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CONFRÉRIES BA GÉNÉRAL. — § 1. DÉFINITION, BUT

autrefois, ce sonl les confréries qui se proposaient précisément pour but principal les œuvres de miséricorde1.

Un autre caractère distinctif des confréries, c'est qu'elles doivent être érigées canoniquement, c'est-à-dire par l'autorité

ecclésiastique, et, par conséquent, rester sous la direction et sous la surveillance de cette autorité ; au contraire, les pieuses unions, alors même qu'elles sont dirigées par des prêtres et enrichies d'Indulgences, sont, d'ordinaire, simplement approuvées et non canoniquement érigées par les supérieurs ecclésiastiques.

Aussi Pig.vyit.lli dit-il (Consultât, canon., I, cons. 1 57, n. 2) : « Quoties Confraternitates erectœ non fuerint auctoritate Ordinarii, non dicutUur ecclesiasticœ nec Ëcclesiaa gaudent privilegiis, licet in illis operâ pta exerceantur et unitœ sint alicui loco sacro, ut ostendit BarbOsa de Ëpiscop*, alleg. 7o, n. 2;'. cum sqq... et firmavît saspius Rota. »

Dans l'érection canonique on assigne à chaque confrérie une église déterminée, un autel spécial, qui sert aux confrères de centre de réunion pour leurs pieux exercices. Aussi certains auteurs voientils une différence caractéristique entre les confréries et les pieuses unions dans ce fait que les premières sont canoniquement érigées en les rattachant à un autel spécial ou à une église déterminée, si bien qu'elles y ont définitivement leur siège et, pour ainsi dire, leur domicile. Cependant, à l'exception des confréries du Très Saint Sacrement, de la Doctrine chrétienne et du Rosaire, qui, en raison même de leur nature et de leur but, sont liées à l'église paroissiale et à l'église de la confrérie, toute autre confrérie peut être transférée à une autre église, avec le consentement de l'évêque, sans perdre pour cela ses Indulgences (voir plus loin s, H). En outre, Monagélli, parlant des confréries proprement dites, écrit (Formularium légale practicum, I, tit. 6, form. il, n. 9) : « Erectio sociefatis facta in certo et determinato loco non inducit necessitatem, ut ibi perpetuo confratres permaneant, sed ut opéra instituti exerceantur. Nam cum non sit collegium naturale reale necessarium, quod habeat aliquam conjunctionem cum ecclesia, in tjua erigitur, sed personale, potest ad libitum a loco recedere vel dimitti, etiamsi repêriatur ereetum in ecclesiis Regularium » (De même, II, tit. \'3, form. 1, n. 55). Bassi s'exprime de même de Sodalitiis, Romae, 172:., qu. 9, p. 39).

1. Aichner, Compendium juris ècetesiastici, éd. 5, g 145, n. 2 ; — ïachy l. c, pp. 2-12.

4 IIe l'Allï., IVe SECT. — CONFRERIES KT ASSOCIATIONS PIEUSES

Ce que nous allons dire sur les confréries, congrégations etc., concerne les confréries ecclésiastiques proprement dites, c'est-àdire les confréries canoniquement érigéespar l'autorité ecclésiastique, et toujours soumises à sa direction et à sa surveillance. Ces remarques s'appliquent moins aux simples unions pieuses et ecclésiastiques qui n'ont pas été érigées canoniquement en confréries.

C'est parfois de propos délibéré qu'on n'a pas voulu fonder certaines associations pieuses sous la forme de confrérie, afin d*en faciliter la diffusion et l'action. Ces sortes d'associations, n'existant que par la volonté libre de leurs membres, peuvent se dissoudre de même par un simple vote de la majorité des adhérents. .Mais les confréries, en tant qu'elles sont érigées par l'Église, subsistent malgré la sortie du plus grand nombre des associés ; bien plus, quand tous les associés se retireraient, les Indulgences et privilèges renfermés dans l'acte de concession du Saint-Siège n'en garderaient pas moins toute leur vigueur, en sorte que lors d'une résurrection éventuelle de la confrérie on ne serait nullement obligé de les renouveler [Decr. auth., n. 209 et 343, ad 3 .

Quand nous traiterons en détail, plus tard, de chaque confrérie, congrégation et association pieuse, nous n'exclurons pas, cela va sans dire, les simples associations qui ont été enrichies d'Indulgences. Mais comme il est très difficile, dans les cas particuliers, de décider avec certitude si telle association est ou non une confrérie proprement dite, nous ne nous y arrêterons pas ; il suffit de savoir que la dénomination de confrérie cm à' association pieuse ne dirime pas la question. Du reste, il arrive assez souvent que de simples associations deviennent dans la suite, par le désir de leurs membres, des confréries réelles, en sollicitant l'érection canonique cl en se soumettant entièrement à l'autorité ecclésiastique.

Certaines confréries, surtout les plus anciennes, onl suivant l'expression des Decr. auth., n. 453, III) une organisation plus sévère; elles prescrivent, pour l'admission des confrères, un iii< solennel, par exemple une demande officielle d'admission, un certain temps d'épreuve ou de noviciat, ou du moins l'usage d'un vêtement spécial (comme c'e>i fréquemment le cas à Rome ou du scapulaire ou d'un cordon que le- confrères portent dans les processions publiques; souvent, grâce à de- legs et à des fondations, elles

i iimiii RI] 5 IN GÉNÉRAL. — $ I. DIFFERENTES ESPECES S

avaient des ressources constituées; elles choisissaient 'Iles-mêmes leurs directeurs el leurs officiers; elles avaient Leurs chapelains el leurs confesseurs spéciaux et jouissaient en général d'une grande indépendance. Il y a, actuellemenl encore, des confréries de ce genre en Italie et en France.

D'autre part, nombre de confréries ont une Tonne et des règles plus simples; elles n'ont presque aucun insigne distinctif, elles possèdent rarement des revenus, elles restent sous la direction du curé ou de leur chapelain. Relativement aux Indulgences — et c'est le point qui nous occupe surtout — cette différence est à peu près sans importance : pratiquement, comme nous le verrons dans la suite, la Sacrée Congrégation des Indulgences traite de la même manière ces deux catégories de confréries (Cf. Guerra, II tesoro délie S. Indulgenze, Roma, 1883, p. 134).

D'après ce que nous avons dit jusqu'ici, comme aussi d'après différentes décisions récentes de la Sacrée Congrégation des Indulgences — décisions que nous avons déjà signalées ou que nous citerons plus tard — l'es diverses pieuses associations des fidèles, qui nous occupent ici, peuvent se ramener à trois catégories :

l°Les confréries proprement dites, ou confréries au sens propre du mot collegia , non seulement érigées par l'autorité ecclésiastique, mais encore possédant uni' organisation précise, avec des devoirs et des droits réglés par l'Eglise; d'ordinaire, les membres de ces confréries portent un costume spécial, se réunissent plus souvent pour leurs pieux exercices ou pour leurs œuvres de charité, font des processions publiques ou s'y associent et récitent l'office en commun ;

2° Les confréries au sens large du mot, canoniquement érigées, mais formant une organisation moins régulière, et ne conservant, dans leurs règles et leurs exercices, qu'une certaine ressemblance avec les confréries proprement dites, surtout en ceci qu'elles se réunissent pour des exercices de piété ou pour des œuvres de charité' et que les confrères sont admis avec quelque solennité ou que, du moins, ils portent un vêtement spécial, un scapulaire ou un cordon;

3° Les pieuses unions, qui suivent des règles très simples et qui, avec l'approbation ecclésiastique, se consacrent simplement à telle ou telle pratique pieuse, sans se réunir pour cela en un lieu déterminé.

Les premières sont des confréries réelles; les secondes prennent bien le nom de confréries, mais elles se nomment plus souvent congrégations, sodalités, etc. ; dans la troisième catégorie rentrent les nombreuses sociétés, pieuses unions, alliances, œuvres pies qui, pour la plupart, ont été créées de nos jours.

6 II" PART., i\ BECT. — CONFRÉRIES l I 1SSOI IATION8 P1B1 SES

Nous parlerons bientôl plus en détail des confréries établies par oéraux d'Ordres confréries d'Ordres religieux . el des archiconqui onl le droit de s'affilier des confréries analogues ei de les faire participer ù leurs I d «lui

. — Historique.

Dans les premiers temps de l'Église, nous ne voyons pas de confréries ou congrégations particulières établies parmi los lidèles. Le christianisme n'était guère alors qu'une immense confrérie religieuse, dont tous les membres n'avaient qu'un cœur et qu'une âme, et vivaient animés de l'esprit de foi et de piété. Mais quand, dans la suite des âges, la charité et le zèle d'un grand nombre se furent refroidis, il fallut trouver des moyens pour les réchauffer et les entretenir : et l'un de ces principaux moyens fut, après l'établissement des Ordres religieux, celui des confréries.

Une des plus célèbres confréries dont il soit fait mention dans l'histoire, et qui passe généralement pour être la première en date, est celle du OonfcUon <>u des Gonfalonieri. ha fondation en est attribuée à saint Bonaventure, et ses statuts fuient approuvés en 1207 par Clément IV. Son but était de racheter les chrétiens, emmenés en captivité par les Sarrasins.

Son nom lui vint d'une bannière appelée Gonfàlone, où était peinte l'image de la Sainte Vierge : car les confrère? s'appelaient d'abord commandeurs ou commandataires de Sainte-Marie et portaient sur l'épaule droite une croix blanche. Grégoire XIII les appelait : Insignis is Regulae Recommandatorum H. Mariée Virginis, ■■ l'éminente Société de la règle des commandeurs de la Très Sainte Vierge

Ciaconius écrit dans son œuvre « Vitae et res gestae Pontificum Romanorum et S. /!. E. Cardinalium . deuxième vol. Vie <la bienheureux Grégoire X : ■■ C'est à sain! Bonaventure qu'on attribue la fondation des premières confréries. Elles étaient composées < le laïques qui se réunissaient pour faire des bonnes œuvres, et qui récitaient tnus les jours quelques prières déterminées. La première de toutes, l'arebiconfrérie des Gonfalonieri, a été instituée vers 1270, el bientôl xemple lit surgir dans l'univers chrétien d'innombrables Confréries, embras m leurs règles toute espèce d'œuvr< piété. » Cependant, il esl certain que l'institution des confréries esl beaucoup plus ancienne,

COMMitiKIKS i\ GÉNÉRAL. — $ -. HISTORIQUE

On peul même reculei l'origine des confréries jusqu'au ive siècle. En effet, on trouve, en 336, à Constantinople, une confraternité qui se proposai! d'ensevelir les morts el de les accompagner à leur dernière demeure : ad peragendas in communi omnium exsequias. Le commencement >!u v siècle vil naître à Alexandrie l'association des parabotani i, e., homines ad subeunda perieula précipites , qui s'étaient l'ail une loi de secourir les malades même en temps de peste et au péril de leur propre vie. Le 15e canon du concile de Nantes tenu en 658 montre que les Églises des Gaules comptaient dès lors une foule d'associations laïques, appelées Confratriœ ; elles offraienl des prières les unes pour 1rs autres, récitaient une espèce d'office des morts, faisaient l'aumône, el s'efforçaient notammenl il*1 réconcilier les ennemis.

Dans les lois des Carolingiens Hincmar. [{hem., Capitulum synodic, 1. 16 il est question de Geldoniis vel Confratriis (les guildes, comme on a dit ensuite qui s'occupaient d'actes religieux. De l'ait, vers la seconde moitié du vme siècle, les confraternités prirent le nom de gildonise ou gildae 'corporations, jurandes, corps de métier, etc.;. En M09, une confrérie l'ut érigée à Venise au couvent de Saint- Georges, sous l'invocation de saint Etienne. Odon, évêque de Paris •;- 1208 , institua dans son diocèse, au lendemain du dimanche de la très sainte Trinité, la fête annuelle d'une confrérie de la Sainte Vierge1.

Nous nous laisserions entraîner trop loin, si nous voulions ici entrer davantage dans le détail ; qu'il nous suffise de faire remarquer que dans la suite des temps les confréries et congrégations les plus diverses se répandirent dans l'Eglise entière et jusque dans les moindres paroisses. Les plus anciennes et les plus célèbres sont celles qui s'affilièrent aux grands Ordres religieux, comme la confrérie du Saint-Rosaire, plusieurs confréries de scapulaires, et nommément celles du Monl-Carmel, de Notre-Dame des Sept Douleurs et de la Très-Sainte-Trinité. D'autres doivent leur origine au besoin vivement senti, après la soi-disant Réforme, d'un renouvellement de vie et d'action chrétiennes : telles sont les confréries du Très-Saint-Sacrement, de la Doctrine chrétienne, les congrégations de la Très- Sainte-Vierge, etc.

1. Pour plus de détails sur l'origine et l'histoire des Confréries, surtout en France, voir Taciiy. /. c, chap. i, art. 4.

H II" PART. IVe SECT. — CONFRERIES F2T ASSOCIATIONS PIEUSES

La plupart des autres associations dont nous nous occupons dans le présenl volume ont surgi dans ces derniers temps, voire même de nos jours, pour répondre aux aspirations actuelles, aux nécessités et aux intérêts les plus divers du peuple catholique. Enfin, qu'on le remarque bien, outre celles dont nous avons à parler et qui sont les plus connues et les plus répandues, il y a presque dans tous les pays et dans chaque diocèse des confréries particulières et locales, dont il nous serait impossible de faire ici rénumération et la description.

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