‹ Les indiscrétions de l'histoireChapitre 18 sur 61 · RES LE À · texte numérisé non relu

RES LE À

422 LES INDISCRÉTIONS DE L'HISTOIRE donne à cette espèce de gant le nom decapote de santé. Il y a environ soixante-cinq ans que cette invention fut faite à Londres par un nommé Condom, dont elle a retenu le nom dans le pays. M. Swediaur remarque que cette découverte, dont l'utilité eût dû valoir à son auteur la reconnaissance de ses compatriotes, ne fit que le déshonorer dans l'opinion publique, et qu'il fut même obligé de changer de nom, bien qu’il communiquât son procédé sans aucune vue d'intérêt et qu’il n’en fit point l'objet d'une spéculation mercantile. » é

L'article étant écrit vers 1812, Condom serait donc né dans les premières années du xvrrr siècle, puisque l'invention daterait du milieu du même siècle. Malheureusement, on néglige de nous fournir des preuves de ce qu’on avance ainsi. ;

À défaut d'acte de naissance, nous avons pu découvrir une amusante épître, reproduile dans les Mémoires secrets du temps, qui atteste que l'usage de l'accessoire que les Anglais appellent, par représailles sans doute, french cloath, french preservalives, french letter, french cigareltes, french specialities, était à cette époque déjà suffi-

samment répandu.

Me Linguet, l’avocat bien connu, avait sacrifié, dans le

temple de. M®e Gourdan, au culte de Vénus, avec une des Vestales chargées d’y entretenir le feu sacré et il en avait gardé un cuisant souvenir. Il crut devoir en avertir le public dans une Epitre, où il faisait entendre à la courtisane d’utiles conseils, qu’il lui transmettait, pour leur

donner plus de poids, par la bouche même de la grande

prêtresse du lieu — du mauvais lieu.

elle est encore très suffisamment gazée. La voici :

. Epiître de Mme Gourdan à Mie la Caille.

Bel enfant de l'Amour, vous que ce Dieu propice Aurait dû préserver de ch... et de... p…..

Dites-moi quel est donc le monstre, le cruel,

Qui, d’un encens impur souillant le sacrifice,

N'a pas craint d’infecter la prêtresse et l’autel ? Si vous le connaissez, nommez, nommez le traître Pour le salut commun faites-nous le connaître. Pouvait-il ignorer, le dangereux mortel,

Qu’à mille honnêtes gens il préparait des larmes ; Que le premier venu peut prétendre à vos charmes Et que par moi formée aux combats de Vénus, Vous ne sûtes jamais ce que c’est qu’un refus.

Du ConNpoM cependant vous Connaissez l'usage, -La Caille, et l’on peut lire aux fastes de Paphos Que, dans les temps heureux de votre apprentissage, A chaque compagnon de vos galants travaux

Vous saviez le chausser avec beaucoup d’adresse. Je conviens avec vous que la délicatesse

D'une fille d'honneur en doit beaucoup souffrir, Mais, ma chère, n'importe, il s’y faut asservir :

Il n’est eau de Préval, ni vinaigre qui tienne ;

La v... s’en f... ; vous connaissez la mienne, "Ces vains palliatifs n’ont pu me prémunir,

On ne nous donne, hélas ! qu’infidèles recettes ; Le Condom, c’est la loi, ma fille, et les prophètes |

La pièce est un peu... osée, mais, pour le siècle galant

(Mémoires secrets de Bachaumont, t. IV, pp. 256-8).

eh Ra

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