IV. a
4a DE L'ÉTUDE
est distingué par le bon serpent sur sa tête^ et la queue du lion avec laquelle il châtie ses petits ne paroît point. A cette expression, et à la sui* vante : qui guérit toutes vos infirmités : corres* pond ensuite -Feniblèine que le sphinx laisse derrière lui, le grand serpent d'Ësculape, tra» versé de trois petits qu'il maîtrise , ou redresse , le nombre trois correspondant à tous , et la triple Croix ^ (m les croix qu'ils forment , désignant en langue sacrée les infirmités CO. Le serpent , qui renferme également le venin mortel et l'antidote , a. aussi été adopté à cette cause pour symbole du bien et du mal , de la vie et de la mort , de la maladie et du salut corporel et spirituel.
Ensuite, ce prophète de Dieu, qui, dans les différens monumens oit l'âme c(»nparoît devant son juge, plaide pour elle, ses tablettes à la main , se présente avec les mêmes tablettes entre le trÂne de Dien et un grand serpent se roulant sur ^une estrade. Il répond à l'expression du quatrième vsrset : <pii revendique votre vie de la mort.
Le passage suivant : u Qui vous couronne , vous environne de sa miséricorde et de sa grâce , » est rendu d'abord par un honmie dont la tête est rem- J^acée par la plume d'honneur qui le couronne , et qui , sans cette circonstance singulière , n'auroit pas la mémevaleur. Il est précédé d'une déité
(0 Deut. xzix. aa.
Assise, et d'une autre en marche , toutes les deux couronnées , comme le premier sphinx , du bon serpent , et tenant la sceptre de la miséricorde et des grâces.
Une figure apportant un gibier ; deux autres , dont Tune^ un serpent, ayant des bras, et qui apportent des dons sur leurs mains élevées , représentent celui qui remplit votre désir en vous comblant de ses biens; et le serpent qui rajeunit y celui qui rajeunit vôtre jeunesse comme celle de l'aigle, V. 5. Des aigles, grands et petits , sont d'ailleurs dans les petits cadres d'inscriptions qui accompagit:ent ce symbole , conune tous les autres ^ développant le même texte dans des lettres linéaires qui expliquent, ou indiquent, suivant l'expression d'un ancien , les sujets exposés- par les grands symboles.
Le Seigneur qui fait ressentir les effets de sa «ùséricorde, qui venge tous ceux qui souffirent l'injustice et la violence , v. 6, est assis sur un trône , et couronné du..bon serpent , comme dans les trois endroits précédens, ou il a été question de la miséricorde. Il étend le caractère de la v^ité , comme faisoieiit les juges égyptiens en prononçant leurs sentences. Derrière lui sont ses ministres , le prophète de la loi , qui en tient le sceptre , traversant le membre de la concupiscence j et l'autre y qui tient le sceptre des miséricordes , gouveriiant
le peuple , la multitude , dont le caractère est attaché à ce aceptre. Ce/sont là ses voies que Dieu a £ait connoitre, dont il est parlé v. 7, et qui sont encore désignées par la croix carrée des quatre dimensions de l'étendue 9 laquelle est vivante et formée du bon et du mauvais serpent. Sa nature , qu'il a aussi fait aHmottre, est représentée par Femblëme constant de la nature ^e vautour a tête de fenune.
Le sphinx, enfin, représente le Seigneur misé^ ricordieux et juste , mais ches qui la miséricorde prédomine , comme cela est exposé dans le hui-' tiëme verset et Ies«uivana , jnsqu'audix^neuviëme : versets qui renferment ces idées religieuses que devoit inspirer le sphinx couché aux portes .des temples, comme il l'est ici : tandi$ que le premier: sphinx , qui annoniïe le pardon seul et la grâce y paroit appartenir k l'intérieur du traiple sur le dessin duquel il repose* D'après plilsieurs exem-» pies , il est probable que le nombre pythagoricien du faisceau simple des cordelettes, tracé sur la porte oii couche le second sphinx, indique qu'il faut s'arrêter à ce symbole pour en réciter les dif«^ férentes valeurs cooiiiie ^elles sont récitées dans le Psaume ^'^. Mai» les Irnt sujets principaux expo-«
(0. SniraiiC lescabulùteSs îl y a treize niocles dans Kxod. XidfT. 6y qn» ^ ftphinoL espfimc. Apparat, ad Sohar^
ses dans les huit premiers versets sontdistingiiés ^ dans cette partie supérieure du tableau , par huit trdues formant des divisions correspondant k celles par versets.
Tout ce que le sphinx représente ou rappelle k cette occasion , étant récité et terminé avec le dix* huitième verset , le tableau inférieur reprend au dix-neuvième , avec le verset : Le Seigneur a placé son tri6ne dans le ciel , à l'empire de qui toutes choses! sont assujetties , et qui est figuré par un aigle monté sur un trône cubique au milieu de l'armée céleste , des anges et des ministres de Dieu qui le bénissent : v. 19. 20. 21. Des étoiles, depuis une jutou'à douze, sont placéeà auprès de ces préposés des doute sphères que les pythagoriciens supposoienty et dont la première étoit occupée par les dieux immortels. Aussi leur représentant^ en partie effacé, porte-t-îl sur sa tête le caractère de l'immortel ^ le soleil ^t la lune réunis , dont la valeur est exposée dans le premier chapitre d'HorapdIon. Les autres sphères étant assignées aux planètes , aux élémens et à la terre ^0 ^ les figures suivantes portent le -soleil et la lune séparément ,' et ainsi de suite jusqu^à la dernière , dont la tête d'animal est chargée d'une autre tête de bœuf 9 sjmbole de la terre. Il ne s'agit donc pas
(0 Vie anonimc dePjtbagorc, d«at Phoiias.
ici des douze signes du zodiaque , ni d'un zodiaque qui s'ouvre par le signe du taureau.
Pour le dernier verset : <« Que tous les ouvrages du Seigneur le bénissent dans tous les lieux de son empire ) mon âme , bénissez, le Seigneur : » trois représentans de tous y et dont la queue d*animal désigne les œuvres , les créatures de Dieu , lèvent les mains , de la maDière dont on distribue encore les bénédictions de l'église, en les tournant ver« trois vaisseaux chargés du sanctuaire et des trônes des dieux , dont ils représentent le& règnes dans le triple ciel ; ensuite , les deux parties du tableau se réunissant à la fin comme au commencement y se terminent, de même que le Psaume , par l'âme qui bénit le Seigneur, défini de nouveau par l'exprès* sion des premiers versets du cent -quatrième Psaume suivant. '
• Les trois cieux méritent un examen plus |yarticulier. On en a l'occasion en considérant un vaste tableau qui les répète dans les mêmes plafonds , et sur la même i3i^. planche de Denon, IN^. 3. Le i34^. Psaume de David, qui suit immédiatement les quatorze cantiques des degrés auxquels il est lié , va nous en donner le thème. Le premier de ses quatre versets comprend tout le tableau , dans les trois parties duquel on voit les serviteurs de Dieu qui le bénissent, soit en s'agenouillant , soit en tournant les mains levées vers ses sym-
boles. Ils proclament par leur exemple': « Maintenant donc , bénissez le Seigneur , vous ious qui êtes les serviteurs du Seigneur. »
Le second verset, qui concerne le ciel visible, le premier à gaucbe , est adressé à ceux qui demeu» rent dans la maison du Seigneur, qui, sont embarqués et assis dans le vaisseau céleste ^ à ceux qui sont dans le parvis de la maison du Seigneur, qui restent dehors comme les quatre hommes à tête de chien , et les quatre oiseaux à tête humaine. L'expression , dans les nuits , concerne ce bas inonde sublunaire qui, par opposition à la véritable lumière , est appelé ténèbres sur une pierre gravée de Caylus ; ce monde , que Platon appelle le Tartare^*^, et dont les anges, présidant aux astres, se nomment eux-mêmes, dans le testament de Salomon , les élémens , les maîtres de ces ténèbres C*^. C'est pourquoi on n'en a placé que six indiquant l'hémisphëre inférieur ténébreux, sur l'œil bu le soleil visible de cette partie , audessous duquel sont rangés les sept esprits des planètes.
Le troisième verset : %« Élevez les mains vers les saints , et bénissez le Seigneur » , regarde le tableau intermédiaire de ce que les Chinois ap« pellent le ciel suprême du milieu } sans qu'on leiur
(0 Dans Clem. Alex. Strom. i. p. 3o5.
(') Kftfjusxptfro^ft t8 niju rovnt. Voyez aussi Splies. yt.
connoîsse de tableaux semblables , qui puissent justifier cette expression. Il occupe d'abord le milieu , parce que c'est la place d'honneur suivant les cabalistes. Les saints vers lesquels le grave ministre de Dieu levé ses mains , sont cet emblème ' de Dieu et de la nature suprême qui tout domine, le sceptre dressé debout et surmonté d'un œil qui désigne , suivant saint Cyrille ^0 , la majesté royale de Dieu, qui tout voit, et la fermeté inébranlable de la nature divine. C'est le même qu'on voit deux fois dans un grand tableau d'ApoUinopolis la grande , copié sur la même planche de Denon , N®. 2 , et qui rend une suite des hymnes d'Orphée, ou la même dénomination des saints , \%fk , répond au même symbole. Il y est élevé sur le mont oii le Seigneur voit (*^ , et au haut des quatorze degrés de l'escalier dti ciel ^^ : tout comme dans le tableau que nous examinons. Les inscriptions des degrés dans ce dernier ne sont qu'indiquées dans la copie , mais se rapportent vraisemblablement aux quatorze cantiques des degrés qui précèdent le 1 34*. Psaume de David , et que les Juife attribuent au patriarche Jacob qui les auroit composés ,
avec quelques autres, pendant son séjour chejL
<0 Contra Jnltan. 1. ix. p. 299.
(») Gen.' xxii. 14.
0) Sculacœlj.
JLahan CO. Peut-être ces cantiques ont-ils été récités Pun après l'autre sur chacun des quatorze degrés d'un escalier qu'on/ suppose avoir été dars le temple CO« tandis que le i5** ou le I34^ Psamne , qui est général , auroit été chanté en chœur.
Le quatrième verset qui termine ce dernier i « Que le Seigneur de Sion te bénisse , lui qui a fait le ciel et la terre, •> est rendu par le del d'Onis, 011 une figure nue , montée sur une Iiauteur , distribue la bénédiction de sa part. L'in^ge de ce Créateur assis sur ui^ troue est sur* montée de son symbole , le scarabée père des sphères qu'il forme , et qu'il tient dans ses pâtes. Ce sont ici le cercle et un ovale , les symboles du ciel et de la terre, indiquant le Créateur de^ l'un et de l'autre. Deux sceptres de la miséricorde ^ les accompagnent, indiquent de même que ^ miséricorde divine a dirigé cette création. Le sceau étendu de la vérité semble annoncer également qu'elle a été un effet de ses jugemens et ^e sa loi , dont les tables et l'arche paroissent 'ii^ndues à ce caractère, lequel les déités du
0) HUt. Univ. [par les Anglais] , t. a. p. 17$. Commentaires de la Bible , id. 1. 1. p. 44^. [ Trad. allem.]
(0 Mîschna p^lîl c. 11. 5. i. Reg. z. ig.Ezod. zz. a5. Nehem. m. i5. R. Dayid Rimchi ad Ps. czz. Le chaldtfea porte , degré de l'abîme.