II. CIVILISATION DBS ART AS BT DBS SEMITES
yeau fragment quMI ajoute ainsi à Tœuvre est un progrès dans la voie du développement politique. Le point culminant promis à un peuple est en raison directe de Ténergie et de retendue de sa réalisation du travail commun. Celui-ci a pour rÉtat la même importance que le travail individuel pour la propriété; tous deux, État et propriété, en sont des résultantes; tous deux ont le travail et pour origine et pour base définitive. L'activité de l'État nous représente Tune, la production nationale des richesses Tautre, cette dernière est la base sociale par opposition à la base politique.
J'ai ainsi établi la mesure qui me permet d'évaluer le degré de développement politique d'un peuple, mesure que je vais maintenant appliquer aux Arjas et aux Babyloniens. Mais Toccasion qui m'y conduisit, le gigantesque travail commun contenu dans l'hydraulique des Babyloniens pourrait induire à croire que par travail commun j'entends exclusivement celui qui est manuel, extérieurement visible dans les produits réels de l'industrie. J'entends au contraire par là toute réunion des forces de la généralité pour poursuivre un seul et même intérêt commun. Telle est aussi la défense contre l'ennemi extérieur, et cet intérêt est le premier qui, dans Thistoire^a obligé les nations à unir leurs forces; l'instinct de la conservation prend chez les peuples comme chez les individus la première place, c'est lui et non la notion juridique qui contient le premier germe de la formation de l'État. Mais il ne suffit point d'une réunion passagère cessant avec l'occasion qui l'appela à la vie; il faut qu'elle prenne de la stabilité, c.-à-d. qu'elle conduise à une organisation militaire réglée. C'est dans l'armée que TÉtat a pris naissance, son organisation est la mesure du premier développement politique. Un pas plus avant dans la même voie conduit à l'établissement de places fortifiées pour repousser Tennemi. Le deuxième intérêt qui s'impose aux peuples est le culte divin. D'abord exclusivement restreint à la maison et à la famille, sacrifice au foyer domestique et culte des
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ancêtres sur les tombeaux, il devient dans le cours du temps un service national ; on institue des prêtres, on élève des temples aux Dieux. Les prêtres et les temples ont en cette matière la même signification que Tarmëe et les villes fortifiées pour la défense nationale ; ils forment le critérium de la poursuite publique du but religieux par la mise en œuvre des forces communes; le peuple doit entretenir les prêtres et bâtir les temples. Chez les Aryas dans leur patrie primitive il n*y a encore rien de tout cela ; nous ne rencontrons chez eux ni organisation militaire ni villes fortifiées, ni prêtres ni temples ; à leur origine il ne peut donc encore être question d'une organisation politique c.-à-d. d'une réunion permanente dans un seul et même but; ils forment un peuple et non un État. Quand une guerre les mettait dans la nécessité de s*unir, l'association cessait avec Toccasion qui l'avait fait naître. Les Aryas n'en sont arrivés à un système militaire que lorsque le peuple fils se sépara du peuple père; pendant la période de migration qui équivalait à un combat continuel, elle était irrésistiblement imposée. C'était le premier germe de la formation de l'État — c'est dans l'armée que l'État a pris naissance chez les Aryas.
Notre théorie moderne de l'État devrait sans doute lui dénier le droit à ce nom, car il lui manquait la condition déclarée essentielle : un domicile fixe, un territoire. Mais c'est là une abstraction empruntée à la forme revêtue par l'État dans les temps historiques, très exacte alors, mais qui ne peut prétendre à une valeur pour la période de la migration des peuples. Celle-ci nous montre la possibilité d'une forme complètement divergente, celle de l'État en migration. L'examen plus attentif des conditions faites au peuple Aryen pendant son exode (Livre IV) prouvera que nous avons affaire ici non à un simple peuple^ mais à un État migrateur. Tous les peuples établis auxquels il se heurta dans sa marche, furent vaincus par lui ; lui-même s'est toujours maintenu. L'histoire n'aurait pu manifester d'une manière