‹ Les Indo-Européens avant l'histoireChapitre 201 sur 215 · V, EXPERTS · texte numérisé non relu

V, EXPERTS

C'est à minuit que le magistrat étudie les astres* Pourquoi ? Parce qu'il en était ainsi pendant la migration ; l'autorité imite en toutes choses Texemple du général à l'époque ancienne. Mais pourquoi choisissait-il la singulière heure de minuit, alors que dans les ténèbres il ne pouvait distinguer le vol des oiseaux? Parce qu'il n'avait pas à s'occuper du vol des oiseaux, mais uniquement de ce que l'expression servare de coelo seule sufSt à indiquer, de lobservation du ciel. Pourquoi celle-ci? Simplement pour décider si au jour on marchera ou non. Y a-t-il un orage a craindre, on ne partira pas, les chemins seraient mauvais et toute la masse, hommes, femmes, enfants, serait mouillée ; le ciel est-il pur, l'armée se met en route au matin, .à Theure habituelle. Le général a intérêt à s'assurer d'avance des probabilités atmosphériques, aân de pouvoir prévenir en temps utile les commandants inférieurs d'un départ matinal, ou d'un retard permettant de prolonger le sommeil jusqu'au jour. Voilà précisément ce que l'on veut. Le général reste debout ou se fait réveiller dans sa tente par sa garde, afin que le peuple puisse dormir et ne soit pas dérangé sans motif. Mais il ne va pas à l'air libre, il ne quitte même pas sa couche, un regard jeté au dehors suffit pour lui donner les renseignements nécessaires. Un orage derrière l'armée ne l'inquiète point, mais il s'occupe de l'état du ciel dans la direction du chemin à suivre et c'est de ce côté que sa tente est ouverte. Non seulement les éclairs, mais aussi le tonnerre annoncent la tempête, et c'est précisément pour percevoir les grondements lointains que le silence doit régner dans le camp — de là la nécessité du Hlentium dans les auspices.

Voilà pourquoi le général fait ses observations à minuit, dans sa tente et dans une direction unique,et pourquoi l'éclair de gauche à droite, considéré d'ordinaire comme le plus favorable de tous les signes, devient ici un empêchement. Vainement chercbera-t-on un motif de cette étonnante dérogation à la règle ; la seule explication résulte du point

de vue que j*ai fait valoir: par les jours de pluie la marche est interrompue.

Ces usages de la migration ont été, comme tant d'autres, conservés intacts par les Romains : la tente du général, rbeure de minuit, l'empêchement créé par Torage. Le peuple est une armée, sa réunion a un caractère militaire, le jour où un orage est à craindre il ne s'assemble pas. Ce n'était point afin que les honnêtes Quirites ne fussent pas mouillés. La règle qu'un orage dissout les comices prévoyait cette éventualité ('^'). Il est donc établi que l'origine du servare de coelo ne doit pas être ramenée à cette seule considération, car des orages imminents peuvent aussi s'amasser sur les derrières de l'armée sans que le général puisse les observer de sa tente. A l'époque postérieure, le servare de coelo permettait aux magistrats d'empêcher une réunion du peuple proposée pour un jour déterminé. Naturellement le ciel se conformait toujours à leurs désirs et le peuple savait d'avance que l'assemblée n'aurait pas lieu à la date fixée. Ainsi se forma la règle de droit que la simple annonce du servare de coelo suffisait pour empêcher les assemblées du peuple.

Parmi les auspices d'une nature particulière figurent les PEDESTRU auspicia qui jcomme le renseigne Paul Diagre('^*]: a vulpe^ lupoj serpente, eçuoj ceterisque animantibus quo' drupedihus fiunt^ ou comme l'exprime un autre texte: ^t^»^, quae augures observanù ex quadrupedibus^ et qui de nos jours, ont reçu la dénomination technique de : signa ex quadrupedibus {''').

(»^») Cic. in Vat. 8-20: Augures cmnes usque a JRomulo dicreverunt Jove /ulgente cum populo agi nef as esse. De divin. 2, 18-52 etc.

(»'*) Festus. Epit., p. 244. Pedestria.

(8 7B) Festub. Epit., p. 260. Quinque.

(''•) Màrquàrdt 1. c, IV, p. 360: Vexquadrupedibus^ auBsi nommé pédestre auspicium.

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