II. CIVILISATION DES ARYAS ET DES SEMITES
n'avait pas de prix pour lui. Et lorsque le Babylonien Tavait employé pour en faire une coupe artistique, combien de sable aurifère un prince indien ne donnait-il pas pour se mettre en possession d'une pareille merveille? Que n'offrait-il pas pour mettre à la place du fétiche national grossièrement découpé dans du bois, l'idole faite à Babylone en terre cuite et couverte de couleurs éclatantes. Représentons-nous les relations d'affaires entre un peuple inculte et un peuple commerçant, et nous apprécierons quel gain incalculable le commerce transmarin devait procurer à Babylone. En même temps on comprendra comment il se faisait que le taux de l'intérêt chez les Babyloniens dépassait de plus du double celui en usage ailleurs. Ainsi s'explique la richesse immense qui s'accumula à Babylone dans le cours des siècles et fit de cette ville la plus riche du monde(**'). Ce ne fut qu'à Rome, au dernier siècle de la république et sous l'empire que l'antiquité vit une seconde fois une cité comparable. Dans les deux cas, c'était la supériorité du fort sur le faible qui avait produit cette immense accurtaulation de richesses, là dans le commerce, ici dans la guerre. Babylone devait ses trésors à Texploitation de l'ignorauce des peuples non civilisés, quant à la valeur relative des marchandises qu'ils échangeaient avec eux ; Rome devait les siens à ses armes victorieuses. Toutes deux ont péri par leur opulence, car elle a mis en mouvement
('*') Cela résulte déjà des seals renseignemeats donnés par H^bodotb, 1, 192, II, 92, auxquels bien d^aatres témoigna^^nes peuvent certainement être ajoutés. Relativement, la richesse des villes phéniciennes peut avoir été à la même hauteur, mais d'une manière absolue, Babylone avec son étendue et sa population infiniment plus grandes, doit les avoir distancées toutes. Sur sa superficie v. p. 155 s. Hérodote, III, 159 donne un point de repère pour la population. Le nombre des hommes notables que Darius fit mettre à mort après la répression de la révolte à Babylone est éyalaé à 8000, et le nombre des jeunes filles requises chez les peuples voisins pour remplacer celles qui avaient été tuées pendant le siège (III, 150), à 50|000.
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contre elles les ennemis qui les ont vaincues : les Perses contre Babylone, les Germains contre Rome.