II. CIVILISATION DBS ARYAS BT DES SBMITBS
On doit donc se demander : pourquoi cette institution chez les uns et non pas chez les autres T Je réponds : parce que partout ailleurs elle n*était ni nécessaire, ui pratiquement possible, tandis que pour la corvée des constructions publiques, unique objectif, à mon avis, de son introduction à Babylone, elle était aussi nécessaire que facile à établir.
Elle était nécessaire. L'organisme animal n'est pas fait pour une tension continuelle des forces, qui doivent se renouveler par la distraction et le relâchement. On peut abandonner ce soin au travailleur libre, mais le corvéable n'est pas dans le même cas, le maître lui dicte la durée de son labeur. Son propre intérêt, néanmoins, lui commande d'éviter la continuité de l'effort et l'épuisement prématuré des forces productives. Il doit leur laisser le temps de se refaire; l'impérieux besoin de ménager la puissance d'action est en raison directe de la fatigue imposée à l'agent. Que l'on se représente six jours de dure corvée sous le soleil ardent de Babjlone et l'on comprendra pourquoi le travail était suspendu le septième. Les Égyptiens n'avaient aucune pitié pour leurs corvéables juifs (Exode, 1-13 : c et les Égyptiens faisaient servir les enfants d'Israël avec rigueur ») mais ils leur laissaient le septième jour pour se reposer.
Le repos des bâtisseurs n'était pas seulement nécessaire, il était encore pratiquement possible sans le moindre inconvénient. Dans le travail du bâtiment l'usage d'un rythme fixe de jours de travail et de repos ne se heurte à aucune difficulté, Fouvrier peut â tout instant suspendre sa tâche sans nuire â l'œuvre.
Jetons maintenant un regard sur le monde aryen et l'on comprendra pourquoi l'institution d'un repos périodique lui est restée entièrement inconnue jusqu'à l'avènement du christiaiiisme et du dimanche chrétien.
Gommençons par l'Aryas ancien. Le pâtre ne peut sus-
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pendre përiodiquement les besognes qui lui incombent, 11 doit garder le bétail sans cesse et le traire tous les jours. L'idée de le soumettre à robservation du dimanche se heurte, même dans son application la plus modérée, à la plus évidente impossibilité. D'autre part le pâtre n*a nul besoin du repos indispensable au bâtisseur, car sa profession lui coûte si peu d'efforts qu'il peut lexercer pendant toute l'année sans dommage pour sa santé. La transition de la yie pastorale â la vie agricole, suite de l'établissement de TArjas sur le sol de l'Europe, n'était elle-même pas faite pour amener l'institution d'une relâche périodique. Elle ne se concilie point avec les besoins de la culture, réglée par les saisons et le temps. Tantôt le laboureur peut sans dommage remettre son travail, tantôt il est pressé de telle sorte qu'il ne peut sans le plus grand préjudice perdre un seul jour. Ce n'est que par un reste du judaïsme rigide, déjà réprouvé par les apôtres, qu'on lui prescrit l'observation absolue du repos du dimanche. C'est en même temps une grave inconséquence, car personne n'en est encore arrivé à l'idée de faire de même pour le médecin, l'apothicaire, l'employé des postes, du chemin de fer, etc.
Il résulte de ce qui précède que le 7* jour consacré au repos, ou ce qui revient au même, notre division de la semaine, est une institution babylonienne, uniquement imaginée pour donner au corvéable des travaux publics, le temps de relâche absolument nécessaire à la conservation de ses forces actives. Maintenue par les Égyptiens, elle a été étendue pour les Juifs, par Moïse, à l'abstention de tout travail en général, sans qu'il eût mis en rapport avec elle le commandement du culte de Dieu; ce dernier pas fut franchi d'abord par l'église chrétienne qui a fait du sabbat juif le dimanche consacré au service divin. Plus tard, la rigueur puritaine des Anglais et des Américains du Nord l'a encore travesti pour en faire le contraire absolu du sabbat juif. Bien loin d'être un jour d'austère gravité,