‹ Les Indiens des États-UnisChapitre 15 sur 24 · IV · texte numérisé non relu

IV

sentantyclans un cercle ou une boule, sons une ligne perpetidiculaire , et un autre cercle, les lettres y?» ^ e,m, de l'ancien alphabet égyptien , forme aussi , avec le nom nân du second vase , le nom de Memnon. L'autre ovale portant le caractère d'un pasteur , 5o , et l'oiseau othis , dont le nom grec est vraisemblablement emprunté de l'Egypte, offre , avec le sens d'un sage gardien de la terre , tel que Sothis au ciel , ce nom Sothis de Sésostris , à qui des contem2X)rains de Pausanias CO attribuoient une statue de Memnon.

Nous relèverons , à cette occasion , une inscription dt ceinture sur le torse d'une autre statue colossale en marbre blanc placée en dedans du grand édifice de 6arnac ^O , remarquable , entre autres , par une de ses salles à cent \fingt colonnes. Elle ne . contient que l'expression si fréquemment répétée de gloire à Dieu le bon , le père : les trois attributs principaux de Dieu , suivant Maxime de Tyr, et Hermès qui observe que le premier comprend toute chose représentée par les figures du soleil et des dieux , lesquelles entrent dans ce nom, ici et partout. Le poignard que soutient la ceinture sous ce nom 9 devoit être porté en sa gloire , et en être protégé.

Parmi d'autres fragmens d Wcriptions , ou de

. XO Atdc. c. ^2, 0) Dcnon,?]. ii8. N*. a.

DES HIÉROGLYPHES. igS

tableaux symboliques recueillis à Thëbes, les plus remarquables présentent des offrandes de differens genres, faites à la Divinité. Dans l'un d'eux , sur le sanctuaire de Carnac ^0 c'est une libation à Osiris , faite pour obtenir la vie nouvelle, figurée par la fleur de lotus , dont trois tiges forment le chambranle de la porte qui précède celle de ce sanctuaire. Dans l'intérieur du temple d'El Ouxor ^'î , un roi est représenté sous la protection divine, ou, en style de chancellerie ottomane, couvert des ailes de la grâce céleste et de l'assistance divine ^^X Portant la queue d'animal à la manière des prêtres de Poulou , et comme une créature de Dieu , il lui fait des sacrifices , et toujours pour que sa fleur se relève parmi les cèdres. Derrière lui , on voit que ce maître du bas monde , de la terre d'Egypte ou du veau , Sothis qui illustre le monde, qui le remplit de sa gloire, se présente devant la divinité en toute pureté, sa tête élevée sur un bâton , pour figurer l'esprit séparé du corps , ou plutôt la demande d'être délivré de cette prison corporelle. En bénissant Dieu , ce roi prononce ce qui est écrit aurdessus de Tautel : force et gloire [ trois fois, comme dans les

(0 Id. PJ, 127. N». «o.

0) Id. PI, ii3. N». 7.

(') Leure de Mouradiii, dans le TàbXé&n, de r£mp!ie Ouoman, i. 2. p. a^i. 8°. .

prières persanes ] , honneur à Dieu , le saint et un, le fort et toujours vivant dominateur du ciel et 'de la terre , diversement définis. Des deux boucliery qui raccompagnent , Fun renferme son attribut d'excellent adorateur du cercle, de l'éternel ou du soleil. L'autre ovale porte le nom de Piroumi , garde-drapeau de Tôt , ou chef de la tribu , du peuple d'Hermès. Les recueils des Arabes qui , ea traitant des hiéroglyphes en lettres alphabé-» tiques , en ont formé plusieurs suites correspondant aux lettres de leur alphabet, pourront seF-« vir à l'éclaircissement de tous ce* noms et surnoms.

Dans un tableau du grand temple de Carnac CO^ Anubis , le Seigneur de l'espace , vient devant les (rônes d'Osiris etd'Isis pour apporter à Orus , nouveau né, le globe du soleil oii il doit étabUr sa demeure : comme cela est marqué dans l'inscription devant cette déité.

Il est plus difficile de saiisir hors de l'ensemble de ses accompagnemens le sujet du tableau sculpté dans rintérieur du portique du même temple , oU des dons sont également offerts à la Divinité ^'\ St c'est des revenus des mines que parle Diodore , et auxquels les symboles pouvoient se rapporter, il paroît toutefois que ce fait seroit représenté sous les images des découvertes d^Hermès présentées à

0) Denon,Pl. 127.^^3.

0) Id. PI. la;. K«>. 5.

DES HIÉROGLIPITES. i^

Osîris. Peut-€tre sont-ce ces découvertes elles- Biémes qu'on rappelle : celles des poids et mesures et des lettres d'oiseaux, que Tinrenteur à genoux j>résente à Osiris , mais qui sont représentées sous les grandes images de celui qui mesure les eaux dans sa main , et qui, la tenant étendue, a pesé les cieux ; qui pèse les montagnes et met les collines dans la balance; qui a ftidéTeSprit du Seigneur, qui lui a donné conseil. — C'eslt ce que les Egyptiens ont dit d'Hermès, et ce que le prophète Isaïe CO semble leur reprocher dans un chapitre remar-* quable , dirigé contre les fausses représentations qu'ils se faisoient de Dieu , quoiqu^il leur eût été annoncé dès le commencement.

Une scène d'ânes près de la crèche ^*^ qui est sculptée dans une grotte, et qu'on ne peut supposer burlesque, appartient vraisemblablement au rituel des prêtres , qui « au sacrifice du soleil commandent à ceux qui veulent connoître Dieu , de ne pas porter de bagues d'or sur leur corps, et de ne point donner à manger à l'âne C^) » t de ne point nourrir les passions chamelles , et de ne se point laisser surmonter par elles , comme l'un des ânes tâehe de monter sur

(0 Ch. XL. Rom. I. i8. 19. 33. Rom. 11. 33.

•<0 Dcnon.Pl. la^. N*. 4.

O) De Is. et Os. c. 38. L'islamisme a cotueryë , dans le sens littéral, le premier de ce» prcceptec.

le myste en nudité religieuse CO, L'âne qui con^ noît la crèche de son maître ayant été proposé pour exemple à Israël qui ne connoissoit pas le sien ^'O , il a pu aussi donner , dans d'autres tableaux , la même Jeçon aux Egyptiens. Le sens de l'âne auprès d'une corde semble être éclairci par Diodore de Sicile et Pausanias ^^).

n L'image d'un homme à genoux ayant les mains derrière le dos et l'épée à la gorge ^^ » , qui étoit la marque du sceau des victimes , et dont Plutarque fait mention à l'occasion de l'âne dans le chapitre même que nous" venons de citer, pairoît être rappelée par un autre fragment de la même planche. On peut l'expliquer dans l'acception qu'avoit ce sceau , et dans le sens des victimes en général^ dans celui des songes oii la mort et la décapitation pour des exilés comme nous le sommes ici-bas désigne leur délivrance C^)^ par la décapitation d'Orus , ou bien, dans le sens plus mystique

(0 Voyez Caylus , 1. 1. PI. xxix. N®. i . ci-dessus.

CO Isaïe, I. 3.

(0 Tffr /f «fpi rèr «for /uv0oiroii«f ^%mw%cu %>Mtm xeak tat» meaiyvftt f «Afxorrot /au uU àf/pot *fX^ cx^im /Aaxfùft mMAt i"' U m luto^tf xwtTvt T« «rXfxé/ciirop* Diod. Sic. i. 9^. Himtintu fim

r^rp^oir/ii. Pausanias, x. 29.

(*) Denoh, PI. 124. N<*. 2. Groupe sonvenc répi'Uî dans les tombeaux des rois de Thèbes.

0) Cardan, 1. c. p. 10 1. 207.

et tout Égyptien que Manës a donné à la décapitation de saint Jean (0.

Les ruines connues de Thëbes n'offrent plus à notre examen que l'entrée d'El OuxorCO, dont la forme dififérente des propylées couverts des tem-* pies , et dont les murailles , chargées , des deux côtés, de chars, de chevaux et de combattans , indiquent déjà le sujet des colonnes de gloire , des deux rajrons de lumière qui en représentent . un grand.nombre , et qui forment une gloire autour de cette porte triomphale. De même que les obélisques érigés devant les édifices uniquement consacrés au culte , ou multipliés dans le même esprit autour des sanctuaires, pour correspondre aux quatre colonnes dont parle Josephe C^) , ou aux ailes des chérubs qui couvroient l'arche de l'alliance ^^ ^ ceux-ci annoncent la gloire et les grandes actions d'un roi , sa justice qu'il fait briller aux yeux du peuple, et sa présence dans sa demeure , qui est aussi celle du roi du ciel , ou il est présent dans son saint lieu, et oii il fait demeurer ceux qui n'ont qu'un même esprit C^X Mais ce genre de mo-

CO Origen. contr. Ceisum, I. 4< p- 189.

0) Denon,Pi. 5o.

(0 Aotiquit. 1. m. c. £». Tertîa tabemaculi pars quœ in-' ter quatuor coUimnas continehatur, sacerdoiibus inaccessa , coelum quodammodd repraseaubat uni Dco çeposiium.

0) 1. Rcg. viii. 6.

(•) P». Lxvm. 6.

Page 1