IV
voyant ici que la valeur plus simple Aes symboks de la sagesse, de la justice, des soins conservateurs et créateurs de la Divinité. On ne peut disconvenir que la même fable ne se développe dans ses emblèmes , puisque le déchirement d'Osiris que Typhon mit en pièces , ou du premier ciel , figuré par Apis , est encore rappelé par le pied de bœuf et le membre attenant que semble ronger le lépidote , qui Favoit englouti lorsqu'il tomba dans l'eau. C'est vraisemblablement en souvenir du même événement que ces membres étoient distribués , ou cachés dans les mystères CO , ou que Mercure^ le conducteur des âmes , que nous avons reconnu dans le zodiaque du vestibule , et à qui Martianus Capella applique ces symboles^*), conduisoit le cadavre d'Apis jusqu'à l'endroit oh il
crîpt. c. 48. Augastin. de Hxres. c. 8. Euseb. Pr. Et. xi. 18. Philo, de Opifîcio mundi, t. i. p. 29. Origen. x^i «p;^Sf. Anastas. etc. Job. x. 8. Cœlius Ahodig. p. 19.
<') Ipsum autem libernm patrem orphaici rm &Uxoff SQspicantur intelligi} qui ab ipso iodividuo natns in singa- I06 ipse dividitur. Idée inillorum sacris tradimrTitanio furore in membra discerptus, etfrustis sepultns rursàm unus et integer emersisse j quia mi quem dixîmus mentem vocari , ex individno praebeado se dividendum, et rnrsns ex divise ad iDdlvidaum revertendo et mundi impict officia, et n^turae sus arcana non deserit. Macrob. Somn. Scip. i. xa.
0) Satine 1. 3. p. 32.
DES HIÉROGLYPHES. gr
le remit à celui qui portoit le masque de Cerbère CO,
Le dieu monté sur le couteau diviseur , la chouette sur une langue qui semble indiquer la voix de la sagesse, d'autres symboles encore occupent les environs de la région polaire , d'oii descend le père des sphères^ au-dessus d'un jeune lion rugissant , qui marche sur le serpent , en annonçant le Seigneur qui se levé pour que ses ennemis soient dispersés ^*\ Un sceptre de domination , surmonté d'un aigle , est placé devant ce ministre de justice. Sa queue , symbole et instrument de colère , dont le lion châtie ses petits , supporte le cynocéphale sacrificateur, emblème du monde comme de la colère ^3). Peu après , le vieux lion subjugué est couché sous la balance des jugemens du Seigneur, et sur les eaux rentrées dans un lieu , haletant , lançant sa langue hors de la bouche , et abandonnant sa queue à un animal à la tête humaine de la charité et de la raiso^ : tout autant de détails qui ëclaircissent le sphinx et le Hon couché, symbole
de la loi.
On voit que ceci est encore représenté dans le Psaume sur l'état du monde qui a été rappro-
(0 DIod. SicJ. 1. p. 6i.
O) "Niim. X. 35. Ps. Lxviir. i. Hi st. Univ. u a. p. 3o4
(') Horap. I. 14. ". 38.
^hé , par Eusëbe C*) , de la philosophie que Platon avoit empruntée du sanctuaire d'Egypte. Après l'annonce magnifique de ta création , et la mention de plusieurs animaux qui semblent apparte* nir à un ciel idéal , puisqu'il est parlé ensuite Je l'origine du soleil et de la lune, le Psalmiste ajoute ^*^ : « Vous avez répandu les ténèbres; et la nuit a été faite ^ et c*est durant la nuit que toutes les bêles de la forêt passeront , et que les petits du lion rugissent après leur proie , et cherchent la nourriture que Dieu leur a des^ tinée. Le soleil se levant ensuite , elles se rassemblent et vont se coucher dans leur retraite. Alors l'homme sort pour aller faire son ouvrage et travailler jusqu'au soir. » Dans le planisphère , cet homme à la tête de l'homme laboureur C^) niarche devant le second lion couché , et tient la faux è la main. Ayant fini son travail , sa figure est répétée au-dessus de la première , mais tenant à la main , au lieu de la faux , un sceptre qui est surmonte du bœuf vu par derrière, et que monte
CO Pr. Ev. XI. la.
O) Ps. civ. ao,
(0 Cette figure et plusieurs des snîyantes onttfCe connues de Fastrologne juif Avenar, qui décrit la sphère cgyptienne , «uivant Kirkcr, Œdip. t. d.p. 3. 3o3. Dans la liste desmonomeries et decans égyptiens , le a^*^. sous le lion est nn homme portant une faux dans la maia droite : ce ^oi aanonce un homme laborieux.
DES HIÉROGLYPHES. gî
un ^pervler : ce qui , par analogie avec d'autre» compositions, doit annoncer le repos après le triomphe CO. Devant marche la Vierge céleste f portant à la main Tépi rayonnant qui a été moissonné (O. Le soleil qui se lève pour que tout cela ait lieu , c'est Orus nouveao-né sur les genoux de 5a mëre , de la déesse qui se lève dans le cancer ^ et qui est assise sur un trône en forme de lion qui se lève , dont probablement ce trône a porte le nom conunun au trône des idoles indiennes C^. Soulevant son enfant entre le lion rugissant et le lion apaisé , elle a devant elle le taureau effraye ^ qui s'enfuit comme lors de la fuite des dieux en Egypte^ le taureau couché dans le bario^ le$gé^ meaux peu distingués ; une femme en marche qui lève la flèche de la mort , et une autre assise sur un trône , levant au milieu de cette scène deux vases d'eau, la promesse du rafraîchissement ^4). C'est Isis versant ces larmes qu'on croyoit , et qu'on croit encore tomber de la hine ' pour causer l'inondation et tous les biens qui n'é* toient procurés que par ces larmes , et qu'on indi»
(0 De I». et Os. c. 48.
(0 *H <r x^^' Vf^ f^X^ «lyxwmr. Aratuff.
(^) Sing-Asin. — Albumazar dit que Tenfant est appelé J^as , lasa , par quelques nations. Kirkcr, 1. c.
0) Virgo codestis pluviaium poliiciiatriz. Tertullia»* ^poL c. a3.
94 t>E L'ÉTUDE
ploroii et célébroit également dans lea mystères d'Osiris CO. H est remarquable que dans les bénédictions de Jacob M , où l'on a cru reconnottre les douze signes du zodiaque dans ses douze fils , c'est aussi avec le lion levé et le lion couché, le vengeur irrité et apaisé, qu'il est fait mention de Schilo , l'attente des nations. Le silence sur ces mystères est ordonné par Harpocrate , qui est encore ici assis sur la balance , et devant le juge sur son tribunal , qui lève son sceptre distingué par les deux attributs de la miséricorde et de la justice. Le symlx^e des jugemens de Dieu est suspendu entre ceux de sa loi et de son prophète , qui la met en vigueur.
Le chien sur le cercle qui environne Harpocrate , et tout en bas l'ibis , qui , à cause de son caractère , étoit appelé rachama , miséricorde ^ \ le scorpion derrière la balance ; le sagittaire 5 le capricorne que monte une déité couronnée d'une étoile, peut-être Saturne, qui, à l'origine des choses, se levoit dans ce signe : tous les signes se lient au même sujet religieux, et surtout le bélier sorti de leur rang, séparé de ses frères, pour oc-
(0 Paasanias in Pbocic. p. 881. Lutatiut Schol. ad Statii Thcbaïd. 1. i. a65. Jablonsky Panthéon, 1. 11. p. 11. Empedocles, dans Plutarc. de Placit. Philos. 1. 1. c. 3.
(0 Gen. XLix. 9. 10. Num. xxiii. a4* xxnr. g.
(0 Avenar, qui place ici ces deux figures.
cuper le bord du planisphère , le cercle équinoxial consacré, aussi-bien <|ue le bélier , à la déesse du temple, et de Sais , oii cet animal étoit adoré comme à Thèbes ^0. C'est ici , sans <[oute , le monde sublunaire oii paroit ce Jupiter qui ne vouloit se laisser voir à Hercule qu'en se cou* vrant de la peau d'un bélier , vénéré pour cette raison par les Thébains CO. Ce Jupiter , c'est Amoun que le bélier représente , qui étoit le père C^) , le chef ef le créateur du monde CO • qui étoitl'espritcréateur descendant dans la génération pour produire à la lumière ce qui étoit caché ^^^1 qui étoit le soleil descendant C^), et surtout le Dieu univers invisible , qu'on invoquoit sous le nom d' Amoun , pour qu'il se manifestât CO cou«i ronné du soleil. L'agneau paroSt d'abord sur cet horizon , mené par les cornes comme une vie* time CO , au milieu d'un groupe de sept esprits
CO Prodas in Tim. I. i. p. 3o. Strabo, 1. ZTn. p. SSg. Qem. Alex. Protrept. p. a5.
O) Herodot. ii. 49.
O) Enstathius inDionys. Pericges. t. 3I9. Horap. i. lo.
(^) Eusel). Pr. Et. xi. 7. Abencphi , dans ILirker, Obelise. Pamphil. p. 373.
CO Jaiublic. ]. c. yiii. 3 , et Damascias.
(0 Macrob. Sat. 1. ai.
CO De I». et Oi.
C) Gïldip* t. ). p. a. p. ao4' Jerem. zi. 13. 19. x.i. ^o, Itaïe^ L. III.
gS DE L'ÉTUDE
à têtes d'animaux qui descendent dans ce ha^ inonde CO avec le soleil , l'un parmi eux qu'ils semblent y introduire.
Apres ce groupe , Povale de la terre , ou du monde créé , paroit rempli de huit figures d'hommes agenouillés et accroupis. Vers ce symbole , et au-dessous du verseau , qu'on a désigné par le nom de, Deucalion , et qui tient deux vases , marche le bélier couronné du monde entre l'oiseau dé la charité et le représentant du peuple céleste. Devant la bouche du dernier est une langue dans le symbole hébraïque d'un chef, angle du peuple C*) jet le ciel versant les bénédictions de sa rosée , cle sa doctrine C^) ^ qu'annonce cette voix y ainsi que la lyre , au-dessus de laquelle le même emblème est attaché à un cercle occupé par un sacrificateur. Plus haut , ce dernier est tracé en grand , appuyant sa victime sur le dos d'un animal sans tête. Sous les poules et leurs petits , soit les pléiades ou la petite ourse ^4) , quatre têtes de l'agneau tué des l'origine du monde ^^^ sont posées sur une espèce d'autel en forme de four de fer y comme une offrande présentée aux quatre vents ,
CO . Apocal. V. 6.
(0 Nnm. xxiy. 17. et aîllears.
(0 Horap. 11. 87. Gen. xltx. a5.
i*y De Is. et Os. c. 69. Kirker, Œdlp* t. a. p. a. p. i^
CO Apocal. xni. 8. 9.
DES HIÉKOGLTPHËS. ^
selon le rit ég^rptienCO^ hébraïque et tartare. Dans la fable , c'est Orus décapite pour revivre. Le troisième symbole suivant est Orus-Harpocrate qui se relève sur la fleur de lotus. Ensuite une tête solitaire du beUer, couronnée du monde et triomj^iante au milieu d'étoiles , sur un vais* seau char des dieux , est adorée par une âme craignant Dieu , qui, dans sa nudité , se détourne du mal, de la matière, du cochon ; et c'est ici que ce signe , dans lequel le soleil a son exaltation , et ou il retournera au bout de la grande révolution des astres , va monter au ciel près du taureau. De la même maDiëre, le bélier de la faible, que Jupiter fit voir dans le désert à Hercule ou à Bacchus , qui l'in^ voquoit pressé de la soif, conduisoit ce chef et son armée à une source d'eau oii ils pouvoient se rafraîchir , disparoissoit aussitôt à tous les yeux , et étoit placé dans le ciel ^*) : récit que ïertuUienC^) rappelle avec le mystère de celui sur Adam vêtu et chassé du paradis, et avec la suite du premier sur Mercure
CO Œdîp. t. 3. p. T97 ; etci-dessof , K^ 16. 35. du Cata-
logae de Raspe.
(*) Serrins ad AEnetd. it. igS, ainsi que les autears citêê par Jablonski , Panthéon , t. i. p. 169, et par Kirkery Obelisc. Pampfail. p. 371. Tacit. Htst. y. c. 5. p. 555, et Apocal. -TH. 17. Quoniam agnos — deducet nos ad TÎtae lontes- aqaarnm«
(0 De Pallio. c. 3. Pellitns orbi , nt métallo dator : sod •rcana ista , nec omoiam no6Se«