II. DEGRÉ DE CIVILISATION
l'obligation aax sacra ; ici encore la relation de causalité est exactement la même, ce rapport est déterminant pour les sacra^ et non ceux-ci pour celui-là, sans compter que cette obligation n'existait absolument pas par rapport aux collatéraux et ne pouvait passer, par succession, à des personnes non parentes.
Quant au droit patrimonial je me réserve d'y revenir, je yeux dire d'abord quelques mots de la connexion prétendue entre le sacrijQce funéraire et l'organisation politique des Romains ainsi que le culte public des Dieux.
II est exact de dire que dans l'organisation politique des Romains ainsi que dans le droit de l'époque la plus reculée la religion avait une importance dont rien dans le temps présent ne peut donner une idée(^^). Mais l'assertion que pour la comprendre, nous ayons besoin de remonter au culte religieux des ancêtres est réfutée par l'exemple d'autres peuples où ce culte était entièrement inconnu, et chez lesquels la constitution théocratique donnait à la religion, sur l'organisme politique, une influence bien plus grande encore que chez les Romains. Du reste, l'on cherche en vain une preuve positive que précisément chez les Romains cette influence ait eu sa cause dans le culte des ancêtres. Même pour le culte religieux public où la corrélation avec le culte des ancêtres serait surtout facile à comprendre, on ne peut en trouver la trace, les divinités nationales des Romains n'ont rien de commun avec les lares et les pénates. C'est encore dans le culte de Vesta qu'il y a le plus de chance de pouvoir ramener le culte public des Dieux à l'origine indiquée. Le foyer, centre local et symbole de la communauté domestique, est en même temps l'autel sur lequel on sacrifle aux dieux lares ; ce qu'il est pour la famille isolée, le foyer de Vesta l'est pour le peuple. Mais le sacrifice sur le foyer n'est pas
(**) Matière traita à fond dans rBsprit du D. R., T. I, § 21, 22, 25.
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un sacrifice funéraire ; celui-ci — désigné par rexpression romaine parentalia — s'accomplit sur les tombes et seulement à des jours déterminés(*^); celui-là s'accomplit à la maison, sans être attaché à des jours déterminés, et l'antithèse se reproduit également pour le peuple ; au culte domestique correspond le culte public de Vesta, aux parentalia [sacra privala) correspondent les/eralia [sacra popularia) [^^) . La circonstance seule que les hommes étaient exclus du culte de Vesta et ne pouvaient pas même pénétrer dans le temple, que le sacrifice était ofiert à une divinité féminine par des personnes du sexe féminin, aurait déjà dû exclure l'idée d'un sacrifice funéraire incombant en première ligne aux descendants masculins envers les ascendants du même sexe, sans compter que celui qui en est l'objet doit être mort.
Nulle part l'imagination de Fustel de Goulangbs ne Ta entraîné aussi loin qu'en matière de droit patrimonial. Il a découvert que le caractère religieux du foyer implique nécessairement la propriété privée du sol à Rome. Le foyer est l'autel des dieux domestiques, le dieu domestique prend possession du sol et le donne aux siens (p. 70), d'où résulte directement que la communauté du sol est inadmissible (p. 72). Une fois établi, et abstraction faite de nécessités extrêmes, le foyer ne peut plus être déplacé, les Dieux
(«^) Marquardt, 1. c. 9 p. 258.
(68j Popularia sacra sunC ut aii Labeo,qua€ ouNU&ciYBSf aciufU. Fbstus p. 253. Dans popu^aris le peuple est pris pour la masse des particuliers, dans publieus (= pop ul'icus) comme investi du pouvoir public. Popularû signifie ce qui concerne Vindividu comme membre du peuple, notamment ce qui lui appartient {actio popularis ; popularia sciL subsellia : les sièges au théâtre), ce qui lui incombe (sacriflcia popularia) ^ ce dont il a sa part {munus popularé)^ ce qu'il doit à la masse (aura popularis, chez nous, la popularité). Publicus au contraire signifie : ce qui concerne le peuple comme Bi^et politique : p. ex. res puhliea, lex, j'udicium, teslimonium etc., c'est réquivalent de : de la part de l'État, les sacra publica sont ceux, quae pUBLico sumtupro populo fiunt. Fbstus, p. 245.