II. DEGRÉ DE CIVILISATION
forme pendant toute l'époque indienne ultérieure le symbole de la justice > (de même à Rome les verges des fasces avant l'enlèvement de la hache] et ainsi s'explique en même temps l'omission dans les sources de la peine de mort, dont Tab- ^ence réelle dans le droit criminel aryen ne saurait se comprendre: — la peine de mort se cachait dans le bâton.
La colonne qui se trouvait dans toute commune comme monument public, avait également une autre signification que celle admise par Zimmer. Elle ne servait point, comme il le croit, à remplacer la prison, en retenant pendant quelque temps le malfaiteur. Cette opinion ne peut se concilier avec le renseignement produit par lui-même concernant les < mille morts » qui menaçaient le coupable enchaîné. La colonne d'après moi servait à un double but : l'un de droit criminel, l'autre de droit privé. C'était un poteau d'exécution ou un pilori pour les débiteurs. Pour exécuter sur le délinquant la peine corporelle ou capitale prononcée, on le liait avec des cordes en haut, en bas^ et au milieu du corps a la colonne pour rendre impossible de sa part toute résistance à l'exécution de la peine. C'est ainsi que la fustigation s'appliquait encore en Allemagne jusque dans le siècle passé. La sCûpa, qui donna naissance plus tard au poteau d'infamie servant seulement à l'exposition du criminel, était la drupada de l'ancien Aryas, de même que le BlocA des Germains et des Slaves (^•j, et Varbor infelix des Romains ("). Le fait de lier au poteau {Cigare) a
(^*) On y liait non seulement les pieds, comme pour le roi Lear, mais encore selon le mode aryen antique le cou et le milieu du corps. V. les i^nseignements à cet égard dans Zimmbb, p. 1 82 note.
(^') TiTs LiVE, 1. c. emploie comme équivalent le moi furca, ce qui a conduit à ridée fausse de la potence et de la pendaison ; on ne peut y voir qa*ane fourche pour soutenir la tête. Yaniczbk, 1. c, II, p. 601: originairement à deux branches^ instrument avec une tBnt&^furcae eancrorum^ pinces d'ëcrevisBe.
donne naissance au nom du liclor chargé de rexecution [^*). De même que le criminel, le débiteur chez les Aryas, était également attaché à la colonne jusqu'à ce qu'il se libérât en payant lui-même ou par les mains d'un autre. Cela nous est attesté pour le voleur, et celui-ci étant assimilé aux autres débiteurs, il faut qu'il en ait été de même de ces derniers ('^). C'était un moyen de pression des plus cruels et c'est précisément ce que l'on avait en vue. Il se trouvait là, sans pouvoir bouger, jour et nuit, exposé à toutes les intempéries du temps, au soleil brûlant du jour, au froid de la nuit, à la pluie, et à coup sûr on donnait aussi au créancier, ou s'il y en avait plusieurs, à chacun d'eux le loisir de satisfaire sa vengeance à coups de verges donnés à cœur joie sans égard au montant de la dette('*), et si personne ne prenait pitié du malheureux pour lui donner à boire et à manger il devait périr de soif et de faim. Ainsi s'expliquent les c mille morts » de l'homme attaché à la
(7 S) De Tayis des étymologistes romains^ et parmi les modernes, de VANiëzBK, p. 920. MoMMSEN Eôtn. Staatsrechty I, p. SCO fait dériver le mot de /fc^tf = citer en justice. Sur les étymolojçies d'autres auteurs, v. Vani&- ZBK, p. 922. Si Ton se souvient que la langue nomme les choses d'après leurs traits caractéristiques, on n'hésitera pas à faire un choix entre les diverses étymologies. La citation en justice comme fonction du licteoroède entièrement le pas à Tenchaînement des malfaiteurs, qui se trouve dans le rapport le plus étroit avec la mission symbolisée par les fasce^ d'exécuter les peines corporelles et capitales. Si à Tépoque antique le juge qui avait condamné exécutait lui-même la peine, le nom donné au licteur en souvenir de l'enchaînement devient doublement évident : le Ucior liait le criminel, et donnait ensuite au juge les verges qu*il tirait du faisceau, et le juge luimême procédait à la flagellation. Je cite à titre d'exemple le Pontifes maœimus.
(^*) ZiMMER, p. 181 : ma, coupable, signifie voleur, et ma désigne aussi la dette telle que le prêt.
(so) Expressément attesté pour Vin partes sâcare des XII tables quia remplacé la flagellation: si plus minusve secuerinty sine fraude este.