‹ Les Indiens des États-UnisChapitre 6 sur 24 · IV · texte numérisé non relu

IV

de proportion sa beauté et sa forme, lorsqu'il fut embelli par les ornemens de la mier et de la terre , des deux , des astres et de la variété in- ^finie de plantes et d'animaux CO • lorsque le corps du ciel devint visible , et que la création se développa, suivant Platon, en cinq ou six époques, en conunençant par la génération des cieux visi* blés, et en se terminant par l'homme ^*X C'est là une de ces traditions que Platon cite si souvent comme ayant été transmises par les anciens , qui étaient meilleurs et plus proches des dieux que nous C3) • une de ces traditions de l'âge patriarcal par lesquelles il se rapproche si fréquemment de celles qui sont déposées dans les livres sacrés des Hébreux , et dont la répétition l'a fait considérer comme le copiste de Moïse C4). Des images du tableau approchant des expressions sim-

CO Plu tare. 1. c. Fragm. Hermet. i. ii. m. 3.

ii«i TfTopr* wà lAfAitrtL , tari êtSir rfir f «np8r àp|<tfUNi ytnaun, ùi ift.lki nèi «»6p«irwt ««oTtMvrqlr* Epinom. p. loio.

CO Phileb. p. i56. Epinom. 635. a. Alcibîad. aSa. Cicero, Tusc. Quaest. 1. i, sur rantiquitë, quœ quo propiiss aberat ab ortu et dwino progenie » hoc melius ea for» tasse, quœ erant uera, cemebat; et Dicaearque, dans Porpbyr. de Abstin. 1. ly. p. 343.

(^) Tî ycf) kl Uxàim , « M«»'vV«t inix\\m. Numenius , Euseb. Pr. Ev. XI. i5. i6. XII. 6. suiv. Clcm Alex. Strom. y. Qrîgcn. ailv. Ccls. yi. 3.

pies et sublimes de ce code , exposent dans le sein du grand Ëtre-Idëe , dans le principe premier CO , les dieux séparant C») le ciel et la terre , le cercle et l'ovale; et une nouvelle terre entre-deux qui porte l'empreinte ou l'image de l'idée divine C'O , mais dont le bas est vide. Des animaux célestes l'admirent et l'adorent, tandis que le cercle en course C4) s'avance aussi adoré sur le bras de l'inn telligence , et vers ses doigts créateurs qui ont imprimé dans la matière ces caractères dont les élémens , la ligne entière et la ligne brisée , pa« roissent tracés dans le creux de sa main. Ce sont les élémens premiers de l'écriture symbolique des Chinois , représentant les deux principes , le par* fait et l'imparfait , l'imité et le binaire , que quelques anciens ont cru reconnoitre dans les deux principes indivisible et divisible de Platon C^) : principes énoncés avec les mêmes termes dans les Fragmens Hermétiques C^^ dans la doc-

CO Si cnpis et per mortalîa ea qnas saper terram ac in profundo sont speculari 9 considéra , o fili , oonstrnctam in utero hominem y et accoratè opificii artem scnitare. Fragm. fierm. y. 6.

0) Id. m. a.

(') Plato,Tim. p. io5i.

C^) yoyez le caractère de la terre dans Bayer, m. a8S.

(0 Piatarc. de Procréât, anim.

(^) Nam unitas omnium initiam existit et radix.-- Omne aotem geDÎtiun imperfectum est ac ditnduwû^f et incre-

trine de Pythagore ^0 , des Perses , etc. CO.

On observe de semblables rapports , tant avec

la doctrine qu'avec récriture chinoise , dans la

suite, des colonnes d'inscriptions entre les deux

figures , et dont U première répond à la première

époque 4e 1^ création et à l'unitç , étant une , iso-v

lée et perpendiculaire. £lle porte le caractère de

la lumière , l'équerre^^) } celui de fils, une QieC4)^

l'échelle des dieu?L par laquelle on les faisoit mon-r

ter sur leurs trônes portatifs C^) ^ mais qui est ren*^

versée pour désigner la descente C^), comme en

caractères chinois , une main ayant les doigts en

bas signifie renversement / mais celle qui les a en

haut , l'appui , le soutien. Ces caractères sont sui-^

vis de ceui^ de l'article , dans , semblable au beth

samaritain de même valeur^ du triangle de l'unw

vers qui e$t brisé , ainsi que la note de l'unité

mente ac decremento obnoxitim. Perfecto au^m nihil hpr rnm contigit. Fragm. Herm. ly. ii.

(0 Unius omninm fons et origo. Œdip. t. m. p. SCg, 573. Tenullip3 ia Nicoqaach, p. j'^Q, i3a, SezCiis Empit rjc. PJiilo,

^J Avo rov( irpaç 4v%f *n«^ , re ^çr t«c «ii*r «Avr </•«( fpt**^ » ^ l\ t8v ftfputSr* Prochis in Tim. y \e^ Oracles chaldaï(£aes,

CO Proclus in Eucli4* /

■(♦) Horap, I, 53,

C*) Denon, PJ. i34. N». 3, en indien, Tliepnmis ^ da liudm cVune dëitë égyptienne»

W Cajrdap. 1, c, p, aij. Cordnero^ de Anima, p, i^ô,

DES filéllOGLYI^HES. ))

qaî l'accompagne; d'un croc, enfin, ou du uau. On voit qu'il s'agit d'une lumière émanée , con<* sidérée conune le fils d'une lumière première , qui descend dans le premiei" univers dissous ail milieu du trouble du chaos poiir l'en retirer , comme la fable le dit d'Isis retirant de l'eau , avec un croc, le corps de son bien^^dmé , ou ramassant ses mem« bres dispersés ^'). Ce croc , les deul parties du triangle divisé, la ligne perpendiculaire, et sotl fragment , forment , aveo la ligne entière bori^ zontale dans la main de la grande figure , les six premières clefs chinoises des mêmes formes et àeé méïnes valeurs , et rangées dans le même ordre ^ desquelles dérivent tous les caractères qui entrent dans cette écriture. Il paroît par-là que ces clefs appartiennent réellement à quelque aUcien texte , conmie Fourmont l'a entrevu. On voit aussi pourquoi la cinquième clef, qui signifie trouble , perdition, courbure ou ligne inclinée à gauche, est si différente ,, par la forme , de la ligne inclinée à droite , qui forme la clef précédente. C'est qu'elle^ dessinent deux parties diverses du triangle brisé , dont la dissolution , dans la doctrine de Platon , est Timage de la perdition et de la mort , comme sa composition est celle de la vie et de la généra^

(0 Fragm. Hermel. i. 6. y. i. ni. x. Emissam est lomca •** et concreta saut elementa*

7* DE L'ÉTDDE

tion des êtres CO. Le lecteur peut saisir lui-mcme de pareilles conformités dans la suite des colonnes d'inscriptions du tableau. Le nombre de leurs caractères , s'il étoit complet , a même pu répondre à celui des clefs cliinoises, si intimement lié au système pythagoricien des nombres. Car 210. et 6. ou 2 1 6 , le nombre cube de 6 étoit le nombre générateur de l'âme ^^) représentant toute l'œuvre de Vhumaine nature C^) , embrassant la représentation de toutes choses , dont le tableau retrace l'origine et les limites , avec les caractères imprimés dans la matière , qui les forment, et cpii correspondent à un attribut de la déesse, /4.uft»yofikOf. Les Chinois, en plaçant les six clefs-mères à la tête de leur écriture, semblent avoir ajouté le nombre , quatre , de l'âme , à celui de 2 1 jours requis pour l'accomplissement du fœtus humain«

Dans la première des deux colonnes réunies d'inscriptions qui sont à coté de celle que nous venons d'examiner, la ligne horizontale à deux bornes , caractère de l'étendue limitée , de la réur* niondans dés bornes^ le croc pastoral qui ramasse; les caractères de l'eau et d'une enceinte fermée présentent les eaux qui se rassemblent dans un seul lieu. Aussitôt paroissent les montagnes, ou

CO Tina. p. 1086. 1064. Aristot. de Cœlo , m. c. 8. p. ^38, C^} PbilolaÛs.

V aride y le vau conjonctîf et, la terre ^^'>. Le même yau; l'oiseau de la sagesse rappelant la voix qui se fit entendre dans les ténèbres pour annoncer les destinées des hommes ^*^; la plume qui représente Yherbe, avec deux autres petites plumes comme des germes , et qui sont combinées avec le caractère de l'article , dans ^ un hiéroglyphe inconnu , mais semblable au caractère chinois de ce qui est tortu , et devant désigner , hois , puisque le bois désigne le tortu, et qu'il est groupé avec l'hiéroglyphe de la force qui , en langue sacrée, se prend^ pour fruit ^) le scarabée qui renferme sa semence en. lui-même , se reproduisant sans femelle ^^^ , et ensuite les caractères dans , force , et réunion dans des bornes : tout cela, avec le caractère de la terre au-dessus de la chouette , présente la terre qui , à la voix de la sagesse , à l'apparition de la chouette de Minerve ^ produit Pherbe qui monte en grain , et des arbres fruitiers qui renferment leur semence en euX'fnémes , chacun selon leur eS" pece^^^'y ou force limitée.

CO Fragm. Hcrm. «r. 3.

O) Abenepbiy dans Rirker, Obelisc. Pamphil. p. 317. 3i5. Horap. I. 36 j et Hermès dans Suidas: Vox pàiris qnam efiatus est qnand6 nniversum fandavit mandam.

(^) G^n. lY. 5 , et le caractère chinois du fruit sur Tarbre.

CO Horap. i. i5, de Is. et Os. c. 76.

O Fragm. Hermet. m. 3. Et omne scmen inseminans, fotnum et floris omnis bejrba, semen regenerandi in seipsls

8o DE L'ÉTUDE

La colonne suivante porte la main qui aôbëve toutes les oeuvres CO, le scarabée et deux cubesj ou les terres qui produisent ce qui renferme sa semence en lui-même : répétition qui , étant accompagnée de la main au lieu de la chouette, semble présenter Inexécution du discours de la sagesse dans la colonne précédente. Il paroît que dés caractères manquent dans cette colonne, qui n'est plus occupée que par un épervier.

Cet oiseau est trois fois répété à côté de la colonne. Solitaire d'abord, il représente le soleil, ensuite les autres dieux par le mâle et la femelle, qui rappellent en même temps leur origine : car ce couple désigne Mars et Vénus ^*). Ces êtres divins obtiennent leur place dans le groupe des cinq colonnes horizontales entre le bras droit et le pied de la figure couchée. Des caractères de Télévation et de Dieu y accompagnent une figure humaine élevant les bras pour placei* le vaisseau du ciel et ses lumières , dont le grand nombre est désigné par les nœuds des cordelettes de compte. C'est Dieu qui élève les lumières du ciel , ou qui , élevant, les élève, puisque ce terme est répété

semînabant.Et dans Pimander : Moltîplicatasant juxta proprium genus omnia.

(0 Horap. IX. 1 19.

C*) Ib. I. 8. pour les portenrt des globes^ y. Job. ix, ]3| •nb quo currantur qui portant orbes*

DES lïIÊROGLYtHES. ii

|>Ar son Caractère linéaire et la figure humaine : répétition aussi usitée en hébreu , et dérivée probablement du besoin qu'on en avoit pour fixer la valeur des caractëfes qui en avoient plusieurs.

Après deui colonnes vidés, et qui apparemment le iont à dessein , pour ne représenter que par le nom-* bre , une troisième ne contient que le caractère des signes connus par l'inscription de Rosette (*X Ce sont les lumières élevées en signes, comme sVxprime Ara* tus avec les Fragmefts Hermétiques CO , et la Bible.

Les inscriptions des cinq colonnes ainsi terminées , leur groupe se lie à celui de quatre colonnes aussi horizontales , de l'autre coté de la figure couchée. Gels^ se fait par le moyen d'un caractère placé entre les deux , et dont Zoega a reconnu cet emploi. C'est celui de l'élévation combiné avec celui de réunion, comme on diroit à la manière des avis dans l'écriture chinoise : remontez et réunissez les colonnes d'écriture. On voit dans la première de celles qui sont réunies de la sorte aux précédentes , le caractère de la rmit^ qui est celui d'Isis et de la lune , mais renversé; l'hiéroglyphe du jour, le même que celui du soleil et de la lumière , mais dont la partie inférieure paroît être modifiée par un caractère répété plus bas dans sa forme entière, qui désigne le sacré , le séparé , et

(0 Lig. la.N^5.Lîg.I4.N^ I.

CO m. a.

8a DE L'ÉTUDE

en ancien caractère chinois , séparer la chair des os. Entre-deux est placé le symbole effrayant du sceptre présentant en haut les ongles du ténë'breux hippopotame, qui déchirent, séparent, divisent, en formant le duel , ou la multitude dont les caractères l'accompagnent. Tout en bas, est indiqué le cercle du ciel , comme dit le Samaritain , avec les dieux qui éclairent et séparent le jour de la nuit 0).

L'oiseau symbole de la voix efficace est au haut de la colonne suivante , occupée au reste par une voile entre les deux caractères de Feau et du ciel^ qui spnt accompagnés d'autres très-petits. Ces derniers paroissent désigner les étrës qui nagent et volent entre le ciel et les eaux , les oiseaux et les poissons , dont la vie, le grand nombre, la multiplication , etc. sont marqués dans les deux autres colonnes par des ellipses , le dragon et le caractère des nœuds , ou ç-xoi»»! , qu'ont les septante dans cet endroit CO. Ce sont tout autant de détails qui constatent toujours plus que les Égyptiens n'ont pas soutenu à tort qu'ils avoient conservé la tradition des pères du genre humain, qui, déposée dans les livres indiens, et dans Manasa sastra , com-

(0 Id. ib.

CO Fragm. IJermet. m. 3. t. ii. i8. Deas autcm mox ▼erbo saincto dixit : Grescite ia incrementum, et muUîplicamini in multitudinem , omnia creata et opifida mea.

mençant par Fouverture légèrement paraphrasée de la Génëse CO ^ a été enseignée de même dans la doctrine secrète des mystères égyptiens, oii Simplicius ^*) prétendoit que Moïse l'avoit recueillie y ou qui auroient adopté et gravé sur les monumens la doctrine et les lois de ce législateur , conune le croit l'évéque d'Avranches C^).

Nous ne pousserons pas plus loin , dans cet endroit, le rapprochement de l'un et l'autre texte. Ce qui a été dit suffit pour mettre le lecteur à même de suivre toutes les sept divisions du mouvement du principe matériel , dont la septième sphère C4) se trouve en repos sur le siège de son symbole , et sous l'influence de l'étoile du destin , qui désigne le régime et la distribution des êtres de l'univers C^). H peut le suivre , ainsi que tout ce. tableau , avec le discours sacré d'Hermès C^) • en se rappelant que ce sont ici les idées des choses et

(0 Jones.

(0 Ployez aussi les Annotations d'Augustin Slenchus \ et Yossius, de Yeritate religionis, etc. \ Astrucj Teller, die selleste Theodice'e , etc.

'(0 Timce de Locres , ii. 3. Fragm. Herm. m. a.

(*) Horap. I. i3.

C®) Erant autem in abysso tenebrae interminatae , et aqaa , ac subtilis spiritus intelligens , diviuà potentiâ existentia ia Chao. Emissum autem est lumen , etc. «- Et apparuit coq-

84 t)E L'ÈTUCË

leurs modèles dans Yàme du monde j existatit

avant son corps CO , maîs dont elle renferme les

«ymboles , et par la contemplation duquel on rè-

montoit à celle de la première. C'est la maxime

inculquée dans les mystères , comme dans les Frag*

mens Hermétiques ^*^ , et qui est aussi exposée pal*

Macrobe ^3) . « Si vous voulez connoître les moU-

Vemens de l'âme du monde , jetez les yeux sur le

mouvement rapide du ciel , et sur la circulatioii

impétueuse des sphères planétaires placées au-des-«

sous , sur le lever et le coucher du soleil , sur le

cours et la nature des astres , mouvemens qui tous

sont produits par l'activité de l*âme du monde. »

Cela n'a pas empêché Timée de Locres d^af&rmer |

après avoir exposé les trois grandes parties du ta<-*

bleau , qu'avant de concevoir le ciel formé , on

peut concevoir l'idée,, la matière et Dieu , artisati

lam in septem cîrculis, ac diî in fignris siderum appâren-» tes , unà cum eorum signis omnibns.

(0 Quèd si qnaeratnr an sii aliquid in hoc mundo scnsi« bili quod riSn existât in illo intelligihili — dicimus qn6d snntinibi cœli, terra, mare, brnta, plant», homines, etdeniqiie cuncta hic existentia , sed nihil ibidem existens est terrestre. La Philosophie suivant les Égyplicnâ, L it. e. ^. Philo, Chalcidins in Tim. Augustin, iii Gv. Dei, Xi. lO.

(O y. 3. XI. 33. xiY, ig. Dfum si intueri volaeris, saspîce solem , snspice lunae carsum , suspice siderum ordi-» nem reliqnorum.

CO Somn. Scip. n. i6.

ju mieux. L'initié égjrptien parvenu à la hauteur 4e rappartement secret , sur le comble du templeCO, a pu suivre cette marche à laquelle il étoit préi ■ paré par la contemplation de tous les simulacres et images dont le but général étoit , suivant Yarron , d'élever à celle de Fâme du monde et de ses par^ ties. Le chéri des dieux , à qui seul étoient réser* yées ces hautes spéculations, et d'autres encore plus relevées C») , après avoir conçu ces trois grands objets dans l'un de se^ cabinets d'étude j a pu pénétrer dans les autres.

Ce qui d'abord y fixa son attention , étoit pro>»

})ablenaent le triple tabernacle C^) ^ le ciel arches

type contenant et embrassant les autres qui en

émanent. Les bras , les opérations de ces figures

portant de la tête , sont des idées. La supérieure en

a deux et deux jambes , distribuées ensm'te sur

celles qu'elle enveloppe. On reconnoît l'origine de

ces fables sur le premier homme et sur Omona C4) ^

que Jehovah , Jupiter et Bélus coupèrent en deux.

On y reconnoît des figures de discours semblables

à celles de l'Écriture , qui représentoient la pre*

miëre séparation du ciel et de la terre , I4 matf^

CO CeUe circonstance pcHt ëclaircSr, Matli. rv. 5. , O) Tinfiée, p. 1062. ^cvraw afx.*i «rwttr 6fè( dit x«t) ifl^ tf ff Uirrf f'Aacf» — ^Phedr. laaa. laaS, dcls. et Os. c. 81. O) Dcnon, Pi. i3o. N». i. 6, PL lacj. N», (5, (O Le SjQoelle , p,. ^7;.

rialité séparée de l'essentialité j et d'antres dissections encore adoptées par la cabale, dont un but reconnu étoit de représenter mysti({uement la manière dont Dieu a créé l'univers , et dont le langage figuré est singulièrement éclairci par tous ces tableaux ^0. Une image plus simple est celle du gardien des dieux à tête d'épervier , le ciel visible qui sort d'entre les mains de la figure extérieure. Dans l'intérieur du tableau , on voit d'autres simulacres de la divinité qui suspendent ses pavillons, et le cieK*), qui posent ses tabernacles dans les nues , et qui marchent sur les ailes du i^ent(-^ : suivant les expressions consacrées du cantique sur l'état du monde C4) ^ cantique si souvent cité à l'occasion de ce temple de Neith.

Nous ne hasarderons pas d'observations plus nombreuses sur le monde de création qui se détache des premiers , et dont le tableau doit être endominagé , à en juger [par la copie C^). Cette perte est peut-être réparée par un tableau semblable , sculpté sur le plafond d'une partie aussi sacrée du temple

CO Ployez entre autres Cabala denudata, P. 3. p. i56. iS^. 194' T96. Basnage, Hist. des Juifs y p. to58.

CO Cœhim appendit. Cantique d'Hermès, à la suite da i3*. Fragment.

0) Horap. II. i5.

(Ô Ps. civ. 3.

(*) Denon, PI. i3o. N». i. A,

d'Herment (0 , oii le Créateur monte une barque qui porte pour enseigne deux angles combinés du carré. Ce sont les caractères des dieux qui donnent la vie C*), surmontés du soleil , et formant , par leur réunion ,1e triangle de l'univers C^) créé dans ce moihent. Son auteur, qui dirige le taureau céleste comme le scorpion , et fait sortir ses signes en leur temps C4) , donne des ailes au premier , posé sur un pilier , et l'emporte de ce piédestal pour le poser sur une double pirogue. Ce signe reparoit ensuite dans le bas-monde, oii il est transporté, renversé sous répervier solaire , et au pied du pilier opposé qui porte le scorpion , ou le signe par lequel passoit le soleil lorsque Osiris fut jeté dans la mer, enfermé dans un coffre qui s'arrêta au pied d'un tamarisc dont le roi de Byblos fit un pilier pour soutenir sa maison C^). Par cette opération , les deux hémisphères du grand tout , que le tableau précédent offre dans le même sens, resteront séparés et opposés l'un à l'autre, comme dans le tableau du vestibule. Le résultat chronologique qu'on peut eVi tirer, ne sauroit concerner, ce semble, que

CO PI. 139. N«. a.

(0 Proclas in Enclid.

(') De Is. et Os. c. 55.

0) xxmii. 3 1. 3a, où Gognet croit qu'il est fait men^ tioa de ces deux signes opposés, ployez sa Dissertation sur les étoiles dont il est parlé dans Job.

CO De b. ei Os. c. i4. i5. lO,

ropîoion des prêtres d'Hermontis sur l'époque de la création du moude, et sur son symbole, le taureau ouvrant la marche des animaux célestes.

Le monde de formation ne paroît aussi représenté daiiis le tableau suivant ^0 qu^au moment de son origine. Car on y voit, hors du rang des autres signes , au point culminant du zodiaque , le symbole du soleil créateur qui se lève dans le can^ cer , par lequel Aratus commence la liste des si« gnes ^0 • ({ans lequel la reine du monde annonce qu'elle se levé , qu'elle a son origine C^) , et près du-» quel 9 suivigint l'opinion des Egyptiens , le Sirius, auteur de la génération dans le monde , se levoit lors de son origine C4), Aussi voit-on se réunir ausymbole du soleil celui des dieux qui donnent la vie aux hommes : figure à la tête canine mixte , et au ^os ventre , qui répond k la valeur du nomSothis de lacanicule^^), et à la qualité de Saturne donnée à Anubis C^) , aussi horizon ou diviseur , que désigne le couteau qu'il tient à la main. Mais cette enseigne de justice également propre à fprmer ou à mettre en pièces,'

CO De^Qii^ PJ. i3o. N®. 1. 9; et le planisphère , N^ 8.

O) Tfaco. Schol. ad Arati Phenom. p. 69.

(0 Diod. Sic. A Tentrée du soleil daps le cancer, les R<^ mains ce'lebroient la fête de Jupiter Stator et de Pallas^ qui préside aux citadelles £da monde]. Oy'idf fast. Ti^

(0 Porphyr.

<0 De Is. et Os. G. 5^.

C^DcIs^etOs.

DES HIÉROGLYPHES. dg

et qui a de la sorte les différentes râleurs du mot hébraùque b r a CO, justifie Fembarras des savans qui ne sauront distinguer entre le fils du Nil constructeur de la noiaison des dieux, Yulcain, père des sciences, et leur fondateur Hermès, aussi fils du Nil , que les Égyptiens tenoient pour sacrilège de nommer (*) : apparemment parce qu'il a été f comme Moïse , confondu avec Typhon. C'étoit là le l^islateur qui soumit le chaos à la loi. Le mélange de sexes , dans cette figure , rend aussi probable qu'on a voulu désigner V union secrète du temps et de l'espace , de Saturne et de Rhée , qui s'unit également au Soleil et à Mercure , représentant des autres dieux dont elle devint la mëre , l'origine des choses C^X Nous n'entrerons pas plus loin dans le sens de cette fable , éclairci par d'autres monumens , par le nom commun de la canicule et de Typhon ^4) ^ par la 58*. clef commune chinoise du cochon et des lois , ou par les opinions de plusieurs sectes C^) , mais qu'on pourra écarter en ne

(0 Schindler^ Lezicon , a38. aBg. 340.

(*) Cicero , de Nat. Deor. m. p. ^^S,

O) De Is. et Os. c. i3.

(0 Pe'tosirisy dans Veiiius Valens, cite par Marscham. Can. Chron. p. 8, et Plutarc. de Is. et Os. c. 48. a8«

VO Naturaexbello génital Heraclit. Fragm. Herm. xi.4t et autres passages déjà cites. Epiphait. Haetcs. xxttii. 3. 3. Ire'née, i. 26. m. xi. Theodoret. Haefret. Fabal. m. 3* Quaest. xlix. in L. ly, Rcg. p. 354* TertoUian , de Pn»-

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