VBR SACRUM
qoe connurent les Romains (fat y épeautre, que l'on retroute dans la célébration du mariage, cim/arreatio ^ sous forme de pain). Le nom de la paye donnée plus tard au soldat est également emprunté au grain [stipendium, de sHp^ « cérëaie, et de pendere : peser).
Mais à côté du sacrifice non sanglant s'est également conservé à Rome le sacrifice sanglant, et une de ses applications appartient au ver sacrum. Si nous ne savions déjà que celui-ci n'est pas né sur le sol romain, mais remonte à l'époque arjenne antérieure, nous pourrions le conclure de ce fait que le vœu se bornait au bétail des troupeaux, car autrement il aurait aussi compris les fruits des champs. C'est donc l'ofirande pastorale de l'époque primitive; l'obligation de s'y soumettre n'est imposée qu'au possesseur de troupeaux. Cette circonstance, que l'origine historique du ver sacrum explique parfaitement, était en pratique d'une haute importance ; elle signifiait que la réalisation du vœu ne devait atteindre que les gens riches» et non l'indigent. Le pauvre ne possède pas de troupeaux, son bétail consiste dans les bétes de labour, les quatre res mancipi que l'on connaît : le bœuf, le cheval, l'âne, le mulet, et dans les rares bestiaux qu'il fait paître : les vaches, les chèvres, les moutons; le vœu ne comprend point les jeunes de ces animaux. En ce point encore se manifeste une concordance avec l'exode, pour lequel les gens fortunés étaient seuls mis a contribution (p. 313).
En résumé : le sacrifice du ver sacrum est celui du pâtre^ et nous reporte à Tépoque de la vie pastorale des Ârjas, avant l'introduction de Tagriculture, ce qui veut dire dans leur première patrie, puisque dans la seconde ils avaient déjà appris à connaître le travail du sol. Un seul point présente quelque difficulté. Le porc était connu de TArjras, comme le montre la concordance du grec vç, du lat. sus^ de l'anc. allem. sH avec le zend hH et le sanscrit sû-harâ »= porc sauvage, mais l'élevage de cet animal n*est pas
mentionné dans le Veda et l' Avesta. Il semble que son apparition ne date que du séjour dans la seconde patrie. Le nom nouveau qui apparaît chez tous les peuples aryens: grec leôpKoç, lat, porcuSy irl. arc, anc. aWem, /arah, ancien slave prasa('^^) ne peut avoir été emprunté qu'à la langue du peuple indigène ; une appellation nouvelle à côté de l'ancienne, pour désigner une seule et même chose, indique toujours que l'objet a changé de face. Vraisemblablement les porcs n'avaient pas été domestiqués, mais formaient des troupeaux. C'est ainsi qu'ils figurent déjà chez les Grecs à l'âge héroïque, comme le montre le porcher divin de l'Odyssée, et pareillement chez les Romains dans le vœu du ver sacrum. Le fait que la race porcine n'apparut que plus tard doit s'être efiacé de la mémoire du peuple, lorsqu'il voulut symboliser l'abandon du berceau originaire. Soutenir que le ver sacrum rappelle le départ de la deuxième patrie est impossible, car dans cette hypothèse le sacrifice aurait dû être accompli par le laboureur et non par le pâtre, ou du moins concurremment par les deux.
L'impôt que le décret du peuple impose aux possesseurs de troupeaux nous reporte donc indubitablement à l'époque de l'existence exclusivement pastorale, c.-à-d. au peuple père aryen. On a voulu figurer un fait qui s'est produit lors du premier exode des Âryas, la remise imposée par le peuple, aux possesseurs de troupeaux, d'une partie de leur bétail. Reste à savoir si c'était dans le but d'honorer, la divinité ou pour approvisionner les émigrauts ; tout dépendra du point de savoir si la physionomie du sacrifice, dans le ver sacrum^ permet la première interprétation, et j'espère pouvoir convaincre le lecteur qu'elle l'exclut.
Supposer que lors de leur départ, les Aryas ont sacrifié
('^■) ScHRADERy Spraehverçleiehunç und Urgeschichte, ]^. 348.