de l'écriture ou de la langue symbolique : et le récit sur Sémiramis, sur Oannes ou sur Omorca , ne le cëde guère au cheval de Houschenk à huit pieds; aux esprits qui lui enseignoient les lettres, et dont le nom , diw ou dib , est en même temps celui du chacal qui représente l'inventeur des lettres d'Egypte, et de l'épervier qui, symbole d'un pontife | avoit apporté la loi à Yardjemguerd aussi -bien qu'à Thèbes; aux deux serpens attachés à la poi« trine de Sohac comme à celle de la statue de Memnon.
' On forme encore aujourd'hui des récits pareils ror les textes d'écriture symbolique qui distinguent les monumens subsistans de Persépolis et de Naktoçhi Rustem, ou de la double montagne CO, et qui exposent , tantôt par des tableaux de rits , de puissance , de festins et de chasses tracés sur les ci^yptes sépulcraux des anciens rois , l'oraison funèbre et la formule antique de l'épitaphe de Darius , l'ami de ses amis, le meilleur archer et cava-
(0 'Çr rf Iwo^ l^u% Qtésm mr le tombeau de Darius.
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lier, remportant le prix parmi les chasseurs , et pouvant ce qu'il vouloit; tantôt sur le palais^tempie , le rdi qui s'acquitte de ses vœux : ou les forces et les revenus de Tëtat. Dans les premiers exem-pies ^0 , tous exaltent le nom qui y est tracé de *r£tre-Supréme , du soleil immortel, et lui rendent le culte que représente Tautel élevé sur leurs bras. Le chef de la prêtrise ou de la nation, qui invoque devant l'image divine et l'autel, manifeste l'objet de sa prière par le serpent, symbole d'une vie renouvelée et perpétuelle qu'il tient en main. C'est ainsi que nous avons vu des peuples d'Afrique et des Américains porter devant l'autel les symboles des objets divers de leurs supplications , qui accompagnent également les autels dans les tableaux égyptiens, et dans des pierres gravées grecques et romaines, pii l'on voit la même prière pour le salut et la nouvelle vie éternelle exprimée par l'élévation du même serpent dans les sacrifices. Tout comme le public dans les cérémonies funéraires d'Egypte, décrites par Diodore, et figurées dans une grotte de Silsilis, les représentans de l'empire à cent vingt provinces au nombre des trente^ix decans de l'empire céleste répètent la même prière de l'officiant , puisqu'ils tiennent aussi des serpens dans leurs mains. On observe que les représentans des êtres sont au nombre quatorze (0 Kaimpfer, Aznœnitates. p. 3i3.x
d'une des divisions d'Osiris, et des officians dans des mystères grecs, mais qui est répété pour lemonde supérieur et l'inférieur. Ceux de la nation environnent le tableau, de manière que les premiers , au nombre de quatorze , occupent les deux côtés sur chaque face d'un petit obélisque copié dans Caylus, t. 11 , pL 2.
De pareilles sculpitures sont accompagnées d'autres historiques près du carré de pierres surmonté d'une chambre couverte, dans laquelle on a cru rèconnoître le tombeau oii gît Cyrus, maître de l'Asie, sollicitant le repos de ses cendres ^0. Une de ces dernières rappelle le duel dont parle Xénopbon. La clef du Nil, qui, sur la tête d'un des combàttans , est traversée d'une ligne droite qui signifie maître et seigneur, et environnée des deux cotés de deux croix de Tôt désignant tout, exprime le titre de roi de la terre et de tout^ ce qui est à l'orient et à l'occident. L'autre cavalier combattant ne porte sur sa tête que le caractère de roi d'une partie du monde , de même valeur que la moitié d'un serpent dans Horapollon. Une variante de la clef du Nil accompagne aussi dans un autre tableau ^*) le maître du monde , également engagé dans un combat singulier, qui , au reste , d'après l'usage antique de figurer un peuple par un
(0 KîBUîpfcr, p. 3i8.
(0 Id. 1. 1. p. 320.
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homme ou par son chef, peut fort bien repr&enter une de ses guerres* Un quatrième tableau 0> semble retracer Cyrus remettant le gouvernement et Croesus prisonnier à son fils Cambyse; vainqueur du roi d'Egypte, en exprimant ce passage d'Hero* dote, 1. I. 38. Cjrrits in Cambjrsis JUii sm, cui regnum tradebat, manus pnebuit Crœsum, Car le vieux cavalier barbu , qui a la sphère du monde sur la tête, et qui remet la couronne à un jeune . homme , a sous les pieds de son cheval un roi couronne de la mitre asiatique; tandis que celui qui reçoit le diadème foule aux pieds de son cheval un prince ceint de la couronne de serpent qui distin* guoit les rois d'£gypte«
On peut comparer à, la partie des livres mexicains qui traite des revenus de Tétat , les tributs payes en nature par les provinces et les villes, et à la liste des tributs toute pareille, qui, suivant Tacite, étoit sculptée sur un monument de Thèbes, le grand tableau du palais de Persépolis CO, qoi espose les vassaux de l'empire, les reprësentans de ses différentes provinces amenant les tributs des productions de chacune. On sait qu'ils étoient payés en nature, et que l'Arménie entre autres livroit des chevaux. On peut le lire avec ses épisodes comme les tableaux du livre mexicain. On peut
(0 Rxmpfcr, p. SoQ.
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lire le tableau du roi , qui tient la coupe au milieu des représentans de la nation: Je prendrai le calice du Seigneur, et j'invoquerai le nom du Seigneur. Je m'acquitterai de mes vœux envers le Seigneur devant tout son peuple ^').
' Ces explications sont autorisées par l'identité des sculptiures symboliques de cylindres persans, et de pareils monumens d'Egypte exprimant les mêmes textes d'une manière semblable , ou chargés d'emblèmes moins composés qui sont répétés parmi les i3oo figures d'hommes et d'animaux qu'on a comptées sur les ruines de ce palais. Nous n'en citerons que le sphinx à la té6e virile barbue qui représente le jugement , et qui est sculpté à ses portes parce qu'on y jugeoit; le roi de la terre qui , à l'égal de celui du ciel , combat le monstre du nîal, et brise la corne, la force d^ l'unicorne^ )e lion terrassant le taureau, et exprimant, avec l'appel à toute la terre de craindre le Seigneur C*) dieu ou roi, la promesse de protection que Dieu donne à son peuple sous cette image (^^, qu'on voit également sur les petits monumens cités de
CO Qaadien in Sùlicaa , i. ▼. 35. décrit cette cérémonie : Rex ipse 'iDicantem.*— Inclinât dextra pateram , secretaque Beli, — Et yaga teataior Tolventem sidéra znilliiani.
(0 Ps. XXXIII. 3.
(') Isaïc, XXXI. 4*
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Perse et d'Egypte, sur des monnoies phénicielmes et grecques, oii elle constitue l'enseigne de souveraineté que les anciens ont adoptée dans, la représentation d'animaux égorgés et terrassés CO. La communauté des symboles reçus chez ces ])euples divers sera éclaircie un jour, peut-être , par Texamen encore négligé des ruines de Suse , ou de Suster le château de lis, désigné par le prophète comme la corruption des nations accourant à son temple vénéré, et vraisemblablement par les Chinois, comme la demeure antique des sages de l'occident , et que les princes guerriers d'Egypte prétendoient tenir sous leur domination par un droit héréditaire, et, à ce qu'il semble, religieux. Un zèle pareil , qui dans des siècles connus a répandu les initiations et une communauté de cultes siu* toute la surface du globe , paroît ayoir agi de même dans une haute antiquité , et avec une efficacité plus vraisemblable qu'une armée de docteurs militant pour répandre des doctrines ^ qu'on retrouve' partout sous le voile des mêmes images primitives. L'activité antique de ce zèle est connue par l'histoire des patriarches, des ancêtres des Hébreux et de leurs prophètes, dont la voix se fit entendre à Ninive comme en Egypte et à Suse même. On peut juger de son effet par celui du voyage du La-Otsée, visitant les différentes con-
(0 Gregor. ?(azianz. Orat. i. în Julian.
trées de FAsie dans le même temps qu'Anacharsis visita la Grèce; par l'eâTet toujours subsistant en Europe des voyages de leurs contemporains , de Pythagore et des autres sages de la Grèce parcourant l'Orient et l'Egypte.
Les expéditions des Incas ayant pour but de répandre la religion et les lumières parmi des peuples barbares, ne permettent toutefois pas de nier la possibilité de pareilles entreprises exécutées ^ur notre continent dans des circonstances semblables , et par la même impulsion qui , dans d'autres bien différentes , opéroit les prodiges des conquérans arabes inspirés par l'esprit de Mahomet. On a avancé que l'armée de Sésostris répandoit les premières lumières ches les Scythes ; mais ceux-ci ne parloient que le langage d'action enseigné par la nature, lorsqu'ils détoumoient Darius des lieux oii leurs flèches pouvoient le suivre , et d'oii ils avoient tiré la souris , la grenouille et l'oiseau qu'ils lui remirent accompagné d'une de ces flèches. Le prince ambitieux et fanatique qui , parmi eux , dans un siècle postérieur , devint le législateur divin des peuples septentrionaux , leur dicta , des environs d'Upsal oii il s'étoit retiré du mont Caucase , leurs destinées futures et une doctrine vengeresse , dans les dogmes et les images de laquelle on ne peut méconnoître l'esprit, symbolique de r£gypte ou des Indes.
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