‹ Les indiscrétions de l'histoireChapitre 34 sur 61 · NN S S · texte numérisé non relu

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jours. Il n'en fut pas moins, comme on vient de le voir, cruellement chansonné et caricaturé. Ces caricatures étaient, hâtons-nous de le dire, plus méchantes que spirituelles.

* L'une figurait Beaumarchais, culotte bas, la tête cachée entre les jambes d'un lazariste prêt à le fouetter avec une poignée de verges qu'il tient à la main. À côté d’eux on reconnaît la comtesse Almaviva et Chérubin, qui lève les yeux au ciel ; au-dessus est écrit le proverbe, arrangé par Figaro : Tant va la cruche à l'eau qu’à la fin elle s'emplit.

Cette estampe se vendait d’abord librement, pour quelques sols ; deux jours après l'élargissement de Beaumarchais, elle était devenue introuvable et on la payait une et même plusieurs livres (1).

Outre cette eslampe, il en circula une autre, représentant l'arrivée à Saint-Lazare ; elleétait de la dernière insignifiance.et dut passer inaperçue (2).

Cesestampesn'étant pas signées, on futlongtemps à en découvrir l’auteur. Aujourd'hui, le nom du coupable n'est plusignoré. L'artiste qui avait composé ces médiocres pochades s’est fait connaître dans deux leitres que: nous allons reproduire.

C'était un certain Vincenzo Vangelisti, graveur assez peu:habile, natif de Florence, et qui passa la plus grande

(1) Article de M. G. Monvaz, dans la Revue de l'Art ancien et moderne. (12 novembre 1897).

(2): Courrier: de: l'Art, année 1881, p.. 493 (article de: Ludovic Lalanne).

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partie de sa vie à Paris ; il y aurait péri d’une manière tragique, en 1798 (suivant le Pausanias Français). En 1784, il avait gravé, d’après Callet, le portrait de M. de Vergennes, ministre des affaires étrangères, et avait échangé à cetle occasion quelques lettres avec le premier commis du ministère, M. Henin, amateur et collectionneur éclairé et grand protecteur des artistes. Lorsqu'il apprit l'arrestation de Beaumarchais, Vangelisti pensa qu'il ferait sa cour au pouvoir en jetant le ridicule sur le prisonnier. De là, les deux caricatures en question, dont il confia la vente à une marchande d'’estampes, Mme La Gardette, Mais il avait compté sans un de ces revirementis subits, si fréquents sous les gouvernements despotiques. À peine Beaumarchais était-il rendu à la liberté, qu'on chercha, par toutes sortes de prévenances, à lui faire oublier l’affront qu’on lui avait infligé. Une des premières mesures prises fut l'interdiction de la vente des-estampes. La marchande, craignant d’être inquiétée, était allée se dénoncer elle-même au lieutenant-

général de police, Lenoir. Mal lui en prit, car celui-ci,

* sans autre forme de procés, l’envoya à La Force.

Pour la tirer de ce mauvais pas, Vangelisti eut recours — avec succès — à l'intervention de M. Hennin et lui adressa les deux lettres suivantes, assez peu connues, croyons-nous, que le regretté Lalanne (r}) a le premier

(1) Les détails qui précèdent sont empruntés à l’excellent article de M. Lalanne. Comme c’est un simple exposé de faits, nous n’avions rien à y modifier. >

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