IV. II
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gîons. Sothis , le roi clément du inonde , vaillant comme un cheval dans le' combat , L. M. N. , élève ce signe de sa piété immortelle envers les dieux , et des honneurs qu'il leur rend en don étemel , N. O. P. .
Plusieurs voyageurs ont dessiné l'inscription du fat qui se trouve sur une seule colonne de l'obélisque d'Héliopolis. Cet obélisque n'en a point dans son pjrramidion vide oii la divinité n'occupe point le haut de Péchelle céleste , ou ne l'occupe que d'une manière invisible : il ne porte pas moins la dédicace qu'en fait le roi nudtre de la période de trente années [ Litt. A. C. dans la copie de Kirker , QEdip. t. 3. jp. 333. ] , le maître de la terre de sainteté <, à qui soient abondance et béhescht / car ce vani persan paroit être rendu dans le cadre par la caille et l'hémisphère supé* rieur du ciel ; à moins que cette dernière ne. soit le caractère^ du substantif dessiné dans une trop forte proportion B. Suivent les caractères connus du père et roi de tous , avec les noms du soleil créateur qui descend sur ses œuvres ) du misérî* cordieux et bon qui veille sur la terrer de sain-* teté et 4'2Lbondance ; du fils du soleil , le roi nu«séricordieux préposé aux hommes , ou llionunft auguste, G. D. £. F. G, lf« I. Le sceptre cou» ronné de la tête de l'oiseau Rachama , et le carac-^ l^e de l'homme y Isch , rendant ce sens à la tête
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au nom royal inscrit claïf^ un cadre , semblent indiquer Ramisch , Ramesses qui avoit élevé des obélisques, et dont une ville voisine portoit ce nom y que nous avons vu conservé sous la même forme aux Indes et à Remischwara. Les autres caractères de ce cadre diffèrent si entièrement dans les copies, qu'on ne peut pas s'y arrêter. Le triplé oiseau qui détruit les serpens d'Egypte , ou peut-être le fameux Simourg-Anka , que les Per*sans caractérisent ainsi, et les symboles sui-^ vans, tous connus, désignent ensuite ce roi comme de^ructeur des ennemis de l'Egypte ; qui dirige de tous côtés les canaux de ses eaux^ qui rend fertile la terre de sainteté et d'abondance. Il paroît qu'il faut combiner de la sorte la charrue avec la clef du Nil et de la terre posée au-dessous d'elle , pour former cet attribut ^d rend fertiles les terres incultes , assigné à Dieu dans le code religieux des Parses , mais à Sémiramis , dans l'inscription de son obélisque rapportée par Polyëne ^^^ , oii il succède \* itout comme ici , à l'attribut de celui qui dirige le cours des fleures à
• CO L. Tin. c. a6. La tradition arabe y est conforme poar les inscriptions des obélisques d*Égy^pt6| surtout pour Texemplè que M. Langlès , dans 9eB notes sur le Voyage de I9orden , a tiré d'Ibn-Ofeîr : nioi Cbed-Ad le fort , qui fais fleurir V agriculture , qui plante des poteaux , qui bâtis des Tilles , qai rassemble des armëes, qui élèye des colonnes ^ qui réprime les rebelles , etc«
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son gré CO ^ et à la dëfinitîoii de l'empire êe cette princesse. Nous verrons dans la suite l'applicatioii religieuse des mêmes caractères.
L^obelisque de Ramessës répète dans cet endroit , et avec le signe de la piété , le nono. du soleil créateur descendant sur ses oeuvres , à qui le roi élevé la colonne du soleil , le signe de sa souveraineté bien exprimée , dans la copie du Norden , par le caractère de l'élévation et une colonne y ou peut-être le Pschent y qui , à côté du soleil , sont posés sur une main étendue , audessous de laquelle est tracée une base : il l'élève au temple , ou avec le temple de tous les dieux et le tabernacle R. S. , qui se trouvent l'un et l'autre dans la copie de Kirker , prise vraisemblablement sur une autre face de l'obélisque que celle.de Norden. Dans les différentes copies , l'inscription se termiiie ici par les caractères du roi toujours vivant , qui fait briller sur la terre la justice qu'il a observée dans sa vie , X. Y. T. ' C'est la conclusion de Hnscription d'autel dê\k déchiffrée et imitée de celle d'Osîris ^'une formule ntiquequenous avons vuesur plusieursobélisques. Kkker a publié séparément un ouvrage sur le petit jobélisque, dit de Minerve , trouvé dans l'Ision de Rome , et qu'on a cru être un ouvrage romain , À cause de sa sculpture non achevée. Se$ <') Ployez auMi Job, xxxtqx. ^5,
DES HIÉROGLYPHES. a^S
copies , dans cet auteur , semblent être aussi imparfaites , et varient jusqu'au pyramidion qui est vide dans une copie , etoccupé dans les autres par le scarabée. Nous ne ferons que peu d'observations sur celle qui est la mieux gravée à la page i4) en suppléant à ses défauts par les caractères qu'on retrouve dans les autres. L'épervier, ou l'aigle posé sur une table , qui diffère de toutes celles que nous connoissons , est environné du sceptre de la clémence et du serpent suspendu sur un bâton en forme de tau ^ de même que Moïse le suspendoit . devant Israël. On peut lire ces symboles et les suiyans jusqu'à la fin : « Le Seigneur , l'auguste couronné de majesté, de pouvoir et de clémence ; le roi clément , salut du monde ; le père et roi de tous, au très-haut; le bon qui réside au ciel, au nom dieu miséricordieux [qui , dans une copie à la tête de l'ouvragé , est représenté par un grand genou plié autour du nom du Seigneur ] : qu'il monte au ciel en l'escaladant, le roi fort ; que ce Seigneur soit réuni aux quatre sources des êtres , les élémens premiers ; le Seigneur de la terre, de la montagne des élévations; le roi qui a créé les signes de gloire pour briller sur la terre } le saint et toujours vivant Seigneur de la région des sources , » qui paroit avoir été la Haute- Egypte. Cette dernière partie de l'obélisque , depuis les caractères du roi fort , est répétée dans
un fragment que Kirker a vu près de Saint- Ignace à Rome , et dont il d<mne la copie dans #e même ouvrage y p. i34> B.
Dans la copie du premier, à la page 789 ou le py* ramidion est occupé par le scarabée du soleil crëa;teur, père des sphères, auquel Tobélisque est consacré , les preiiiers caractères communs aux deux copies sont suivis de ceiix du Seigneur, le Seigneur, fils du soleil , le f<»rt toujours vivant , le roi juste et pieux toujours vivant , qui , au n<nn du soleil défenseur, du soleil créateur qui laboure et fertilise les eftux , monte au del pour se réunir aux quatre élémens premiers. Le roi de la terre qui , semblable k Pabeille , préside à l'une de ses rëgions^, est encore désigné par l'cHseAU de Minerve, ou le Sotbis toujours vivant , représexËtant Sésostris ou quelque autre prince qui a pu porter ce nom de Sothis. L'inscription se termine ensuite ^mme la précédente.
Le Myle d'épitaphes de Tune et de Fautre, et qui exprime du moins le vœu en vertu duquel Tobélisque a été élevé , se trouve éclairci par les idscriptions de Toheliàque de Bénévent CO. Com>posé de plusieurs fragmens, dont quelques-uirs existent encore dans cette ville , et qui appartiennent peutrétre à deux obélisques divers , mais iSemblables , ce monument n'en est pas moins pré»
(0 Zoega^L c, p. 644*
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deux , surtout par sa partie inférieure. On y voit sur trois cotés, mais particulièrement sur le second, dans la copie de Zoega /cette figure nue de l'homme , qui représente son âme. En acte d'in- Yocation et agenouillée entre le lion couchant et le hon qui s'est levé , elle est accompagnée du sceptre pastoral du Sauveur élevé siot la tête du lion couché j des plumes par lesquelles elle honore Tohjet de son culte; des caractères de Télév^ation et d'Orus , Jupiter , Jao , soleil de justice , qui sauve des lionceaux l'âme qui l'invoque en lui élevant ces honneurs que la plume et l'obélisque désignent également.
La scène du planisphère de Tentyris, déjà expliquée , 011 Orus , nouveau-né , est élevé sur les genoux de sa mère , entre le lion levé et le lion couchant, fait entendre le sens profond qu'a cette image dans l'inscription du petit obélisque de Bénévent , ainsi que dans l'ùiscription du petit obélisque y 'çti\oyfifia , conservée dans le cinquante-septième Psaume de David qui porte ce titre ^ et qui exprime que Dieu a arraché son âme du milieu des lionceaux ; ajoute celle de l'exaltation de Dieu au-dessus des cieux , et de sa gloire audessus de toute la terre. Dans l'obéUsque et au* dessous du tableau précédent , on voit l'âme qui exalte et célèbre Dieu en élevant une main : Ter querre, caractère de Dieu et celui de la gloire.
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la colonne de lumière, rangés en file aU'^ dessus des sphères célestes , de la clef de toute là terre , et du caractère de rëlévation. L'inscription de ce côté de l'obélisque se termine ici avec la moitié da Psaume, dont le dernier verset répète cette exaltation de Dieu. Il en est ainsi sur le premier côté de l'obélisque : l'âme qui Fexalte , ou l'idéal de l'exaltation , y est placée au-dessus du comble da ciel 5 et le caractère de Dieu , au-dessus des murailles de la terre habitable , et d'un homme qui élève ses bras en carré , qui fait des élévations avec l'offrande de louange et gloire que repréiscntent le vase de parfum et le sistre ou la lyre placés à côté de lui.
Après ces rapports, saisis au premier coup d'oeil , on devine sans difficulté ^ue l'oiseau placé vers le sommet de l'obéliisque , très-diflFérént de tous les autres , doit être celui de la miséricorde invoquée dans le premier verset du Psaume , avec la mention de l'espoir sous l'ombre de ses ailes : car , sur le second côté , des caractères idéaux d& l'âme , une certaine croix , la croix dans un cercfe à côté d'un cube, l'équerre d'Orus, le caractère de Dieu à tête d'épervier, et celui de l'article dans, expriment la confiance de Tâme qui se repose en Dieu , suivant le premier verset du Psaume. Une manière de clef du Nil renversée , ou le Tau sur l'ovale du ciel; qui semble désigner
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la matière qui prédomine y et qui est placé sur deux jambes en marche vers une borne, ou co^ lonne figurée, conune dans l'inscription de •Bosette, par une massue^ laquelle repose sur une base d'obélisque : tout cela semble répondre à l'expression du Psalmiste dans le second verset, .swrle Havoth qui passe. On a traduit de différentes manières ce mot don^ on ne sait pas précisément la signification , mais qu'il ne faut rendre par iniquité que dans le sens relevé que nous ye^ nous d'indiquer.
Ces caractères sont suivis de ceux du Seigneur du ciel , placés au-dessus des sphères et des triangles rectangles y. symbcrfe^ de l'univers , et ensuite d'un bouclier sacré , qui renferme ce scarabée , père des sphères , dont on a reconnu la haute valeur dans le planisphère de Tentyris. Il est élevé sur un sanctuaire : la figure qui invoque lève vers lui son bras , et un obélisque de gloire rangé en face du sceptre du Sauveur. Le Psalmiste dit : « Je •crierai vers le Dieu très-haut, vers le Dieu qui a .été mon bienfaiteur, ou qui me venge, qui me récompense, qui achève en ma faveur; car la valeur du terme n'est pas plus déterminée, et le chaldéen porte: qui a £ut venir son araignée pour •faire sa toile à l'entrée de. ma caverne : » expression fondée sur un de ces mythes auxquels les symboles ont donné lieu ^ et qui parait éclairck
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par cet endroit de l'inscriptioii , aussi-bien que le terme hébraï<pie , et cet autre passage : <c D a envoyé du ciel , et il m'a délivre. »
La miséricorde du Seigneur et sa vérité , iion»-^ mées ensuite , sont bien représentées par une base, par le caractère de la vérité , la clef du Nil, et par cette fiole ou aspersoir qpii/ dans le Papyrus-Cadet, désigne lé pardon que Dieu accorde. Il est ici posé sur un autel que remplace son éqoi*valent, un vase dans la répétition inférieure du tableau : répétition qui, si elle n'est pas due an hasard de là recomposition de l'obélisque avec des fragmens, pourra indiquer la véritable valeur du mot sela , qui se trouve dans le texte hébraïque, et qui répondroit alors à un bis. Quoiqu'il en soit, le second tableau , dans la partie mférieure de l'obélisque, qui est toute d'une pièce , est suivi îm-médiatement , et de même que dans le Psaume, de la représentation de l'âme sauvée des atteintes des lionceaux.
Le premier cÂté de l'obélisque ne diffère du se-* cond que par quelques variantes toujours employées dans l'expression symbolique , et dont quelques-unes ont été relevées. Parmi les autres , la plus remarquable est une manière de soleil, oti astre rayonnant qui, sur cette &ce , ainsi que sur la quatrième , remplace la clef du Nil dans son acception de vérité. L'aspersoir , symbole d'expié
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tîon et de miséricorde , «st remplace , sur la troisième face, parle sceptre de clémence^ et sur la quatrième , par deux sceptres pareHs placés audessus du ciel 9 tandis que le soleil de vérité apparoit au-dessus d'un caractère de la terre : le tout paroissant exprimer le treizième verset du Psai>me qui dit que la miséricorde de Dieu est élevée jusqu'aux cieux , et sa vérité jusqu'aux nues. Sur la troisième face y les lionceaux ont disparu pour céder leur place à deux scarabées , caractères de Dieu , au milieu desquels l'âmie reçue est figurée par le signe de réception parmi les Dieux , la croix grecque qui, avec le cercle dans lequel elle est renfermée, forme le caractère de l'âme du monde et de rame humaine.
Au-dessus des lions de la quatrième &ce , on voit , rangés sur deisx files , le caractère deFéléva* tion , le sistre , l'obélisque , la plume, la mitre , le vase de parfum , tous les symboles et instrumens de la célébration de la gloire de Dieu , que le Psalmiste accumule également dans les versets lo, II et 12, oii il annonce qu'il va chanter, oii il inr« vite le luth, sa gloire à se lever, et oii il élève les louanges du Seigneur au milieu des peuples , qui se trouvent être les deux lions , entre lesquels sont rangés les seuls caractères des honneurs éle vés à Dieu, L'âme n'y parent plus; et , suivant l'usage , les lions réunissent à la représentation des
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animaux ou peuples célestes , de tOFUt ce qu'ils signifient dans le planisphère de Tentyris, une représentation égale des objets correspondans dfe la terre. Le sens rélevé et différemment appliqué des sjm:boles ne peut qu'imprimer aux textes hiéroglyphiques une sorte d'immensité 5 et ce vague qui a fait appliquer également à des ennemis terrestres ou spirituels d'un roi, les expressiims du Psaume même que Tobélisque rappelle. Le cas est le même pour le 60^. et pour le 108^. composé des deux premiers ; pour tous ceux qui portent le titre d'inscriptions de Stèle; on ne sait point s*Us sont des épitaphes , des chants de triomphe ou de pénitence; mais que les commentateurs et les traducteurs, depuis le chaldéen, ont cru être composés pour être gravés sur des colonnes. Deux • deis Psaumes cités parlent formellement de conquêtes , et dans une même suite de versets , dont le double emploi Indique des formules consacrées , probablement très-antiques , 'puisqu'elles ont servi de modèles aux Égyptiens qui , de même que le Psalmiste, ont transposé des parties sans les changer. Le mélange de sujets et l'obscurité qu'on y r^ marque, se conçoivent facilement pour des inscriptions d'obélisques, par la nature des symboles et des monumens de triomphe élevés avec un esprit .religieux dans ces maisons étemelles y temples royaux ^ monumens du règne des princes et de
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kurâ victoires , où le triomphateur espeVoit être délivré de toutes sortes d'adversaires; oii Ton celebroit également ses triomphes sur les ennemis de sa couronne et de son âme; oii Ton chantoit les mêmes hymnes à sa mort naturelle et à sa mort au monde comme initié.
Cette manière d'embrasser le ciel et la terre , Fesprit et la matière , la nature et la société , d'un seul et même coup d*œil , constituoît la sagesse d'Egypte, elle-même si célèbre, dont on avoît atteint la perfection et le secret de la Table d'È» meraude, lorsqu'on avoit saisi tous les rapports et les similitudes du haut et du bas. C'étoît là la philosophie des symboles , cette philosophie égyptienne interprète de la nature des choses , qui , suivant Pline ^ avoît dicté Hnscription de l'obélisque de Sothis, ou Sésostrîs, transporté à Rom« et relevé sur le champ de Mars. On Vy reconnoit en effet, mais sous ce point de vue, et telle que la représentent Jamblique et l'ancien ouvrage sur cette philosophie comprise dans des noms de Dieu qui embrassent toutes choses , et dont l'intelligence les fait entendre. Elle fait aussi connoitre les de« voirs d'un roî^quî participe de ces noms augustes , inscrits 6ur les deux- colenn/es d'inscription de l'obélisquç, et applkpiés tantét à Dieu, tantôt au roi qui gouverne à son exemple, et /qui a «levé le
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monument à la gloire de ces noms et attributs de la Divinité.
Le pyramidion qui porte la dédicace au soleil créateur, ou bien au soleil éternel et à son image animée , met encore en scëne la Divinité et la piété du roi qui s'entretiennent , mais laconiquement , des bienfaits du Dieu et Aes actes reconnoissance du monarque; qui répètent le sujet de l'inscription d'obélisque traduite par Hermapion , le résumé' des discours de Dieu et du patriarche qui vit en songe l'échelle du ciel, avant qu'il dressât la pierre consacrée. En suivant l'excellente copie gravée dans l'ouvrage de Zoega , nous nous arrêterons d'abord au côté oriental de ce pyramidion. La Divinité assise sur un trône de juge et roi, y est dans le caractère d'Orus }e nu, et par conséquent le spirituel, l'invisible, qui ne se manifeste que par son gouvernement conservateur, par ses omemens et ses œuvres que désignent la mitre couronnée du sceptre pastoral , le collier, et la queue d'animal attachée à ses genoux. C'est là jque repose la miséricorde qu'on imploroit jadis en touchant les genoux de se^ juges. De ce siège de clémence, la Divinité fait connoitre ses œuvres à V amour et à la crainte de Dieu, à la piété, à laquelle elle accorde, en même temps , de gouverner la terre avec justice et grâce , ou joie, comme Hermapion a traduit la tête de
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huppe du sceptre à double symbole, que le Dieu présente au sphinx , ^vec le caractère de la terre. La protection divine étend ses ailes de poule sur le représentant de la sagesse religieuse du roi, rappelé lui-même par la base sur laquelle repose ce symbole , qui , en retour des bien£aiits re<« çus 9 offre au Dieu gloire et bénédiction : l'obélis* que qu'il présente sur l'une de ses mains, tan-* dis qu€ l'autre est levée en acte de bénir.
Cette offrande est faite par la piété du roi encore désigné dans l'inscription au-dessus du fipbinx, dont l'équivalent parmi les Hébreux, le cherub se prend aussi pour un oint et roi. Celle qui accompagne la divinité exprime ses attribut< d'étemelle céleste lumière de vérité, ou du monde , Dieu de rectitude qui monte au ciel CO^ ou simplement, échelle, de même qu'on a appliqué cet attribut à la Yierge CO • le Seigneur dont la puissance dirige la distribution de ses canaux d'eaux vers les quatre parties du monde, le ca^ ractëre desquelles est une modification de celui de l'âme du monde que Dieu distribue égale-»
ment C^). Aussi peut-on y appliquer cette image générique des bienfaits de Dieu , de son admi«
CO Qal coBlum ascendit j ascensor coeli.
(0 Dans Thymne grec en son honneur, par Jean, g<S^ mètre ; salve scala pohim penetrans et sidéra tangens^ (') liaïe, xvni. (o.
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nistration qui tout vivifie : image qu'on suppose que les écrivains sacrés de la Bible ont empruntée des canaux d'Egypte CO, ou du principal parmi eux , le khali qui distribue les eaux dans tous les autres, et dont le nom que les Indiens donnent au Nil même , est conmiun au vase qui figure ici ces canaux. Dans le haut, cette distribution a lieu lorsque la haute puissance de Dieu règle le cours des nues, comme on a traduit la conclusion de la bénédiction de Moïse CO, oii il nomme aussi le Dieu de rectitude qui monte au ciel pour le secours d'Israël; le tout dans le même ordre qui a été observé pour la formule patriarchale de bénédiction que retrace l'obélisque , échelle du ciel du haut de laquelle la Divinité ofire ses dons et sa bénédiction au roi , comme jadis à Jacob. La hauteur du ciel oii Dieu monte en les offrant, est figurée par l'échelle
même.
Au-dessus du sphinx , le roi dont il représente la piété est désigné , comme d'usage , par les attri« buts ordinaires de père et roi de tous, ou des deux régions; fils^lu soleil. Ces qualifications gé-
' .(0. Enu'e autres , Proverb. xxi. i. Divisiones aqnaram cor regû in manu domini. En maxime orientale, un roi sans justice est une ririèrc sans ean.
C*) Deut. zxxiii. 36. Ps. LXTin. 19. 34* I*AÏc> X'^* i^* ProT. XXX. 4* Mich. i. a. Sam. xxui. 34*
DES HIËROGIiïPHES. aS?
fiérales sont placées au*dessus de dewLffouches du Seigneur, cadres des noms et surnoms particuliers du roi. Le premier renferme des carac<« tëres semblables à ceux de Memnon , fils de l'Aurore; mais le caractère de l'Aurore et le vase qui représente le fils paroissant être remplacés par un aspersoir et par tm amulette , le tout peut figurer celui qui fait vœu au soleil son secours, qui en est le dévoué. Le second contient cette désignation de Sothis, ou Setboosis, que nous avons vue ailleurs. D'après l'usage , il paroit qu'il faut lire ces caractères dans une suite avec la grande figure du sphinx en prononçant , que sous la protection divine la piété du roi dont nous venons de lire les attributs, présente à Dieu bénédiction, et la gloire de l'obélisque pour faire luire étemelle^ ment sur la terre des sources , la vérité , la clémence et la justice , les bonnes actions du roi élevé , au ciel du mdtre des dieux, du roi de rectitude : conformément aux derniers caractères placés aùdessus du sphinx.
Lec6té méridional du pyramidion<.ré$iémKfe au précédent , k l'exce j/tion de quelq9^ Vïiriântes dans les inscriptions. Devant l'image de Bl^7's^n attribut de lumière éternelle du monde est'Iuîvi des caractères de cehii dont la marche est élevée ftu-dessus du ciel , et qui sont celui de l'élévation
et une jambe placés sur la section inférieure de la lY. II.
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sphère qvi désigne le ciel. A cette varûizrte cle l'échelle céleste qu'on a vue sur le càté méridional , succède le caractère du xnaitre des dieux; et dans la seconde ligne ceux du saint et très-liaut le Seigneur, le Seigneuri le tout-fusant roi du ciel en haut, et de la terre ici-has. Derrière Tima-^ ge sont les symholes de la lumière qui fait briller aux yeux des peuples célestes , et au ciel, la vérité, la clémence et la Justice de son roi , qui marche au-dessus des cieux, pierre de secours eéleste, roi des dieux.
Sur le càté oriental ,.robéltfque dans la main du sphinx est remplacé par la %ure de la contemplation religieuse possédant le royaume et hk sagesse, le monde et la vérité dont elle soutient le symbole commun sur ses genoux , tandis quesa télé porte,, en rhonneur de Dieu, la plmne de même va-> leur que Fobélisque, à la place duquel la piété offre à la Divinité cette image de Tadoration qui rhonore.
Le corps de l'obélisque est trè»-endommagé^ mais ses quatre faces roulant sur le même thème diversifié, et une d'elles conservant ce qui man-* que dans les autres, cm peut à peu près rétablir la formule du voeu du roi , l'hynme de dédicace qui finit comme il commence, puisqu'on voit le ta* bleau du pyramidion répété avec quelques va-* riantes au bas de la face orientale. Le sphinx re-^
présentant de la piété royale y est prînclpalemen.t remplacé par la figure agenouillée du roi luimême, exposant à Dieu sa nudité^ son âme dépouillée de passions qui le bénit et qui le célèbre. Car en élevant une main vers la Divinité , il lui présente de l'autre un pot chargé, soit de la plante représentative de tout sacrifice , soit d'une flamme qui est encore un équivalent de l'obélisque. Il lui présente aussi ses œuvres , ou l'aveu de ses péchés; puisqu'une queue d^animal à laquelle on donne aussi ce dernier sens CO^ est attachée à 5es genoui^. Dans l'inscription au-dessus de ce roi, un miroir rajronncmt qui constitue l'attribut d'un empereur de la Chine ^0, et dont le nom fournit celui d'un roi fabuleux de l'Asie , Diemschid , remplace les caractères de la lumière qui luit aux peuples*
La face méridionale conserve le mieux le texte principal de l'hymne ainsi commencé et termine» Il s'ouvre par le puissant dominateur des forteresses du soleil secourable , préposé à la terre de déclin ,' qui dépend de l'esprit sort^ de l'Éternel ; régnai^ la cinq cent quatrième année de cette ville , ou de cet empire du soleil. Car les cinq et Quatre fils ^ dépendant de ceux des centaines et des^unités dan» la copie des cordelettes égyptiennes , présentait
iO Not. m Origen. Job , p. 80.
(') Le monamfeiit de Si-ngoaDrla.. ,
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cette année y et une époque diôronologique qui pourra devenir utile dans l'avenir. Un des noms du pyramidien est placé ensuite , et on peut lire symbole par symbole : « Le dévoué du soleil au père et roi de tous , lé miséricordieux et Bon qui réside au ciel , le tout-puissant roi des hommes donne le drapeau ou signe de l'a piété et de la pistice observée par ce roi, Sotbis; Techelle de réternité vers le Sefgneur préposée à tous lès drapeaux des tribus, leur miroir resplemBssarU; le don du roi c[ni a fohd^lès honneurs du Seigneur, le Seigneur du ciel^^le signe de là piété'du dévoué du soleil, qui détruit les ennemis de l'Egypte, etc. » Ici là première" ligne d'inscription est effacée Jusqu'au bas. Ses caractères sont déjà connus. On voit que le drapeau a les mêmes valeurs diversifiées qu'en hébreu, et que les neuf réunis dési^ gnent les tribus despeupFes sur lesquels doit briller, comme un miroir resplendissant des vertus du roi, le monument qu'il élève de sa jnété et de sa justice. La valeur de piété de Taspersoir est constatée parla figure du pieux, auguste et parfait religieux qui le remplace auprès du second drapeau isolé.
La formule reconunence , au haut dé la seconde colonne d'inscription , par le même emblème du dominateur qui occupe ici un trône céleste , Sotbis qui élève Faspersoir^ le signe de la piété verdie
Seigneur, «piî monte au ciel, qui dirige le cours des eaux, le roi qui nourrit, le père et roi de tous : le don du dévoué du soleil, et' que fait ait seigneur soleil, au ciel prophète de réternel', aux seigneurs, le roi fils du soleil : qu'il Constitue en miron: resplendissant immortel des peuples et des. siècles qui* passent : en signe de piété, de vœux et oblations rendus à la puissance du seigneur des armées , à la puissance du roi clément du ciel , par Sothis qui détruit les ennemis de l'Egypte, semblable à une foulie de ces oiseaux qui en dé^ fruisent les serpens, qui dirige dans les canaux Je' cours dé ses eaux; qui Télève à là ntaison de Dieu en signe de la puissance souveraine de l'Éternel j ou du soleil. Nous traduisons ainsi le caractère qui , accompagnant celui de l'élévation et la sphère k la fin de cette formule de dédicace , est remplacé par l'obélisque même du soleil au milieu de la face orientale ,012 il est suivi de près du fils de l'ascension digne de la ré^rrection , l'immortel miroir resplendissant des peuples. Car ce caractère retrace la forme du Pschent dent se rêvétoient les rois à l'avènement au trône , en signe d'une souveraineté sur le pays semblable à celle de Dieu qui y étoit adoré , et dont cet empire ëtoit reconnu par des obélisques élevés à son nom. C'est là ce que nous apprend le prophète
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Isaïe ^'^ , en annonçant qu^ y aura im anf el et nn obélisque élevés au nom de Jébovah, au milieu de l'Egypte et sur sa frontière , et que ce sera en signe et en témoignage de la puissance du Seigneur des armées , qui sera connu de l'Egypte, et que les Egyptiens imploreront en revenant a lui , en l'honorant avec des hosties et des oblations , en lui faisant et en lui rendant des vœux^ On reconnoit dans ces expressions un exposé de tout ce que signifioit l'obélisque ^ ainsi que des^ voeux rendus et des actes de religion .^kercés au pied des .autels sublimes de ces colones de feu, et desquels celui même que nous examinons porte les symbo* les. On y reconnoit aussi un de ces témoignages non équivoques que dcmnent les écrivains de la Bible du culte du vrai Dieu connu jadis en Egypte^ partiellement rétabli à des époques di* verses, et consacré par tant de monumens oix nous avons retrouvé des firagmens du code hé-r braïque*
Nous allons en voir un nouvel exemple dans les plus grands des obélisques connus, ceux de Thebes qui se distinguent par une sculpture en re^ iief et en creux, et par un pyranûdion vide que n'occupe point le symbc^e de la Divinité à laquelle ces monumens sont consacrés. Le premier tableau
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prës de ce s<munet est toutefois celui d'un roi pieux , offrant à genoux des honneurs à la Divinité qui lui accorde de régner avec joie et grâce ^'^. Ces honneurs sont désignés par des plumes ^ synonymes symboliques des obélisques , qui , avec les caractères du très-grand dieu Osiris, ou lé fort f sont placées entre le roi et la divinité adorée à Thèbes, qualifiée comme telle par la tête de bélier sous laquelle elle se fit voir jadis , et qui est placée au-dessus de son image. De ' même que dans Tinscriptio^ d'Aélisque traduite par Hermapion, et dans le récit de l'échelle de Jacob, les dons réciproques vont être détaillés; et d'alx^rd ceux du roi dans la triple colcmne d'inscription au-dessous de laquelle on a tracé la base , caractère d'un roi et maître qui est répété sous la figure du ' roi , et ensuite sous l'oiseau royal. C'est pour nous apprendre que l'inscription concerne ce seigneur». le dominateur trois fois préposé à la terre ds décUn qui dépend de la lune : qui dans une position inclinée est suspendue au croissant par u» crochet, lequel dans l'inscription de Rosette désigne ce qui est suspendu» L'oiseau dominateur se présente de nouveau à la tête de la {«"emière des trois colonnes d'inscription C»). Le thyrse dans sa forme primitive d'une branche; annonce de la
CO Kegîmioe pulchro.
0) D«non,PL ii8. N". i.
joie et des danses qui manifestent la gratitude envers les dieux , est placé entre lui et le possesseur trois fois , ou les possesseurs au pluriel, suivant l'usage. En signe de reconnoisance de ce que les ennemis du roi ont été dissipés devant lui comme l'abîme divisé devant le nom salutaire de Dieu, sa main tournant en dehors le sceptre de propriété, fait don du sanctuaire qui est tracé ensuite avec les symboles d'une offrande étemelle , le serpent et une cuisse d'animal qui caractérise des sacrifices y les dons qu'on offre aux dieux. Le roi en fait offrande à la divinité du soleil immortel , le soleil de justice , le trèshaut, immuable et béni Ammon , dont les symboles sont à la tête de la colonne, ou ligne suivante. Ils sont- suivis de la croix et du bras cluu'gé dia sceptre de la propriété , qui désignent la consécra* tion en propriété, ainsi que du sceptre du conducteur des peuples , de l'aigle dominateur et des autres caractères du roi des rois de la région supérieure et de riiiférieure, qui fait la dédicace, et qui est nommé dans la troisième ligne. Par l'aigle dominateur et maître , se; par la fleur de Us ^ sus, qui s'élève entre deux portes ^ ou grands édifices pyramidaux, ter, tels exactement que ceux qui , formant l'entrée d'Ël Uxor devant laquelle ces obélisques sont élevés , nous apprennent que c'est un château^ par le caractère commun d'un temple ; d'un tabernacle et d'une ville; connu
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par Pinsçription de Rosette , et lequel est ce bario, ou vaisseau àes dieux du nom duquel Josephe désigne le château de Suse (*>, temple et tombeau de rois : par toute cette composition , le nom du prince est articulé pour le son et pour la valeur , ou à la vue même, Sésustery mattre de Suster, du château du lis CO, des tentes de Cusch C^), de Suse qui est un temple et une ville dénonmiée d'après la fleiu' de lis. Ce sens est encore assuré par le triple bâton d'un propriétaire gardien placé sur le caractère d'une maison de Dieu, avec une base et les symboles d'une déesse et du soleil. Or , Horapollon dit ^^^, que lorsque le vautour em« blême de déesse précède le scarabée image du soleil, cette combinaison représente Minerve. Les caractères linéaires ont la même valeur et forment , avec celui d'un roi , là représentation de la reine Neith , la reine du ciel qui avoit à Suse un temple célèbre C^) , dont Sésostris se déclare ici le maître gardien.
On peut donc considérer comme pleinement constatée l'opinion reçue que ce sont ici les obé*
(0 Antiqnît. x. 19. Daniel, vni. 3. Besçhosan habirah, U même que Bario, suivant Prideaui, p. 1. 1. 3. p. 307.
(0 Esthcr. Daniel.
0) Habacuc, iit. f,
CO L. 1. c. 13 ei to.
(') Pline etTHist. Univ. 1. 1. pi 93, car la ville d'Enoch > Anuclita.