LE PRÉTENDU CRANE DE LA BRINVILLIERS
L'arrêt qui condamnait la Brinvilliers à la peine capitale portait qu’elle devrait, avant d’être conduite à l’échafaud, faire amende honorable au-devant de la principale porte de l’église de Paris, « où elle sera amenée dans un « tombereau, nu-pieds, la corde au col, tenant entre ses « mains une torche ardente du poids de deux livres et là, « étant à genoux, de dire et déclarer que méchamment, « par vengeance et pour avoir leur bien, elle a fait empoi- « sonner son père, ses deux frères et attenté à la vie de « défunte sa sœur... : (pour ce fait), menée et conduite « dans ledit tombereau en la place de Grève de cette
« ville, pour y avoir la tête tranchée sur un échafaud, qui
-« pour cet effet sera dressé en ladite place ; son corps
« brûlé et les cendres jelées au vent... »
Quand elle fut aux mains du bourreau, celui-ci lui banda les yeux.
M"° de Brinvilliers tenait la tête fort droite. Le premier coup fut donné d’une main assurée. La têle fut un moment sans se détacher du tronc. Il y eut un instant de slupeur. Mais un éclair de joie ne tarda pas à briller