‹ Les Indiens des États-Unis (volume 3)Chapitre 4 sur 5 · OXFORD · texte numérisé non relu

OXFORD

en soutenant de leurs tètes la porte du ciel et le toA commun qui les couvre toutes les trois. Parmi les images divines, sous cette forme, qui sont fréquenmient dans l'attitude d'un garde, parce que les noms qu'elles représentent ëtoient censés garder le porteur , nous observerons que celle d'Anubis a le bras gauche plus court que le droit, conformément à ce que nous apprend Plutarque. Elle exprime par -là le vœu s Que les puis»

^nces droites et propices l'emportent sur les si" nistres, La petite figure B. , T. i. , p. 214* 9 porte exhortation à toute la nature d'honorer le grand l*oi, étemel soleil, œil gardien des peuples qui chantent ses louanges. La figure d'Harpocrate , T. III. p. 520 S. , placée entre le coq, la tortue et le Ijon qui se lève, renchérit sur le précepte de veiller ' et de prier dans le recueillement , le jut gen^ent étant près. On voit quel est le lio;n , ou démon sous sa forme, qui ne résiste point au coq : gallum nocte expotidentibus alis *— Quem nequewu rapidi contra constare leones ^*^.

Des figures copiées, p. 5i3, nous ne citerons que l'inscription du N^. g , portant une massue et une plume sous un serpenjt, l'œil , un triangle et sceptre à angle aigu sur un caractère de la terre aux quatre divisions des élémens : force et

(0 Lucrèce. Prodas , de Magiâ , et les Arabes dans^l'Ea^

cvclopcdic oricntîde de M. Hammcr , p. 459.

DES ttlÉROGLÏPHES. toi

gloire à Dieu , le gardien très-puissant de la terre , qui en contient les ëlëmens.

Les inscriptions de prières personnifiées , p. 4 199 N®. 8. g. 10. 12. 14. 17. 18. portent toutes égaletnent le trône et l'œil reposé, une plante, le caractère modifié de l'homme , jambes en marche , la ligne droite dans le caractère du nom : béni l'homme, Ou celui qui vient au nom du Seigneur. Le caractère final qui varie, exprime , sainteté au Seigneur, ou à l'envoyé du Seigneur. Ps. cxvili. De pareilles figures inédites portent tantôt le caractère dé bénédiction écrit sur le derrière de la tête , et plus bas dans la colonne : que l'univers adore son roi ! Ou ailleurs : béni soit l'Eternel, le Seigneur, l'équitable que les peuples des deux régions ado» rent , le Dieu de la région supérieure et de l'inférieure; tantôt sur le devant : j'exalte mon roi , mon Dieu , etc. comme dans un exemple déjà cité , et sur la colonne de derrière : louange au bon , le père de tous , à Dieu le Seigneur , ou le roi ; tantôt encore les attributs particuliers du conducteur des morts, de l'intelligence très-sainte qui domine dans la terre caduque, le prophète trois fois divin et trèsgrand; ou une invocation enfin semblable à celle du chœur dans les Perses d'iEschyle , qui n'est qu'une variante de l'Oraison funèbre égyptienne ^0.

Non» joindrons à ces images parl<mtes, ^omme les' étoffes parlantes dans l'expression des Américains y une autre de l'Œdipe, T. ii. P. ii. p. 38. qui porte sur la tête le symbole de Dieu , ^i qui tout vit et a son mouvement. Son inscription commence par le cercle traversé de huit rayons "qui désigne Dieu , et dans cet exemple en maniëfe de titre de ses huit noms qui suivent, de père et roi , le Trës-Haut, le sage , le fort qui s'est manifesté , le prophète de Dieu , le terrible , le juste juge toujours vivant. Ces attributs sont rendus par le pap3rru8 avec l'abeille, l'épervier, l'ibis , tête de bélier, Anubis , lion qui se lève, juge sur son tràne , tenant l'équerre , et le ser*^ peut. . -

Dans les caractères, pour la plupart hnéaireset mal copiés, sur le devant d'une image, dans l'ouvrage de Kirker sur l'obélisque de Minerve , p. 1 1 8 , nous avons cru reconnoltre l'hymne ^ la fin de Pimandre , ou du moins une variante de cette pièce. L'acclamation de saint qu'elle répète neuf fois est exprimée, sur la poitrine de l'image , par huit figure)s humaines à tête d'oiseau qui élèvent les bras vers une neuvième figure p»* reille de Dieu , assise dans un nimbe de sainteté , ou elle est environnée des ministres de ses forces, et surmontée des caractères du juste, juste, juste, le Seigneur , le Tout-Puissant. L'inscription répète ensuite le nom de Dieu, le Seigneur, par

DES ÉIÊROGLYPHËS. to3

trois oa deux lignes toujours revenant avec les tioms q[ae Phymne joint à chacune de ces accla-* mations : Dieu père de tous ; Dieu dont la volonté est remplie par ses propres forces > oii l'on voit Pangle aigu, symbole de force , et une coupe : ^t ainsi du reste jusqu'à la dernière acclamation » ao^essus de toute louange , exprimée par l'angle sumwniant une ligne , par k clef du Nil qui signifie tout^ et l'obélisque qui signifie, gloire, hymne , louange.

Nous devons aussi citer un groupe original de l'Amour et de Psyché , de l'amour divin , ou de l'esprit et de l'âme pieuse ; ainsi que des statues d'esprits , ou d'âmes également pieuses qui gar<deni la parole de Dieu, comme dans une arche , laquelle figure, suivant Clément d'Alexandrie C'^, la connoissance des choses divines et humaines , la sagesse. Œdip. T. ni. p. 492- 49^* 497* L'inscription de la dernière commence , à la lettre O , par une exhortation aux tribus des âmes de porter leurs invocations au roi du ciel. Une statue de ce genre , de notre collection , embrasse k section inférieure de la' sphère qui représente le ciel, et qui contient le carré de la terre renfermant à son tour l'abtme , ou la profondeur qui élève ses bras C^) autour d'une image de Dieu qu'il célèbre : le tout

(0 Strom. Ti. 680.

(*) Mare spatios&m numibuf».

soutenu par la face uniforme des dieux ef des déesses. C'est la face d'Isis aux oreilles de la belette , qui, concevant par les oreilles et accouchant par la bouche , représente l'esprit mère de la parole. Posée sur un sommet de colonne de la manière doât elle couronne celles de l'Ision de Teiw tyris, dont elle indique la valeur symbolique, elle décèle aussi l'idéal de tout ce temple , image de l'univers , du ciel , de la terre et de l'abîme , que soutient la tête d'Isis, et qu'embrasse avec elle l'âme qui garde la parole divine. Une inscription sur quatre colonnes qui accompagne cette image, offre le parfum d'hymne au Seigneur soleil et aux dieux gardiens , au père de la lumière , notre roi qui est au ciel, etc., etc. Ce sont surtout ces figures d'àmcs pieuses qui forment le carré affecté de plusieurs manières par les attitudes des adorans égyptiens, et par les Orientaux qui prient, assis sur les genoux et les talons , présentant au corps quatre appuis et une base carrée : suivant les observations d'Anquetil sur l'Oupnek'hat , dont le texte rappelle un autre texte de Platon définissant l'honmie carré de Simonides CO. D'après l'esprit de l'art symbolique et l'usage d'indiquer

<0 In tempore To Maschkonl esse cum Brahm quadrata hasi ( homo ) nt sedit , et pectus et caput et collum alte eflerit , recta custodiat. Oupoek'hat \ et Platon , dans Protagoras , ^^9) i\ xtù m* x«i r»f nrfâyurw.

DES ttlÉROGLtPHES- io5

le sujet Aes textes en caractères linéaires , par les monumens sur lesquels on les traçoit , les imagcrs d'adorans en général servant de précepte pour ordonner la prière qu'elles offroient à la lecture', ont aussi été consacrées , sans doute , en dons votifs et invocations perpétuelles ; comme ces sta^ tues d'en/ans éles^ant les mains au ciel^ que les -Agrigentins avoient posées à Oljmpie (0, et 'comme les Taureaux de bronze qu'Auguste con«sacra eh sacrifice étemel au temple d'Apollon Pa^ latin. La coutume de déposer des prières dans lefs tombeaux , oii l'on trouve encore ces figures , a été constante et long-* temps conservée. Par \s^ beauté du travail et de la matière , on peut juger que Pline les a eues eu vue en parlant des aâorans comme des plus beaux ouvrages de Yancienne statuaire ^'X Elles sont , en effet , les plus remarquables comme les plus nombreuses : et la bautè antiquité égyptienne ne consacra point de statues des dieux dans les temples (^.

Les images les plus colossales et les bas-relie& qui retracent les formules des amulettes, n'eii disent pas plus qu'eux , et sont également des lettres sacrées , des préceptes et dés paroles de sa*

CO Pansanias, y. ^5.

CO f^oyez Léyéque , de JuTcnîs adorantîs sîgno., Berlin , 1808.

O Lueian. , de De Syr. Strabo, 1. xyn. p. 8o5.

io6 0È L'ÉTUDE

gesse , des textes d'écriture : observatimi qui notis dispense de revenir sur la plupart de ces numu^ mens recueillis dans les musées publics ^ dont on n*a d*ailleur» que des copies fort inexactes pour la partie des inscriptions. Nous ne citerons qu'un ou deux exemples sur le bas-relief d'un éiffe copé dans OEdippe. T. m, p. 4^6. Le boeuf couché, symbole de la force , est promené dans une pro* cession de six louans*>Dieu , qui le célèbrent par les symboles qu'ils portent, le sistre , la timbsde , la harpe et la palme , un enfant en prières , assiê sur un vase de baume , et enfin le même enfant et un épervier du Seigneur, posés sur de pareils vases. Le tout présente un texte aussi régulier qu'en écriture alphabétique, et l'exhortation de louer le Seigneur dans la base de sa force ; [ le cippe ] de le louer dans sa force et sa grandeur; de le louer sur la harpe et sur la lyre , sur la tin> baie et en diœur , sur les instrumens à corde , etc. comme dans les six. versets du dernier Psaume de David, qu'on peut réciter sur ce monument.

Zoega a mis à la tête de son ouvrage sur les obélisques , un bas-relief du piédestal de la colonne d'Antonin, imité des compositions égyptiennes, oii le représentant des habitans de la terre assis ^ et appuyé sur un rocher carré, élève , avec l'obélisque , la gloire d'Antonin et de son épouse, et oii l'empire romain persomiifié célèhre, à mam élevée^

DES HlÉROGLIfPHES. 109

les iamet impériaks coach^es clans les aîles ée la divimté , comme Moïse , lorsque Dieu l'enterraO)* transportée^ au ciel par Tesprit dominateur dés dieux célestes, qui en tient le symbole de serpent, formant l'angfle du carré autour de la sphère. H faut lire cette dédicace de la colonne Antoninc, propre à concilier Fart moderne avec le primitif égyptien exprimant le discours : que l'empire ro* main , avec tous les liabitans de la terre , célèbrent les augustes princes , etc. élèvent leur gloire , etc.

Un autre tableau dans Kirker C*)^ porte les cieux^ les puissances de la terre, et l'abime trans^ formé en un vase de Psaume , qui célèbrent le Seigneur soleil , dont la tête rayonnante est éle» vée sur une guirlande de fleurs, que soutiennent deux caducées et massues appuyées sur des monceaux de pierres, et^ entre eux, la lyre dans uh vase.

Le même auteur a publié des inscriptions de ffphinx^^, quine sont quelquefois que les noms nouveaux a joutésauprenûer, comme sur les amulettes , à l'origine de l'écriture : ou le grand nom du soleil et des dieux , de Dieu le père, le bon , duquel dérivent tous les autres noms comprenant dans une langue la doctrine àiigmatique que le sphinx an-

(0 Deut* XXXII. la. Exod. xix. 4^ (0 Oi>clÎ8c. Pamphil. p. 236.

(0 Œdjp., t. m. p. 457. 45s.

io8 r)Ë L'ÉtûDe

noûce. Une de ces inscriptions ^0 porte la clef Jo Nil, qu'environnent, des deux côtés, Tépervief surmonté de la sphère , le sceptre à la tête de chien qui rend le nom et la valeur du cynocéphale , le bâton pastoral et le caractère de la carrière des astres. C'est la formule : la terre est au Seigneur, le roi de toute la terre , le maître des sphères. Elle est répétée, ou variée, tant sur le devant que sur le derrière des bases des deux sphinx du palais Borghèse, portant les caractères de la terre qui est au Seigneur , le roi de toute la terre et des hommes [ qui l'habitent ] : ou Ceux de Dieu , maître de la terre et du ciel , dont les œuvres sont célé*brées dans les inscriptions latérales d'un de ces sphinx , copiées T. m. p. 46g de l'Œdipe. Après le nom du Créateur, le très-juste père et roi de tous , seigneur du ciel , ces œuvres sont annoncées dans l'ovale d'une formule sacrée , par la sphère posée devant le bœuf de la terre , qui est monté sur le caractère de l'éau , et qui a derrière lui trois haches sur .une base S. X. On voit que c'est l'Eternel qui a formé et établi la terre sur les eaux , conformément au second verset du Ps. xxiv. dont l'ouverture correspond aux inscriptions précédentes, et dont la suite est gravée sur l'autre sphinx copié p. 472, qui a toujours dû servir de pendant au premier. Nous n'en citerons que les

(0 Obclisc. Pamphil. p. 3i4*

traits principaux : l'innocent , le juste du cœur, ûgiu rës , dans Tovale F, par la colombe et le lion de la justice, couchant sous un cœur^ celui qui recevra du Seigneur la bénédiction, et miséricorde de Dieu son sauveur, représenté par le bras et la main qui reçoit le sceptre de propriété tourné en dedans , par un vase de bénédiction , l'oiseau du Seigneur, la houlette de la miséricorde, et un amulette ^*0 placé au-dessus d'un caractère de la terre pour figurer, suivant l'usage, le sauveur de. la terre , S. T. V. Trois drapeaux de tribus posés devant les caractères divins de père et roi , dési«* gnent ensuite la race de ceux qui cherchent la face de Dieu , X Y Z* Les attributs de roi de gloire, le seigneur fort, le seigneur des puissances , etc. répétés par le Psalmiste , sont répétés de même par la cbarrue-sceptre accompagnée de trois palmes , ou deux plumes , par d'autres scep-» très , et par une manière de massue , B. M. N. O. Ces rapports avec un Psaume qu'on croit avoir été composé à l'occasion de la construction du temple , de sa dédicace, ou du transport de l'arche , sont d'autant plus remarquables, que le sphinx lui-même rappeloit , à l'entrée des temples , les devoirs et l'espérance de ceux qui pouvoient y monter t les mêmes choses que le cantique dans lequel la suite nous fera reconnoître des allusions ^

(') Zoega, 1, c p. ^66,

iio DE L'ÉTÙDC

la composition du système symbolique tout entier que représentoit aussi le sphinx.

Une statue isiaque du Capitole CO porte , sur la bande de derrière , des caractères connus de l'auguste mère de la terre et du ciel , gardienne de la vie, reine des temps, et, à ce qu'il paroit , maîtresse des maues : les noms que lui adresse Apulée.

Une statue de bronze , de la collection de l'aoteur , qui a été connue en Egypte sous le nom de V athlète, représente en effet Tathlete du Psalmiste et de Pythagore , dont toute la doctrine avoit pour but de rendre propres au voyage céleste les athlètes des combats philosophiques ^*\ Ayant déposé le vêtement mortel , ce pauvre de la ml" gration C3) court ,' les bras tendus , de toutes ses forces, faisant des efforts pour retourner en dilî* gence à la patrie céleste C4). Habillé comme le pèlerin du ciel dans le Papyrus-Cadet, il porte à la main la même ceinture. Une autre qui lui

CO Maienffl Capitolinum f p* 77*

C*) Hic finis est Pythagorica disciplinas , ut toti penitiu alati fiamus, ui ciim mortis tempus instat , relicfeo in terra mortali corpore , ejnsqae naturHl exutâ , ad coeleste iter eapcditiores fiant philosophicorum certaminam aâilets.

(0 Dactyle.

(O Anazagoi-e et Easeb. Pr. £▼. m, ^»et rodire omw' hus uiribus diligenter conemtur i praeparemusqae noa aditer qno illuc peryenitur , unde divini mandati negligcntîA decidimus.

DES HlÉROGLTPâES. ni

«erre lés reins , porte pour inscription la louange que ce paavre indigent offre au nom de Dieu le seigneur , qui jugera sa cause : à peu près conomie au Ps. LxxiY. 21. 22. Cautiquc d'adilëte de même que le suivant CO. Le caractère chinois d'un pe^ lit a des dérivés remarquables qui éclairassent le sujet de cette statue-précepte ^O,

Une statue aussi inédite d'adorant contempla*» tif porte, sur le devant, l'hommage du cantique qu'il offre au Përe de l'Univers, son excellent roi et son rocher , le bienheureux et juste roi qui tout gouverne, le roi bienfaisant et miséricôr^ dieux du del et de la terre , qui porte l'univers sur sa main , le Seigneur admirable en équité, -^ le roi admirable , le përe et Dieu toujours vi» vant , miséricordieux ; au roi admirable honneur et culte ; que la terre résonne de la louange du Seigneur , son roi ! ^- que les bénédictions des régions du ciel et de la terre montent à lui ! quç le maître toujours vivant des dieux de la terre les accueille ! — que le Seigneur , l'étemel miséricor* dieux , fasse refleurir le juste qui l'adore , qui se relèvera de la terre, pour honorer et bénir parmi tous les justes et les bons , le rjoi du monde. — ^ L'inscription sur la colonne derrière le dos de l'i» mage, n'est qu'une variante abrégée du mé^e

(0 tireg. Nyz. in Psalni.

C*) Bayer, II, Ii6^ia4< ▼• ^H^ — î^^î.

119 DEUÉTUDE

fayj^ne, qui, varié de même sur plusieurs sta* tues pareilles , a mérité d'être relevé*

Nous ne saurions hasarder des explications <l'après les simples descriptions que Zoega a données sans gravure. L'inscription contenue dans un ovale , sur la plinthe d'une statue qu'il suppose d'Orus , et qui porte un champ semé de fleurs , un hélier et le c^actëre d'un lion , qu'il définit par des hras élevés , paroit bien répondre à la formule s in loco pascuœ ibi me collocavit. P«. xxiii. 2 CO.

Une autre image , publiée par le même auteur, p. 655 , porte une inscription à Vhormeur de la reine da ciel , gardienne de l'épi , de la moisson des champs éthéréens , la sœur d'Osiris : acclamations dans l'esprit de celles que les femmes grecques adressoient , dans les processions , à Cérès , déesse nourricière , déesse des abondantes moissons , et qui , dans Apulée , sont adressées à Isis reine du ciel, mère des fruits , sceur de Phœbus. Elle est exprimée par la section infé« rieure du cercle , le caractère du datif, deux plumes j répi, un cercle croisé, l'œil gardien, la h'gne droite avec le vautour, symbole du féminin , deux serpens égaux qui désignent frères et sœurs, et enfin , l'image d'Osiris. L'épi et les champs sont ceux de TEvangile, Une petite image inédile de la déesse de Ssds CO Zocga, 1. c, p. 481.

DES HIÉROGLYPHES. ifî

est plus intéressante. ËUe^est assise comme elle doit, l'être , à face de chouette, yAaoKi%J#-CO • et toute la pièce de la couleur , est de Tolive qu'elle avoit trouvée. Le preniier caractère de l'inscrip»tion tracée sur le derrière de son trône, a la forme commune des lettres jr et n de l'ancien alphabet égyptien , des initiales des noms d'Isis et dé Neith qu'il représente. Le second est la lettre ta du même alphabet , et qui , dans le copte , sl^ gnifîe encore , je suis CO. H est dressé debout , comme étant lié au caractère aussi perpendiculaire d'Isis qu'il accompagne } mais il reparoît aussitôt couché avec la ligne horizontale qui désigne un roi et une reine , et avec la muraille flamboyante du monde. Ces cinq caractères forment donc les expressions : Je suis Isis, je suis la reine de toute la terre. Le croissant qui figure le lever et qui est placé sur le cancer , une main ouverte qui donne , un fruit de Persée ou poire , et un caractère linéaire inconnu , suspendu sur deux lignes perpendiculaires dont il fixe^ la valeur , terminent l'inscription semblable à celles que les anciens nous

CO Glaucopin vocari con tendant , non qaia- ut nonnulj^ Graeci putaranc, giaucos hafoent oculos : quod nooien ipsum denotare videtar. insaniunt eoim qui sic putant. Euseb. Pr. £v. m. a.

0) G est une variante- des caractères de l'homme et, da monde , dont on caractère chinois a pour dcriré , je suis.

n4 DK L'ÉTUDE

ont «otiservées : Je «uis Isis , je sois la reine 6e toute la terre , <jui me lève sur le cancer^ donnant le fruit : celui qu'elle a cueilli pour les bonunes yOU qui est devenu soleil ^ Dieu, le Seigneur CO. Nous avons traduit littéralement , sur le cancer, au lieu de l'expression de la traduction grecque, dans Tastre du chien , ou le Sothis qui étoit près du cancer : conmie l'observe Porphjre^O, en rap* portant que l'année égyptienne commençoit par le cancer, et qu'on coihptoit, du lever de Sothis , l'origine du mon le , ainsi que le conmiencement des mots. Un autre ^^^ ajoute que lesprophëteségvptiens, voulant indiquer l'origine de toute chose , rapportoient au cancer le temps de la création du m.onde. Une image, également inédite, du Dieu dément et juste ^ dont la mitre de puissance est rayonnante de lumière , porte, dans l'inscription, le cercle oblique , une ligne perpendiculaire ayant à gauche une autre ligne inclinée , un bras et une main , la clef du Nil à cercle parfait , le carré sur un caractère des quatre élémens, une ligne per-

'B7A dyuJ A b ff isff ff Kvr) SsinUMW*,

Dîod. Sic I. 3. Proclns in Tim. 1. 1. p. 3o« <0 In Antr. Tîymphar. p. a64.

(0 AEneus de Gaza in IV'opbrMt.

DÉS HlÉ&OGLi^t>ttËSi hi

Ijenâiculaire avec deux combles ou sommèu dé triangle, et enfin, une petite ligne perpendiculaire sur une oie qui monte Tëqûerre : au nom du maître des puissances droites et gauches, le créateur du ciel et de la terre , des ëlémens , le roi dés puissances célestes , le fils de Dieu un , Orus.

Nombre de fragmens du code religieux d'Egypte , des saints hymnes àfOsiris , des cantiques d'Isis et de la Genèse d* Orus CO , ont été retrouvés sur des images de prières ou hynmes , et ont un grand intérêt. Mais ces figures étant encore inédites , nous ne citerons plus de monumens de ce genre que celui qui, le premier déchiffré dans des essais pré<» cédens, nous a encouragés à pbursuivre nos re^ cherches. On l'a vu chargé de la première partie de l'orsàson funèbre égyptienne , traduite, en grec par Ëcphantos, et conservée par Porphyre : Seigneur soleil , et vous autres dieux qui donnez là, vie aux hommes , recevez-moi et transmettezmoi aux dieux immortels , afin que j'habite avec eux. On s'est déjà familiarisé avec les caractères qui expriiment re passage : k ligne droite et réquerré , deux têtes d'épervier avec l'angle du carré , le caractère linéaire de l'homme , avec uû oiseau volant, le caractère d'un lieu modifié pair celui de réception qui est la propriété dii lieu ^*^ ,

(0 Pliuvque et Plato, de Leg. i.

CO ProprielM loci, receptio. Fragm. Hermec.

iiG DE L'ÉTUDE -

la crôîx grecque avec des jambes en marcbié , des caractères linéaires et le point désignant l'essence simple , avec les dieux intellectuels , le tabernacle enfin renfermant deux lignes inclinées , , qui expriment l'association, le terme greco^w.

Cette inscription nous conduit aux momiea , anciennement dites gabarres CO. Sur l'une d'elles, publiée dans OEdip. T. m. p. 428 , on a égalemebt , déchiffré la suite de la même prière adressée au soleil, et attestant pour celui qu'elle concerne', que , pendant sa vie ici-bas, il a adoré les dieux de ses pères, et honoré lesa.uteurs de ses jours ^ qu'il . s'est abstenu du meurtre , de la violation du dépôt , et de tout mal , rejetant ses défauts sur- le ventre , qu'on jetoit en même temps dans la rivière : de •uléme que les incas , après s'être confessés au soleil et lavés dans l'eau courante , ordonnoient au fleuve d'emporter à la mer les péchés qu'ils avoient confessés. Les lettres sur les hiéroglyphes ^*) ont exposé longuement comment ces cinq préceptes des mystères embrassant les cinq devoirs envers Dieu et les hommes , ont été exprimés sur les deux tables serrées des. inscriptions de la momie. Un ceil sur un adorant , entre un serpent qu'accompagne probablement un œuf, et deux angles du

(0 Isidore et saint Augustin.

CO Du premier noTem. 1802^ p. Soj et du 39. sept. x8o3y

p. 3lr-37.

xarré accompagnés de deux cercles, exposent, dans la table supérieure horizontale, Tobservance du culte des dieux tel que les përes le leur ont rendu. Dans l'inférieure horizontale , Toiseau posé sur le caractère incliné de l'homme ^ l'adorant et un œuf^ l'épée , la main gauche fermée, le caractère du mal et celui de l'homme , ou Texjiression homo homini spina; une ligne perpendiculaire droite et pure , et une autre inclinée , sur laquelle est assis un oiseau au-dessus de l'eau, peignent aussi distinctement la vie de l'homme , l'honneur rendu aux parens , le meurtre , le dépôt retenu , toute sorte de mal et de torts, dont le priant est exempt et pur , ou desquels il sera purifié , s'il a dévié dans la vie. La forme peu commune de cette caisse de momie sculptée en image de prière personnifiée , constate aussi la valeur que nous avons assignée à ces figures, puisqu'elle joint à cette forme la prière canonique de l'office des morts , dont la première partie est écrite sur une image ordinaire d'invocation.

Les différentes enveloppes des morts étoient désignées comme les derniers vétemens des âmes nues avant de venir dans ce monde , et dans les corps; comme leur habit de voyage pour l'autre vie, sans lequel elles ne pouvoient remonter et papoître devant Dieu, qui les jugera suivant leurs œuvres , ou leur piété composant ces vête-

lia bÊ L*ÉTUDÈ '

aienSb Car c'est là Tallégorie de rancienne doo» trine conservée dans des allusions nombreuses de la Bîbie, et dans la tradition Israélite, avec la mention des douze espèces d'aromates, etc. CO. Les premières semblent même se rapporter aux difforens détails des momies revétueii dés vAemens du salut j et couvertesdu manteau de la justice^ comme un époux, qui se pare magnifiquiement , et conune une épouse qui s'orne de ses joyaux CO. D'après la dernière, les habits des âmes qui sont dignes d'en être revêtues, sont composés suivant le mérite de chacun. Dans cet habit «sont dessinées toutes les bonnes œuvres qu'elles ont &ites ici-bas , confort mément aux préceptes de la loi^ avec l'étiquette.* ceci est l'habit de N. N. C'est le manteau de la jus** tice et de la loi , tel que celui de la momie que. nous venons de voir revêtue de justice et des préceptes des mystères. Il sert pour le séjour du paradis. Mais l'au&e vêtement plus glorieux et méritoire de, pieté et de salut , le manteau de louange , comme dit Isaïe , la tunique des maîtres , resplenr dissante de lumière, l'habit nécessaire pour remonter à la porte suprême du firmament, est composé de prières et d'hymnes, qui sont tracés , en effet , sur la plupart des belles momies cou**

(OSohar, et R. Cordaero, dans Cabala denadata» p. II. p. lap. taiv.

<*) baie, Lv. 10. Zachar,, m. 4* P** <^a* i^* 'i^

DES filÉROGLYPHKS. ug

Yiaes y sur leurs couvertures et leurs bandelettes. Le derrière de la momie cojûée dans Œdip.

T. m. p. 4^4* ^^* III* ^8' II* pi'^s^n^c > ^^ ^A ^^^ 9 les chacals porte^apeaux , et le vautour à tête de

femme : toutes les tribus de la terre et les peuples

célestes, la nature entière au pied du nom qu'ils

célèbrent, qui bénit, qui conserve et illumine. Son

caractère ovale est tracé sur Fépaule de la momie ^

avec l'œil , d'oïl sortent la main qui bénit , le bâton

pastoral et la plume. Les formules d'hymnes écrites

devant les célébrans , et au milieu d'eux , n'en font

que développer le sens dans Tordre du Lxvn^ Ps.

de David , avec lequel le lecteur reconnoîtra des

conformités jusque dans le caractère de la terre à

quatre traits , la main ouverte qui donne , et le

fruit, tracés devant l'un d& vautours vocables de

4a nature. Des variantes du même hymne , que

nous trouverons dans la suite , lui feront recon^

noitre encore mieux ces conformités.

Lamomie du musée Obici, décrite par P. Paolino, ne porte que les maisons des dieux , la supérieure et l'inférieure qui sont fermées, mais dans lesquelles des groupes de prians , au nombre de seize et vingt-un , implorent l'admission du défunt , afin qu'il y habite avec les dieux.

Kirker, dans l'OËdip. T. in. p. 47B. a publié deux monumenS de pierre , qu'on a pris tantôt pour des statues , tantôt pqur des couvercles de

120 DE L'ÊfUDE

momie ^0 ^ mais dont mi troisième , trouvé dernièrement dressé contre une muraille (*), et l'espèce de \is servant à les fixer sur leur base , semblent indiqpier un même emploi dans les tombeaux des princes que celui des petites figures d'hymnes en terre cuite ; placées autour des momies des particuliers. Couvertes du même voile dessu|)plians, elles ont été trouvées, dit-on, dans une pyramide ^ et les excavations latérales dans le canal d'entrée de la pyramide de Gizé ont pu servir à l'emplacement de figures pareilles. Quoi qu'il en soit , on voit tracés , sur l'un de ces monumens , Fig. i , le grand esprit suprême , et les sept esprits rois et conducteurs qui , présidant aux planètes , sont invoqués pour le passage par cette voie du ciel qu'ils gardoient avec sévérité. Leurs symboles d'oiseaux sont répétés dans l'une des deux colonnes d'inscriptions latérales. La Fig. 2. plus remarquable , porte une variante des sept premiers versets du Ps. xvifi. faciles à reconnoître, tant par les petits monumens qu'on a déjà vus chargés d'une partie de ces expressions , que par les principaux caractères connus et parlans. Dans la première hgne sous Utt, O, ce sont ceux de Dieu béni, de Dieu force et firmament, figuré par le serpent,

(0 Zoega, 1. c. p. 3aa. note 18.

(0 L'inbcriplion de ce monumeat inëdit est une variante trc8-curieuse da P«. XiXTU.

DES HIÉROGLYPHES. idt

l^œil sur le trône , l'ëpervier sous Tangle aigu , et l'angle inférieuf du carré , ou la pierre angulaire , soutenant le nom , ou le titre du dé^nt ( *^. Le Dieu invoqué, espérance, corne de salut, qui adopte et qui est loué , est rappelé , dans la seconde ligne , par l'adorant et des attributs ordinaires de Dieu^ par la fleur de l'espoir que tient une désignation d'homme k corps des cordelettes du propriétaire ^ poiff dire , mon espérance j par la corne d'huile dé l'onction sacrée ; par une feuille verdoyante , combinée avec la croix grecque de réception , et par la coupe d'hymne que nous avons vue prendre par celui qui adore ^*). Après les cordeaux de la mort et sa flèche , la même coupe entre , à la dernière b'gne suivante , dans la représentation du sup^ pliaat , ens^îronné des torrens de Viniquité [ cinq en nombre }, et ensuite des cordeaux du sépulcre. Ce «ont les cordelettes, servant de registres primitifs des vivans et des nsiorts , et qui sont répétées comme dans ce Psaume, prononcé lorsque Dieu eut délivré son oint de tous ses ennemis. Des ca« ractëres du monde , de tout, rendant ordinaire^ ment k moi et nous du Psalmiste, on voit l'ins^ cription terminée par le bouc désignant tout, qui marche après le trône oii résidie Dieu , et qui est suivi ^e l'œil avec l'oreille^ le tout pour exprimer î

tO jyqyez ci-^cssiis , n". 7 <)n catalogue de Baspc. CO Irl. , ri°. 235. Scliindlsîi Lusic.., p. 438.

laa DE L'ÉTUDE

J'ai crié après Dieu , qui m'a entendu de sa rési* ^ence ; mon cri est parvenu à ses yeux et à sa oreilles. Ce mode de représentation séria édairci par la façade du temj^le de Latopolis à Esné. Les {Copies de Kirker n'encouragent point à entrer id enplii^'de détail.

On peut juger de leur exactitude en comparant celles qu'il a données p» 4^^ » même t<»ne , des momies de Dresde y avec les copes de M* Bedker, piais que nous n'avons pas sous les yeux. Les vases qu'elles portent Tune et l'autre à la main sont des symboles de prières , auxquelles la momie d'homme joint le vœu, fP'^^^Xf > probablement avec Osiris^ comme dans des inscriptions sépulcrales grecques CO. Sur celle de femme , la prière est adressée à la miséricorde de Dieu qui l'emporte sur sa jo^ ûce, que figure le lion surmonté de l'oiseau misé* ricordieux , afin que la défunte se relève conune . la nouvelle lune , qui , en langue sainte , se prend pour la félicité de la vie éternelle , et qui , répétée trois fois au bas du tableau, répète autant cette idemiande. D'après la communauté des symboles du ciel et de la terre , on peut les lire , avec les trois lignes droites sur le veau et deux cubes , au milieu des représentans de tous les dieux t miséricordieux roi , ou reine du monde , et de ses deux régions , renouvelle [mot] entre les dieux; ou bien, que

CO Ztoega , 1. Q, p, 3o5.. 3a6»

DES HIÉROGLYPHES. ti^

ia miséricorde renouvelle la reine d'Egypte et de ses deux régions entre les dieux. La dernière ac«ception est favorisée par les cubes terrestres qui^ au lieu des hémisphères, reptésentent les régionsÇ>>. Reste à tovoîr si quelque reme de la faunille des Ptolémées a pu être enterrée sous les pyramides de Saccara , ou Ton a trouvé ces belles mooiies , d'a«jK>rd acquises par de laYallé. Quelque motif acci«* deatel ou religieux , s^sablable à o^oi qui dbligeoit •les prînces grecs de eetté famille d'aller à Meni^ phis pour prendre -posseteion de la couronne de roi et d'initié , a pu faire préférer aux caveauic d'Alexandrie /dan« qa^que occçiiÂon du moins J| -ces demeures éternelles des Champs-Elysées, coni^ sacrées aux initiés , aux élus jugés dignes de demef^ rer avec les dieux, deuds Un des tombeaux d'Osiris;, ^ont le nom , Busir , rest colofierv-é enc<Hre aajour^ 4l'huî à un endroit voisin.

La momie p. 4^2 du même volume , porte l'invocation des quatre élémens immuables qui^ dans la tablette pliante autour de la tête d'une autre, P. 4i7* ^%* ^«9 "^^istentle £éu de la la« joifare , le .Se%néur clément, et.juite. Ce «ont les mêmes que nous avons observées sur la couverture de momie 4]e Caylos , et qui reviennent àur oelh de JMéad » ^ressemblant à celte dernière. £lle en

CO La m(Hziîe d'homme |iarolt aOMÎ distinguée d'im des attribuis «d'un roi iar son char de triomphe , daxu Deson.

lof DE I/ÊTUBE

Bst-àisiiogaée- par le nom adore du soleil -et dei •dieux , et par Vivastge de Tâme du défupt , ou plutôt de lagfaude âme de Funivers, dans lacjueilek première doit rentrer. Car cette pneumatophore revêtue de lumière est agenouillée sur l'édifice à iiuit portes de l'ogdoade, et adorée avec les autres dieux , dont les symboles de serpens l'environnent Ceinte du bandeau du quatrième grade de l'initiar Xion , elle porte suspendu au cou le caractère de h vérité, semblable à la croix que portent les évé<pi€s: ce caractère que portoit deméme le grand juge égyp* tien choisi parmi le l^aut clergé. Plus bas , Fàmeda idéfunt fait des invocations au nom du grand esprit, et auprès d^autelscbargésd'oi&andes et de la fleur 'de hdus , qui indiqua la demande qu'elle fait de se Relever comme elle. Il demande quatre fois cette -grâce à son juge ; mais dans les caractères divers que manifestent ses sceptres de clémence et de justice , réunis d'abord et ensuite séparés ^ ou enr fièrement déposés par ce juge , qui finit par bénir le suppliant. Entre les deux tableaux de ces tribunaux d'enfer , également recoïinus par les théo-* iogues et les poètes de l'antiquité (0, l'oraison îvh nèbre connue est exprimée à peu près cbnome sur la momie de Caylus. m\e est adressée -de même k tes élémens qui , avec le soleil , la luné^ lef finsA'v

i CO Tertnllion. Apol. c. 47* Augustin de Gf. Dci<

DES HIÉROGLYPHES. i^

ment, etc. , sont sollicités de conduire le priant de^

vant le grand Un ^ dans une oraison indienne qui

est un développement de l'égyptienne ^ et qu'o^ «

comparée , avec raison , aux Isechnés persans C0«

Plusieurs détails pareils reviennent sur la mo^

mie de LethuiUer , la plus belle qu'on connoisse.'

Décorée, sur les épaules, de deux têtes d'éperviers

couronnées de sj^ëres , des symboles des^dieux sainte

et immortels , elle porte , sur la poitrine , la grande

âme de l'univers, adorée au milieu des déliés du

même tr6ne et du même temple. Ces attributs

sont rendus par un trône et un temple couron-*

nant la. tête des deux njrmphes secondaires qui

sont agenouillées autour de la pràniëre , et qui ,

accompagnant si fréquemment les images de la

divinité , semblent figurer ces puissances servantes,

mais du même sanctuaire nommé lit , qu'Héro*

dote appelle les concubines de Dieu , et que les

anciens Arabes ont dÀ égsilement lui assigner,

puisqu'il est dit d'eux qu'ils n'adoroient que Dieu

et les femmes , ou les anges désignés comme filles

de Dieu (*^. N^ayailt l'une que le bras droit,

et l'autre que le bras gaucbe , on voit que ce sont

les puissances droites et gauches. Les inscriptions

(0 Mémoires de la Société de Caltnua , t. i. p. a^G. trad. allem. '

C*) Alcoran et le Commentaire de Beidan. HoUinger f Hist. Orient, p i5a.. 157. i58*

j7» DE L'ÉTUDE

qui les accompagnent contiennent la formule d'AUelujah , forcé et gioire. Le^ mêmes honneurs aont rendus^, «itbur de rknage du milieu, àlar<S- Yinité qui donne à main libàrale l'eau céleste dû riH firatcbissement : qui en donne Finondation , figurée, comme celle du Nil , païf tf ois cruches CO. De» inacrîptioos sépulcrales d^à citées, et une autre inscription barbare du troisième siècle, réfrigéra €on spiràa saucia,^^ ^ en. indiquent le sens.

Au bas de ce tableau , se- développe celui du défunt emporté par le liou solaire aux prières da prophète de Dieu qui le reçoit , et qui plus loin le . précède devant son juge clément et juste , assis sur un grand trône , derrière lequel le ciel et la terre se retirent ^^X L'âme tenue, suivant Hermès, à rendre compte à Dieu de ce qu'elle a fait dans le <y3rps , est encore conduite devant lui par sa mère spirituelle , telle que l'introductrice dans les mystères , qui devoit être une femme , en observance de l'image de la régénération du nouveau né que cette fenune met au monde : image qui n'a pas été négligée par saint Paul , s'adressant à ses disciples comme à ses enfans , pour lesquels enfans il-tra-

C) Enîmverà pro anima -ej os oral et reirigeriam. T«rtnllîan. de Monogam. c. x« (0 Dans lyiartin , p. 869 • CO Apocal. zx, 10. sniv. zxi. 6.

DÈS flIÉftOÛLïPHÉâ. i^l

VailIe^^X Mais ce xi'estqu^aprës avoir été pesée dans cette balance dont parle Job^ qui est le jugement» de Dieu , et qui est adoptée parmi les symboles du culte, comme parmi les caractères chinois ^O, Suivait les Indiens , les défimts j sont pesés paît Yama, ministre de Schiva^ selon les Parses, pat Vange de la mort et Mihr ^ prépesés à la garde du pont sacré ^ui , habité par un chien , est destiné au passage des âmes le quatrième jour après la mort« Les Mabométans en parlent aussi -bien que les Chrétiens. Ces derniers la mettent dans les mains de saint Michel , à qui TËpître de saint Judes fadt .disputer au diable le corps de Moîse«

On reconnoit une pareille dispute entre Tesprit de lumière à tête d'épervier, qui s^est emparé d'un des bassins de la balance, et Fange de la mort qui tient l'autre. Ce dernier a la même tête composée que le monstre accusateur, l'esprit des ténèbres et de l'abîme qui réclame son droit ^ , pendant cet examen mitigé par le cjmoc^hale qui cache les péchés C4) , et qui est figuré, au haut de la balance , par la tête de chien exprimant son nom. Le dé« funt en étant heureusement sorti , le secrétmre

(0 Gai. IV. 19. Philem. v. 10. i. Cor. iv. i5. Methodios dans Photins , Cod. 237. Basnagc. , 1. c. 11. 976, CO Bayer, iv. 82. 83. 84.

C) Vindex materiœ des Fragmcns Hcrinctic[ues* C*) Horap. II. 67.

tTA DE L'ÉrUDE

interprëte de Dîeu mtercëde jpour lui à k mamere de sistro'-putta des Indiens , et en attestant sa simr plicitéy comme dit Job. Car il trace Sur ses tablettes trois points qui signifient , très-simple , et pso^là trës-innocent : puisque Grégoire de Nar zianze ^0 nous apprend que le propre de la nature première non coniposée est de non pécher, la simplicité étant pacifique et non séditieuse; taiidis que le péché appartient à la composition qui est le commencement de la dissension. Ce certificat de «implicite évangélique implique d'ailleurs la restitution de Fâme à sa première nature divine et indivisible, depuis qu'elle n'est plus divisée pour être distribuée sur les membres d'un homme ^^. En conséquence, la fleur du défunt se relève avec la colleo tion des éUrnens simples , dans lesquels il est reçu pour devenir pagode ; comme disent les Indiens en désignant l'état exempt de changemens où parviendront les morts après en avoir subi six ^^, La croix grecque tracée sur les quatre images figure cette réception dans les élémens ^ oii ressuscite l'âme qui en est formée , probablement d'après l'opinion égyptienne desxabalistés ^O , adoptée par

CO In sanctum lavacmm , Orat^ 3.

O) Macrob. Somii. Sdp. i. la.

O) Abrah. Roger, c. 346. Job, v. 19.

0) Traité de TAme de R. M. Corduero, Cabala-denadata, P. 3. p. 100. 109. iio. La Philosopbîe selon les Ëgy^v tiens, n. 6.

DES flIÉROGLYPHES. lag

Timée Crantor et Ëmpedocle , qui se fondoient sur ce que rame ne pourroit sentir les au»

très êtres que moyennant une pareille similitude«

Le grand tableau infàrienr contient vingt images parmi lesquelles, comme parmi les ifingt spnboles mexicains , se trouvent les quatre lettres y ou les têtes d'epervier, d'ibis et de deux chiens distribuées sur le trës-haut , le clément, le juste et le vrai, sur le prophète médiateur qui porte encore ses ta«blettes, et sur les deux frères Anubis et Crus. Ils sont suivis et accompagnés de Dieu qui s'est mani-> festé , Ammon , de plusieurs autres et de nymphes au nombre des sphères, et des muses, dont elles semblent être les originaux. Tous ce» détails rap* pellent les vingt images accompagnant le corps en« terré de la fîlle de Mjcerinus , dont Hérodote n'a pas osé dire le vrai sens. Il est décelé toutefois par les quatre symboles universels CO, que »nous verrons entrer dans plusieurs tableaux de tout, de l'Ame du monde et de l'homme^ par une expression hermétique surtout figurée par l'image du tombeau CO , et par celles des cabalistes sur les habits des défunts composés de la lumière des sephi-

(0 Des deux hémisphères, da soleil et de la îane ; on des tropiques de la ligne e'qninoziale et dn zodiaqne } des grandes divisions d'nn monde. Qem. Alex. Strom. t. 3.

C*) OUtt y«f lr<f oi» vh h hxin T4f«fi> Fragm. Hcrmet»

iSa DE L'ÉTUDE

roth , ausfii-bienque d'œuvres et de prières CO • p^h robe olympique des initiés, modèle du san-éenitode .rincpi^sitioi} , mais qui , aulieade diables , repré$ei>> toit le cercle olympique , ou le zodiaque , par lequel leur âme devoit se rendre à Dieu. On le reconnoit également dans les expressions de Plutarque , sur l'habit saint dont on revétoit les religieux isiaques après la mort , comme une marque et un signe que la sainte parole àts dieux est avec eux; qu''ilss*en sont allés de ce monde d^^ns l'autre sans emporter autre chose que cette parole C^).Damasciu&C3)^ enfin,

achevé, de le. dévoiler dans la description qu'il fait des honneurs sacerdotaux et de l'enveloppe osi« riaque destinés au corps d'Hér^uscus défunt j ainsi que des caractères ineffables C4) des bandelettes , qui , resplendissant de lumière comme la tunique de maître dont nous venons de parler , parurent alors avec les images démontrant manifestement dans la société de quels dieux étoit reçue l'âme de * cet adepte saisi de fureur divine à la contemplation de la sculpture sacrée. C'est le si^et de l'oraison funèbre développée sur les bandelette! et sur les

(0 B. Corduero, 1. c. p« i34*

O) De Is. et Os.

O) Vita Isidor. Photlus, p. xo4g< Helîodore etSukksjT.

(^) 'Amffnret, /i«yp«^f<ar« : Urme dont on & déjà releTt; le» emplois remarquables.

DES HIEROGLYPHES. tSt

manuscrits trouvés dans les tombeaux. Les chiensloups gardiens des portes de Tenfer , ou les renard^ dont parle le Psalmiste ('^, paroissent au pied du tableau et du défunt, renversés avec ces pprtes , et liés par un collier sous le fléau, vengeur qu'ils n'ont plus dans leur pouvoir. Les inscriptions qui accompagnent ces vingt images peuvent être comparées aux vingt versets de l'hymne de résurrection des Hébreux, que nous retrouverons bientôt; nous bornant , en attendant, au grand hymne du milieu adressé au père de la lumière , le roi excellent de toutes les terres et du ciel , le bienheureux et clément , le roi clément du ciel et de la terre , le père trois ïbis miséricordieux qui garde le pied de ses adorateurs, le Seigneur Dieu, etc. ce qui n'est pas plus amusant que la battologie éternelle de rOupnek'hat et du Zend-Avesta.

Les bandelettes de momie , dans Caylus C^^ et Rirker C^) , représentent ce que nous venons d'apprendre par Damtscius. Remplies . ordinairement d'amulettes comme les langes des enfans dans le Levant , elles étoient essentiellçs , indépendamment de la meilleure conservation des corps , pour achever la représentation des enfans propres à entrer au royaume des cieux, et qui

(0 Partes ynlpiam erant. Ps. zlu* n. xvii. ai* C») T. v. pi. Q6— 29.

CO Œdip.T.ni. p. 4ai.

i3» HE L'ÉTUDE

venoientde renaître par la mort. Car c'est bTalettf symbolique -des momies enmsaillottées, dans le même sens qu'on appeloit Genesia lé jour de la mort^O , et que ^ d'après l'ordre de l'oraçIé de re'peter tout ce qui a lieu à la naissance d\m enfant ^^^ , Aristinus s'abandonna aux femmes pour être Favë f emmaillottë et allaité, en donnant aux mystères grecs l'exemple de leurs rits symboliques de régé* nération. Une opinion religieuse , un sens moral , sont également attachés à tout détail dans l'embaumement de ceâ corps bénis par le baume , par leur vêtement et par l'eau méme^^, qui ne dévoient jamais être rongés des vers , images et causes de peines et de souffrances après la mort C4). Les feuiUes qui les environnent ont le sens de celles de myrte , d'olivier et dé peuplier noir dont on enveloppoit les pythagoriciens décédés. Il est même probable qu'un fait singulier, observé sur une momie de femme pendant l'expédition des Français

(0 Ammonias dans Coelias Khodig. p. 934*

(*) Ps. CTIII. 18. 19.

(O Trisiitiâ et dolore valdè afficitnr anima, cilim videC corpus , olîm vas suum et hospicium , iaTeterascere et consumi h Terme, adeoque perjecte justus ab hdc eifflictione eustoditur, Talm* Berechodi , fol. 18. c. 3. Saint Angastin pense toutefois que les Égyptiens embaamoient les ^corps dans Tidce de les conserver pour la résurrection. *

DES HlÉROGLÏPfiES. i53

en Egypte ^0, a dû exprimer une formule patrîarchale de bénédiction aussi connue et embarrassante pour les cemmentateurs , qu'elle est propre à éclairçir le vrai sens des cérémonies des phallophories. Mais on en a fait une applicatien trop au- .guste , pour que nous osions la ramener à son ori« gine , dans cet âge premier où aucune image ne choquoit des imaginations pures , qui y par préférence , attacbo^'ent des idées religieuses à ce que nous ne pouvons nommer.

Les rouleaux manuscrits de papyrus qu'on a troa«

vés sous le bras ou dans la main de quelques monues ,

n'accompagnent aussi le religieux déflmt que pour

signifier que laparolç deDieu est avec lui} qu'il s'en

est allé de ce monde dans l'autre sans emporter

autre chose C*) • que c'est un bienheureux qui arrive

^ans le siècle é\u portant dans sa main la doctrine

qjj^il a apprise^') ^ qu'arrivé devant Dieu il peut

dire : me voici portant avec moi le volum^ écrit

du livre C4) que le sentier de la vie est sur Véràdit

pour qu'il évite F enfer dernier ^^'^. Ce sentier, c'est

la jdoctrine qui conduit s^u ciel , le système de doç*

0) Voyage de Denon^

CO De Is. et Os. et T}ialmu4 Cod. Ai)both. yi. 9. Hor^ jdtfcesfiis homiiiis non comîtçntpr ipsum argentom aut aurom, 4at lapides pretio^i aut mar|;aiiix.: sed lex et opéra, bona,

O) Id. Babba Batra. f. 10. a.

O) P«. XL. 8. et T. Q. Ta loi est dans mon ventre.

^f) Prov. XY. 20. Semita t^itœ sjipiitr eruditiwt^i dçfiU^

trine religieuse toujours dçsigaé par le nom d'une voie dans le langage des prophètes hébreux , des Indiens^O et des Égyptiens C^) , aussi*bien <jue dam celui des oracles des sages f «t surtout des mystères de la Grèce ^^^ , dont la connoissance étoit considérée conmie un préservatif contre les plus violentes attaques de la nature et contre tout péril y surtout celui de se noyer ^^X Cette expression , que Grégoire de Nazianze ^^) applique à Jésus- Christ soulevant ceux qui sont dans le danger de se noyer , concerne les grandes eaux, Tabime , l'enfer. Par la communauté des symboles des chosescélestesetterrestres, des amulettes nombreux , préparés contre ces eaux du Psalmiste , ont été censés préservatifs contre le danger de mer : de même que d'autres , utiles a«

net infenuim nouissinaan. Saint Paul parle aussi de cet aifer dernier, ainsi dit par rapport an lieu de supplice ici-boâ,

(0 Traité du chemin qui conduit au ciel , dans Abraham Roger, p. 393. Gîen. xyiii. 19. Marc. xn. if. Luc. xx. ar.

(.*) *yfwyiffan x«i wrwint t/nr *Ef/M(« JambKc. 1. c. vm. 5>

IIo^^à€ x«i Vivait li'^% fjuat/ifin llàwtBf

Oracle dansEuseb. Pr. Et. xi. 10. [ix. i3. ] Greg. Njz. sur le titre des Psaumes , oii il troure cette iioie que Bjrtis ayoit vue tracëe dans un sanctuaire.

(>) Qnae ad deos via dudt. Prodns dais Euseb. 1. c. rK Procltts, Tfaeol. I4at. ti. Nova cnrriculasalutis. Apnl. 1. c. ti. Irénëe, 1. a3. Epiphan. ai. 13.

(4) Bandelot, de l'Utilité des Voy. T. n. p. i u

C*) Oxat. in Cyprian.

DES HIÉROGLYPHES. i35

salut et contre le mauvais principe, ont été portés pour la santé et contre le mauvais oeil j dont le nom hébraïque répond au principe.

On voit par ces autorités sacrées et profanes, que les manuscrits ont été déposés dans les cer-^ cueils des Egyptiens , comme TÉvangile hébreu de Matthieu sur la poitrine de saint Barnabe enterré en Chypre CO, comme le petit Evangile ou l'Évangile de Philippe dans les tombeaux des premiers chrétiens C^); et sous la même acception symbo- Hque que les amulettes dont ils recueillent , dans un ensemble , les paroles et noms salutaires , les prières adressées aux esprits gardiens de la voie du salut et du ciel, par oii les âmes qui en étoient tombées dévoient y remonter^ cette voie elle-^ même des bienheureux conduisant à Dieu; et tout le passage y est tracé quelquefois avec ses stations, telles que Platon les a exposées (^) , et telles qu'elles étoient représentées dans les mystères , dont cette représentation étoit la doctrine rendue dans le langage primitif de geste , d'action et de symbole. D'après les mêmes autorités , et d'après l'usage des Juii&, des. Chinois et antres, de n'enterrer des livres qu'avec leurs docteurs , on peut aussi conclure

CO Excerpta Theodori Leclor. L. s. <•

C*) Ghrysostom. ad Antiocbea. HooT. 90. Cœlum Orteil)» tis, p. i3i.

CO De Repuk L. x.

i3« DE L'ÉTUDE

que les rouleaux de papyrus , du sioins ceux de Ja dernière espèce , n'accompagnent que les isiaque$i ceux qui obtenoient les honneurs sacerdotaux, les initiés des hauts grades, les docteurs et les pontifes, rérudit des Pro¥«rhes. Leur sujet est constamment religieux dans tous les exemples connus, et en partie le même que celui des symboles tracés sur les caisses , couvertures et bandelettes des momies. Car les mêmes tableaux y sont répétés : ceux des momies deLethuiller , Mead , Caylus , etc. , dans des fragmens de papyrus , PI. 1 4 1 • i ^5. de Denon,, et dans le Papyrus de Cadet ; ceux des bandelettes copiées dans TCExlipe , T. m. p. 32 1 . ; dans le Papy rus de Denon, PI. 187; celui d'un monument sépulcral à inscription phénicienne , traduite par Barthélémy, dans le manuscrit de Denon y PI. 1 38 ; et ainsi du reste*

Quand même on n'auroit point trouvé moyen de saisir Fobjet de pareils manuscrits , on le trouvera dans cette inscription phénicienne ^ clef générale àeB tableaux semblables à celui qu'elle accompagne , et qui sont eux-mêmes des manières de titres, indicatifs da texte en menus caractères aux-quels ils sont joints. Elle porte une bénédiction d'Osiris de la part de la défunte Thébé , qui a été trouvée pure devant ce dieu , qui n'a point médit, ou trahi le secret de personne , dont la fleur se rdevera , etc. Ce texte , cité âe mémoire^ ac-

DES HIÉRÔGLtFBES. iS;

eompagne le double tableara de la dëfuiitey reçue et transportée par le soleil et les dieux , et qui , arrivée à un autel devant le trône d'Osiris y. lève les deux mains en acte de.le . bénir. : comme dans les manuscrits PI. t36. i38. de Denon. Dans ce der-* nier , le suppliant , ceint du bandeau du quatrième grade , est revêtu de la tunique religieuse, de la peau tigrée , de l'éphod, dii costume décrit dans les Fragmens Orphiques^O, N'élevant qu'une îsiain pour bcnir , il tient de l'autre un pot de terre oii fleurit l'herbe. C'est son vceu exprimé par une de ces images si fréquentes dans la Bible , de ceux qui fleurissent-comme llierbe fie la terre, comme le lis et la feuille. On les retrouve dans ce ma-* nuscrit , et dans celui de la 1 36^. planche. La fleur de lotus, ou le lis d'e^u, se relève, dans l'un'et l'autre , sur l'autel , qui réunit de la sorte les sym^ boles de la prière et de son objet. Dans le premier,, l'herbe de la terre est présentée par le suppliant qui , dans le tableau inférieur du second , porte aussi un pot de terre oiila plmne d'autruche yemblème de justice , est debout au milieu de deux

A&rà( vntfU nCjcîf xeaeutk» ttfv xal«4<(f Afpfta m^vTfKTtr ItfSt^ luari ii^m «yMv^ *Arp«fr lm4^<tK*m /aÎi*»^ Uf8 n mK»t§» .^

Ilo^f w««rr«» «f ft^ ffxifwi f ogiur, /*!>« cr^/jnt f CtC»

La peaa du tigre est egalcmcni bo syml^e du fîrmamc ilL ^

iS8 OE L*ÉT(J»Ë

feuîUes : toQt cûsume une pierre gravée àé]k dted porte un: palmier , paiement symbole des ]asXies , 9xt miliea de feuilles jareiiles* Nous devonsri^ peler k cette occasion cpe le sens de ces. combinai-* «ona du peu de symboles que nous avons exa« minés d^aboitl y n'a pu. étire constate souvent que par 1^ tableaux parlsns des grandes compost-* lions. Dans cet exemple, le sm» Al pot garni, de la i^nme et de deux, feiailcs est dév^ppé pais celui qui le présente & Tësprit protecteur de la tere^ausufet d'un mor.t,.d^iinbarbupar£adt,couché dans sa porte doofe la barrière de prison s'ouvre. Dans hb 1 38^. ^planche, les; fleurs qui ^ sur l'autel devant; Osiria^ sei relèvent dans le sàuj aoufi k -poi d!hierbe et acm» la maia qui bénit, éolairdîttenl unacavabée ax^si dté, oii rame se veleve cfel& terre pour louer $an Créateur. £Ues çonatatent de même te sens* dea fleura qiii se re* Ifevicnt sur un cacactibre de dessous terr&y et auprès de lui, dans lHBaeriptiQn.àitroîéQ(donnea qui. ào- <;ompagne le suppliant. Les caractères, ^-èetle inscnptioÉL qui aooittQiim^d'ua morne cétd que l'adorant , portent: Béni soit le ^ei^neur^ drapeau de force , pu^ ma fproe et mon roi } loué soit le roi de l'univ^a^^sçimUable à une.fleur» js me relèverai de dessous terre pour louer le roi de tous, le père et un O)^ ma force, mon Dieu et

(0 Hic TÎdimus ia throno Deî esse 4* elementa es îgoo iOo ab aquâ deducta. Pos(el in Jczirali.

DES mtHiOGtïPAtS. ii§

mon roi : à toi, salut » d roi de Tunivers! Âpres ^oi un double caractère des honneurs divins, connu par l'inscription de Rosette, est suivi de celui de Seigneur , et d'une cloche dont le nom hé-« braîque signifie épouse : comme on diroit, Vé* ppuse du Seigneur qui Fhonore. Il paroît que c'étoit là la désignation des femmes initiées qui, par une expression de la langue d'action, ëtoient destinées s^u lit du Dieu de Thëbes , comme à ce-> lui du. grand fétiche de Juda ; et l'on croit que la formule rapportée par Julius Firmicus: Salut, épouse; salut, nouvelle lunaiëre, fut répétée dans la fête de Bacchus, lors.de l'introduction de l'épouse qu'on lui destinoit. Au coin du tvône dn ju^e , on voit aussi des fleura relevées et de% ûeàrs tonkhé^ du faisceau des vivans, attachées à ime co» lonne , qui s'élève du milieu de ce syinhole d'un cœur sur un tas de flammes qui si^fie ^ l^^gypte , le ciel, le monde. Le motif qu'HorappHon in-* dique de /Cette première valeur, fondée sur ce que l'Egypte anime et produit les êtres, étant, conmie le cqeur d'un jaloux,, dan^ un feu perpétuel , cor* respond à la valeur de colère CO par laquelle ce caractère participe au sens sinistre de tous ceux qui désignent collectivement les' œuvres créées. Les doubles sceptres de miséricorde et de justice en*

OX Platarc. de Is. et Os. p. SqS. Cyrill. adr. Jalian. L. ix.

s(9 DE L'ÉTUDE

t riroiment toute cette scène , en soutenant comme

des colonnes la voàte céleste qui la couvre. Réservant les détails pour rexanaen du papyrus de M. Cadet , nous ne nous arrêterons plus sur celui-ci , ni sur le papyrus PL 187 , dont il a déjà été parlé ailleurs CO ^ et sur lequel nous reviendrons. , .

Les bandelettes de Kirker réunissent aux pria" cîpaux symboles de ce dernier tableau plusieurs de ceux des caisses et couvertures des momies. Le chœur des prians y est précédé par le représentant agenouillé de tous , T. m. p. 424* N^. 6 ; •u accompagné de rases de sacrifice , p. 422. N® 6. Le mort , le nouveau-né en langes est inondé de la l'osée de lumière qui vivifie , p. 4^4* ^^* 3* 9 ^^ p. 423. N°. 7. 9 oii les sources, les élémens premiers sont invoqués pom: le recevoir. Le soleil et les dieux qui en sont sollicités les premiers, sont figurés , p. 422. ]^°. 5w , par le lion , et par le cUen couché au - dessous du Ht de mort qu'il ferme. Isis y est désignée par son attribut de défenseur , que figure -le casque accompagné d'us caractère de sainteté. D'autres symboles les phis connus des dieux, les bœufs, le bon, serpent, les deux chiens , Fœil, les têtes d'épervier , les ministres aOés , sont disséminés sur ces bandelettes >

CO LciUres sur les Hi^roglyplies , p. 7$J

• DES HIÉROGLIPHES. i^i

en démontrant dans la société de quels dîeax le défunt est adopté.

- Les fragmens deé mâiluscf its publiés dans le Journal de Trévoux [ juin 1704] 9 et par Denon, PL 125 , 141 9 n'étant que des variantes des détails correspondans du Papyrus-Cadet, nous n'en relèverons ici que les prindpales, qui distinguent le dernier de ces manuscrits , et la momie de Lethuiller. La tête de chien posée sur la balance dans le tableau de cette momie, est remplacée, au N^. 8 du Papyrus , par le cynocéphale tout entier qui jette son eau : ce qui désigne celui qui cache ses dé&uts , suivant HorapoUon, 11. 67. Ce cynocéphale représente également ua sacrificateur. L'équinoxe qui^ balançant le jour et la nuit, ie bien et le mal , *£ut triompher l'uù de l'autre ^ et enfin l'heure , nous ayant enseigné tous , comme on sait , à diviser le jour en heures par la manière réguhëre dont il jette l'eau aux époques des équinoxes. 11 la verse ici sur la matière terrestre , sur le limon que lui présente l'esprit de lumière , N^. 9. 10. , en mettant dans l'un des bassins de la balance l'homme qui a recouvré l'aile perdue de la spirituadité , pendant que l'esprit des ténèbres met la même matière , le poids du péché dans l'autre bassin , N**. 12. On voit, que tous ces détails représentent le jugement dernier, que le6 Arabes appellent l'heure j l'examen de la prépon-

i4a BË L^ÉtUDË

derance de U matière , ou de k spiritualité rê* couvrëe } le sacrifice et la prière qui , purifiant la matière et cachant le péché, fait décider la halsuace en faveur de la spiritualité figurée , dans le Pa-* Pyru»-Cadet, par la plume seule | tandis qaele It* mon dont l'homme est fait , est remplacé par le vase de terre auquel Thonmiè est comparé par les écrivains sacrés et profanes de l'antiquité ^0.

L'âme purifiée de la sorte , et légère comme l'éther, a pu passer par le ciel cthéréen. Ainsi Fatteste le représentant de ce. ciel qui, au N*^. i5, est désigné comme tel par sa cuirasse couverte de cercles , ou de sphères élémentaires é&éréennes. Étant en même temps désigné comme oeuvre de Dieu par une queue d'animal , et comme son secrétaire messager par la tête de l'oiseau de ce nom , on entrevoit dans quel sens il écrit ici sur ses tablettes : très- droit et juste ^ sur celles dans la momie citée t très-simple ; et dans le Pa-^ pyrus-Caâet , vase de simplicité et de pureté. La tête , N**. 1 6 , au bas de ces tablettes , désigne l'àpie séparée du corps , pour laquelle il intercède. Le caractère des mystères qui , derrière l'intercesseur,

CO Entre autres par le sopListe d'Athènes Secondas, tqniy dans ses Gnomes, appelle Thomiue, t^eu spiritale. Le vase est mis pour le corps humain, i. Tbess. ly. 4* ^' «on nom hébraïqae, man, est celui de l'homme dans un |g;rand nombre de langues.

DES HlÉROÛLtPflÊS. i4S

repose , au N^. 14 j sur le bâton pastoral , figure le znystëre de la miséricorde CO que réclame sa prière y et que Dieu ne rejette point , puisque ses deux sceptres entièrement séparés indiquent , sui^* Vant ^expression des docteurs juifr , que l'ouvrage ivt roeher étant parfait ^ Dieu prononce une sen-* tence ou la justice et la imséricorde conservent leurs droits.

On saisira mieux le sens de tous ces syml^olesaprès Pexamen du Papjrns-Cadet, chargé de cette parole de Dieu que Pinitié emporte avec lui : dâ la sainte parole et discours de raisonparle moyen duquel le s^rai Isiaque recherche la vérité des ce'* remanies et des choses qui se montrent dans l'initiation des nvjrHhres de la religion ^\ Cette pièoe-^ dont il faut' commencer la lecturçr , suivant Fusage, de droite à gauche , s'ouvre par un texte en caractère» menus , qui est écrit sur quatre colonnes , avant l'espèce de titre en grands symboles , coloriéea conmie le reste des grandes lettres du m/muscrit»

Le p-«nier caractère de ce texte est l'oiseau secrétaire et messager, distingué par sa pfume au cou, et qui, avec la note deFunité qui l'accompagne, figure le messager de Dieu un. Il est suivi de la désignation d'une main et d'un bras terminé par

CO Fragm. Hcrmet. xiii. 8.

0) De Î9, et Os,

ï44 I>E L'ÉTODfi

Féquerre ^ et tenant le roseau à écrire sur l'elUps^ qui en désigne le sens propre ^ tandis que ses for^ mes géométriques indiquent une idée abstraite et une règle : ce qui présente le mot i prescrire. Plus bas, entre la région supérieure et Finférieore, . paroit le représentant de leurs habitans auxquels il a été prescrit par le prophète. C'est un oiseau sans queue qui figure un pénitent, suivant l'ex* pression mystique dllorapollon , ii. 112 : un de ces oiseaux qui dans la Bible signifient ceux qui, des institutions de la nature , sont 'transportés à la grâce ^0, ou qui retournent à Dieu^ et que représente le phénix ^^).

Le membre viril qui suit , et dont un nom hébraïque , amh, dérive de celui d'une mëre , am 9 est comme lui symbole de commencement. Son nom a cette acception dans un passage du prophète Ëzéchiel ^^^ , 011 il fidt mention du conunencement des chemins , et de leurs séparations ou carrefours , qui paroissent être désignés , dans ce même groupe, par trois haches qui séparent , et qui en hébreu sont nommées d'après cette opération , ainsi que par une carrière que trois petits traits et l'ellipse rangent dans le pluriel. Les der« niers caractères sont accompagnés d'un autre

• (0 Pic. Mirand. Hepupln», p. 87. ^

<*) Hcnrap.i. 34.35.

CO C3i. xzi. 96.

DES HIÉllOCLÏPHES- t45

composé de deux instrumens , ou bâtons croisés de pèlerin. Le tout a de l'analogie avec un carac-* tëre chinois de traverses CO. Parmi les expression» du langage syai!)olique des mystères , et dans un endroit où Grégoire de Nazianze en explique quelques-unes ^*), il nous apprend qu'opérer çk et là veut dire , marcher ^ de même que passer d'u^ endroit à l'autre. C'est de quoi il s'agit ici : du commencement des séparations du chemin de passage et d'émigration de ce monde dans l'autre, pour laquelle Hermès avoit prescrit oe qui étoit à observer par le peuple transporté. Car cela est exprimé par l'oiseau pénitent et transporté , gar<« dant la plante de papyrus qui , avec l'équerre de sa partie supérieure , figure l'ancienne loi des an«* cétres , ou bien le germe de justice qui ^gira se* Ion réquîté sur la terre -^^X

Le précepte concerne ce qui , \ Poccasion da passage à l'autre vie , étoit dà au Seigneur , re« présenté par l'épervier d'Ethiopie qui tourne la tête peur écouter , et qui est placé seul , ayant à ses pieds la plume , l'image et l'obélisque. Cd sont les emblèmes des honneurs rendus , que les nègres placent de la même manière auprès du fé*

CO Clefs 49. 34. 35. 54- et Toannont Gram. p. .17$. <0 Theologia, L. v.

(0 Jerem. xxxin. i.5. Tzemmak Zaddik est le titre d*tui iraité de morale de I(. Judn de Modèae.

i4tf DE L'ÉTUDE

ticUe : ces emblèmes génériques du culte , auxquels Osée paroit faire allusion dans un passage trësvdiscuté , oii il dit qu'Israël restera sans éphod, traduit par vrtfttyiw , aile ou plume ^ sans théra-r phim , qu'on croit avoir été des images du genre de celle de l'inscription ; et sans autel, mezbah, dont le nom est commun aux pyramides et aux obéji&r ques ^0. Ces colonnes et ces images, symboles des yœux rendus auprès d'elles C^^ , et des prières et Ijiymnes qui y sont inscrits , présentent avec les plumes portées autour des dieux et des rois, en leur louange et lionneur , les idées de louange, d'hymnes et de vœux offerts au Seigneur qui écoute. Son symbole revient, après que des jougs entiers et brisés , et des caractères de Dieu qui lient ce groupe au précédent , semblent définir les «vœux accomplis envers Dieu : ou déliés, comme cela s'exprime en hébreii et en d'autre3 langues.

Avant d'avancer plus loin, nous devons obr aerver le rapport qu'il y a entre ce morceau déchiffré et le titre du cantique .de Jérémie et

(0 Os^,m. 4* rapproche d'Isaïe, xix. 19. Par cea figaret consacrées de discours, le prophète 116 menaçoit pas Israâ de rester sans idoles , mais de la privation des signes pnhlics du culte, de cet ëtat florissant de société qni les maintient.

(*) Promissa vel soluta regum vota monstrahant. Am. MarccUin. L. xvu, c. 4* Vota^e pyramidiun celsw 9o(? vamur ad ai^as*

DES HIÉROGLl^PHES. t^

iTÈzéchîel , pour le peuple qui a élé transporté lorsqu'il commenqoit à partir : titre apposé au Lxv*. Ps, de David , qui , précédant lliymne de résurrection, semble lui avoir servi d'introdu^ tion , puisque lés migrations des Juifs éloient considérées comme des types de celles à l'autre vie. Ils différent , sans doute , par les noms des pro« phëtes , quoiqu'on fasse dériver celui d'Hermès du copte, er-emi , père de la science CO : ce qui avec le nom de Dieu , jah , que figure la note de l'unité, faiter-emi-jah, pèr«de la science de Dieu, ou le norai connu égyptien-grec Hermias.

Nous avons Vu l'expression hiéroglyphique aussi exacte du second verset du Psaume qui, après le titre , annonce la louange , l'hymne qui est du au Seigneur, et les vœux qui doivent lui «tre rendus. Après quoi le Psalmiste s'écrie : Ecoute ma prière , que toute chair vienne veri toi. L'hiéroglyphe portfe le caractère linéaire de rhomme devant Tépervier qui écoute; l'homime qui vient, un bâton à la main , et qui, désigné par la chair dans la Bible, la désigne à son tour CO • un c»Té rempli qui %ure la plénitude, avec le caractère eil ferme de 9 de l'article le, connu pa^ l'inscription de Rosette ; la clef du Nil qui

<0 Zocga, 1. c. p. ai4*

CO Gen. n. a4* I^eut. v. 26L Jerem. Lxyi. a3. P«. sxxTiii. 4* et G4ïn. Ti. 3.

i4« DE UÉTUDE

désire toute la terre , et qui est couchée comme étant liée à la main chargée d'ofirande , qui si-r gnifie y prière s Fautel fin Seiçneur devant son aigle qui écoute , et qui est répété d'après l'usage adopté pour assurer le sens de ces caractères. On voit que c'est Fhonmie de la plénitude de toute là terre qui vient devant Dieu , qui apporte au Seigneur la prière qu'il écoute.

Aux expressions suivantes du Psalmiste : Les paroles d'iniquité ont prévalu contre nous, rév pond d'abord le caractère dfi la parole tel que le chinois ^^^ , avec la seule di£férence que le nombre de l'harmonie , six , est figuré en hiéroglyphe par sÏT points dans le caractère de la bouche , conune on diroit, harmonie dans la bouche, voix articulée , parole ; tandis qu'en écriture chinoise ce nombre est exprimé par la ligne entière qui vaut trois , et par trois moitiés de la h'gne brisée qui valent chacune un CO. Ce caractère du nombre six étant aussi trop volumineux pour être placé dans c^lui de la bouche, également carré oblong et tout semblaMe à l'hiéroglyphe, on l'a placé dessus , conrnie on diroit , harmonie à la bouche. Cette variante éclaircit les rapports eonstans et réels entre les clefe cfainçises et les

CO i49*. clef.

O) Daat Bayer, ir. 87. un caractère du nomibre fis c«( eoiDp<Mé df la ligne entière et de trois poInCf .

lits HIÉROGLYPHES, t^^

tiiéroglyplies linéaires , mais que l'œil ne peut souvent reconnoître avant qu'on ait analisé les uns et les autres. L'iniquité est figurée par la corne de rhinocéros , que David emploie ailleurs comme une image de ses ennemis iniques , dont le nom dé^ rive de celui d'une courbe telle que la courbe de cette coriie. La prédominance est rendue par un objet qui en surmonte un autre , tel qu'une enceinte (*^^ et le mot collectif, nous , par des caractères de la plénitude de la terre , dont ce terme désigne les nations , suivant plusieurs Përes cités par D. Calmet. Nos péchés expiés , et que Dieu a pardonnes, sont figurés de tnâfne par la section de la région caduque (^) du duel , ou du mal , qui est remplie de deux lignes, et à laquelle une troisième inclinée est attachée; par le vase de sacrifice pro- |>itiatoire C^) , et par le caractère du Seigneur qui s'est laissé fléchir.

L'œil sur un siège de repos, soit Pimage arabe

de la joie, soit celle du repos sous l'œil droit de la

• providence C4) ^ répond aux idées de félicité et d'a-

C*) Macrob. Somn. Scîp. Sphœra titubationis de la cabale.

O) Fer inccnsnm deprecatîonem allegans. Sap. xtiii. ii. Thuribnlnm , peccati expîatio. Greg. Njsi. C'est un, det motifs poarqu oi la terre est figurée en autel de parfum.

(O Deut. ZTi. t5. Ceci est ëclaîici parle verset: Ponain ociilos meos super eos io malum, el non in bonum j et par «n«

i5o DE L'ÉTLDte

âoption dans la demeure de Dieu, que le cinquième verset du Psaume réunit à celle d'élection , on séparation figurée par un drapeau, ou par une haclie auprès du trône. Car ceux d'une tribu particulière , et les élus sont séparés des autres, comme les Pharisiens dont le nom désigne la séparation du peuple.

Les expressions suivantes : Nous serons remplie des biens de ta maison , le saint lieu de ton palais , sont dessinées par le ciel et la terre remplis; par la pyramide grenier de Dieu CO ^ et par son palaistemple précédé de l'obélisque tel qu'il étoit élève devant les temples pour annoncer , comme la pierre dressée par Jacob , un lieu saint , la demeure de Dieu.

L'admirable en équité est aussi bien figuré par deux lignes horizontales et parallèles parfaitement droites , et par ces trois points d'un , plusieurs et aucun y manifestation du point ^^ , que nous avons déjà vus représenter le merveilleux et l'admirable dans plusieurs exemples accumulés. Le terme de l'original, noraoth , qu'on traduit aussi terrible, désigne proprement ce qui excelle en quantité , le

expression de Grcgor. de Nazianz. de Theol<^. t. In sanctis virtutibns requiescere, et in cis velat inhabiiare, stdcn est , et soUum occupare.

(0 Job, T. a6. Matb. zni. m.

CO La cabale.

»ÈS HIÉROGLYPHES. i5i

superlatif, que figurent les trois points dans Tins* cription de Rosette ^ et le nombre trois dans les langues parlées* Aussi traduit-on Ps. xlii. 5. tan** tôt, je passerai dans le nombre, tantôt^ dans le couvert admirable CO.

V* 6é Exaucez-nous , 6 Dieu notre Sauveur, ou salut, notre espoir jusqu'aux confins, est exprimé |>ar la pierre de salut , soit rocher, soit talisman ; dont on traduit le nom hébreu , Sauveur ; par le contour de Fœil , auquel est attachée une ligne qui désigne ailleurs le son de la. voix , comme on le voit , diaprés une expression hébraïque } par le scarabée exprimant le nom salutaire du Créateur^ par deux plumes , les ailes de Dieu sous lesquelles on espère ^*) , les plumes qu'adoptent ceux qui espèrent en Dieu C3),dont l'image les accompagne ; par les haches enfin qui séparent et désignent les séparations des terres , les limites dont le nom dans l'original dérivé du terme , couper , devient par une inflexion le nom d'instrumens tranchans, comme une hache.

La suite de l'expression des confins de la terre et des longues extrémités de la mer paroit être combinée , comme dans d'autres exemples , avec

CO Ployez Dcui. xviii. 8. xxviii. 69. Num. xy. (*) Ps. xci. 4. 1.X1. 8. 5.

(0 Qui antem sperant in Domino , aMomont pennas «icat aquils.

r5» ÈE L'ÉTUDE

les images du Seigneur ceint de puissance , ^ui a^ fermit lés montagnes, et apaise }e tumulte de la mer, le bruit de ses vagues , ce que renferment les versets suivans du Psaume. Car le caractère des limites est suivi du joug ^ de la ligne droite qui signifie, Seigneur'^ du caractère des élévations et des liens à quadruples nœuds inclinés ou mêlés ; d'un oiseau dont le nom hébraïque est le même que celui par lequel l'original désigne la mer CO, et à qui on a donné une longue queue; du serpent enfin et de l'aigle, les symboles du Seigneur Dieu, à qui se rapporte ce tableau des élévations et de l'étendue de la mer. La colonne suivante d'hiéroglyphes répète, avec un joug In-isé, le caractère de la bouche ne renfermant que cinq points, comme on diroit la voix sans joug , effrénée et désordonnée de la mer. Le Seigneur qui est ceint de plénitude de pouvoir , est représenté ensuite par une ceintiure , par le caractère de plein et par celui de pouvoir, dérivé du symbole linéaire d'un maître. Les termes hébraïques de l'original ont les mêmes rapports avec les noms d'une ceinture et d'un maître.

y. g. Les peuples troublés qui demeurent à l'extrémité de la terre , et qui craignent et respectent les

CO Schindler Lezicon, p. ^65» oii il cite ce yerset, et les obsenrations du professear Norberg tar la noayeUe trada«- Uon suédoise de la Bible , p. 84.

DES HIÊROGLÏPHES. i53

signes Je Dieu, sont représentés par unhoiame asAÎs et adorant au milieu des caractères du trouble et du globe terrestre avec saborne^^), dans un groupe qui commence avec les signes de Dieu , et se termine par le caractère de sa crainte et de sa gloire. Ces signes , connus par l'inscription de Rosette , sont les images ou noms de la divinité maîtresse des élémens , de toute chose. La même inscription a fait connoitre l'oiseau , symbole de celui <{ui craint Dieu et le sert, qui garde l'emblème de sa gloire et de sa louange \ lequel en est un , en même teinps^ de la crainte du Seigneur CO.

Le lo». verset : Vous avez visité la terre, vous l'avez abreuvée et comblée de richesses multipliées, qui auroit été mieux rendu par les termes d'agriculture adoptés dans le langage des mystères et de la Bible, est développé par des hiéroglyphes qui leur sont analogues. Le serpent qui figure Dieu, et la charrue qui rend fertiles les terres incultes , y précèdent le caractère de l'élévation et celui du nombre répété , qui, représentant des nombres accumulés sur des nombres, répondant au terme de l'original , synonyme de dix , du complément des nombres. La main du Seigneur armée de l'instrument qui creuse des sillons , forme ensuite un caractère semblable à. celui qu'on a vu ex}H*imer 1%

(0 Inscr. de Rosette.

C*) Timor Domini gloriâ et gloriatione. Ecclei. i. TA.

i^ PE L'ÉTUDE

mot prescrire y' -parce que graver et creuser ûflé fosse , ou des sillons, sont synonymes en hé^ breu CO • que cette dernière valeur est déterminée par la charrue , et qu'il s'agit ici des sillons dont il est parlé dans le 1 1<*. verset comme étant coa-« verts des moissons que représente le jet de papyrus , première nourriture des Egyptiens.

Le fleuve de Dieu , rempli d'eau , et les provisions de nourriture dont la mention est deux fois répétée dans le verset suivant , sont représentés par le vase , khali , du nom du canal distributeur des eaux du Nil CO , et par la note de l'unité de Dieu un ; par les caractères de la carrière et de la plénitude du fleuve qui inonde la terre jusqu'à jBon extrémité , et que figurent leurs caractères répétés du neuvième verset 3 par les pyramides greniers de Dieu , et par l'oj'seau à grosse panse qui est bien nourri.

L'annéeque le Seigneur a couronnée de sa bonté est principalement désignée par lapériode de temps aux trois divisions des saisons ; par la couronne qui est posée dessus , et qui est en forme de cœur, suivant l'usage C^) ^ par l'aigle et la pâte droite

(0 Zacliar. m. 9. a été également tradait, fôdiamfo' peam et cœlcAo sculpturam»

(') LeChaldéen traduit, fontaine de Dieu qui asasoorCe dans le ciel : comme il a e'té dit du Nil.

(') Inscr, de P.osciic, lig. i3. N". i5. Caylas,T.T.p!.8.

DES HIÉROGLYPHES. t55

d*un oiseau figurant le Seigneur qui la pose ; par les nœuds de l'instrument de compte , qui , dans l'inscription de Rosette , dénotent la munificence royale.

Les versions varient sur la valein* d'un tenue traduit : champs remplis d'abondance, grands chemins , chariots , etc. L'hiéroglyphe le rend par cepulvinar^ lit Ou trône des dieux , sur lequel on portoit leurs images dans les processions, et qui, par-là , rappeloit les nuées qui forment le chariot de Dieu. Il est placé entre l'instrument de compte , le grenier , la mesure pleine , ou le vase de multitude traversé de deux lignes , et l'oiseau gras que nous avons déjà vu. Ce dernier lie au groupe précédent de caractères celui qui suit du i3*. verset, et qui , par cet piseau , par une main qui porte le bâton pastoral , et par une autre chargée des dons du Seigneur auprès' de l'instrument qui les dénombre , figure les porcs engraissés. L'enclos figuré parle caractère modifié de la parole , qu'on a vu dans la première colonne , est désigné par le même mot hébraïque composé des lettres d b r, qui dans le quatrième verset du Psaume représente cette parole.

De la même manière , les images que présentent les derniers versets, des collines ceintes d'allégresse, ou de sauts [ exitltatio] ^ et qui , avec les vallons remplis de froment , retentissent d'hym*

iS6 DE L'ÉTUDE

nés , sont presque toutes exprimées par lé» syrifboles que nous avons dé}à vus dans les endroits correspondant de ce même texte : par la ceinturé et le caractère de rélëvation autour du thjtse et du sistte qui annoncent la joie ^ la danse et les chants des féters religieuses ). par la main qid, auprès du dernier , indique la lyre todchëé , Thymne prononce; par tout le même groupe enfin , qui f dans Itf troisième coloûne y figure les sillons couverts de moissons^ Car, sillon, fossé) vallon , tout creux a Un même caractère. Noitf avons jugé superflu de relever les emblèmes connus de Dieu, entremêlés dans tout ce texte, qui lui est adressé; ou le sens spirituel que les Pères de l'Église ont assigné à ces images d'agriculture , et que nous verrons bientôt constaté par de grands tableaux du labour devant Dieu t par la grande parole du sens mystique que les interprètes anciens dé l'Écriture sainte opposent à la petite parole du sens littéral.

Les rapjports que nous avons saisis justifient, sans doute, un rapprochement. Mais ce qui se res^ semble n'est pas le même ; et nous allons prouver combien peu nous le prétendons , en rapprochant de même la suite du papyrus du cantique de la résurrection y qui suit immédiatement les Psaumes que nous venons d'examiner : quoiqu'il ne puisse fournir qu'un moyen de réunir dans un ensemble ,

DES HIÉROGLYPHES. iSj

Bt de grouper , ^aprës ses vingt versets , les détails de ce graRjd iéible^u de la résurrection^ que figuroient les mystères de Afitliras ^^^, du jtenfier tiela vicj de ^office des mystères , auquel Fhymiie précëdent sembla avoir servi de pièce d'ouver-^ ture, récitée peut-être dans le vestibule du temple,

Il commence à la partie inférieure du papyrus ^ par le tableau colorié qui est placé après le cantique déchiffré. Des trois parties de cette espèce ^e titre-page, la supérieure renferme unjiomme et une fenune assis sur le caractère de la terre. Portant sur leur tête une de ses régions , d'oii s'é^ lève la louange que désigne la plume , ils élèvent les mains en acte de bénir , de célébrer et de chanter le Seigneur , ou son nonx placé entre eux. Le tout exprima l'exhortation du Psalmiste : Chantez le Seigneur , vous tous habitans de la terre. Le nom .qui représente Dieu est celui qui renferme tous les noms; car il retrace le chapelet primitif du faisceau des cordelettes , dont le grand noyau est le caractère commun d'un nom et du ciel, et dont les neuf fils , chacun ^ vingt-un points lumineux correspondit aux. 1 8g chapitres d'Horapol-- Ion, représentent la rosée de lumière que verse ce ciel ; la parole qui devient lumière , xiyty (pt0zu>iif % la doctrine ^ue figure le ciel versant la rosée, en hiéroglyphe comme en caractère^ chinois , et dans

(0 Tertttlliaii. de PraBcript. c. 4o.

i58 DE UÉTUDE

le langage de la Bible CO • la doctrine vivifiant^ et entière achevée par les quatre points sumumé* raires qui, distribués sur les ti'ois fils des extré* mités , rappellent le nom caclié de quatre lettres comnie manifesté parnod les autres. C'est la rosée que nous avons vue inonder les morts dans les bandelettes de Kirker , et que célèbre Isaîe , dans des versets commentés par Tertullien CO , oii il parle de la résurrection des morts, dont les os sortiront de la terre comme l'herbe que £iit croître la rosée. On reconnoit lé motif analogue à celui qui a fait tracer les Koua dans les tombeaux des empereurs de la Chine , pour lequel on a suspendu le faisceau de tous les noms rappelant Dieu à l'ea- \cée de la voie de la vie , à la tête d'un tableau de hi résurrection , puisqu'il en forme comme une image sacrée , et que , placé au miHeu de chanteurs , il peut exprimer avec eux le titre même de cantique de résurrection placé près du Psaume.

(0 Horap. i. 37. Dent. zxzn. 3. Ecdesiasdc. zxxix. Sg; Je mot Mëixeu yarah , plaie» doctrine. Un caractère chiaois de savant est compose de ceux de ros^e^ ciel , homme.

0) De Kesurrectione carnis-, c. 3i. Isaïe, xxvi. i9> Virent mortai tni« interfecti mei resargant : expergescimini et laudate qui habitatis ia polvere : qoia ros lucis , ros taosi «t terram gîgantom detrahes in rninam. Voyc^ aussi Isaîe, xirYi. sartont y. i4* Ossa yestra qnasiherba germmabunt; «t Osée Ti. 2. 3. xiT. 6. Ero quasi ros Israelîi germinabit qnasi lilium.

DES HIÉROGLYPHES. iSq

Le Psalmiste répétant son exhortation trois

fois, et relevant la circonstance du nom qui

6gure Dieu , ajoute ; Psalmodiez la gloire de son

nom, rendez sa louange glorieuse. Le tableau Lié*

roglyphique , divisé en trois parties comime le verset

du Psaume , répète dans la seconde ce que la pre»

miëre a déjà exprimé , mais par d'autres sym*

boles. Des Cynocépales , représentans. de toute la

terre , y élèvent les niains pour bénir et çélelirer

le no;ai céleste exalté , ou exposé au milieu d'eux

par un esprit, soit celui qui soutient le ciel, soit

celui du défunt qui en exalte le nom , en pré*

sentant l'image de la gloire du nom. Nous voyons

que la troisième partie la plus relevée de Texhor-*

tation, quoique déjà exprimée en général , est

encore particulièrement indiquée par la troisième

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