‹ Les Indo-Européens avant l'histoireChapitre 74 sur 215 · II. CIVILISATION DES ART AS BT DBS SEMITES · texte numérisé non relu

II. CIVILISATION DES ART AS BT DBS SEMITES

ce deroier était un jour de joie, de distraction, de gaitë, aussi différent du dimanche anglais qu'un jour de soleil à Jérusalem Tétait d'un jour de brouillard à Londres.

La même préoccupation qui fit ménager les forces du corvéable et rendit nécessaire le septième jour consacré an repos, exigeait aussi l'établissement de temps de repos pendant le travail. Celui-ci ne pouvait être continué sans interruption sous peine d'épuiser prématurément les forces ; il fallait leur laisser le temps de se refaire. Mais il était impossible d'abandonner au bon plaisir des surveillants de la corvée l'appréciation de la durée de ce repos ; on aurait ouvert un large champ à l'arbitraire, à la partialité, à la méchanceté, à l'inhumanité; il fallait une règle établie. On ne saurait repousser l'assertion qu'à Babylone il y avait, pour la bâtisse, des relais de travail et des temps de repos axés.

Nous en arrivons ainsi à la division babylonienne du temps, à la décomposition du jour astronomique en deux parties égales : le jour et la nuit, et à la division de chacune d'elles en douze heures. Tous les autres peuples de l'antiquité ont emprunté cette organisation aux Babyloniens ; avant d'être entrés en rapport avec eux, elle leur était inconnue. Le mérite en a été attribué aux astronomes chaldéens, mais bien avant qu'il pût être question de science, on bâtissait déjà à Babylone, et pour la bâtisse, par les raisons que nous venons de voir, l'introduction d'une mesure fixe du temps était absolument inéluctable. Les Chaldéens n'ont fait que développer scientifiquement, et utiliser une institution civile née depuis longtemps et en tous points pratique. Le jour et rbeure étaient considérés comme des unités de travail ou de repos, le temps était leur mesure.

II ne faut un étalon fixe de la tâche que lorsqu'il s'agit de travaux à exécuter dans un temps donné, tel est le cas des journaliers, compagnons, et ouvriers de fabrique. Celui qui dispose de la durée du travail, soit personnel soit d'autrui,

n'a pas besoin d'une division fixe du temps, il travaille et fait travailler comme le commandent ou le permettent son Intérêt, son inclination, ses forces actives. Ainsi s'explique quel'Arjas ait pu vivre des milliers d'années sans une mesure fixe du temps ; il n'en avait besoin ni comme pâtre ni comme laboureur. Il calculait le jourcommetousles peuples primitifs, d'après le lever et le coucher du soleil. Chez les Romains, il en était encore de même à l'époque des XII tables; ils finissaient les audiences des tribunaux avec le coucher du soleil (jo/ occasus suprema tempestas esta) et le jour avait ainsi une longueur variable. Ils mesuraient également les diverses parties de la journée d'après la position du soleil (matin, matinée, midi, après-midi, soir). Si une division aussi imparfaite du temps a pu se maintenir aussi longtemps chez les Aryas, jusqu'à ce qu'elle fût remplacée par la computation babylonienne, cela prouve que pour eux elle ne peut avoir oflFert d'inconvénients.

Pour la bâtisse à Babylone, cette division était absolument insuffisante. Il fallait une mesure horaire indépendante de l'état du soleil et une décomposition de la journée en parties exactement mesurables. Dans ce but on se servait d'horloges dont on connaissait deux espèces : le cadran solaire (***), et la clepsydre. Le premier avait le défaut de refuser exceptionnellement ses services par un ciel couvert et de devenir inutile pendant la nuit. Or il fallait aussi mesurer cette dernière, car sans l'égalité des nuits, il ne fallait pas songer à celle des jours; l'horloge devait continuer sa marche pour indiquer la fin des douze heures nocturnes et marquer le commencement du jour, bref la nuit doit être mesurée non pour elle-même, mais en vue du jour. Cela n'était possible qu'au moyen de la clepsydre. L'idée en était extraordinairement simple et néanmoins extrêmement

(***) Mentionne dans Tancien testament. Esaîe, 88| 8.

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