‹ Les indiscrétions de l'histoireChapitre 29 sur 61 · RP A ONE PSN ET · texte numérisé non relu

RP A ONE PSN ET

devoir conjugal qu'après avoir été auparavant rudement flagellé.

Le célèbre érudit Pic de la Mirandole, celui qui savait tout et autre chose encore, prétend qu'un personnage, très connu de lui et très libertin, ne pouvait consommer l’acte sans être fouetté jusqu'au sang ; il apportait luimême un fouet durci, trempé dans du vinaigre, el recommandait à la courtisane de le flageller jusqu'à ce qu'il demandât grâce. Le savant Meibomius, dans son livre, dédié à un évêque (1), a conté des histoires analogues : le prélat devait savoir à quoi s’en tenir, car la flagellation a été longtemps en honneur, comme nous l'avons dit déjà, dans les établissements religieux. à

Les anciennes règles défendaient aux moines de regarder jamais aucune partie nue de leur corps ; comment se peul-il faire, opine très justement à ce propos l’abbé Boileau, qu’un moine ou qu’une moinesse, qui, pour se fouetter plus commodément et à leur aise, troussent leurs habits jusques aux reins, et découvrent de tous côtés leur nudité, puissent ne pas voir ce qui doit toujours être caché (2) Et l’abbé, dans un accès de comique indignalion ajoute, sur un ton presque sentencieux : « Saint Grégoire de Nysse, dans son épilre canonique à Leloyus,

. Joue la coutume qu'on avait d’enterrer les cadavres après

(4) MerBomius, De Usu flagrorum in re venered, dédié à Christian Cassius, évêque de. Lubeck.

(2) Abbé BoILEAU, 0p. cit.

2 \ 2h 4 Les . ND t La e 4 0 à £

la mort : ce qu’on faisait, dit-il, afin que le déshonneur de la nature humaine ne fût pas exposé au soleil ; mais n'est-il pas plus honteux et plus infâme, dans l’état de la nature corrompue, de montrer à la face du soleil les lombes des jeunes filles et leurs cuisses d'une excellente beauté, : quoique consacrées à la religion, qu’un cadavre pâle et défiguré (1) ? »

En dépit des protestations du vertueux ecclésiastique, il est bien certain que les moines et autres frocards se flagellaient mutuellement, à toute autre fin que ad majorem Dei gloriam. Les dévôts qui, jadis, portaient la haire (chemise de crin) n’étaient pas, dit Montaigne, de pauvres hères en amour; et Rabelais, qui les connaissait, se.gardait bien de se porter garant de leur chasteté.

On a essayé d'expliquer la furia amorosa des personnes engagées, sous serment sacré, à rester dans la continence, par l'état de malpropreté dans lequel ils vivaient. Bordeu et Lorry, notamment, attribuent la disposition érotique des moines et moinillons « au défaut de linge, qui laissait amasser sur leur peau une crasse âcre et salée, suite de la transpiration ». C’élait évidemment une cause de

(1) Histoire des Flagellans.

ere 17

démangeaison et par suite d’onanisme ; mais ce qui devait encore augmenter l’appétence génitale, c'était le cilice, la dureté de la couche et surtout l'usage de la discipline, que se donnaient4es adeptes de saint François ou de saint Benoît. Le coucher sur la dure, de même que les affections du système dermique, la gale, la lèpre, l'herpès, etc., provoquent, nul ne l’ignore, la turgescence des corps caverneux, et il en résulte non seulement l'érection, mais souvent aussi l’éjaculation ; la lubricité des lépreux ne s’explique-pas autrement.

Mais point n'est-besoin d’invoquer ces causes pour ainsi dire accessoires. La flagellation, à elle seule, pro: duit de pareils effets. Et ce n’est pas seulement: sur l’homme, mais encore sur les animaux.

Les animaux . useraient-ils donc de la flagellation ? Voyez plutôt ce lion, qui rugit d'amour en battant ses flancs de sa queue, ce taureau en rut, cet étalon en chaleur, ce tigre qui enfonce ses griffes dans les flancs de sa femelle, ces colimaçons qui se cherchent et s'approchent au: printemps, pour échanger les plaisirs de leurs sexes androgynes, font-ils autre chose que de se frotter plus ou moins rudement ? |

Le coq qui poursuit les poules à coups: de bec, les lézards: ignames, qui fouettent: leurs femelles: de: leur longue queue, pour les: obliger à partager leur ardeur amoureuse, ne prennent-ils: pas. eux aussi, une: volupté âcre à se torturer? |

Tout cela ne prouve-t-il pas que la souffrance est'pres-

un de nos anciens, « Les 6 épines 44 à prix à la rose 4 4 qu'on cueilleet ces obstacles de pudeur et de coquetterie, | cette barrière même de l hymen, mince et fragile clôture : à % de la virginité, aviveut par de légères douleurs les plus 5 7 délicieux Lransports de la nature e (1 ) ». | ne 1 RE Rue SA D Co Viry, art. Flagellation, du Dictionnaire des Sciences médi- 1 Ho cales, Paris, 1816. Lo &e | PEER - è © 4 k é # L ?,

Page 1