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Quant à l’anaphrodisie de Marie Leczinska, la mettrat-on au compte du mal comitial ou de l’hystérie? «Pour rebuterson mari — nous empruntons les termes mêmesde M. Larger — il n'était prétexte qu’elle n’inventât, se disant sans cesse souffrante, à chaque fois qu’il (le roi) manifestait le désir de partager sa couche. Finalement, elle signifia solennellement au roi, par son chambellan, qu’elle ne pouvait plus le recevoir chez elle (1). » Et d'en tirer aussitôt l'induction ; que cette reine continente avait de « l'aberration sexuelle » et que « des indices non douteux prouvent que la casuistique malsaine du confessionnal..… avait puissamment contribué à développer en elle cette perversion d’un sens naturel».
Jusqu'à présent on n’aperçoit pas l'ombre d’une pré-
chose, et la superstition, la peur la nuit, l’indifférence (qui d’ailleurs chez Marie Leczinska semble avoir été tardive) pour les relations sexuelles, sont des défauts assez communs chez la femme pour qu’en vérité on n'ait guère le droit de les élever au rang de véritables tares, qui, en tout état de cause d’ailleurs, ne sauraient être tenues pour des tares comitiales ».
(1) M. Larger, prévoyant l’objection qu’on peut lui faire, qu’une
“hystérique est plutôt portée sur les plaisirs des sens, essaie d'y
répondre par avance, mais son argumentation est rien moins que convaincante :
« Contrairement au préjugé si généralement répandu dans le publie touchant les hystériques, elle manifestait une répulsion maladive pour les rapports sexuels : la Reine était si rassasiée des plaisirs du mariage que, ne souffrant le Roi qu'avec douleur, elle lui témoignait une grande répugnance ».
Que toutes les hystériques ne soient pas des nymphomanes, nous en convenons avec M. Larger ; mais qu’elles aient du dégoût, de la répugnance pour l’acte sexuel, cela reste à démontrer.
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somption en faveur de l'épilepsie. Les dernières années de la reine ont-elles été au moins marquées par quelque attaque, par quelque crise de haut mal?
Nous ne sommes qu'imparfaitement renseigné sur la dernière maladie de Marie Leczinska ; mais ce que nous en
savons (1) nous permet d’inférer que rien, dans les symp-
(1) Selon M. Boyé, qui n’est pas médecin, nous le répétons, Marie Leczinska était atteinte « d’une fistule consécutive à des accidents hémorroïdaux ; Stanislas, sa fille et le dauphin, étaient en effet, sujets à de fréquents accidents de ce genre... Le dauphin est mort tuberculeux, sa mère a dû également succomber à la tuberculose ».
Mais ici nous devons citer le texte même de notre confrère, que nos commentaires ne sauraient qu'affaiblir. Nous appelons toute l'attention de nos lecteurs médecins sur cet extraordinaire passage, dont nous avons souligné les lignes à méditer :
« L’analogie entre la maladie de la mère et celle du fils fut remarquée à l’époque même. La fistule anale dont ils ont été atteints l’un et l’autre plaide encore en faveur de cette hypothèse. Enfin la tuberculose étant fréquemment la résultante de la dégénérescence névropathique, il n'y a rien d'étonnant qu’une mère dégénérée ait subi la même évolution pathologique que son fils également dégénéré ». C’est ce qu’on pourrait appeler de l’hérédité en retour ; mais l’objection a été vraisemblablement prévue, car l’auteur ajoute : « Peut-être même comptait-elle (Marie Leczinska) des antécédents tuberculeux dans sa famille, où la goutte sévissait au plus haut degré. Les documents
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tômes observés, ne rappelle la maladie dont on veut que la reine de France ait été affligée.
L'épouse de Louis XV est morte, âgée de soixantecinq ans, d’une «maladie de langueur », que M. Larger présume être la tuberculose. Tenons son hypothèse pour vraisemblable ; en conclurons-nous pour cela que Marie Leczinska fut épileptique?
Du mariage de Marie Leczinska avec Louis XV naquirent, on le sait, six filles et deux garçons.
L'un des garçons mourut en bas âge; l’autre, le Dauphin, a succombé accidentellement à la phtisie.
Quant aux filles, elles paraissent avoir présenté surtout des stigmates de scrofulose ou d’herpétisme (1).
font défaut fsic). Mais sa sœur aînée, Anne Leczinska, pourrait bien être morte tuberculeuse. Quoi qu’il en soit, il ne paraît pas douteux que Marie Leczinska ait succombé à la tuberculose ».
Au résumé, il s'agissait de démontrer que Marie Leczinska était épileptique ou hystérique, et l’on arrive à cette conclusion... qu'elle était tuberculeuse. Encore vient-on de voir la documentation qui a servi à étayer ce fragile échafaudage !..
(1) Voici ce que M. Jules Soury, dans une étude parue dans la Revue des Deux-Mondes et reprise dans son ouvrage sur le xvIrre siècle, nous révèle sur les tares pathologiques des filles de Marie Leczinska. Nous ne donnons, empressons-nous de le dire, son opinion qu’à titre de curiosité, M. Soury n'ayant pas qualité pour en décider, bien qu’il ait sur M. Boyé l’avantage d’avoir suivi des cours de médecine et de s’être livré à des travaux de laboratoire.
M. Soury, parlant des deux jumelles Elisabeth et Henriette, écrit à leur sujet : « Leurs traits sont gros, lourds et sensuels, comme ceux des enfants sujets aux convulsions... »
Elles sont de plus rongées par l’eczéma (la goutte des Leczinski):
Après l'examen auquel nous nous sommes livré en toute impartialité et sans être guidé par une considération quelconque étrangère à la science, nous nous croyons pleine-
ment autorisé à conclure que : Marie Leczinska n'a point
offert les symptômes du haut mal, ni dans l'enfance, ni plus tard ; et, moins timoré dans nos conclusions que le professeur Ballet (1), nous nous croyons en mesure d’affirmer,
«.. ces cuisantes affections dartreuses qui, toute la vie, sans relâche, ont éprouvé les deux jumelles, tué l’une d’elles. »
Il décrit ailleurs le nervosisme de la survivante : « Henriette s'était évanouie plusieurs fois la veille. Cette personne si douce, d'apparence si calme, avait d’affreux accès de désespoir. Quelques. années avant, à la nouvelle de la maladie du roi, alors à Metz, on la vit se rouler par terre, poussant des hurlements. »
Quant à Adélaïde, c’est une « sorte de garçon manqué, aux allures masculines, à la voix de basse-taille... On peut seulement trouver en toute sa personne quelque chose d’étrange, de légèrement égaré... Jamais femme ne présenta d'aussi brusques contrastes qu’Adélaïde, un tel manque d’équilibre dans les facultés, un si violent déchaînement de fantaisies bizarres ».
« La bonne Vicloire elle-même connut les terreurs paniques dont nous parlons. » ;
« Chez Sophie, la timidité a quelque chose de maladif, et dès qu’un orage éclate, la frayeur va jusqu’à l’épouvante. »
Enfin, Louise, « était un être débile, chétif, manifestement rachitique ». Adonnée au mysticisme, comme sa mère, elle devint carmélite..…
(1) Voici le texte même du professeur Ballet :
« Sur le point de savoir si Marie Leczinska était épileptique, nous ne nous croyons en mesure d'affirmer qu’une chose, c’est que, s’il n’est pas absolument impossible qu’elle le fût, rien du moins n'autorise à dire avee certitude ni même avec probabilité qu’elle l’ait été. -
« En réalité, on ne peut le penser qu’en vertu d’une présomp-
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