‹ Les indiscrétions de l'histoire (volume 2)Chapitre 35 sur 59 · LA MALADIE DE NAPOLÉON III · texte numérisé non relu

LA MALADIE DE NAPOLÉON III

les fonds d’État accusaient une baisse marquée ; la maladie de l'Empereur en était l'unique motif.

Daïs l'entourage du souverain on persistait à croire qu'un régime approprié suflirait à conjurer les accidents. Dans ce but, Napoléon se rendit à Vichy, demandant aux eaux alcalines, selon l'expression même du D: C. James, «un soulagement qu’elles devaient d'autant moins lu: procurer, qu'elles agissaient au contraire dans le sens du mal, en augmentant le volume du calcul par l'addition de nouvelles couches. »

Le D° Guillon père, qui fut, à cette époque, appelé à donner ses soins au malade, ne constata qu’ {un rétrécissement circulaire de la portion membraneuse de l'urètre la plus rapprochée de la portion spongieuse, »

Une sonde à bout olivaire, d'un très petit calibre, passa Sans trop de résistance, et la vessie fut vidée.

Bien que, dans l'après-midi et dans la nuit, l'urine eût repris son coùrs normal, le D' Guillon crut devoir, le lendemain, dilater le canal, à l’aide d’une bougie de moyen calibre.

Le troisième jour, l'Empereur retournait à Paris, après avoir, par pure précaution et en vue du VOYage, fait vider sa vessie au moyèn d'une sonde ordinaire, introduite, cette fois encore, par le D’ Guillon.

Quelques jours plus tard, à la suite d’un nouveau cathétérisme, survint une prostatite, qui fut combattue par les moyens usuels, prescrits par le D' Guillon père, devenu chirurgien-traitant de S. M. (1).

(1) V. France médicale, du 15 janvier 1873.

L'Empereur dut interrompre le traitement de Vichy

en pleine saison, rappelé à Paris par la préparation de

l'Exposition universelle.

Le D' Guillon (1), appelé de nouveau auprès de Napoléon III, avait exigé, avant de lui continuer son assistance (2), que le Président de l'Académie de médecine fût témoin des manœuvres chirurgicales qui pourraient devenir nécessaires. Cette prétention fut écartée (3).

(1) Cf. Œuvres chirurgicales et médicales du D' G. GUILLON (père), Paris, J.-B. Baillière, 1879-

(>) Les honoraires destinés par l'Empereur à rémunérer les soins du D: Guillon avaient été fixés par S. M. à une trentaine de mille francs ; ils furent réduits des deux tiers : cette somme, je Dr Guillon avait l’intention de la consacrer à la création d’un prix à l'Académie des sciences. Les circonstances en décidèrent autrement. |

(3) On se l'explique de reste : Napoléon II avait son chirurgien ordinaire, Nélaton, qui aurait malaisément toléré la présence d’un collègue (qu’il pouvait à bon droit considérer comme son infé rieur) auprès de lui, en qualité de « consultant ».

Le premier chirurgien de l'empereur ne quittait guère à ce moment Paris, dans la crainte que l’on pût avoir besoin de Jui aux Tuileries ; nous en avons la preuve évidente dans ce court billet, extrait d’une collection d’autographes (collection

Dentu) : | Au général Rollin, 5 septembre 1866.

« Mon cher général,

« Je suis bien! persuadé’ que $S. M. l'Empereur n’aura aucuñ besoin de mes soins; cependant je ne voudrais pas m'absenter sans vous donner le moyen de me prévenir immédiatement si contre toute probabilité l'Empereur désirait me voir.

« Je vais pour trois jours à La Fère en Tardenois (Aisne), chez

M. Adolphe Moreau. une dépêche adressée à la station de

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Quoi qu'il en soit, l'Empereur ne tarda pas à voir renaître les symptômes de son affection vésico-urinaire. Les hématuries reparurent, comme avant le traitement thermal et l'intervention du D' Guillon (r).

A la suite de l’une de ces hématuries, les urines restèrent pendant un an muco-purulentes (2). Le mal faisait évidemment des progrès, que la science allait être impuissante à enrayer. :

On s'explique dans une certaine mesure que Napoléon professât à l'égard de la médecine un scepticisme qui n'était pas de surface et pour les médecins un dédain qu'il ne cherchait pas à dissimuler.

Il appréciait la fidélité et le dévouement de ces der-

Varenne me parviendra promptement et je reviendrai immédiatement.

« Je répète que, dans ma pensée, le Soin que je prends sera très certainement inutile, mais je profite de cette bonne occasion pour vous assurer de nouveau, général, de ma haute ÉOTEIMEreS tion et de mes sentiments bien affectueux.

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