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L'Œuvre des cercles catholiques d'ouvriers

L'association qui porte ce nom a pour but de susciter et d'organiser le dévouement de la classe dirigeante envers la classe ouvrière, afin de ramener dans l'atelier la religion, les mœurs et le patriotisme, qui en sont bannis par l'esprit de révolution.

A cet effet, l'œuvre réunit les hommes de la classe élevée, animés par l'esprit catholique, et les constitue en comités locaux pour la fondation d'associations ouvrières qui prennent le nom de cercles catholiques d'ouvriers.

Les cercles ainsi constitués sont des centres de réunion, où les sociétaires i^les ouvriers) trouvent un abri et un aide pour la pratique de leurs devoirs religieux, un encouragement à l'esprit de résistance au mal et de propagande du bien; ce sont encore des institutions économiques, des moyens d'instruction et des délassements honnêtes pour les associés, et dont ceux-ci peuvent au besoin faire profiter leurs familles.

L'admission de nouveaux sociétaires, ainsi que toute l'administration du cercle, est confiée, sous le contrôle d'un directeur nommé par le comité, à un conseil élu parmi les ouvriers membres de l'association. Chaque cercle a aussi son aumônier.

A la tête de l'œuvre, pour la propager, en maintenir l'esprit et en sauvegarder l'unité, se trouve un comité général, dit « comité de l'œuvre », dont l'organe d'action et d'exécution s'appelle le « secrétariat général ».

1. Voir Instruction sur l'œuvre des Cercles catholiques. — Manuel >/es retraites, par le R. P. V. Alet. — Pour ces deux livres, on peut s'adres-er au siège social. 1. rue Martignac, Paris. — Discours du comte Albert de Mun, député du Morbihan, tomeler, <Juestio7is sociales, Poussielgue.rueC.i-sette. 15, Paris. — Manuel d'une corporation chrétienne, par Léon Hakmei.. chez A. Marne, Tours, et la notice (de 4 pages) sur l'œuvre.

380 II" PART.. IV* SF.CT. — CONPRBRIB8 F.T ASSOCIATIONS PIECSES

M. le comté Albert de Mun, le fondateur de cette grande et belle association ', en reste toujours, sous le nom de secrétaire al, Lame, le soutien et le propagateur zélé. 11 est, de plus, président du Comité général.

L'association entière et tous ses membres sont consacrés au Sacré-Cœur de Jésus. — Les Souverains Pontifes fie IX et Léon XII 1 ont approuvé et encouragé de toutes manières l'œuvre des cercles catholiques. Le pape Léon XIII les a signalés avec insistance comme le meilleur remède contre la francmaçonnerie dans son encyclique Humanum genus et dans ses allocutions aux industriels et aux ouvriers de l'association venus en pèlerinage à Rome en 1883 et en 1887.

Dans son discours au principal groupe des 10.000 ouvriers français venus en pèlerinage à Rome, le même Pape disait, encore, 1<j 20 octobre 1880 : « Ce que nous demandons, c'est qu'on cimente à nou- « veau cet édifice (l'édifice social si patiemment élevé par l'Église) « en revenant aux doctrines et à l'esprit du christianisme, en faisant « revivre au moins quant à la substance, dans leur vertu bienfai- " santé et multiple, et sous telles formes que peuvent le permettre « les nouvelles conditions des temps, ces corporations d'arts et mé- .< tiers qui jadis, informées de la pensée chrétienne, et s'i aspirant « de la maternelle sollicitude de l'Église, pourvoyaient aux besoins « matériels et religieux des ouvriers, leur facilitaient le travail, « prenaient soin de leurs épargnes et de leurs économies, défen- « daient leurs droits et appuyaient dans la mesure voulue buis « légitimes revendications » (Voir VUnivers, n° du 23 octobre 1885 .

Aussi, ce Souverain Pontife a donné à l'association un cardinal protecteur, dans la personne du cardinal Mathieu.

Le Comité général de l'œuvre se compose ainsi : Président et s< taire général : M. le comte Albert de Mun, député, de l'Académie fran- :;. avenue de l'Aima, Paris. — Vice-président: If. Raoul Ancel. — Secrétaire : M. de Marolles, 121 bis, rue de Grenelle, Paris. — Trésorier et secrétaire adjoint : M. /<• comte de Bellissen, 63, rue de Vareune : tous à Paris.

1. L'illustre orateur raconte lui-même comment, en 1872. après nos désastres, et alors qu'il était encore ofûcierde l'armée française, il fut amené, par suite de circonstances providentielles, a se dévouer aux ouvriers et à fonder l'œuvre «les cercles voir t. P'. ries Discours de M. de Mun, premières pages du voluu

(EUVRI DBS CERCLB8 CATHOLIQUES D'OUVRIERS .'1S7

La cotisation des sociétaires est de 50 centimes par mois. La caisse du cercle asl administrée par un conseil ouvrier, élu par les sociétaires et délibéranl sous la présidence «l'un directeur.

Le cercle esl ouvert, à Paris, tous les soirs de la semaine et le dimanche toute la journée. En province, il n'est en général ouvert que le dimanche.

Il existe en France environ 200 cercles d'ouvriers, dont 8 à Paris.

Dana l'ensemble, il a été créé depuis l'origine, H8 cercles et associations professionnelles, comptant environ 60.000 ouvriers, 136 syndicats agricoles, comprenant 42.500 membres, 77 syndicats

de l'Aiguille OU associations chrétiennes des mères de famille, soit à peu près 9.000 ouvrières. Le nombre des ouvriers des usines chrétiennes peut être évalué à 40.000.

Cependant, dans la pensée du grand chrétien, connu dans le monde entier par son généreux amour pour l'Église et pour toutes les saintes causes, les cercles catholiques n'étaient que le premier pas dans l'exécution d'un vaste plan, dont voici la substance : « Les cercles ouvriers préparent la formation d'associations plus complètes, devant permettre aux classes dirigeantes et ouvrières de remplir le rôle qui leur revient dans une société chrétiennement organisée. Dans l'agriculture, dans l'industrie, dans les arts et métiers, la classe dirigeante et la classe ouvrière ont des intérêts moraux, professionnels et économiques à sauvegarder, des devoirs réciproques à remplir : des corporations chrétiennes, des syndicats librement formés entre elles, leur permettront d'atteindre ce double but et de substituera la lutte fratricide et stérile des classes l'entente qui amènera leur commune prospérité. »

Telle était l'idée première de la fondation. Les événements qui se sont succédé ont nécessairement influé sur les destinées de l'œuvre. Le mouvement social était donné. Il a rapidement dépassé les cadres de l'association primitive. L'action populaire s'est étendue sous des formes diverses.

L'initiative privée a suscité d'autres fondations, telles que les œuvres de l'association catholique de la jeunesse française, les cercles d'études et les Instituts populaires du Sillon, les fédérations de l'Ouest, du Sud-Est.

Mais l'œuvre des cercles subsiste, ayant conservé son comité général, ses syndicats agricoles, ses corporations de métiers, ses cercles dans diverses villes. Elle est le centre d'origine auquel les œuvres plus jeunes n'hésitent pas à se rattacher.

388 IIP PART., IVe SECT. — CONFRÉRIES ET ASSOCIATIONS PIEUSES

L'œuvre publie un Bulletin hebdomadaire, au siège social, 1, rue Bfartignac.

De nombreuses Indulgences, comme nous le dirons bientôt, ont été accordées, tant aux membres de l'œuvre qu'aux ouvriers sociétaires des cercles catholiques; les bienfaiteurs eux-mêmes ont part à plusieurs de ces faveurs spirituelles.

On est bienfaiteur, quand on prête à l'œuvre un concours actif, personnel ou pécuniaire ; on est ouvrier sociétaire, quand on a été admis comme tel par le conseil intérieur du cercle ouvrier. — Enfin, sont membres de l'œuvre les personnes de l'un et de l'autre sexe (il y a des dames patronnesses), qui, n'appartenant pas à la classe ouvrière, signent Y acte cV adhésion. Cet acte d'adhésion, qui se prononce le plus souvent devant le saint Sacrement, est ainsi conçu :

« Moi IV. N., je déclare faire adhésion sans réserve aux bases et au plan de l'œuvre des cercles catholiques d'ouvriers, accepter pleinement son lien religieux et sa consécration au Cœur-Sacré de Jésus. De plus, je suis prêt, en demandant la qualité de membre de l'œuvre, à mettre à son service mon dévouement et mon travail, dans la mesure compatible avec mes autres devoirs. »

Par les bases et plan de l'œuvre, on entend ses statuts fondamentaux, tels qu'ils ont été rédigés en 187o et bénis par le Saint- Siège.

Par le lien religieux, on entend les prières et pratiques religieuses suivantes, qui n'obligent cependant pas sous peine de péché ' :

1° Porter sur la poitrine la médaille de l'Immaculée-Conception ;

2° Dire chaque jour à l'intention de l'œuvre, le Souvenez-vous et les invocations :

Cœur sacré de Jésus, ayez pitié de nous.

0 Marie conçue sans péché, priez pour nous.

Saint Michel, priez pour nous.

Saint Joseph, priez pour nous.

Saint Vincent de Paul, priez pion- nous.

Suints patrons du travail, priez -pour nous.

3° Assister tous les ans, le 19 mars, fête de saint Joseph, à une messe offerte ù l'intention de l'œuvre, à moins d'empêchement ma-

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