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II. CIVILISATION DES ARYAS ET DES SEMITES

J'ai rapporte plus haut (p. 165 s.) ce qu'ils ont fait pour la construction de voies carrosables. C'est à eux que revient la gloire d'avoir établi les premières chaussées; ils n'ont pas fait moins pour les voies navigables (régularisation du lit des fleuves et creusement de canaux).

Qaant à l'utilisation de la force animale pour le transport par terre, le seul qui existât jusqu'à la découverte de la vapeur, ils occupent déjà le premier rang.

La forme la plus imparfaite et par cela même la plus primitive consistait dans le port du faix par l'homme ; dans rintérieur de l'Afrique, il s'est conservé jusqu'à nos jours. A la place du porteur vint ensuite la bête de somme, puis la béte de trait, qui exigeait un dressage plus complet de l'animal et supposait l'invention du chariot. Dans les montagnes seulement et dans le désert, où la bête de trait avec le chariot n'étaient pas pratiques, se maintint la bête de somme [âne, mulet, chameau). Comme premier animal de trait on a partout employé le bœuf. Dans les relations locales, il s'est conservé jusqu'à ce jour; pour le commerce il n'a pu, à cause de sa lenteur, se maintenir à côté du cheval. Avec celui-ci se termine l'échelle de l'emploi de la force animale pour le transport des fardeaux. De tous les animaux domestiques, le cheval a été le plus dif&cile à assujétir. Dès sa patrie originaire l'Aryas peut l'avoir employé pour son chariot de guerre ; comme attelage de son chariot fardier [anas) il se servait exclusivement du bœuf, d'où la désignation de celui-ci comme anadvah (qui tire le chariot fardier) ('*'). Il en est de même pour les Germains à 1 époque de la migration. Les Babyloniens ont-ils employé le cheval à tirer des fardeaux? je ne connais aucun témoignage à cet égard et je dois abandonner le problème aux assyrologues. Si l'assertion de Stra-

i'*') ZiiiMBRl. c, p. 226. L*autorité quUl cite dit : les chevaux n'étaient jamais attelés à des chariots fardiers (p. 226 note).

222 LIVRE ir. — ARYAS £T SEMITES.

BON que sur les murs de Babylone plasiears quadriges pouvaient rouler de front, autorisait à conclure qu'il en a réellement été ainsi, la question serait à peu près décidée. Mais comme il n'est guère admissible que les Babyloniens fissent plusieurs lieues pour arriver de la ville intérieure sur les murs extérieurs et s'y promener pour leur plaisir — le Corso des Babyloniens, — comme les quadriges de guerre non plus n'avaient rien à faire à cette place, il ne reste qu'à conclure de ce texte que les chariots fardiers apportaient sur les murs, aux gardes et aux guerriers, les vivres et reau(«**).

La perte de force résultant pour le transport par terre du double frottement des roues, autour de leur axe et sur le sol, disparaît dans la navigation. L'inappréciable avantage de celleK^i consiste en ce que le bateau ne doit vaincre qu'un moindre frottement. En revanche, il peut rencontrer un autre obstacle : la résistance du courant contraire. Sur une nappe unie et dans la marche en aval sur les fleuves, l'eau n'oppose qu'une faible résistance, dans les deux cas la force motrice profite donc exclusivement à la marche en avant. Ce n'est qu'en amont, et contre les vagues de la mer qu'une grande partie de cette force est absorbée par le courant. Mais la nature y pourvoit amplement par le vent, et il 7 s compensation entre la diminution de frottement dans la marche en aval et Taugmentation que provoque la marche en amont.

Si dans ce qui précède j'ai dit des choses que chacun peat trouver lui-même pour peu qu'il y pense, le lecteur l'attribuera à mon penchant, peut-être ennuyeux dans le cours de

(*<*) [Le manuBcrit d*JHBRiNa renyoie ici en note à l'expression assyrienne rendue par eurrus îongw dans J. Oppbrt et J. Menant. Docaments juridiques de TAssyrie et de la Chaldée. Paris, 1S77. Le oontena de cette note n*a pu, au surplus, être rétabli d*iui6 manière certaine].

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