ARISTIDE, OLIVIER, LAURE, SIMONET
SIMONET, s’arançant gravement vers Olivier.
Messieurs, toutes mes dispositions sont prises... (il s’arrête CD apercevaat Laure.)
LAURE, <1 part, CD remontant.
Décidément je suis de trop... je me retire. (Haut.) Messieurs. (Elle salue et sort par le fond.)
SIMONET, à Olivier.
Ainsi que je vous en avais chargé, vous avez pu voir M. Julio?
OLIVIER
Nous le quittons.
SIMONET
Eh bien?
OLIVIER
Tout en manifestant, comme je l'espérais, scs plus vifs regrets d’avoir été en partie cause des bruits fâcheux qiii ont circulé sur le compte de mademoiselle Suzanne, il a reconnu la nécessité d’une rencontre et il s’est mis à notre disposition.
A 1« bonne heure... Quelle arme a-t-il choisie? (il passe à gauche.)
OLIVIER
Le pistolet.
SIMONET
A combien de pas? (il revient à droite.)
OLIVIER
A vingt-cinq pas.
SIMONET, après avoir réprimé un geste.
Quelle place a été désignée?
OLIVIER
Un terrain que nous connaissons, près d’ici.
S1.MONET
11 ne me reste plus qu’à vous demander quelle heure vous avez prise?
OLIVIER
Huit heures.
LES LNDlFFÉREiNTS.
SUtONET.
Huit heures du soir?
OLIVIER
Non, du matin.
SI.MONET
Comment du matin! mais il est plus de dix heures.. C’est donc pour demain ?
OLIVIER
Mais non, pour aujourd’hui.
SIMONET
Comment, [)our aujourd'hui?
OLIVIER
Sans doute... tout est fini.
SIMONET
Quoi? qu'est-ce qui est fini ?
OLIVIER. '
La rencontre a eu lieu.
SIMONET
Mais je n’ai pas bou{;é d’ici... Vous ne me persuaderez pas, j’imayine, que je me suis battu.
OLIVIER. '
Non ; mais Anstide qui est, là, étendu sur ce fauteuil et qui a repris son calme liabituel, Aristide s’esl battu ce matin, à huit heures, au pistolet, sur le terrain dont j’ai |iarlé; je lui servais de témoin.
SIMONET, ronratil h Aristide.
Tu es blessé?
ARISTIDE, tranijuille et se lerant. •
Non, pas que je sache...
SIMONET
Tu as tué ton adversaire ?
ARISTIDE
Je l’ai manqué, et il a cru devoir tirer en l’air.
SIMONET
Pourquoi t’es-tu battu à ma place?
ARISTIDE, trnn(|uillemeDt.
L’honneur de ma sœur me regardait bien tout autant que toi... et puis, là, IranchemonI, je ne pouvais pas te laisser te battre... Si on t’avait tué !
SIMONET, vivement.
Et si on t’avait tué, toi!... Cette pensée-Ià seulement me fait venir les larmes aux yeux.
‘ ARISTIDE
Vraiment?