T. EXPERTS
des experts spéciaux, et rascension d'une hauteur, et la descriptio regionum ?
Les pontifes consultent également les auspices pour les buts de leurs fonctions; pour cela, pas n'était besoin d'une compétence spéciale et si à Torigine il s'était agi uniquement de l'interprétation religieuse, l'examen du vol des oiseaux aurait pu leur être confié ou donné à d'autres prêtres. Mais pendant la migration il ne s'agissait pas de Yinterprétation^ mais de Y observation de ce vol, et en présence de l'exactitude avec laquelle celle-ci devait se faire et du tracé que seule elle rendait possible, d'un itinéraire correct, toujours utilisable, on comprendra qu'il fallait des spécialistes autant que pour la construction des ponts; dans l'ancien temps, les prêtres ne pouvaient remplacer ni les augures, ni les pontifes.
C'est par conséquent à des buts pratiques que tendent toutes ces observations qui portent plus tard le nom d'auspices (à l'origine réservé pour une seule d'entre elles). Douée de la vue perçante d'un peuple primitif, la troupe émigrante observe tous les phénomènes qui peuvent la servir, pour en tirer des conclusions qui dirigeront sa marche : le ciel pour savoir s*il pleuvrapendant la journée, les animaux sauvages pour se mettre en garde contre eux, les viscères des animaux pour se renseigner sur la salubrité de la région, la façon de manger des poulets pour connaître Tinnocuité pour l'homme de la nourriture qui leur est offerte, le vol des oiseaux pour s'orienter sur la route à prendre; le ciel, les loups, les serpents, les bœufs, les poulets, les oiseaux indiquent au migrateur comment il doit se conduire (""). Aucune de ces circonstances n'exige une explication artificielle cherchée bien loin ; toutes ont une sïgmûca.t\on immédiatement réaliste^ intelligible même pour un esprit ordi naire; on peut caractériser
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en un mot tout Tensemble du régime des auspices à l'époque de la migration : c'est \2l prophylaxie d'un peuple primitif.
Je n'ai pas besoin d'insister pour montrer combien l'unité de ce point de vue augmente et complète, s'il était besoin, la force probante des arguments que j'ai fait valoir au sujet des divers signes, et j'ai le droit de m'attendre à ce que la critique qui examinera mon opinion, n'omette pas d'y avoir égard.
Je ne sais si je dois rencontrer l'objection que le régime des auspices n'existe que chez les Italiotes et non chez les autres Indo-européens, que partant il ne peut être né pendant la migration mais seulement sur le sol de Tltalie, ou que d'autres peuples auraient dû en conserver des traces. La critique contient en réalité un argument en faveur de l'exactitude de ma thèse. Les institutions calculées pour la marche avaient perdu leur sens lorsque celle-ci eut pris fin : le voyage terminé, le bâton de voyage est mis dans un coin. Ce qui demande explication, ce n'est donc pas la disparition des coutumes anciennes chez les autres Indo-européens, mais leur maintien chez les Italiotes ou, plus exactement, la transformation qu'elles ont subie sur leur sol.
Les auspices a l'époque de l'établissement
A poste fixe.
Tous les autres peuples indo-européens ont presqu'entièrement abandonné les institutions de la période de migration dès leur établissement à poste fixe, et les Romains ont fait de même chaque fois que des intérêts pratiques étaient en jeu. Les organismes imparfaits de l'époque primitive ont fait place aux institutions plus parfaites, rendues possibles parles progrès de la technique. Mais là où des nécessités pratiques ne s'imposaient pas, ils ont conservé les institutions du temps primitif comme choses consacrées par le temps, soit sans aucune modification — la visite domiciliaire à la recherche d'objets volés, la lance de bois, la hache de pierre pour les