OXFORD
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numens âont plusieurs savans se sont occupés , ne pouvant être utilement soumis à un nouvel examen avant d'avoir été rappelés à leur principe , nous devons le rechercher dans la source de toutes ces institutions , dans l'âge pa^triarcal et la tradition des premiers pères qu'on observoit religieusement. C'est là qu'on voit leurs modèles élevés par Osous ou Seth , dont les colonnes y suivant Sabel^ lius et d'autres savans , étoieût des obélisques portant des inscriptions en hiéroglyphes ^ et par un de ces patriarches fondateurs des peuples que vénéroient tous ceux qui, dans l'antiquité, cultivoient les sciences, secrètes ^0. Jacob , qui posa une pierre sur le tombeau de son épouse, et' qui en dressa d'autres dans les endroits oii Dieu lui avoit apparu , éleva un de ces monumens dans le champ oii il s^étoit endormi f la tête appuyée sur une pierre. Là, il vit en songe une échelle appuyée sur la terre, qui touchoit le ciel , et des anges de Dieu qui y inoptoient , et qui en descendôient , pendant que le Dieu de ses pères, qui étoit au haut de l'échelle, lui parloit , en lui promettant la terre cil il dormoit , à lui et à sa race , qui multipliera comme le sable de la terre , qui s'étendra à l'orient, à l'occident, au nord et au midi, et en qui toutes les tribus de la terre seront bénies. Je serai avec
CO Origen. I. «. 1. ly. sect. ly. § 3.
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vous partout où vous irez; je vous ramènerai dans cette terre , et ne vous quitterai point que je n'aie accompli tout ce que j'ai dit. Jacob s'étant ;éveillé de son songe , s'écria : Certes , l'Éternel est dans ce lieu , et je ne le savois point. Que ce lieu est terrible ! dit-il dans sa frayeur ; c'est la maison de Dieu , la porte du ciel. S'étant donc levé le matin, Jacob prit la pierre qu'il avoit mise sous sa tête, et rérigea en monument, répandant de l'huile dessus , et appelant cet endroit la maison de Dieu. Il fît aussi un vœu en disant: Si Dieu demeure avec moi , s'il me protège dans le chemin par lequel je marche, et si je retourne heureuse-» ment dans la maison de mon père , Jéhovah sera ttion Dieu , et cette pierre que j'ai dressée ea monument sera, la maison de Dieu; et je vous offrirai la dîme de tout ce que vous m'avez donné. ^- Après avoir fait ce vœu , Jacob se remit to chemin , et acheva heureusement son voyage.
Conformément à ce récit , on nous apprend que le premier obélisque d'Egypte a été élevé à la suite d'un songe, par un prince devenu aveugle) -que les autres ont aussi été consacrés d'après des vœux qu'ils rappel oient, soit avec des idées religieuses , soit avec les immenses possessions des rois , et la part qu'ils faisoient aux dieux des richesses acquises dans les expéditions militaires , d'oii ils re-« tournoient heureusement dans le pays de leurs
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ancêtres ^*X C'est là pour des concpiérans ce qui est appelé pain et véleiuent dans le style pastoral du berger patriarche , dont les espérances ne laissent pas d'embrasser la terre et toutes ses nations j et lorsque ces colonnes triomphales célèbrent les actions du Créateur au nom de la nature , l'existence -qu'il lui a donnée , et le bien-être qu'il lui conserve , sont également ce vêtement et ce pain. Devant la maison éternelle sépulcrale , la maison de ses pères et de ses dieux qui demeuroient avec lui , un chef de peuple éleva de même de pareilles annonces de la présence de Dieu dans sa maison , la porte du ciel ; de pareils témoignages de sa pieuse gratitude envers les dieux et de sa justice envers les hommes. C'est le témoignage sur la vie des défunts qu'on récitoit à leur enterrement , en le répétant sur leur cercueil : celui qu'Osymandiasvouloit se donner par ses offrandes aux dieux , représentées dans son monument CO ^ et que contenoit également l'inscription de l'obélisque , de l'autel-colonne qui fut consacré , dit-on , par le très-ancien roi de tous , Osiris , aux dieux ûnmortels , à l'esprit et au ciel , à la terre , à lanuit et au jour , et au père des êtres qui sont et
CO Plin. xxxYii. 5. Strabo, xrn. p. 1171. Diod. Sic. 1. 1. c. 57. 59. Ammian Marcellin. 1. xvn. c. 4* Tertullian. de Spcctaculis , c. 8.
O) Diod. Sic.
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qui seront , Tamour : en souvenir de sa vertu , règle de la vie CO.
Nous croyons devoir traduire ainsi , puisqu'on voit plusieurs obélisques rappeler les préceptes des mystères accomplis par les princes, pour l'exemple des peuples ^ et conformément à cet autre , qui ordonne de faire luire votre lumière devant lés hommes , pour qu'ils connoissent vos bonnes actions et célèbrent votre père qui est au ciel. C'est là le but des tableaux de ces actions légales , qui , de même qu'à Mexique , forment le texte des lois. On a donné le nom shélé des obélisques moindres aux briques babyloniennes dépo* sitaires d'observations astronomiques CO , comme aux tables de loi de Moïse , hautes de dix à douze coudées ^^ , et représentées sous la forme de petits shélés plats , à sommet arrondi , tels que les deux tables accouplées sur le haut de l'obélisque de Barberinî et ailleurs. Ce législateur ordonna d'élever de grandes pierres pour y inscrire toutes les paroles dé la loi ^^\ Josué en éleva douze en souvenir du passage du Jourdain , et une autre en témoignage que le peuple d'Israël avoit élu Jéhovah
CO Theon Srayrn. de Musîcai c. 47« P* i^i* ^nÛMi m «ArU
0) Joseph. Aniig. t. a. 3. riA«< ix jta/it». Plin. Tii. 5. 6; CO Hist. Univers, i. ïi.'p. 299.
(0 Deut. xxTir. 7.
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pour son I>ieu y avec qui il avoit contracté un pacte ^*^ : ce qu'annonçoient aussi la pierre de Ja« cob , et l'obélisque élevé en Egypte au nom de Jéhovah , suivant la prédiction d'Isaïe. Apres une victoire obtenue > Samuel dressa la pierre de secours en disant : Le Seigneur est venu jusqu'ici à notre secours C^X La défense répétée aux Israélites d'élever des pierres figurées d'adoration , de spéculation , de direction , d'observance ou de repos 0^^ , avoit pour motif l'abus qui les consacra au soleil et aux dieux , et l'erreur qui dans ces maisons de Dieu y annonces de sa présence , adora une présence réelle : erreur qui s'est perpétuée depuis le beth-el de Jacob et les betheels répandus en Syrie , jusqu'à l'obélisque que Julien demanda aux babitans d'Alexandrie.
L'institution primitive de l'un et des autres n*en étoit pas moins innocente , et un de ces usages des premiers pères , religieusement observés , que Be* rose fait remonter jusqu'à la famille d'Adam. Il s'est conservé du moins depuis les patriarches jus* qu'aux mahométans de nos jours, qui font leurs prières auprès de pierres de formes pareilles , dres^ sées dans les champs , couvertes de noms de Dieu
(0 Josu^, iT. 3. zxiy. 37.
CO I. Reg. VIT. la.
(0 Lev. zxTi. I. Nam. xxni. 3a. xxzin. 5a.' Dent. xn. aa, dans les difierentef iraducûom ancicnnef.
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et de sentences religieuses/, appelées lieux de prière C'\ et servant à la même fin décrite dans le Lévilique ^*), ou qu'Appien assigne k des colonnes d'oratoires que Moïse auroit élevées au lieu d'obélisques , en plein air , et d'après Tusage de la ville du soleil y vers le soleil levant. Dans le même esprit , les Parses récitent l«urs prières en présence du feu, image de la présence de Dieu dans son tabernacle C*"^^, et que les rois asiatiques , aussi-bien que les empereurs romains , à leur exemple , faisoient porter devant etim en ngne de majesté (^X Par la flamme que représentent les obélisques , rayons de lumière , colonnes de feu, d'un nom commun avec les pyramides, ils annonçoient la présent? de Dieu qui se manifestent à Moîse dans une flamme, et aux Israélites dans des colonnes de feu et de nuée qui ouvroient et fermoient leur marche , qui leur servoient de couvert et de lu-
(0 Mezhah , titaliu , colonne , et statua dans Ta Vul" Çate, Exod. xxiii. 34 > signifie en chaldeen maison de prière, Num. xx.in. 3i.
(') Ch. XX VT. I. Neqne crîgetîs cippnm, sWe titnhiin [rvAH]^ oeqae ponelîs in cerrâ yestrâ saxum formatum , [ Aiter cw»\§ ] lit adoretur super ipsum. On Toit que la traduction grect{ue indique le Kéblé^ de même que la Sama-* ritaine , ad dirigendum,
O) Batteux, des Causes premières, 1. 1. p. 39.
O) Gurtins, 1. 3. c. 3. Ammian. Marcellin. 1. xxxii. He« rodian. Ursinus la Jod. 11. 3.
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iniëre CO. Sur le tabernacle et à ses portes ^*^, dans tous les lieux ou Dieu fut adoré, de telles colonnes annonçoient la même présence protectrice , et^a gloire dont elles portent le nom, et que désigne Tobélisque ^^) : la gloire du Seigneur , à la vue de laquelle Moïse et Aaron se prosternèrent devant le tabernacle , et qui ^e manifestoit à Sinaî sous l'apparence d'une flamme , d'oii Dieu dictoit sa loi ^'^^ ; ainsi que de la colonne de nuée C^) ^ sur la hauteur de laquelle la sagesse assise a son trône ^Q. A ces faits , ou à ces expressions , qui éclaircissent également les deux colonnes consacrées au feu et au vent par Ousous , comme devant le temple de Tyr , et les deux colonnes qu'un architecte de cette ville éleva à l'entrée du porche du temple de Jérusalem , on peut en ajouter d'autres qui exhortent à passer les portes , à préparer la voie .au peuple , et à lui élever des pierres ea drapeau , ou signe des promesses de Dieu ^7) • qui annoncent que le rejeton de Jessé ser^ exposé en signe ou
(0 Isaïe, IT. 5. 6. Sap. x. 17.
<0 Exod. XI. 34. 38.
CO Si qiiis aedificaTerit templum , 'videbltnr gloria Det. Ojrigcn. ia Ksaiam. Feu .et gloiie sont d'ailleurs ^aoDjmftk Menasscfa Ben Israël , conciiiaior, p. |65, *
C*) Exod. XXIV. 17. xxxiii.
CO Exod. xt. 34. Ps. xcix. 7.
(*), Zyrach. xxiv. 7^
(0 Isaïe, LXii. 10.
étendard devant tous les peuples qui viendront lui offrir des prières , pour indiquer que son sépulcre sera gloire ^0« qui parlent d'un autel nomme Dieu , mon drapeau 00, \Kous verrons bientôt des drapeaux , aussi-bien que des lampes désignant la gloire de Dieu devant les portes C^) ^ représenter , les obélisques sur ces monumens mêmes , autour desquels le peuple s'assembloit comme autour du drapeau de leur roi. Ailleurs les louanges sont annoncées , comme les jugemens et les lois , dans les portes C4) ; les entrées du Seigneur , qui sont des mandemens éternels , tandis que le sommet €st la source de la sagesse C^). Ces lois , le Seigneur les pose comme une lampe dans la voie de ses justes C6) j laquelle est resplendissante comme la lumière C^X C'est la lumiçre dé Jéhovah , dans laquelle il faut marcher C*) • la voie du Seigneur , où des chants s'élèvent, parce que la gloire du Seigneur est grande ^),
(0 Isaïc, «. 10.
(0 EIxod. XTii. i5. -^ ji?xa/tofio dans la Vnlgate ! dionisi, Dionyse, sairant Pluche, Hist.da ciel , p. i. p. x43.
(') llonor Dei crat lacerna prx foribus. TertuiUan. dsiU^ Ursiniis , Anal. Sacr. p. i. p. 809.
0) Ps. IX. i5,
C*) Zyrach. i. 4-
(*) Ps. XXIV. i3.
CO Prov. IV. 18.
(•) Isaïe , II. 5.
CO Ps. cxxxvin. H.
3oS DE L'ÉTUDS
Ces allusions y puisées dans des écrits contemporains des institutions d'Egypte y et conformes aux passages sur les obélisques que Zoega a recueillis, dans les écrivains profanes , nous ont paru suffi» santés pour éclaircir Torigine , les emplois divers, et les valeurs symboliques de ces monumens , qui , en éclaircissant à leur tour les images de la langue sacrée , confirment l'application que nous en faisons. Nous avons déjà vu , dans des pierres gra--» vées et ailleurs , des obélisques caractères de gloire^ de protection 'divine et d'hymne ^ d'autres chargés de l'hymne mystique des sept voyelles que réci^ toient les prêtres d'Abydos ^0 , et du nom de Jao ^ dont la gloire est célébrée par le personnage reli-. gîeux placé à côté. Un obélisque-amulette conter nant la fcnrmule qui est considérée conmie un résumé du culte divin : m Saint , staint , saint f M le Seigneur Sabaoth , la terre est remplie de sa M gloire 'f » nous a présenté y comme dans leur élément , les obélisques eux-mêmes, leur objet et le sujet général des hynmes inscrits sur ceux qui sont consacrés à la Divinité.
Un obélisque également noir , mais d'un pouce plus grand y et qui n'est point percé en amulette, . offre une formule aussi antique. Car ses quatre faces portent un honmie qui élève la main en invoquant le scarabée père des sphkres y placé
CO Demetrius de Phalcre.
DES HIÉROGLYPHES. iê^
au-dessus de sa tête ; deux autres figures humaines , chargées du sceptre , ou du glaive de la puissante I pt du sceptre de papyrus d'un père j une quatrième enfin , qui , en appuyant ses mains «ur ses hanches , soutient sur ses ëpaules deux jambes qui restent fermes de la sorte. Ces quatre images expriment la formule prescrite par Ethan Ezraite l'oriental , ou bien par Abraham , suivant le chaldéen et quelques rabbins. « Il m'invoquera : vous êtes mon père , mon^ Dieu , le soutien démon salut CO, n Elles répondent également à une autre , prescrite par Her«aës ^*) comme étant le résumé des qualités de Dieu père et créateur : attributs dont le premier désigne la puissance f de même que le nom hébreu du Seigneur. Le premier passage qui s'attache au symbole de l'appui dans Dieu , est plus conforme à la première face du monument offrant le Dieu invoqué , le créateur dont parle Hermès , qui toutefois s'étend sur la bonté de Dieu. Les caractères diminutifs linéaires qui environnent ces figures , et TempHssent la base de l'obélisque , sont du genre de ceux qu'on confond avec les caractères gnostiques, mais qui Boni des hiéroglyphes plus ou moins corrompus , , probablement tels que les employoït l'école de
CO Ps. xÉYin. a6. La Vulgate porte, smceptor salutis ; Taign tu ^jortitudo reJemptionis»
C*) Frugm. Uermet. 3Uy. 4*