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LE AU AR NES AE TOUR ME RS

58 LES INDISCRÉTIONS DE L'HISTOIRE Vie D

Les textes qui précèdent ont-ils un fondement plus

sérieux? Est-il vrai, en un mot, qu'on fit asseoir, sans haut-de-chausses, sur un fauteuil sans fond, le Pontife frais sorti du Conclave, et qu'un prélat, se glissant à quatre pattes, fut chargé de s'assurer de la virilité de l'élu ? |

Pour se renseigner sur ce qui se passait lors de l'élection d’un pape, consultons le Cérémonial romain (1) et nous y lirons ce qui suit :

Lorsque l'élection avait été proclamée au Vatican, le pape se rendait à l'église de Latran.

Il était suivi d’un cortège nombreux et monté sur un cheval blanc. -

Sur sa route, il rencontrait les Juifs établis à Rome, qui lui présentaient un exemplaire en hébreu de la Loi de Moïse, en le priant de le reconnaitre.

Le pape leur répondait que les Chrétiens respectaient la loi de Moïse, mais qu'elle avait été remplacée par l'Évangile, et qu'il ne fallait pas s’obstiner à attendre le

«= Mais afin que les bons pères ne tombassent plus en tel inconvénient (choisir une femme pour pape), ils ordonnérent qu’un diacre manierait les parties honteuses de celuy qui serait élu pape, par dedans une chaise percée, afin qu’on sçust s’il est masle ou non. Mais maintenant, cependant qu’ils sont cardinaux, et devant qu’ils soyent élus papes, ils engendrent tant de bastars, que personne ne peut douter qu’ils ne soyent masles, et qu’il n’est plus besoin d’une si saincte cérémonie. »

(1) Cf. Nova collectio scriptorum ac monumentorum, de Horr- MANN ; Leipzig, 1833, in-4°; et Lectionum memorabilium et recondilarum centenariæ XVI, par J. Wozriuts; Francofurti, 1671, 2 v: in-fe.

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LA FABLE DE LA PAPESSE Gr

Messie qui était déjà venu. II leur permettait d’ailleurs de séjourner à Rome et d’y vivre sous l'empire de leurs lois.

À son arrivée à l'église, le nouveau pontife était recu par les chanoïnes. On l'introduisait sous le portique, et il s’asseyait sur une chaise de marbre, dite sella stercoraria, qui était à gauche de la porte principale.

Les cardinaux chantaient alors le verset : Suscitat de pulvere egenum el de slercore erigit pauperem, ut sedeat cum principibus el solum gloriæ teneat.

Le camerlingue présentait au pape une bourse de pièces de monnaie: le pape en prenait une poignée et la jetait au peuple, en répétant les paroles de saint Pierre : « Je n'ai ni or, ni argent, mais ce que j'ai, je te le donne. » |

Précédé des chanoïnes et suivi des cardinaux qui chantaient le Te Deum, il entrait dans le chœur de l'église, et il admettait les chanoines au baisement des pieds.

Il passait ensuite dans la chapelle de Saint-Sylvestre.

Devant la porte, étaient deux chaises percées en porphyre. Le pape s’asseyait sur l’une d'elles, et le prieur de Latran, mettant un genou en terre, lui présentait une férule, symbole du pouvoir de corriger et de gouverner, et les clefs de la basilique et du palais, emblème de la puissance de fermer et d'ouvrir, de lier et de délier.

Le pontife se levait, en tenant la férule et les clefs, allait s'asseoir sur l’autre siège, rendait au prieur ce qu'il avait reçu, et jetait derechef de l'argent au peuple.

Passant alors dans le Sanclum sanctorum, il y faisait

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