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II. CIVILISA^TION DES A.RTAS ET DES SEMITES

entières avaient été amenées à Babylone; la captivité des Jaifs en offre un exemple connu (*"). Peut-être ce sort avait-il déjà atteint la population autochtone, les Âccadiens et les Summériens vaincus par les Sémites ; en tout cas, il est extrêmement vraisemblable qu'un peuple puissant tel que les Babyloniens à leur époque florissante doit avoir rejeté sur d'autres épaules le fardeau de la construction (^'*). Partout dans l'antiquité le travail pénible a été accompli par des individus non libres; on se procurait ainsi la main d'œuvre à bon marché. Comme aujourd'hui encore en Afrique, la chasse à Thomme était autrefois le motif principal des guerres.

Le corvéable ne pouvait peiner tous les jours pendant toute l'année, il aurait succombé sous le poids du labeur; il lui fallait périodiquement un jour de repos. A cet effet, on choisit le septième jour, le célèbre sabbat des Juifs. L'étymologie de ce mot, de l'assyrien sabiattu =» repos, fête, montre que nous nous trouvons ici en présence d une institution babylonienne et non juive. L'homme devait travailler six jours, le septième il pouvait se reposer. On a voulu mettre ce rythme septénaire de la semaine en relation avec les sept planètes, mais on ne voit point ce que celles-ci ont de commun avec l'organisation du travail. On a pu prendre leurs noms pour désigner les différents jours, mais la distribution du travail en six jours avec repos le septième est en dehors de toute corrélation avec elles. Pour expliquer ce roulement, il ne faut pas s'attacher au nombre sept, mais partir du nombre six et chercher le motif pour

(«Si) Elles ne paraissent pas avoir été assi^etties à des coryées, du moins l'ancien testament n*en dit rien» et cela se comprend, car on ne transporta à Babylone que les notables, en laissant les petites gens dans le pays.

(**>) Ce fut ainsi qu'agit le roi Assyrien Sanherib pour la construction des yaisseaux de guerre par les prisonniers du pays de Chatti. F. Dkutzsch, Wo lag das JParadies? Leipzig, 1887, p. 76.

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lequel les Babyloniens ont fixé à six les jours de travail. Â mon avis ils ont été guidés par leur système duodécimal, de même que pour la division du jour en 12 heures (v. plus loin), de Tannée en 12 mois, de la mine en 60 boisseaux. Douze jours et même neuf jours de travail étaient trop(*"); ce fut ainsi que Ton choisit six. Un peuple ayant le système décimal aurait choisi cinq. Il est hors de doute que la semaine de sept jours et la consécration du septième au repos sont dMnstitution babylonienne (^'f); le seul point qui exige une preuve, c'est que ce système fut établi pour les ouvriers en corvée.

On ne peut, il est vrai, fournir une démonstration directe, mais ce que nous savons du sabbat juif suffit parfaitement à mon avis pour mettre le fait à l'abri de tout doute(*"). Nous le rencontrons d'abord chez les Juifs pendant leur esclavage en Egypte comme jour de repos pour le travail en corvée des bâtisses, et il a toujours conservé cette signification. Lorsque Moïse ordonne au peuple délivré de la servitude de continuer à l'observer, il invoque expressément

(fS7) L^hemme ne peut trayailler neuf jours sans interruption, on Ta bien tu lors de la révolution française, lorsque Ton essaya le système des décades ; on revint bientôt au système des six jours de travail. On a £ût la même expérience dans les chemins de fer.

(* '•) Outre Sabhattu, Delitzsch, 1. c, p. 72, invoque encore cet argument spécial, emprunté à une glose, que le septième jour était dans les idées des Babyloniens et des Assyriens un jour de divertissement et de tôte. J'ajouterai plus loin, à Toccasion du déluge babylonien, un argument qui n*a pas encore été aperçu que je sache : le déluge prend fin le septième jour (le Sabbat) ; les dieux qui l'ont déchaîné se reposent.

(«89) L*opinion dominante qui le met en rapport avec les sept planètes est fausse. V« Wellhausbn, Reste arabiichen Eeidentunu, Livr. 8. Berlioi 1887 : L*opinion que Ton adorait les planètes n'est pas fondée. La semaine est plus ancienne que les noms des jours, les noms empruntés aux planètes ont été après coup répartis sur les jours d'après un principe très arbitraire.

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