SCÈNE IV
LAURE, puis OLIVIER.
LAOHE. étonnée.
Quoi ! tout le monde s’éloigne quand je parais ! que veut dire? (EU# passe h droite et s’adresse à Olivier qui entre parle fond.) A la bonne heure, vous, du moins, vous ne me fuyez pas.
Vous fuir 1 cela ne m’est jamais arrivé, et aujotird’hui surtout je ne commettrais pas une telle maladresse.
LAURE
Aujourd’hui stirlout?
OLIVIER
Sans doute, n’avez-vous pas quelque confidence à faire à votre ami dévoué, à votre compagnon d’enfance? (il la fait asseoir à rexlrome droite.)
LAURE
Seriez-vous proplvète?
OLIVIER, s’asseyant près d’elle.
Plus que vous ne pensez, car je sais ce que vous avez à me dire.
LAURE
Vraiment!... voyons.
OLIVIER
Il s’agit de Julio, h’est-ce pas ?
LAURE
Continuez.
OLIVIER
Lorsque son nom de guerre vous a été dévoilé, vous avez été charmée de voir que celui dont la voix vous avait si vivement impressionnée, votre mystérieux magnétiseur en un mot, n’était pas un simple ténor, mais un homme du monde, appartenant a uns dos meilleures familles de l’Italie. Alors, votre dignité étant à couvert, vous vous ôtes intéressée au récit de ses aventures, à sa ruine momentanée, à ses luttes et enfin à ses succès, qui lui ont permis de rétablir sa fortune et de reprendre sa position dans le monde... Est-ce exact ?
LAURE
Peut-être.
OLIVIER
Puis, vous avez fait ensemble un peu de musique, et il vous
a redit ce fameux air qui vous émotionne si vivement, quand c’est lui qui le chante.
LAURE
Mais, mon cher Olivier, tout Vichy en sait autant que vous ; mes croisées étaient ouvertes.
OLIVIER
Oui ; mais on ne sait pas comme moi que vous n’avez pu retrouver impunément celui qui vous a fait ressentir la seule grande émotion de votre vie, que vous avez i;édé au prestige du souvenir, de l’imprévu! et que clans renivrement de soirées semblables à celles quixous avaient autrefois charmée, en écoutant de nouveau cette voix qui vous ravit, vous avez renié toutes vos théories fanfaronnes, vous vous êtes avouée vaincue ; vous aimez enfin !
LAURE, après un siteoro.
Eh bien, oui, vous m’avez deviné ; mes dédains, ma froideur, mon orgueil, m’ont prouvé que je n’étais, comme les autres femmes, qu’un être passif, dominé, soumis à tous les entraînements, esclave de mon imagination. J'ai dû reconnaître la misérable infirmité de la nature humaine, tout mon échafaudage d’indifférence s’est écroulé. La lumière a lui dans mon cœur, et je vous cherchais en effet pour vous dire : Olivier, vous pouvez m’aimer, car je me crois maintenant capable de vous comprendre.
OLIVIER
Vous vous trompez, Lauret vous ir.e connaissez depuis trop longtemps pour m’aimer jamais; je m’en suis rendu compte dès le jour où je vous ai revmc! C est Julio que vous aimerez tôt ou tard. Votre orgueil se" révolte encore contre cette pensée, vous essayez de lutter, et votre cœur, qui se craint, vient chercher un refuge près du mien. Mais, moi, qui vous ai devinée, moi qui ai juré que vous ne resteriez pas plus longtemps indifférente à toute affection, je me charge de vous éclairer.