IV. t
i7« DE L'ÉTUDE
et je la rechercherai : c^est que f habite dans la maison de V Étemel tous les jours de ma vie , pour contempler la beauté de C Étemel, .et visiter soigneusement son palais. Car il me cachera dans sa tente au mauvais jour , etc. ^0. Les ruinet d'£l Ouxor, Mëdinet Abou, Gornouet Carnac , qui sont vraisemblablement celles des quatre templesprincipaux de Thëbes , dont parle Diodore de Sicile , paroissent conserver lés noms dTJxoréus , fils de Sésoslris, de son përe ou bien de Thëbes , d'Or-no , habitation , ville d'Apollon C*) , et de Tliarnac , enfin , célèbre dans le roman d'Hélio* dore C^). Mkis nous n'y chercherons pas les cent portes si fameuses de chacune desquelles sortoiC un nombre égal de guerriers et de chariots , et que le même historien ^f^ insinue n'avoir été au« très que les cent stations militaires et de cavalerie établies le long du Nil, depuis Thëbes jusqu'à Memphis. C'étoit là la Thébaïde entière , ou la haute Ég3^te, qui portoit jadis le nom de The* bes ^^) , et dont les villes , comme la ville du soleil et celles de la Palestine, ne pouvoiçnt guère avoir d'autre nom générique que celui de portes ,
0) Ps. xx"vn. 4. 5. Exod. xxv. 8.
CO ApoUinopolisy nom de trois yilles diverses. ' (0 On dérive ce nom da dieu Mars et de l'esprit de la lune, de Phar, qui lui| comme on phare ^ et nac, bnit.
(O Diod. Sic. I. 3o.
CP Herodôt.
DES HIÉROGLYPHES. f^i
par lequel on les désignoit dans le discours et àxt^ê récriture ^0, Nous observerons que l'esprit symbolique a fixé les dimensions du temple de Jupiter 1400 pieds de long, 35ô ou quatorze fois vingtcinq de large , et dix fois cette étendue , ou 35 00 pieds de circuit; aussi-bien que celles«des plafe^ bandes de quatorze , vingt-cinq et quarante pieds de longueur , ou le nombre de douze fois douze colonnes C^), répété dans l'Apocalypse. Les nonur qui , dans la même vision , sont placés sur les colonnes et sur les fondemens du temple , y sont tracés à Thèbes conune ailleurs; et nous avons dqà cité les tableaux d'actions de grâces , les danses j les génuflexions , ou les travaux dans la Voie des bienheureux qui conduit à Dieu.
Les ruines du Memnonium dont on a une des-* cription dans Diodore de Sicile, éveillent un in-* térét plus généralement partagé, et qui a engagé plusieurs voyageurs à les rechercher dans des endroits différens. L'immense statue assise, de pierre de Syëne , la plus grande en Egypte , et qu'en expression hébraïque ^3) on peut bien dire bâtie phitôt que sculptée , indique , par ses ruines inamovi-
(0 UvKeut «Aiflc , irtxit ikmnhrSf» Diod. Sic. 1. I. c. g6. p. aoT. Iliad. A. ii. Gen. xxii. xg. zxit.6o. Deat. y. i4« Xyi. i8. Ps. IX. i5. LxxxTi. I. Math. xti. i8.
(O Denon,PI.4o. W«. a.
CO AEdificare «utuas. F'ojei Spencer, 1. c. p. SgS.
t7a DE L'ÉTUDE
blés , et par son pîed même détaché , qui , depuis Diodore , ne semble pas avoir changé de place , l'emplacement du monument décrit par cet au* teur CO. L'inscription dont il parle faisant men<-* tion d'Osymandias, roi des rois, auteur de grands ouvrages , répond bien aussi à celles dont on a des parties copiées dans P^orden et Denon. Car les premières sculptées sur les épaules de la statue contiennent les caractères de roi , et de sa terre ^ ou la terre de sainteté , le dominateur , le roi du monde , dont le nom est encadré par le serpent entier roulé sur lui-même p qui désigne un roi de toute la terre ^^^ , et qui a donné lieu à la fable asiatique sur les deux serpens rongeant les épau^« les d'un conquérant. Il paroit que le prophète Isaîe ^^) fait allusion à cet usage , ainsi qu'au caractère de la clef du Nil , lorsqu'il fait mention de la clef et du dominateur mis sur les épaules » en y joignant différens noms augustes ou divins. Une autre inscription sur le bras , copiée par M. De* non CO , qui y a soupçonné une dédicace , et dont l'emplacement indique les œuvres pour sujet, parle en effet de la maison que l'excellent ado«*
O) Denoii,PL46.N». I.
(*> Hbrap. 1. 64.
(') Ch. iz. 6. zxn. ai. Job, z^xi. 36, Ursirnu, L «w t. T. 1. yi. c. ao.
WPl.ii8.N«.7,
. rateur du Trës-Haut , le roi des rois ^ a consacrée au nom du soleil et des dieux , et aux cosmocrates dont les Égyptiens , suivant Damascius , comptoient sept pour la partie-inférieure , et autant pour la partie supérieure du monde. Ce sont les esprits des planètes qui ont également obtenu un culte et des tem-
. pies chez les Arabes, les Persans et les Indiens CO , et qui présidoient probablement aux sept grandes divisions de l'âme du monde. La figure toute divine qui représente le roî, exprime ces attributs dé pieux, bienheureux et auguste , que les empereurs romains avoient empruntés d'Egypte. Dans son corps en forme de colonne , si , et dans le caractère qu'il tient de tout , mendès , on trouve le surnom ou titre de Simandes , n:iaître du monde : ou Osymandias avec l'article o , qui , ajouté au nom de Si« rius , en formoit Osiris , et qui est représenté peutêtre par le cercle de sainteté et d'excellence qui couronne la figure. Ce genre de conjectures n'est pas encore appuyé de preuves positives.
La statue de la reine que nomme le même auteur , paroît être celle qui est couchée par terre, à côté de la première. C'est donc ici qu'on doit chercher les autres détails qu'il décrit : ce qui n'empêche point qu'on n'en trouve de semblables à peu près dans les différens Memnonia, temples
CO Schaiûtani dans Hyde^ de Vet. Relig. Fers. p. lor.
de la mémoire , monmnens des fils de FAm^ôre ^ ou de la résurrection ^'^ , qui ont porté ce nom à Suse et en Syrie , dans la Palestine et dans la. Troade ^'^ , et qui , construits en Egypte sur un même plan , dévoient avoir les mêmes parties^ Car l'histoire des dieux , le taHeau du ciel étant le modèle commun de l'exposé historique des hauts faits de plusieurs rois, leurs fastes ont en effet des analogies qui les ont fait confondre entre eux et avec les dieux. Peut-être aussi des actions semblables , on un privilège tel que celui qui , refusé à David , fut accordé à Salomon , autorisoient les héros seuls de là religion , de même que les Gazi , vainqueurs des infidèles chez les Ottomans , à consacrer de certains édifices a la Divinité, et à leur propre apothéose, ou adoption parmi les héros' de Téther ^^). On voit du moins les rois de Damas, Ader et Azaêl, oints du Seigneur , et fondateurs anciens de temples , obtenir à ce titre les honneurs divins de la Syrie ^4).
(0 Luc. XX. 35. 36. Uli yerô qui digni hahebantur sœcuîo illo et resurrectione ex mortuis — filii sunt Dei ciim filii sunt resurrectionis.
C*) Diod. Sic. Philostrat. Joseph. Strabo.
0') Voyez Herodot. n. i lo, sur remplacement d*nn monument que les praires d'Egypte refusoient à Darius } et Orid. Fast. ii. Temploram posîtorcs.
(0 Le dernier avoit e'te oint roi de Syrie par Élie. i. Rcg. XIX. x5. i6. — a. Reg. tizi. i5. Joseph. Anûquii. a. a.
Quoi qu'il en 8oit| nous rapprocharons des des* criptions de Diodore ïes détails qui leur ressenw l>lent, sans nous astreindre aux lieux et k des applications positives. Dans les ruines de Médinet«* Abou , voisines de Menmonium (') , nous croyons donc voir une bibliothèque ayant pour inscriptiou au-dessus de l'entrée : Pharmacie de Vdme ^^ s .exprimée par le symbole ordinaire de l'âme , et par un vase qui continue de servir d'enseigne de pharmacie. Cela est dWtant plus vraisemblable, que les emblèmes des principes purs, des tetes chauves, au nombre des vingt-six membres d'Osiris', environlient cette entrée , conoune Jes images de toutes les divinités d'Egypte étoient proches de la lÂbUothéque du Memnonium. Le nom de médecins de rame et des péchés des hommes, que Platon C^ et Diogëne^^^ donnent aux philosophes, semble, à la vérité , indiquer des matières philosophir|ues comme le sujet principal des livres de cette bibliothèque; mais d'autres sont indiquées sous ces titres uniques que cite Moïse , du Usfve des guerres du Seigneur et du livre de ValUance ^5) ^ par un roi sous les ailes protectrices de la Divinité , qui ,
CO Denon,P1.45. a.
(0 *T«rpfMr 4«;t"f* ^^ mannscrit bebreu de R. Joseph Monbrier pone ce titre : Tsori Harmephech^ (^) In Protagora.
CO Dans Lucien.
CO ]^m. jju. i4vEzod. xxir. 7.
i:« DE L'ÉTUDE
malgré la même protection , en tue un auCre , comme le faisoît Memnon^^O , qui , sur la muraille d'un coté de cette entrée , enlève des spolia opv» ma , tandis que celle de l'autre coté est décorée d'un tableau de paix et d'alliance contractée. Le ciel, la nature avec toutes ses parties, et les grands faits de la société , le contrat social , la paix et la guerre , annoncent donc encore sur cette façade de bibliothèque , tout ce dont pouvoient traiter les livres qu'elle renfermoit. Le souvenir des premiers'essais de l'écriture sacrée est également conservé dans la représentation d'une défaite , par un homme renversé sous un autre qui lève son arme contre lui ^ et celle d'un contrat par deux hommes qui se donnent la main, dont l'un en habit relevé , et décoré du bonnet militaire.
Sur d'autres planches des ruines de Carnac ^*^ , cil M. Denon a aussi reconnu le style informe de la plus haute antiquité, nous voyons des rapports semblables 9vec les descriptions de- Diodore. Un foi y est représenté sur une des. murailles extérieures de la partie de l'édifice qui servoit à l'habitation royale , ou de celle qui , précédant le temple sépulcral, servoit de dépôt au cercueil des rois avant l'enterrement, et conformément au rituel funéraire , à la proclamation des hauts
0) Denon, PI. i33. N^ i.
(0 Id. PI. x33. N«. 3.
faits , des actes de pieté et de justice qui pouvoieiit le leur mériter CO. Dans l'esprit des institutions d'Egypte , ce souvenir de leurs gestes devoit être perpétué dans le lieu même oii ils avoient été annoncés de la sorte. Quoi qu'il en soit, on y voit le prince monté sur son char de gloire .^'^, et armé de toute pièce , de la javeline aiguisée et du carquois rempli C^). Le Seigneur le protège comme des oiseaux volans ^^^ , en étendant l'ombre de ses ailes sur sa tête , dans le jour de la guerre C^) , en étendant ses ailes sur lui comme la poule (^. Car Toiseau du Seigneur y est mis en parallèle avec la poule de Pharaon , en étendant comine elle ses ailes sur le roi. Il paroît que les Orientaux ont emprunté de cette image l'idée de l'aigle royal , Homai^ d'oii dérive le titre houmajoim^ auguste , heureux et excellent , parce que l'ombre faite par cet oiseau en volant sur la tête de quelqu'un , lui est un, pronostic certain de fortune et de grandeur. — Le char du roi des fois , maître des dominateurs , de l'auguste et bienheureux adorateur de N. N. , est environné de lOjOOo et
(0 Diod. Sic. I. 7a.
(0 Jsaïe, XXII. 18.
Jerem. li. 11. ai.
(O Isaïe, XXXI. 5.
O Ps. CXL. 8.
(y> Madi. xxiii. 37.
i^S DEL' ÉTUDE
10,000, d'une multitude qui monte comme un fleuve (*^ au nombre sacre de cinq fois vingt-ciaq, ou 125 cohortes. C'est ce qui est dit dans l'inscription autour de ce char , oii Tarmëe est représentée comme celle du ciel, par un chien , ou les nombres sont marqués par des chiffres tels à peu près que les arabes , dont Yilloison a démontré la haute antiquité, et 011 dix et dix pour vingt est une manière de compter chinoise et hébraïque , particulièrement employée dans un chant de triomphe ^^^ , qui , à la mention du char , des chevaux et des dix mille multipliés , ajoute celle du grand nombre de captifs que Je vainqueur enunëne. Ce sont ici des €he& et des soldats asiatiques vaincus et garrottés qui précèdent le char. Au-dessus de leurs têtes et de celles des chevaux , ornés à l'ancienne mode ^^ , une nouvelle inscription encadrée par cinq Hgnes, montre l'armée qui a eu le dessus , divisée en «pâtre parties , comme celle du ciel , et , suivant un usage adopté aussi par l'armée d'Israël , sortant quine ; c'est-à-dire , armée d'Egypte C4). Les fils du roi qui la commandent [ Sésostris en avoit
(0 Isaïe, T11I. 7. 8. Jcrcm. li. 4^- xvii. a. et xlvi.'7. 8. Qtiîs est iste, qai qaasi flumen ascendit? — iffîgyptas fiuminis instar asoendit.
(*) Ps. Lxyni.
0) Judic. Yiir. ai. ^4. 36.
(O Num. XXIII. 10. Exod. xm. 10. Quiaî. Qa intaii. armes.
quatre] , sont désigné» par les pluxnes qui déco^ rent.des che& , et par le symbole de fils, une oiex Tarmée est représentée, dans les mêmes quatre jcolonnes , par un chien et par un de ces insectes destructeurs formant la grande, armée de Dieu , auxquels Job compare les chevaux CO.
Dans un autre tableau fruste C^) , on voit lei chevaux du roi qui combat au premier rangC^), qui brise et disperse devant lui des chevaux et des hommes de guerre dans l'épouvante et tomr l>ant percés de coups ; qui brise les vieillards , les enfans , le laboureur et les bœufs qu'il mène ('i^ 5 qui va attaquer la forteresse , le château du lis. C'est le nom que la Bible donne à la ville de Suse C^), nommée, d'après les fleurs de Us^Suz, qui croissoient dans les environs C^) , et qui étoient plantées peut-être auprès de ce palais sépulcral , porte de résurrection CO , Memnonium C^) des rois de Perse , dans le même esprit que de pareils
(0 Joël. II. 35. 4* S^P* ^^' 9* Jerem. li. i4* 37. Job. xxxix. 30. Apocal. IX. 7.
(0 Denoii,Pl. i33. N*.a.
(') Diod. Sic. 1. c.
(4) Jerem. li. ai. 3a. a3.
(*) Dan. vni. a.
(F) Athe'nëe , 1. xn. Stephan. in Zwn.
(0 On peut traduire ainsi le mot , Suster.
(') Herodot. t. 54< TH.. 17. Strabo> xv.p. 3^. Paosan. Messen.p. 375.
i8o DE L'ÉTUDE
palais d'Egypte sont couverts ie Us d'eau- Ce nom est exprimé par une fleur de lis énorme à. côté d'un château et d'une porte , dont l'ancien nom persan et égyptien , ter^ achevé le nom Sus*ter , toujours subsistant de cet endroit. Le conquérant qui se rendit maître de ce château , en acquit le surnom , ou titre de conquête , que prenoient plusieurs rois d'£gypte, et dans les monumens des Ptolémées comme dans ceux d'Osymandias.
n devint Së-^Suster , maître de Suse , Sesostris , Sesosis y Susennes , Susàkim , nom qui signifiant encore , en arabe , maître de Suse , constate la valeur de ces variantes , parmi lesquelles est Sesach ou Susach , tantôt le nom d'un roi d'Egypte , tantôt celui d'une ville babylonienne que Marscham a prouvé être Suse. Son château, comme celui qui étoit représenté dans le Memnonium dont parle Diodore , et comme celui que nous examinons , étoit environné de marais (0. M. Denon nous l'apprend sur ce dernier; et les plantes aquatiques qui l'environnent comme un bois , indiquent d'ailleurs , dans le langage de la Bible C*) et d'Homère C3) ^ cette eau sans laquelle elles ne peuvent croître. On a aussi observé que
(0 Plin. 1. VI. 37. IX. 27. Dan. vm. a. 3.
0) Job, Tiii. 3. XL. 16. In medio junceti.
CO Torrentem Tocat sylvam corpoream. Damascîus, qui fait d'Homère un £(^ptien.
DES HIÉROGLYPHES. iSi
J^rémîe , en parlant de la prise d'une ville fron-»^ tiëre , qu'on croit être Suse y désignée par tout ce qui distingue cette ville , ses eaux , son temple, le dépôt des trésors , son nom Sesach , d'un roi d'Egypte , etc. , et en employant des images telles que ce tableau -en offre pour modèle aux peintres à venir , fait aussi mention du feu mis aux marais, dont le nom est commun aux roseaux CO. Mars-^ ■cham C^^, qui fait ce rapprochement, applique à Suse le tableau d'une ville assiégée dans le Memnonium de Thèbes } et cette contrée a porté , en effet , le nom de Bactriane ^^^ , applicable à tout l'Orient , que désigne aussi le lit d'eau, et qui dans la Bible se prend pour les Mëdes et les Perses.
De pareilles -images et expressions consacrées de la langue symbolique auxquelles les écrivains hébreux font allusion C4) , rappellent les sentinelles consternées et criant sur cette tour de garde , dont une des inscriptions fait mention d'un roi pasteur ou gardien de la terre ; d'une armée semblable à celle du ciel , et qui part comme l'oiseau C^) devant une autre qui monte comme le fleuve ; d'une
(0 Jerem. lt. 3t. Sq. ^t.
0) Canon. Chronic. p. 49^* 6o7* CO Frdret, Mcm.de TAcad. des Inscr. t. tt. p. 6ii. CO Iaaïe,xxi.6.8. Jerem.LT. I3. i3. i4* i6.P8.cxxtii. r; (0 Osce, XI. II.; et le tabUaa américain du combat de Mojxiréal, ci-desfw.
i89 DE L'ÉTUDE
garde émule de Toîe du Gapitole , qui vieîlle Je nuit comme le gardien ^'^ de l'enceinte immortelle des astres. Dans l'autre inscription , i>n voit le roi du peuple ^ semblable à l'abeille -, dont l'œil gardien veille sur la maison , ou le sanctuaire qui a rendu Suse si célèbre , qui étoit vénéré de tous ces peuples ^'^ , ou qui corrompit toute la teire (^« Consacré peut-être par ces descendans de Cbus, fondateurs des institutions égyptiennes , dont Chusistan porte le nom , il a pu ofirir aux rois d'Egypte l'objet d'une ambition religieuse dans le titre Laliphal de possesseur et gardien de la ville sainte et de son temple. Les obélisques de Sésostris et d'autres monumens donnent lieu à cette coït* jecture.
Un nouveau tableau ^^^ montre le roi toujoun sous la garde du Seigneur qui le protège , conmie vne poule ses petits ^ous ses ailes , comme la poule de Pharaon qui plane seule sur ce roi. Il semble présenter devant le trône de la Divinité ses cap« tifi , conduits comme des agneaui qu'on va égor-» ger C^) , et qui, par la manière dont ils iontpû^ ^ roUre en haut leurs bras de revers • avouent
(0 Oie, symbole de gardien. Plia. X.
(•) Pl«i. VI. 37. IX. 27.
0) Jerem. lt. a5.
(O Denon, PI. i33. N*. 4.
CO Jerem. lu 40.
DES HIÉROGOPHES. i83
^'ils ont a|[i en rebelles CO ^ tels que Fétoient les Bactriens, suivant Diodore.
Selon le même auteur , des mains coupées « comme on en voit dans un tableau historique d« Medinet-Abou CO, indiquoîent, sur une seconde muraille du Memnonium ; que les captifs conduits par le roi vainqueur avoient agi en lâches , comme s'ils ,n'aVoient pas eu de mains. Dans le même endroit , le roi parolt sur son char engagé dans le combat C^^ , et célébrant ensuite son triomphe en offrant des bœufs aux dieux : de même que sur une troisième muraille du Memnonium, suivant Diodore. Un objet majeur et religieux semble toutefois être indiqué y dans ce tableau , par les épis que coupe le roi en moissonnant le fruit de ses travaux , à la suite d'une image de l'âme d'Osuris ^ d'un Apis porté en cérémonie ^ par les deux CMseaux qu'il présente à une manière d'aïutel , et dont l'un est relâché , comme , chez les Hébreux > l'un des deux boucs présentés devant le Seigneur, le grand jour d'expiation C4) • par la procession so^ lennelle oii l'on porte, entre autres symboles des dkux, des -éperviers et deux chiens, qui dési<*-
(0 'Br x*'p* 6«ipMY«rj««. Nam. xt. 3o. In brachio elato adverso : caractère de rebelle dans rinscr. de RoieUe , lig. 7.
O) Dcnon, PI. 134. N>48. 49. 5i.
(OId.Pl. i34.N«.4o. I, CO Le 10 septembre.
gnoient , suivant Diodore de Sicile , la double recherche que faisoit Isis , tantôt d'Osiris , tantôt d'Orus , noyé par Typhon : ëvënemens tragiques qu'on rappeloit par ces comasies , ou processions commémoratives , aux symboles universek desquelles Clément d'Alexandrie assigne, au reste ^ d'autres valeurs aussi justes. Le roi qui marche ^derrière le bœuf chargé du joug; qui, sur la main pure de justice , présente du parfum à l'image d'Osiris , qu'on n'exposoit au public qu'une fois Tan; les libations qn'H verse sur l'autel devant cette image, d'oii se relèvent les fleurs repré« . sentatives du jour nouveau , de la vie nouvelle | qui doit être l'objet du sacrifice ; les mêmes fleurs répétées devant cette image et devant celle du Dieu du jour , portée par vingt-quatre représentans des heures et des puissances de la nature; des vases ou bien des cèdres, emblèmes des justes ressuscites qu'on porte entre l'une et l'autre idole : nombre de détails assignent à ce triomphe un ca« ractère religieux qui peut se rapporter à l'apo^ théose memnonique. Il est remarquable par les différens ordres qu'il présente des prêtres, stylistes, sacrificateurs, chantres, chanteuses etenfans du Seigneur ^'^ , des scribes sacrés chargés de livres , des prophètes et ptérophores ou^ portehonneurs des dieux , qui sont chargés de bâton» (0 Puer DoxainL Ps. xtu. ku titre.
DES HIÉROGLYPHES. i«5
surmontés de plumes , ou d'un parasol de plumes, d'une gloire, La marche se termine par des militaires , et par ceux qui portent le marchepied des dieux et leurs gradins aux quatre degrés des éléxnens.
Il est également intéressant de rapprocher ces détails de la procession des nègres à l'initiation des rois de Juida y de celle des Indiens portant l'image de Yischnou CO , et des descriptions des pompes religieuses égyptiennes qu'on trouve ^ans Athénée , Diodore de Sicile , Clément d'Alexandrie , Apulée , et Macrobe surtout , qui parle de l'image du soleil transportée de l'Héliopolis d'Egypte à celle de Syrie , et portée en procession sur un brancard par des hommes de la première distinction , qui , la tête rasée , comme les prêtres d'Orus et d'Harpocrate , s'étoient rendus dignes de cet honneur en se préparant à 5a fête par plusieurs jours d'abstinence ^*X Cet auteur nous a conservé la prière jaculatoire que les théologiens adressoient au soleil tout-puissant, dme du monde , lumière du monde et force : formule conforme aux Fragmens Hermétiques C^) ^ ainsi qu'à la définition égyptienne que Pytha-
(0 Abraham Roger, p. aa3. aa6.
O) Macrob. Sai. î. 23.
Vj Hitrtif yàp xv|i»( x«« UU »«< myn Ha) («mi xm J^4^( juù fS( ft«jpi8i )mù frft0^«. (£dip. t. 3. p. n. p. 507.