RELIQUES D DE L’AMI DU PEUPLE
sa sœur Albcitine Marat, qui a bien voulu m'en faire le sacrifice, pour accroître ma collection des monuments — patriotiques de l'époque. »
ê A la mort du colonel Maurin, les feuillets ensande glantés passèrent, ainsi que naguère nous l’attesta Anatole France, dans la collection du comte de La Bédoyère.
«Après la mort du colonel Maurin, nous écrivait 4 Anatole France, ces feuillets sanglants furent trans- % portés dans l'hôtel du comte H. de La Bédoyère. Le gentilhomme prit ces feuillets en dégoût et obligea mon père à les emporter; mon père me les donna et ag c'est ainsi qu'ils sont tombés jusqu'à moi. »
La photographie du document dont nous venons de faire connaître la filiation fut pour la première fois publiée avec l'attestation du colonel Maurin et celle d'Anatole France, dans l’Aufographe (numéro du 1 octobre 1864).
- Neuf ans plus tard, le ro octobre, Anatole France . aurait, assure-t-on (1), cédé les deux numéros (2) qui | étaient en sa possession, au baron de Vinck. C'est de la famille du baron de Vinck (3) que proviendrait le numéro de l’Ami du Peuple teinté de sang, le n° 678, portant la date du 13 août 1792, qui figurait à l'Exposilion de 1900, dans le pavillon de la Ville de Paris.
(1) Anatole France, dans la lettre qu’il nous a fait l'honneur de . nous écrire, ne mentionne pas ce détail,
(2) Ce seraient les numéros 506 et 678.
(3) Et non M. Jules Claretie, comme on l’a prétendu : M. Claretie nous l’a confirmé, dans une lettre qu’il a eu l’obligeance de nous adresser.
Mais il y avait à l'Exposition un autre exemplaire du journal de Marat, un autre numéro portant des traces sanglantes. Celui-là pouvait se voir au Champ-de-Mars, palais de l'Enseignement, dans la section rétrospective de la librairie. I1 était la propriété d’un amateur d’un goût éclairé, d’un flair aiguisé, M. Paul Dablin.
M. Dablin a bien voulu jadis nous conter dans quelles circonstances lui était échu le précieux document. Nous transcrivons fidèlement son récit.
€ IL y a six ou sept ans, vers 1893 ou 1894, j'achetai sur les quais — quai Conti, si ma mémoire me sert bien
— dans la boîte à vingt sols, un livre broché, en assez
piteux état, portant le titre de Recherches sur le Feu, par J.-P. Marat, docteur en médecine, etc. Ce livre, que venait de dédaigner un jeune ecclésiastique, qui l'avait brutalement rejeté dans la boîte, portait, sur nombre de pages, des annotations manuscrites, que je soupçonnai à première vue être de la main même de Marat.
‘Vous devinez mon émotion !..….
« Mais je n'étais pas au bout de ma surprise. Dans l'intérieur du volume, se trouvait un numéro de l’'Ami du Peuple (le n° 618 bis, du jeudi 13 septembre 1792), dont huit pages étaient tachées de sang, les deux pages
TVR NE SEE ee L L k # . *