‹ Les Indo-Européens avant l'histoireChapitre 79 sur 215 · II. CIVILISATION DBS ÀRYAS ET DES SEMITES · texte numérisé non relu

II. CIVILISATION DBS ÀRYAS ET DES SEMITES

fat la trop grande confiance des Babyloniens qui amena leur perte.

Aux deux ouvrages de fortification qui avaient pour but de protéger le territoire urbain et la ville : les murs de ceinture extérieurs et intérieurs, s*ajoutait la forteresse royale. Élevée sur les deux rives du fleuve, réunies par un tunnel, elle constituait une double citadelle au centre de la ville. La plus grande se trouvait à l'ouest du fleuve, où nous pouvons nous représenter la partie principale de la ville. DiODORB évalue la longueur des trois murs concentriques de ceinture à 60 stades (plus de 11 kilom.) pour le premier, à 40 stades pour le deuxième, à 20 pour le troisième et à 30 stades pour le fort oriental à l'extérieur. Pourquoi cette double citadelle à l'intérieur de la ville? Était-ce un dernier boulevard contre Tennemi du dehors après qu'il aurait pris la ville? Il n'aurait pas tenu davantage. Non, l'idée qui guida les Rois lorsqu'ils établirent leur Bwrg ne peut avoir été de se défendre contre l'ennemi exté-rieuT^ mais bien contre celui de Vintérieur. C'était, à mon avis, une bastille pour tenir la population en respect en cas de soulèvement. De là sa division en deux parties sur les rives du fleuve, ce qui n'aurait pas eu de sens dans un palais royal.

Je rapporte au même but trois autres dispositions prises à Babylone. L'une était le passage souterrain déjà mentionné, sous le lit du fleuve, un tunnel reliant les deux forts (^''*). U fut sans doute pratiqué lors du détournement momentané du fleuve pour la construction du pont. Le lit étant à sec, on l'approfondit autant qu'il fallait pour la hauteur du passage couvert, et l'on put bâtir comme sur la terre ferme; puis le tunnel et le pont achevés le fleuve reprit son cours.

(f >4) HiBODOTB ne le mentionne point. V. les témoignages anciens qui en {Mêlent dans Hibt, DU Geêchichte der Baukunst bei den Alten, I. p. 18S.

La seconde disposition concerne le tablier du pont établi au moyen de madriers de bois, non axés, mais simplement posés de façon à pouvoir être facilement' enlevés. D'après HÉRODOTE (I, 186), cela se faisait chaque nuit, afin, dit-il c d'empêcher les Babyloniens de passer pour commettre des vols nocturnes >. Comme si le voleur n'eût pas eu l'occasion de commettre son délit aussi bien en deçà qu'au delà du fleuve. Le motif ne peut avoir été à mon avis que de permettre aux bateaux de passer le pont; le jour on ne pouvait enlever les madriers à cause de la grande circulation et c'est pourquoi on le faisait la nuit. Le jour, le pont servait aux piétons et aux voitures, les bateaux passaient la nuit, chaque chose en son temps : si un bateau survenait il devait attendre la nuit, les piétons et les voitures devaient attendre l'aube.

La troisième disposition était formée par les murs percés de portes, longeant les deux rives du fleuve.

Quel rapport ont ces trois dispositions avec le but poursuivi : la domination du peuple? Supposons une révolte. Que devait-il arriver? Sans doute on enlevait les madriers du pont et l'on fermait les portes percées dans les murs parallèles au fleuve. Toute communication se trouvait ainsi coupée entre les deux parties de la ville ; tout passage de l'un côté du fleuve à l'autre était rendu impossible ; aucun renseignement sur rétat des choses ne pouvait plus passer. Telle était d*après moi la destination des murs sur les deux rives du fleuve, ils devaient servir en cas de besoin à enfermer la population en deçà et au delà comme dans une cage. Je ne puis concevoir qu*ils fussent dirigés contre l'ennemi extérieur; ridée de s'emparer de Babylone par eau était si parfaitement folle, qull n'était pas nécessaire de prendre des mesures pour se défendre de ce côté. En toute hypothèse, en admettant même qu'on l'eût jugé nécessaire, on n'aurait certes pas négligé, en cas d'émeute, de se servir de la disposition prise de la manière que j'ai admise. Il en serait donc

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