‹ Les indiscrétions de l'histoireChapitre 10 sur 61 · PELLE · texte numérisé non relu

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lieux, ou livrés au premier occupant ; que même elles seraient dépouillées,

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Il était fait, en outre, défense à toutes personnes, de leur

ment que 8 fr. 50 ; ce qui paraît correspondre, sous Charles VII, à une prostitution d'ordre assez inférieur. (Cf. d'AVENEL, La fortune privée à travers sept siècles).

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louer aucuns lieux, à peine de confiscation de maisons (1).

Lors de la croisade de 1270, les gens du roi, après la prise de Damiette, établirent, dans le camp même et près du pavillon royal, des lieux de débauche dont ils tiraient profit (2). Saint Louis chassa un grand nombre des gens de sa cour, coupables de cette infamie.

Les désordres qui s’accrurent avec autant de violence que de rapidité dans les maisons de débauche, les firent défendre dans le ressort du Parlement de Paris (1272).

(1) L’interdiction ne s’appliquait probablement pas à ceux qui étaient chargés de faire respecter la loi, car on assure que messieurs du Parlement, juges et avocats, louaient leurs propres maisons ad tenenda lupanaria. Contre cet abus s'élèvent avec force les libres prêcheurs du Moyen Age : Messier, Pépin, Maillard ; tous sont de l’avis de Menot, le plus hardi et le plus franc dans ses indiscrétions. Ecoutez ce que dit ce dernier de messieurs du Parlement : « Que ma voix s’élève contre nos seigneurs du Parlement, dominos Parlamenti, qui louent leurs maisons aux lénons, aux ruphiens et mere- {ricibus, pour en faire des lupanars, et ainsi ils favorisent ce qu'ils devaient punir et louent plains bordeaulx. Vela bel honneur pour gens de judicature, facere talia peccata ! » MÉRAY, La Vie au temps des Libres Précheurs, t. II, p. 196.

(2) A l’époque la plus scandaleuse de l’histoire de la Babylonie et de la Syrie, on taxait la corruption, et cet argent impur était attribué au service des temples ou employé en offrandes.

L'Église, d’ailleurs, toléra longtemps le voisinage des maisons de débauche ; il fut dit, au xve siècle, que la paroisse Saint-Merri avait intérêt que les bordeaux demeurassent dans les maisons l’avoisinant, car ainsy ses rentes en valaient mieux.

Dans une étude fort piquante, Les Maisons, parue dernièrement à Rio-de-Janeiro, M. Ferrera da Rosa donne la vue d’une rue de Rio, où toutes les maisons sont des lieux mal famés, loués à des proxénètes par un ordre religieux très riche, qui en tire de gros bénéfices, tout en feignant d'ignorer à quel usage elles sont affectées.

L'idée de« parquer » les prostituées dans des quartiers spéciaux remonte à une date lointaine : dès le commencement du xx siècle, Guillaume VII, duc d'Aquitaine et comte.de Poitou, avait fait construire, dans la petite ville de Niort, un bâtiment semblable à un monastère, où il recueillait toutes les prostituées. Il voulut en faire une abbaye de femmes débauchées. Il y créa des dignités d’abbesse (1), de prieure et autres, dont ilgratifia les plus distinguées dans leur commerce infâäme.

Depuis longtemps, il existait pareillement à Toulouse

un dieu de débauche fameux, auquel plusieurs de nos rois

(1) À Nîmes, il y avait une gouvernante ou maîtresse générale des b..., que les ordonnances appellent abbatissa (abbesse). Chaque année, le jour de l’Ascension, les consuls lui offraient un cadeau, appelé osculum et fogassia. En 1399, l’abbesse reçut pour dix sols tournois de vin.

À Orange, comme à Beaucaire, il y avait une abbesse ou baylone. À Beaucaire, elle était soumise à une singulière interdiction : elle ne pouvait coucher plus d’une nuit avec le même individu. En 1414, l’abbesse de Beaucaire, une nommée Marguerite, ayant -couché dix nuits de suite avec un de ses clients ou amoureux, dut payer au châtelain une amende de dix sols tournois (PANSIER, op.-cil., p.25).

concédèrent des privilèges : il portaït, lui aussi, le nom d'abbaye. Charles VI donna en sa faveur des lettres, dont l’une d’elles débute aïnsi : «Oye la supplication qui faite nous a esté de la part des filles de joye du bordel de Toulouse, dit grant abbaye, etc. » Puis il était ordonné au sénéchal et viguier de Toulouse et autres officiers, de « faire, les dites suppliantes, et celles qui, au temps à venir, seront ou demeureront en l'abbaye susdite, jouir et user paistblement et perpétuellement, sans les mo- lester ou souffrir être molestées, ores ne pour le temps à venir ».

Ces lettres sont:du mois de décembre 1389.

En 1424, Charles VIT accordait des lettres de sauvegarde en faveur de la même maison de la grant abbaye, occupée par des femmes publiques, à la demande des Capitouls et du syndic de la ville.

« On voit, par.ces dettres », disent les historiens du Languedoc, «‘que la ville de Toulouse retirait quelque profit de ce lieu de prostitution (1), tant on était, en ce

(1) On lit, dans les Annales de Toulouse, de la FAILLE, 1687, in-fol., p. 189 : « Cette année (1424), sur ce qu’on insultait souvent cette maison (la Grande Abbaye), en sorte que la ville était privée de ce revenu, les Capitouls s’adressèrent au roi pour le supplier de mettre ce lieu sous sa protection et sauvegarde. »

Charles VII fit droit à la requête des Capitouls, par lettres patentes données au mois de février 1424, dans lesquelles il leur permet de rétablir le bon ordre et la perception régulière d’un impôt sur cette maison de prostitution (/ntermédiaire, 1877, p. 526).

À Orange, les maisons publiques étaient, vers la fin du xv® siècle,

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