‹ Les Indo-Européens avant l'histoireChapitre 15 sur 215 · I. SOL NATAL · texte numérisé non relu

I. SOL NATAL

émigrant de sa mère patrie, s'est arraché complètement et pour toujours du peuple père. Cela n'est cependant rien moins que naturel. La forme naturelle de l'émigration d'une fraction du peuple est que le peuple souche conserve communication avec cette fraction ; c'est ce qui arrivait en Grèce et à Rome dans l'expédition des colonies. Au contraire chez les Aryas émigrants, par le passage des montagnes qui séparait leur patrie du monde extérieur c'en était fait pour toujours du maintien de toute communication ultérieure avec le peuple père; c'était une bouture arrachée de larbre et portée au loin pour être mise en terre. Sans l'obstacle que la montagne opposait à l'expansion des Aryas hors de leur domaine originaire, ils auraient certainement fait comme d autres peuples, p. ex. les Slaves ; lorsque le sol ne suffisait plus à les nourrir, ils se seraient étendus toujours plus loin sans briser les liens qui les unissaient à la mère patrie. Mais la montagne leur opposait un obstacle insurmontable, le seul remède était l'émigration de la partie excédante de la population, qui rompait ainsi pour toujours ses communications avec le peuple père. Ainsi, et ainsi seulement, s'explique le principe du ver sacrum^ en contradiction absolue avec les habitudes romaines; il trouve son explication naturelle, et à mon avis en même temps sa seule explication, dans la constitution orographique de la mère patrie aryenne. A cet isolément absolu de l'Aryas, causé par des obstacles naturels» se rattache probablement aussi l'unité parfaite et méthodique du développement de sa langue. Sans être influencée par des idiomes étrangers ni par leur morphologie et leur vocabulaire, elle put dans ce domaine entièrement clos se développer par elle même et acquérir ainsi ce merveilleux achèvement qui la distingue des langues de tous les autres peuples; Tépanouissement complet des germes linguistiques n'était troublée par aucune action du dehors. Au linguiste a décider si pareil isolement complet d'une langue dans sa

période de formation peut en réalité exercer Tinfluence que je présume ici.

Toute la déduction tentée ci-dessus de Tisolemeat complet des Âryas par une chaîne de montagnes qui les entourait Tiendrait à crouler sMl était vrai qu'ils ont connu la mer. Sans entrer plus avant dans l'examen des raisons produites pour ou contre, ce qui serait entièrement déplacé, je me contente de déclarer que je me rallie avec pleine conviction à l'avis des savants autorisés qui le nient; pour moi la circonstance que les Aryas n'ont pas connu le sel, suffit à elle seule à faire pencher la balance.

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