‹ Les indifférentsChapitre 27 sur 88 · OLIVIER, SUZANNE · texte numérisé non relu

OLIVIER, SUZANNE

SUZANNE, allant k Olivier.

Savez-vous, monsieur, que mon oncle votre ami, m’aimait beaucoup?

OLIVIER

Il vous aime encore, madeiuuiselle, et il parle souvent de vous.

SUZANNE

Tant mieux! je craignais qu’il ne m’eût oubliée. • ' •

OLIVIER

Il n’est pas de ceux qui oublient. •

SUZANNE

Alors, vous ne refuserez pas de lui faire parvenir ceci.

OLIVIER

Ün portefeuille! c’est vous qui l’avez brodé? '

' SUZANNE

Oui, à son intention. Je me suis dit que c’était aux nièces à s’occuper de leurs oncles, lorsqu’ils étaient de pauvres vieux garçons

Tiens', vous avez fait celte réflexion?

SUZANNE

Oui, monsieur; pourquoi ne l’aurais-je pas faite?

OLIVIER

C’est juste l(Enir’ouvrant le portefeuille.) Mais il V a des papiers 1 là-dodans! une lettre sans doute, non... des billets de banque!

SUZANNE

Deux mille francs! ce sont mes économies de jeune fille.

OLIVIER

Eh bien, roprcncz-les !...

SUZANNE

Non. C’est pour mon oncle! vous nous avez dit qu’il avait besoin d’argent...

OLIVIER

El vous lui offrez...

SÜZ.ANNE.

Tout ce que je possède. Je regrette do n’avoir pas plus ; mais

cela lui servira peut-être : les petits ruisseaux, dil-oo, funl les grandes rivières

OLIVIER, U regardant arec intérêt.

Ahl c’est bien, mademoiselle ; au nom de votre oncle je vous remercie, et je lui remettrai dès demain ce portefeuille.

SUZANNE

Comment, dès demain? vous ne restez donc pas à Vichy?

OLIVIER

Non, mademoiselle ; mon voyage avait deux buts, je n’ai pu les atteindre ni l'un ni l'autre, je repars.

SUZANNE

Ah ! c’est contrariant! je croyais que vous resteriez quelque temps parmi nous. (Arec dépit ) Pour partir aussi vite, vous aunez aussi bien fait de ne pas venir.

OLIVIER

Mais, mademoiselle! ..

SUZANNE

C’est vrai, cela! votre apparition parmi nous ne me rendra que plus pénible, demain, l'isolement dans lequel je vis.

OLIVIER

L’isolement, dites- vous? mais n’avez-vous pas votre famille auprès de vous?

SUZANNE

Oh I ma famille n’a pas le temps de s’occuper de moi.

OLIVIER

Mais vous allez aux fêtes qui se donnent ici, aux réunions du Casino.

Non... je n’y vais plus, monsieur.

OLIVIER

Pourquoi donc?

SUZANNE

Je n’ose pas vous dire...

OLIVIER

Vous avez des secrets pour l’ami de votre onde, pour votre camarade d’enfance ?

SUZANNE

C’est vrai... j’ai tort.

OLIVIER

Alors, parlez.

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